Individualisme

On entend souvent dire que les choses ne vont pas dans le bon sens parce que les gens ne pensent qu'à leurs gueules.

 

Si les gens pensaient plus en « nous » avant de penser en « je » le monde tournerait mieux dit on.

 

Est ce vraiment le cas ?

 

Est ce que le problème aujourd'hui est le manque de fraternité ?

 

A priori oui. Si on traitait les autres comme on aimerait être traité le monde serait plus juste, le monde serait en paix.

 

Souvent dans les problèmes de la société, on s'aperçoit d'une chose : les solutions sont parfois les causes des problèmes.

 

Monsieur arrive tard parce que madame l'engueule, madame l'engueule parce qu'il arrive tard. En cherchant à résoudre le problème chacun l'amplifie.

 

Les plus gros problèmes de la société ont cette même caractéristique.

 

Et si c'était aussi le cas avec le collectif et l'individualisme ?

 

Voyant les choses avec ce prisme et résonnons par l'absurde.

 

En mathématiques, on peut arriver à démontrer un théorème en partant d'axiomes et en développant le raisonnement jusqu'à la conclusion.

 

Mais on peut aussi partir du contraire de la conclusion et voir que ça contredit un axiome.

 

Et si le problème de la société n'était pas son individualisme mais sa solution ?

 

Et si la solution de la société n'était pas son collectif mais son problème ?

 

Difficile de le penser tellement on a été élevé par la pensée inverse n'est ce pas ?

 

Les sociétés les plus collectives sont elles celles qui ont (en nombre) le moins d'injustices ?

 

L'homme cherche à être heureux, chacune de ses actions est gouvernée par la recherche du bonheur et non du malheur.

 

L'homme est individuellement bon dans ses intentions même dans ses actes les plus condamnables.

 

Collectivement, les hommes ne cherchent pas à être heureux, ils cherchent la perfection et donc à s'organiser pour s'en approcher. On organise justement ce qui n'est pas naturellement organisable sinon pourquoi aurait on besoin de l'organiser ?

 

Un collectif a besoin de repères pour exister, de cales, de limites, d'un référentiel commun, la nature tend à faire chuter la pierre de Sisyphe ….

 

Les plus grands crimes ne sont pas faits par ou pour les individus mais par et pour un collectif lorsque l'individu a mis du siens pour le maintenir haut, fort, parfait.

 

On cherche des mythes lorsque l'on est vide.

 

La France ne souffre pas d'individualisme elle souffre de corporatisme et les personnes qui souffrent le plus doivent s'organiser pour ne plus souffrir en faisant violence à d'autres personnes : les riches contre les pauvres, les pauvres contre les riches, les musulmans contre les chrétiens, les chrétiens contre les musulmans, les français contre les allemands, les allemands contre les français, les partisans de la sécurité contre ceux de la liberté, les partisans le liberté contre la sécurité ...

 

Les individus et les autres collectifs ont besoin d'être faussement majoritaires pour se faire entendre.

 

La démocratie étant la dictature de la majorité, c'est le pire système pour les minorités parce qu'elle les opprime, tue l'espoir et fait naitre le nihilisme et l'autodestruction.

 

Nous sommes tous des minorités, nous sommes tous le petit de quelqu'un. Même le président a des comptes à rendre au peuple, que l'on soit une femme, racisé, de province, pauvre, bien portant, petit, jeune, vieux nous ne serons jamais dans la norme parce que la norme c'est la perfection et si elle était atteignable elle ne serait plus parfaite ni désirable.

 

Pour être majoritaire il faut donc linéariser les individus, faire des compromis, construire un collectif en frustrant les individualités.

 

Il n'y a pas plus individualiste qu'un comportement collectif et de plus collectif qu'un comportement individualiste. Il n'y a pas plus efficace et donc amoral qu'un collectif.

 

Nous avons préféré construire des mythes moteurs permanents qui s'éloignent de la réalité impermanente du monde par lâcheté. Nous avons délégué nos pouvoirs.

 

Nous avons préféré l'image à la substance.

 

Nous avons préféré l'amoralité, c'est à dire être des salauds.

 

Le succès de ce mythe c'est qu'il réussit à mettre le collectif au service des égoïsmes comme un âne qui galope pour attraper la carotte. Le succès de ce mythe c'est qu'il mène à la servitude volontaire.

 

Nos mythes sont des drogues. La vacuité fait peur et pourtant elle mène à la sagesse lorsqu'on la dépasse.

 

Le succès d'un phénomène arrive souvent lorsque les faiblesses et les menaces sont au service de la force et deviennent des opportunités.

 

L'échec d'un phénomène arrive souvent lorsque les opportunités et les forces sont sabotés et deviennent des menaces et des faiblesses.

 

Au sport comme partout, c'est pas les équipes individualistes qui l'emportent mais les équipes collectives.

 

La domination, l'injustice ne naissent pas de l'individualisme mais de l'efficacité violente du collectif.

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