La force sans la violence

La force sans la violence

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Éléments pour la planification stratégique

Phase I Évaluation initiale et analyse

• Examiner les enjeux du point de vue des deux parties.

• Préparer une analyse des systèmes culturels, politiques et socio-économiques observables dans la société ou le pays, ainsi que la distribution de la population.

• Préparer une estimation stratégique, c’est-à-dire identifier les forces et faiblesses de chacune des parties présentes dans le conflit. Ceci suppose d’identifier les sources de pouvoir pour chacune des parties en opposition, ainsi que l’identification des institutions qui les sou- tiennent. Il faut également analyser les ressources disponibles ou contrôlées par chacune des parties, observer dans quelle mesure ces deux parties dépendent l’une de l’autre en matière de besoins particuliers, et évaluer la force de combat relative des deux camps.

• Identifier les sources de pouvoir du camp adverse qui seraient susceptibles d’être visées, voire anéanties.

• Identifier et examiner le rôle potentiel que pourraient jouer des parties tierces, extérieures au conflit, y compris la population « non- engagée » au sens large.

• Identifier les autres facteurs externes qui peuvent affecter le cours des choses : la géo- graphie, le temps, le climat, l’infrastructure, etc.

• Identifier d’autres formes de pressions qui pourraient permettre au groupe résistant d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés.

• Considérer tous les facteurs ci-dessus cités et voir si les conditions actuelles permettent ou non de mener une lutte non-violente dans un laps de temps déterminé. Déterminer aussi, parmi les conditions constatées, lesquelles sont «définitives», lesquelles sont variables et lesquelles dépendent directement de l’action des résistants ou de leurs adversaires.

Phase II Mise au point d’une stratégie

• Définir une stratégie globale pour l’ensemble de la lutte. Identifier les objectifs de la lutte en termes clairs et spécifiques. Prévoir de manière générale l’attitude à adopter pour que la lutte non-violente conduise à ses objectifs. Ceci correspond à la conception large et à long terme de la lutte, permettant de coordonner et de diriger toutes les ressources adéquates disponibles du groupe résistant.

• L’objectif principal de la lutte peut-il être atteint grâce à une seule campagne d’action ? Si oui, définir la manière d’agir. Sinon, il faudra alors diviser la lutte en étapes prévoyant des campagnes d’action limitées s’attachant à atteindre des objectifs secondaires mais importants.

• Établir des stratégies permettant de mener des campagnes isolées visant des objectifs plus limités à atteindre tout au long de la lutte. C’est à ce stade que le plan général prévu pour la stratégie globale se détaille afin de définir qui, quoi, où, quand et comment programmer une campagne particulière à l’intérieur du conflit.

• Choisir des tactiques spécifiques et des méthodes d’action individuelles qui permettront de soutenir la stratégie globale pour laquelle on a opté. Il est très important de choisir attentivement ces tactiques et méthodes à l’intérieur d’un plan stratégique élaboré et seulement après avoir défini une stratégie globale. Les méthodes non-violentes qui peuvent être retenues comprennent la protestation et la persuasion, la non-coopération et l’intervention. Certaines fonctionneront mieux que d’autres selon les situations et surtout selon la stratégie globale choisie, l’objectif général à atteindre, l’estimation stratégique et le résultat escompté de la campagne. Certaines méthodes permettront mieux que d’autres de réduire, voire d’éliminer les sources de pouvoir du régime visé.

• S’assurer que le plan stratégique adopté est cohérent dans ses objectifs, moyens de pressions qui seront exercées, et méthodes/tactiques choisies.

Phase III Création des capacités

• S’assurer que la population est en mesure de mettre en œuvre les stratégies choisies pour la lutte. Si ce n’est pas le cas, définir les efforts qui devront être fournis pour renforcer les capacités de la population. Ou si nécessaire, changer les stratégies.

• Renforcer les organisations et institutions qui ne sont pas sous le contrôle du pouvoir au- quel on s’oppose, particulièrement si la stratégie globale qu’on a définie requiert l’utilisation de ces organes indépendants pour la non-coopération et la défiance dans le cadre de la lutte.

• Prévoir l’aide de tierces parties sans dépendre d’elles.

Phase IV La lutte elle-même

• Concentrer les forces des résistants sur les points faibles du pouvoir visé, afin de remporter des victoires définies par la stratégie globale, la stratégie et les méthodes choisies : il s’agit notamment d’atteindre la réduction voire la destruction, des sources de pouvoir du régime en place.

• S’assurer que le plan stratégique s’applique de manière disciplinée et sans violence, ce qui affaiblirait le camp résistant.

• S’assurer que les activités de lutte renforcent la capacité des résistants.

• S’assurer que les résistants ont accès aux ressources critiques.

• Maintenir l’adversaire dans une situation difficile.

• Défier la répression menée par l’adversaire mais en s’en tenant toujours aux formes de lutte choisies.

• Agir plutôt que réagir. Avoir de l’initiative et de l’élévation. La lutte doit être conduite selon les termes que le camp résistant a choisis, et non selon ceux déterminés par l’adversaire.

• Réévaluer constamment la conduite du conflit en fonction du plan stratégique.

Phase V Conclusion du conflit

  • Succès, échec ou résultats mitigés ?

  • Établir un bilan post-conflit et en tirer des prévisions pour l’avenir. "

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