1 mois après, Wissam on ne t'oublie pas !

    Justice-et-verite

Communiqué de presse du Comité Justice et Vérité pour Wissam du 1er février 2012

 


 

Voilà maintenant un mois que Wissam a été interpellé, un mois que sa famille et ses proches le pleurent, un mois qu'on entend beaucoup de contre-vérités à son sujet. Un mois que l'on attend que la vérité et la justice soient rendues!

 

Pour la famille et les amis la situation est inhumaine. Loin de leur porter assistance, la police, la justice, l'Etat, des politiques et une partie des médias leur opposent un mur. Un mur d'ignorance, d'irrespect, de mensonge et de déni.

 

Il est clair que Wissam a subi des violences policières comme en attestent les témoins de la scène de l'interpellation et des traces de coups sur son corps. Wissam avait des côtes cassées, le rocher orbital fracturé ainsi que des lésions au niveau du cou. Quel était le but à atteindre ? Le procureur qui a communiqué sur la base d'un rapport d'autopsie provisoire, parle de « lésions traumatiques mais superficielles en voie de régressions […] aucune fracture ni lésion viscérale en dehors de la fracture de os du nez et de zone orbitaire ». Toutes ces blessures n'ont peut-être pas (et cela reste encore à vérifier) entraîné sa mort, mais il semble totalement anormal qu'un homme en bonne santé et sans traces de coups avant son interpellation se retrouve à l’hôpital dans le coma avec le corps tuméfié et plusieurs fractures.

 

Nous rappelons que le code de déontologie de la police stipule :« Toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police ; elle ne doit subir, de la part des fonctionnaires de police ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant […] Tout manquement aux devoirs définis par le présent code expose son auteur à une sanction disciplinaire, sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. »

 

Selon le rapport d'autopsie, la mort de Wissam résulte d'un « pliage », une technique d'arrestation interdite par une note de 2003 de la Direction générale de la police nationale parce qu'elle est la cause connue de plusieurs décès, notamment dans des opérations de reconduite à la frontière. Il y a donc visiblement eu faute et non-respect de la légalité.

 

A son arrivée au commissariat, aucun PV de notification de garde à vue n’a été rédigé. Cela est pourtant obligatoire. Les policiers n'ont pas cherché à respecter les droits de Wissam en garde à vue et les procédures de conformité à la loi et ses droits, notamment son droit à consulter un médecin. Cela est encore plus grave lorsque l'on sait que les policiers déclarent que le malaise est survenu durant le trajet au commissariat. Une femme policière a trouvé Wissam abandonné, seul et inanimé dans un couloir du commissariat, face contre terre, menotté dans le dos. Pourtant selon le code de déontologie de la police, « le fonctionnaire de police ayant la garde d'une personne dont l'état nécessite des soins spéciaux doit faire appel au personnel médical et, le cas échéant, prendre des mesures pour protéger la vie et la santé de cette personne. »

 

Face à tant de fautes, à tant de zones d'ombres, il est impossible pour nous d'être satisfait des déclarations du Procureur, qui cherche systématiquement à minimiser la responsabilité des fonctionnaires de Police présents et impliqués dans la mort de Wissam. Ces faits sont extrêmement grave, et nous nous mobiliserons pour qu'ils soient jugés comme tels.

 

C'est pourquoi le Comité Justice et Vérité pour Wissam invite tous ceux qui le souhaitent a se joindre aux différentes actions d'information et de mobilisation qui seront organisées en préparation de la journée internationale contre les violences policières le 15 mars 2012.

 

 

Le Comité Justice et Vérité pour Wissam.  

cjvpourwissam@gmail.com

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