31 octobre 2015 : Marche de la dignité

31 octobre 2015 : Marche de la dignité

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Le collectif de la marche des femmes pour la dignité (MAFED) organise une grande marche le 31 octobre à Paris, à l’occasion des 10 ans de la mort de Zyed et Bouna.

« Nous lançons un appel aux femmes qui souhaiteraient rejoindre l’organisation de ce grand moment qu’on espère historique » annonce Sihame Assbague. Avec plusieurs collègues, femmes issues de l’immigration et vivant dans les quartiers populaires, elles ont décidé d’organiser une grande marche « pour la dignité » le 31 octobre à Paris.

De Barbès à Bastille « comme il y a 30 ans, comme il y a dix ans, contre l’humiliation quotidienne, contre le mépris, contre l’islamophobie, la négrophobie, la romophobie, la tsiganophobie, contre les crimes policiers, s’impose une nouvelle marche : la marche de la dignité ».

Cet appel lancé par Amel Bentounsi, porte-parole du collectif "Urgence notre police assassine", a déjà trouvé un large écho mais la porte reste ouverte, « on en appelle aux organisations, d’abord de l’immigration et des quartiers populaires, à venir gonfler les rangs des associations présentes ».

Une marche organisée par des femmes mais ouverte à tous

Pour éviter toute récupération politique ou associative comme en 1983, elles ont décidé d’organiser ça toutes seules. Un collectif de femmes pas là pour chasser les hommes, attendus le jour de la Marche, mais à l’initiative « pour montrer aux hommes que nous sommes là pour les aider, reposez-vous, on prend le relais, on sait que vous êtes en souffrance, on en souffre. Ce n’est pas une exclusion, c’est un souffle pour vous » explique Sarah Carmona, historienne et membre du collectif.

Une manière aussi de mettre fin aux généralités entendues sur "ces femmes objets", "ces femmes soumises" des quartiers populaires. « Les femmes ont toujours été très actives dans les luttes » rappelle Sihame, du Collectif Contre le Contrôle au Faciès.

Et pour donner une dimension internationale à l’évènement, beaucoup de femmes viendront de l’étranger pour marcher à Paris, notamment Angela Davis.

Rien n’a changé depuis 10 ans

« Depuis la mort de Zyed et Bouna rien n’a changé. Il y a toujours autant de brutalités policières, de violences institutionnelles, de racisme structurel qui touchent les habitants des quartiers populaires et les descendants de l’immigration. Plus que jamais il appartient à la société civile de s’organiser, de taper du poing sur la table pour obtenir la dignité, le respect de ses droits et la justice qui s’impose » lance Sihame Assbague.

Cette marche « de la dignité» veut redonner de l’espoir à tous les gens qui n’y croient plus. « Il faut reconnecter le tissu militant indigène et faire un état des lieux de nos revendications mais surtout de nos propositions » ajoute Bams, artiste membre du collectif.

Fières héritières de leurs aînés, « s’ils n’avaient pas marché en 83, nos situations seraient pires », ces femmes veulent sortir la société civile de son « délitement » et envoyer un signe fort à la classe politique qui continue de mépriser une partie de sa population.

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