On ne sait jamais ce qu'on filme ? Pas vraiment

La vidéo que l'on nous a fait parvenir montre l'envers du décor des arrestations, la complaisance des policiers qui assistent aux violences policières, en sont ils étonnés ?


C'était place de la république. C'était à Paris. C'était en France.


Menoté, la police en profite pour se venger, elle considère qu'elle n'a pas à attendre que la justice se prononce.


Elle veut assouvir sa vengeance, sa justice, voir sa proie à genoux, sentir sa respiration haletante, entendre ses cris sourds, entrevoir la pitié, la défaite, le peur dans les yeux de la bête, arrêter la muscularisation de l'esprit et d'un corps qui nous échappaient, dominer et encore dominer, être le scénariste de la société.


Dominer celui qui rêve d'un monde meilleur, qui a fait de sa révolte une poésie.


Dominer celui qui n'est pas parfait et qui doit être puni pour avoir commis un délit et qui nous renvoie à notre désir de perfection et donc à notre imperfection insupportable.


Dominer celui qui nous permettra de se dire que l'on vaut mieux qu'un autre, qu'on est plus fort qu'un autre, meilleur qu'un autre groupe qui nous déteste et donc que notre vie a une importance, un sens plus élevé.


Dominer les droits des autres et imposer nos privilèges. Nos privilèges comme notre violence sont légitimes.


Dominer celui qui cherche à échapper à la domination de ceux qui nous dominent et dont on cherche à faire plaisir parce qu'ils nous fournissent notre drogue de reconnaissance, notre gamelle. La vie de nos maitres est plus légitime que ces révoltés, ces égarés. Ils en imposent beaucoup plus que ces clochards et que la racaille.


Servir oui mais servir d'abord nos maitres.


Protéger oui mais protéger d'abord nos maitres.


Et le peuple ? Le peuple a choisi ses maitres !


Et si ses maitres le trahissent, il y aura d'autres élections, tant pis si ces autres maitres le trahiront à nouveau, le monde n'est pas parfait, il y a pire ailleurs et c'est toujours mieux qu'avant faut pas déconner.


Dominer celui qui remet en cause un ordre permanent dans un monde en perpétuel changement parce que c'est ça aimer et rendre service à son pays : combattre le chaos, l'anarchie latentes et menaçantes.


L'ordre c'est d'abord une hiérarchie.


Dominer l'autre, parce que l'autre n'est pas mon frère, je n'ai pas de bienveillance à lui accorder, il ne la mérite pas et ça serait l'encourager, il a choisi de sortir de l'humanité, il a joué il a perdu, ce n'est pas mon alter ego, mon autre moi et au fond c'est comme ça qu'on doit me traiter pour que je comprenne.


Sortir de ces peurs, de ces insultes, de cette violence, de ces épreuves plus forts, plus soudés, plus prompts à repartir au charbon. Venger nos collègues humiliés, blessés.


Les détruire, les lacérer à jamais.


Tester son courage face à des ames insoumises, qui n'ont pas de valeurs honorables, qui sont en périphérie de l'humanité, nous en sommes au centre (enfin nos maitres qui ont un ascendant sur nous).


Mais le laxisme n'est pas le même pour nous, policiers, nos actions sont légitimes, elle font du bien, les actions dépendent des personnes qui les commettent, les nôtres par nature, rendent service aux vies utiles. Celles-ci ne le sont pas, elles survivent plus qu'elles ne vivent, elles détruisent plus qu'elles construisent.


Nous rendons service à la société, grâce à nous on combat les terroristes et les gens sont bien contents d'avoir besoin de nous. Alors il faut accepter notre chantage perpétuel, c'est la contre-partie. Il ne faut pas critiquer nos actions, parce que ça serait nous critiquer dans ce que l'on fait de bien aussi, il faut venir sur le terrain pour voir ce que l'on prend. Les violences policières ? Et les violences sur les policiers ? Et si on soutient les policiers qui mutilent et tuent impunément, si on ment sous procès verbaux c'est parce qu'on n'a pas trop le choix, il faut choisir entre la racaille et la police, entre la délinquance et la sécurité, vous comprenez ?


Il ne s'agit pas d'une violence qui est commise sur la même personne, ni deux, ni trois mais QUATRE en moins de deux minutes (au minimum le reste n'étant pas filmé).


Ces scènes et leurs portées ont été vécues par de nombreuses personnes, elles sont répétées et traumatisantes, tels en sont les objectifs.


Certaines en sont mortes et leurs auteurs sont traités comme des champions par la mafia policière, parce qu'il s'agit bien d'une mafia lorsque l'on parle de famille policière. Les victimes quant à elles, leurs rêves, leur bonheur, leurs familles, leurs amis ?


Cet ordre illégitime du monde, étant ensuite défendu par les chiens de garde.


C'est ça la police d'aujourd'hui !


Oui nous avons la haine de cet état, Monsieur Cazeneuve, la haine de ses injustices !

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