La mère et l'enfant

La mère et l'enfant

La satisfaction au travail répond à 3 besoins fondamentaux : le besoin de sécurité, le besoin de nouveauté et le besoin de reconnaissance. L'absence d'un besoin peut être compensé par un autre.

Les ministres de l'intérieur ont beau multiplier les messages de reconnaissances positifs, à la manière d'un toxicomane qui demande sa dose de drogues, les policiers n'en sont jamais satisfaits.

Le ministère de l'intérieur a beau couvrir les policiers qui tuent, ils en veulent plus, ils veulent une loi.

Le ministère de l'intérieur a beau voir son budget explosé et des recrutements massifs dans une période de crise là où toutes les autres administrations font des coupes, les policiers n'en sont pas satisfaits.

Le problème réside dans le périmètre dans le lequel la police et son ministère se considèrent. C'est parce que le périmètre est beaucoup plus grand que le ministère lui même qu'ils ne pourront pas satisfaire ces besoins de manière mécanique. Ils pensent répondre aux besoins alors qu'ils répondent aux désirs. On ne peut répondre aux désirs indéfiniment sans tourner en rond.

Par exemple, répondre au besoin de sécurité par l'acceptation d'une délinquance policière met en insécurité des personnes qui mettent en insécurité les policiers eux mêmes, c'est un cercle vicieux.

Le nom donné au ministrère de l'intérieur est symptomatique de cette bunkerisation, ils se considèrent comme au centre, comme étant leur propre client et oublie qu'ils doivent être en support de la population, c'est elle qui est au centre et c'est elle le vrai client à satisfaire. Si étymologiquement "ego" signifie "moi" et que l'on reproche à la police d'être orgueilleuse, ce n'est pas pour rien. Ils se considèrent ainsi parce qu'ils n'ont structurellement des comptes à rendre qu'à eux mêmes alors que le rôle d'un fonctionnaire est de mettre de l'huile et de s'oublier, c'est aussi dans son intérêt. C'est ainsi que l'on respecte l'instituteur qui se donne pour l'avenir de ses élèves, c'est aussi ainsi que l'on respecte le médecin qui cherchera à protéger à tout prix la vie de son patient (même un patient insupportable). C'est surtout ainsi que ces deux métiers sont des métiers où les hommes et femmes disent se sentir heureux.

Les attentats de Charlie nous montrent que c'est à partir du moment où des hommes ont remis en cause leurs besoins de nouveautés, de sécurité, de reconnaissance pour que la population en danger qui en manquait puisse mieux les satisfaire que cette dernière, même les portions les plus critiques, a respectée la police en retour car au delà des discours elle a été témoin du don de soi.

C'est l'altruisme pour une cause universelle dans le temps qui permet de répondre aux besoins fondamentaux.

Pour être heureux, il faut aimer sincèrement et pratiquement les gens. Chercher à les rendre heureux même si ça doit nous couter.

C'est le paradoxe incompréhensible et pourtant réel que l'on retrouve chez la mère et son enfant ou chez le croyant et la religion : c'est en acceptant d'être malheureux pour que l'autre universel ne le soit pas que je deviens heureux sans pourtant le chercher.

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