L'exigence d'un monde juste

Le 4 avril 2017, la chambre d'instruction demande à la juge d'instruction de nommer un collège d'experts comprenant un expert en toxycologie pour réétudier les causes de la mort.

 

6 mois après l'injonction de la chambre d'instruction, à l'heure d'aujourd'hui, aucun collège collège d'experts n'est encore nommé.

 

On nous dit que la justice n'arrive pas à trouver des experts.

 

Ce n'est pas la priorité.

 

Aujourd'hui ma mère m'a appelé en larmes en me disant qu'elle en peut plus. Elle s'est même excusée de pleurer. Elle se cache pour pleurer habituellement mais là elle n'y arrive plus.

 

Alors je lui ai promis que si on obtiendra pas la justice de façon pacifique on finira par se faire justice nous même. C'est la seule chose qui me tient aujourd'hui et qui m'évite de péter un plomb.

 

Cette promesse je la tiendrai.

 

Voir sa mere en larmes, en souffrance, voir son regard vide, elle qui n'a jamais fait de mal à une mouche, elle qui compte tellement pour moi est insoutenable.

 

Ma mère devrait accepter d'être malheureuse pour ne plus être malheureuse c'est ça ? Voici ce que l'on lui propose, ce qu'on nous propose à nous qui nous victimisons.

 

Les policiers qui ont tué Wissam étaient des monstres chauds, nous avons affaire à des monstres froids.

 

Aussi froids que les pistes de ski sur lesquelles skiaient la juge d'instruction pendant que ma belle soeur était internée à l'hopital parce qu'elle ne réussissait plus à se nourrir.

 

Mais ce n'était pas en son temps la priorité de la juge d'instruction.

 

Comme la mort d'Adama Traore n'est pas la priorité de François Ruffin.

 

Pourquoi je mets le post de François Ruffin ci dessous ?

 

Comme la justice, Monsieur Ruffin se donne bonne conscience.

 

Au fond ça ne les empêche pas de vivre, de dormir, de s'amuser.

 

Il fut un temps j'aurais trouvé son post très juste et les critiques à son encontre trop acerbes.

 

En quoi il a le devoir de se positionner au fond ?

 

J'ai perdu ma naiveté.

 

Ce que Ruffin dit et que beaucoup pensent dans son hesitation c'est que le seuil d'inacceptabilité n'est pas encore franchi.

 

Il est dans un autre monde. Le monde de la lutte romantique. Celui des livres d'outre-atlantique. Le monde des mots qui sonnent.

 

Notre monde est sourd. Notre souffrance est sourde, aveugle, pas équilibrée, enchainée.

 

Défendre une victime d'injustice qui n'est pas une sainte c'est pas romantique.

 

Ça sonne pas.

 

A quoi bon ?

 

Dans notre monde nous avons le diable au corps, nous sommes marqués au fer rouge continuellement, nous vivons dans une cage électrifiée, nous avons la tete sous l'eau et à chaque fois que l'on ressort la tete, à chaque fois que l'on convulse on appuie encore plus fort.

 

A quoi bon ne pas accepter ?

 

Dans son monde, nous avons des courbatures et il nous faut une petite pommade. Une petit peu de reconnaissance, une petite parole ici et là et ça devrait suffire.

 

La pommade on la connait. Ce que le monde manque c'est d'exigence.

 

L'exigence d'un monde juste ici et maintenant.

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