Ce qui sera présenté à l'ONU

Ce qui sera présenté à l'ONU

Le jour de l'an 2012, Wissam retrouve des amis d'enfance sur le parking de son quartier d'enfance. Des videos filmées à ce moment là permettent de connaître les personnes présentes et surtout de voir que Wissam portait une ceinture.

A une dizaine de mètres où des vidéos du jour de l'an le montre filmé, Wissam El Yamni jette une pierre sur un véhicule de police, il est 3h20 du matin.

Wissam El Yamni est interpellé rapidement selon les témoins à l'entrée parking de l'Ecole Jean De la Fontaine à Clermont-Ferrand. Selon la version policière, Wissam El Yamni aurait appelé la police par son téléphone avant de jeter une pierre. La partie civile est catégorique, la voix enregistrée avec un accent bien marqué ne correspond pas à celle de Wissam (qui est né à Clermont-Ferrand) ni même celles des personnes présentes qui l’entouraient.

Arrêté par surprise, par Arnaud P., le policier qui ne le quittera plus avant qu'il tombe dans le coma, il est menotté face contre terre, des policiers qui arriveront sur les lieux diront qu'il était calme.

Étonnamment, il n'est pas emmené directement au commissariat.

Certains témoins parlent pendant cet intervalle de temps d'un premier passage à tabac dans les 10 minutes qui suivent.

Beaucoup pensaient que c'était ce passage à tabac qui avait entrainé la mort. Version aujourd'hui peu plausible aux vues de l'ensemble des éléments judiciaires.

Il y avait 25 policiers, 2 policiers l’emmènent au commissariat, ce qui est la preuve qu'il était calme. Le policier qui l'a interpellé reste avec lui dans la banquette arrière, Arnaud P. n'aura pas la moindre égratignure.

Une autre voiture accompagne la voiture canine qui transporte Wissam.

Dans une seconde version, en raison de la disparition de la ceinture, beaucoup pensaient que la mort avait été pu provoqué par un étranglement ou un étouffement dans la voiture. Version aujourd'hui également peu plausible.

Arrivé au commissariat, plusieurs policiers affirment qu'il était encore conscient, un policier affirmera même qu'il parlait encore.

Selon la version policière simplement deux policiers le déposeront dans le couloir du commissariat où ils constateront qu'il est par magie tombé en arrêt cardiaque.

Selon une autre version, la version aujourd'hui la plus plausible, un autre passage à tabac avec les policiers de la voiture qui accompagnaient la voiture canine aurait eut lieu dans le couloir du commissariat entrainant le coma. C'est souvent à l'endroit où la victime meurt que le crime a lieu.

Arnaud P. apparaitra le visage jouissif dans une vidéo filmée dans la salle des geôles qui n'étaient pas pleines comme il était dit pour justifier qu'on l'avait laissé dans le couloir du commissariat (le pantalon au niveau des chevilles et sans ceinture).

Wissam est plongé dans le coma, en soins intensifs par des policiers qui étaient ce soir là, nuit de la Saint-Sylvestre censés le protéger des autres et surtout de lui même.

Une analyse toxicologique est effectuée, elle montre des traces de cocaïne, ces traces suffisent à justifier selon la version policière qu'il était sous emprise de drogues au moment de l'interpellation. Les parties civiles soulignant dès le début que les taux sont très faibles et ne peuvent pas expliquer son traitement ni même son état. La force strictement nécessaire ne peut pas tenir.

Pendant qu'il est toujours dans le coma, le capitaine de la police judiciaire vient prendre des photos qu'il mettra, lui ou un autre, dans un procès verbal daté du 1er janvier. Ces photos seront remplacées par d'autres dans les jours qui suivent, toujours dans le procès verbal du 1er janvier.

L'équipe médicale prend également des photos le 2 janvier.

La famille prend des photos les jours suivant.

Pendant que Wissam est dans le coma, la police revient prendre de nouvelles photos avant qu'il décède.

Wissam, décèdera 9 jours plus tard, le 9 janvier.

Une autopsie est effectuée dans la foulé à Saint-Etienne, sans le dossier médical, sans les photos du 1er janvier, Wissam est autopsié comme s'il venait de mourir.

Entre temps, sort le dossier judiciaire. La police des polices conclue, qu'il n'y a pas de violences dans le parking du commissariat malgré les nombreux témoins et alors que c’est une évidence. Il n'est peut être pas mort dans le parking mais il est peu probable qu'il n'est pas subi de violences. La police des polices cherche à imposer une mort par pliage dans la voiture préférant croire à la version d'un seul policier, préférant surtout croire une version qui a le mérite d'éviter une cause de la mort beaucoup moins acceptable par l'opinion publique. Il n'y avait dans le dossier que des photos en noir et blanc très mal photocopiées d'un visage dont on ne voit rien. A ce moment là nous ne pouvons pas douter de la sincérité du capitaine de la police judiciaire.

La police n'effleure pas la possibilité d'un autre passage à tabac dans le couloir du commissariat alors que cette version nous apparaît comme celle qui doit être privilégiée.

Mi janvier 2012, le médecin légiste rend un pré-rapport d’autopsie, celui-ci ne mentionne aucune fracture alors qu'elles étaient rendues publiques. S'il réfute la mort d'origine cardiaque en raison d'absence de lésion cardiaque et du faible taux de drogues trouvé, il affirme qu'une excroissance osseuse aurait pu accélérer une mort par pliage. La version du pliage ne repose que sur la version d'un policier, elle sera contredite par les autres médecins légistes.

Pendant ce temps, Wissam est en attente d'inhumation, son corps n'est pas conservé dans le froid.

La justice joue dès le départ la montre.

La version du pliage est retenue jusqu'au rapport final en Mars 2012. Les parties civiles demandent dans le bureau de la juge une contre-autopsie, l'autopsie n'a pas été réalisé avec le dossier médical (radios, scanners, constations médicales du 1er janvier).

Lors de cette rencontre, la partie civile constate que les originaux en couleur des photos placées dans un procès verbal du 1er janvier ne sont pas les bonnes, elle comprend alors qu'il s'agissait en réalité des secondes photos prises lors de leur deuxième venue alors qu'il était dans le coma et sont remplacées dans les quelques jours d'après dans le procès verbal du 1er janvier. La partie civile donne instantanément les photos prises après le 3 janvier par la famille où Wissam est plus marqué que sur les photos censées être prises le 1er janvier. Tout le monde comprend alors à ce moment là que le dossier a été ficelé et les photos ont clairement été antidatées.

Toujours en Mai 2012, la justice refuse de réaliser une contre-autopsie, le corps de Wissam n'est toujours pas inhumé depuis le 1er janvier, elle demande un complément d'expertise avant une contre-autopsie avec cette fois le dossier médical. Le but est clairement de donner au médecin légiste de Saint-Etienne une chance de se rattraper. La juge qui n'est pas malhonnête pourtant est clairement le dindon de la farce.

En juin 2012, à la suite du complément d'expertise du médecin légiste de Saint-Etienne, le corps de Wissam en putréfaction est envoyé pour une contre-autopsie à Poitiers. L'état du corps rend impossible une contre-autopsie réelle, elle est faite sur dossier. Il est ensuite enterré 6 mois après sa mort.

Le médecin légiste de Saint Etienne change de version, 3 fractures réapparaissent comme par magie, pas toutes. Il s'agit désormais d'une mort d'origine toxique et un allongement du temps de QT dans les tracés cardiologiques prises pendant qu'il était en soins intensifs, en serait la preuve. Il ne croit pas plus en la version du pliage qu'il a pourtant avancé le premier.

Le médecin légiste de Saint-Etienne n'est pas connu comme un étant malhonnête, il n'a pas lieu de douter de sa malhonnêté, il a bâclé son autopsie ou a été influencé. Le fait qu'il dise qu'il n'y a aucune lésion cardiaque semblerait prouver son honnêteté. Il lui aurait suffi de dire qu'il y a des lésions cardiaques et la thèse d'une mort subite aurait pu être légitime.

Entre temps l’hôpital signale l'existence des photos prises par les médecins le 2 janvier, photos que la police des polices n'a pas récupéré avec le dossier médical, elles sont jointes au dossier et confirment ce que nous disions au juge, c'est à dire que les photos annexées au 1er janvier dans le procès verbal du capitaine judiciaire ne peuvent pas être du 1er janvier.

Où sont donc passées les premières photos du 1er Janvier ? Aujourd'hui encore le mystère demeure.

La partie civile demande alors un acte judiciaire : que l’on date les photos numériques. Cet acte est refusé par le premier juge d'instruction, elle accorde une confiance aveugle dans un capitaine judiciaire qui lui ment pourtant.

En Septembre 2012, vu le refus de la juge d'instruction de dater ces photos, et face aux évidences, la chambre d'instruction est saisie. Celle-ci, alors honnête, demande une expertise technique sur l'appareil photo et l'ordinateur du capitaine judiciaire.

Le policier de la police des polices qui a dédouané les policiers avant toute autopsie s'auto-administrera la commission rogatoire qui doit mener à l'expertise technique. Alors qu'il n'a rien d'un expert, il fera lui même cette expertise et il dira dans un verbiage extraordinaire que les photos du procés verbal du 1 er janvier sont bien du 1 er janvier. Il ment.

La 3eme juge d'instruction, beaucoup moins naïve, beaucoup plus intelligente et beaucoup plus honnête relèvera, qu'il n'avait pas à faire cette expertise n'étant pas un expert technique, et étant surtout juge et partie.

Une autre expertise technique sera ordonnée celle-ci révélera que l'ordinateur et l'appareil photo ont été formaté en février 2013, c'est à dire après la demande de les analyser et avant son expertise technique.

En avril 2013, les résultats de la contre-autopsie tombent. Le rapport est donné à la partie civile une semaine après que les conclusions soient rendues public. Il reprend la version d'une mort toxique donnée dans la seconde version du rapport du médecin légiste de Saint-Etienne. Les fractures seraient toutes anciennes, les marques au cou causées par des frottements de vêtements, il aurait été en plus, au moment de l'interpellation sous l'emprise de la cocaïne. Un cocktail dangereux de coca-éthylène, mélange explosif d'alcool et de cocaïne ... (Sauf que les policiers n'ont pas la moindre égratignure et que celui qui est tombé dans le coma c'est Wissam). Là aussi, selon le médecin légiste de Poitiers, l'allongement du temps de QT dans les électrocardiogrammes en seraient la preuve. Le nombre de mensonges dans ce rapport est impressionnant. Le médecin légiste va jusqu'à justifier de prendre les photos les plus proches des évènements pour analyser les blessures et faire deux lignes plus loin le contraire, analyser les photos à partir des photos les plus éloignées de ces évènements. Il est clairement malhonnête, il triche sans vergogne dans son argumentation à plusieurs reprises.

Une expertise de cardiologie indépendante réalisée en 15 jours seulement prouvera qu'il n'y a aucune anomalie cardiaque. Beaucoup de médicaments administrés peuvent influer sur l’espace QT et notamment l’ERYTROMYCINE. Cette influence de l'hypothermie explique parfaitement le début des troubles électriques sur le premier électrocardiogramme à 9h32, deux heures seulement après sa mise en place, sa majoration à 21h08 au maximum de l'effet hypothermique et sa normalisation le 3 janvier alors que l'hypothermie est suspendue depuis 24h. La concordance entre allongement du QT et l'onde J d'Osborn, leur présence, leur majoration et leur disparition renforcent le lien entre l'allongement entre le QT et le traitement thérapeutique et non pas avec la drogue.

Le médecin légiste de Poitiers avait préféré prendre comme expert cardiologue, un gériatre qui avait dit publiquement en décembre 2003 dans le magasine du CHU Poitiers «Si le patient est en bonne santé intellectuelle et physique et ne présente qu’ une pathologie, par exemple un infarctus, il relève de la cardiologie et non de notre filière».

Suite à ces observations, une autre expertise est demandée, cette fois 3 experts judiciaires doivent rendre un rapport.

Ce rapport tombera non pas 15 jours après comme systématiquement dans nos expertises indépendantes mais près de deux ans après la précédente. Ce rapport contredit la version du temps de QT avec les mêmes arguments que l'expertise indépendante de cardiologie. Les fractures qui étaient inexistantes pour un premier médecin légiste, puis réapparues comme par magie dans un second rapport, puis antérieures aux événements pour un deuxième médecin légiste, sont pour le troisième médecin légiste, accidentelles : la conséquence de chutes. Les scanners, les radios, les constations médicales du 1er janvier ne sont pas utilisées pour décrire les blessures alors qu'elles permettraient de savoir beaucoup plus de choses. Les fractures aux côtes, certifiées par les premiers médecins et le procureur à l'époque des faits, n'existent plus. La mort par coup n'est même pas envisagée alors que l'on sait qu'une fracture du plancher orbital peut provoquer un coma et alors que la conclusion de nombreux médias sera « les experts excluent une mort par des coups » (rien ne permet d'affirmer que la fracture du plancher orbital ne soit pas arrivée lors de l'interpellation). Les marques au cou qui étaient des frottements de vêtements dans les précédentes autopsies (les photos n'étaient pas alors rendues publiques), sont compatibles désormais avec des prises digitales lors de l'interpellation alors que les policiers affirment qu'à aucun moment les policiers ne lui touchent le cou. Les versions des témoins de l'arrestation et des autres policiers ne valident pas cette hypothèse, elles l'infirment. Les experts concluent ensuite sans démonstration que la drogue a pu provoquer un arrêt cardiaque alors que l'ensemble des éléments de l'autopsie ainsi que les analyses prouvent le contraire. Ce rapport d'expertise affirme sans démontrer, ni justifier. Il faut croire des experts parce qu'il s'agit d'experts. Force est de constater qu'il n'y a aucun argument scientifique, aucune source scientifique qui permettrait d'appuyer cet argumentaire dans le rapport d'expertise.

Il suffirait d’avoir des traces de drogue pour mourir de drogue ?

En 2015 la chambre d’instruction profitait de cet imbroglio pour annuler la mise en examen des 2 policiers.

Depuis la famille révèle les résultats du deuxième rapport d’expertise indépendant (à lire sur https://lc.cx/4mTm), réalisé par l’un des plus grands experts toxicologues du monde, qui démontre de manière scientifique que Wissam n’était pas sous l’emprise de drogues au moment de l’interpellation et exclut de fait la mort d’origine toxique.

4 ans et demi après le drame la vérité n'a toujours pas été faite sur les causes de la mort.

Aussi la partie civile attend de la justice et notamment de la chambre d’instruction qu’elle agisse enfin pour rétablir la justice et la vérité sur les causes réelles de la mort de Wissam.

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