Parce qu'hier comme aujourd'hui le fascisme tue

Parce qu'hier comme aujourd'hui le fascisme tue

A 3 mois d'intervalle où mon frère était assassiné pour un jet de pierres, le fils de Sarkozy avait jeté des projectiles sur des gardes républicains, Sarkozy lui même en a ri avec la policière.

J'ai moi même vécu une soirée où des étudiants saouls traitaient les policiers et les policiers s'en allaient en se disant certainement "se sont des petits cons mais il faut bien que jeunesse se fasse".

Si zyed et bouna étaient présidents de la république tout le monde auraient accusé les policiers de leurs négligences.

Pourquoi cette injustice?

Parce que l'on veut nous faire comprendre qu'il en serait ainsi pour un ordre impermanent et injuste dans un monde pourtant en perpétuel mouvement.

Les policiers auraient dû se comporter ici comme ailleurs comme des gardes du corps, de la même manière que la justice doit rendre justice. Ce simulacre de justice comme l'ensemble des réactions des institutions nous montrent que les institutions ne jugent pas des faits mais des personnes, des silhouettes sociales qu'elles reconnaissent ostensiblement.

Aussi, la partie " ce ne sont pas seulement des petites négligences qui sont en cause ici, mais au long de décennies entières une multitudes d’effets latéraux, collatéraux, pervers, ou voulus, qui produit les conditions de probabilité de l’accident, et de la mort. " du texte est criante de vérité.

Les gens malgré eux et parfois de bonne foi se sont habitués à être injuste d'un point de vue moral et universel. Ils se voient au centre d'un périmètre qui est limité et parce qu'ils sont entourés de personnes pensant de la même manière ils trouvent ça normal de penser comme ils pensent. Sauf que pour la victime, la douleur est là présente, intense. La victime n'est pas dans leur périmètre de pensées. S'ils se mettaient une seconde à sa place ils n'agiraient pas ainsi.

L'empathie est morte avec elle la vérité.

La victime porte la vérité comme Jésus portait la croix pour mieux en connaître le vrai poids et les aspérités. C'est la victime qui souffre et qui se révolte qui est au contact de la réalité et de la vérité.

Alors deux chemins se dessinent devant nous : soit les institutions et les politiques se réveillent structurellement, soit on assistera à la libanisation de la France au niveau territorial, institutionnel, communautaire.

Soit elles combattent le fascisme lattent soient elles nous destinent collectivement à notre auto-destruction et donc à notre autodéfense.

On acceptera pas d'être humilié dans l'humiliation longtemps au nom de notre protection par de la malveillance pratique. On acceptera pas que nos bourreaux nous donnent des leçons et nous demandent de faire des efforts qu'ils jugent bénignes et nécessaires. On a bien compris que la persuasion ne fera pas raisonner les institutions et les politiques. Elles ne se réveilleront qu'à partir du moment où elles en seront mécaniquement obligées. Elles en seront obligées qu'à partir du moment où elles ne pourront ignorer les souffrances devant leurs yeux qui leur feront barrage, à partir du moment où chacun sera prêt à sacrifier ses désirs d'accomplissements pour que d'autres puissent vivre avec la dignité nécessaire .

Ils ont fait de nous des ennemis de l'intérieur et de nos compatriotes endormis des complices malgré eux.

Parallèlement, le discours qui crée cette idéologie a de beaux jours devant lui avec la bfmisation de l'information. Le matraquage de l'information surcharge les hypothétiques raisonnements que le spectateur attentif pourrait faire, plus l'information est incohérente et nombreuse plus sa conscience finit par lâcher prise pour finalement ouvrir la voie aux réflexes reptiliens de survie face aux dangereux ennemis de l'intérieur que l'on a créé.

On s'habitue aux mauvaises nouvelles.

On s'habitue aux mauvais raisonnements.

On s'habitue aux injustices.

La bfmisation de information est un discours simpliste emprunté du fascisme mais qui sonne bien parce qu'il explique rapidement des choses incomprises en faisant appel aux sens, aux similarités. Hitler insistait sur l'importance de la propagande pour toucher le pathos des masses. Associée à des personnes qui ont beaucoup de problèmes et n'ont donc pas le temps d'en avoir d'autres, cette information est rejetée dans sa réelle dimension d'accoucher les esprits pour enfanter son contraire .

Aussi, demain pour ceux qui peuvent se rendre à la manif antifasciste mais aussi pour après demain et les longs chemins de croix qui nous attendent, reaffirmons que le fascisme tue, ensemble combattons le !


http://www.vacarme.org/article2763.html

commentaires

Haut de page