ETAT DES LIEUX : 1 AN APRES

Le 1er janvier 2012 à Clermont-Ferrand Wissam est interpellé par des policiers, il est lynché sur le parking en face de l'école jean de la fontaine. Il tombera dans le coma et décédera 9 jours et demi plus tard d'une longue agonie.
Retour sur une longue série de mensonges, de laxisme et d’hypocrisie....
- Tout d'abord, un des éléments le plus essentiel, Wissam n'était pas excité. Les messages radios ne font pas l'état de quelqu'un d'excité, les témoins ne font pas état de quelqu'un d'excité, certains policiers affirment même que Wissam était calme. Il y a moins d'une minute entre le signalement de la fuite et son arrestation 150 m plus loin ce qui correspond à ce qu'affirme des témoins, l'arrestation s'est faite par surprise. L'arrestation a donc été rapide. Le nombre de coups reçus et de fractures sont donc de trop car ils ont contribué à la mort de Wissam. Il y avait 25 policiers présents sur les lieux de l'interpellation. Au passage, le procureur avait communiqué sur 3 voitures au maximum, il s'agissait d'un mensonge. Wissam a été embarqué dans une voiture où il y avait 2 personnes dont un chauffeur. S'il avait été excité, ce transport avec seulement un policier avec lui aurait été inconcevable. Hors on le sait maintenant, il été déjà à demi KO par les coups qu'il a reçu. Au vue de l'état du corps à l'arrivée à l'hôpital, il était certainement plus que diminué et ne pouvait pas être excité lors du transport. Les analyses toxicologiques révèlent que Wissam n'était pas sous emprise, ni de cocaïne, ni de cannabis au moment de l'interpellation, mais en avait simplement des traces dans le sang (consommation passive cannabis, consommation récente de cocaïne mais passée). Traces dont le taux est très bas : 6 ng/ml pour la cocaïne et 1ng/ml pour le cannabis. Il n'était donc pas sous emprise de "cocktail de drogues" lors de l'interpellation comme on nous l'a maintes fois répété. Les résultats toxicologiques ne sont pas contestés, seule l’analyse l’est. On estime une consommation à 22h (l'effet de la cocaïne du à temps de demi vie très court dure moins de 40 min). L'interpellation a eut lieu à 3h30 du matin.
- Pourquoi avoir aussi menti sur la longueur du casier judiciaire de Wissam qui ne fait pas acte de violence ? Il avait un casier judiciaire suite à une "bêtise" d'une conduite en état d’ivresse.
- Sur le plan médical, l'autopsie intervient qu'après 9 jours et demi de soins intensifs, par conséquent le corps a fortement cicatrisé. Le rapport de pré-autopsie omet plusieurs fractures importantes (au minimum 6), et parallèlement ce même rapport dont l’objectivité est néant repère étonnamment des micros lésions presque invisibles, une excroissance qui est présente chez tout individu.Comment un médecin légiste peut-il zapper toutes les fractures et repérer une excroissance ??? On peut douter de sa crédibilité.
- La thèse du pliage ne peut expliquer, ni les lésions, ni les bleus très importants au niveau du cou ! Pourquoi ne pas reconnaître la thèse de la strangulation qui est la seule raisonnablement valable alors qu'il serait mort d'une compression du cou et alors que les premiers médecins qui l'analysent reconnaissent des marques de stangulation importantes des 2 côtés du cou?
-Selon les policiers, Wissam n'aurait pas été "tué" dans leur voiture et selon toujours eux, il se serait évanoui une fois posé au seul endroit du commissariat où il n'y a pas de caméras (quelle coïncidence!!!). Ce mensonge ne traduit-il pas une culpabilité des policiers concernés et complices?
- Comment accepter la thèse des policiers qui affirment que l'état du corps à l'arrivée est une conséquence d'une excitation des chiens sur Wissam et non des coups donnés ?
- Comment interpréter que le policier qui contrôla l'alcoolémie des autres policiers était un des policiers présents sur les lieux de l'interpellation, un policier qui a la réputation d'être une personne violente ? Un test avait été demandé par le parquet sur Wissam, et sur les policiers présents sur les lieux de l'interpellation. Ce test a été fait entre collègues, au commissariat, à l'éthylotest pour les policiers alors qu'ils avaient les moyens de le rendre sanguin, tandis qu’il a été sanguin pour Wissam. Les témoins qui sont ensuite venus sur le parking (ce que confirment les policiers eux-mêmes) affirment que les policiers étaient saouls. C’est un des policiers présents sur les lieux de l’interpellation qui a effectué ce test alors qu’il devait lui- même s’y prêter. D’ailleurs, c'est le seul PV qu’il réalise, c’est dire à quel point ça le tenait à cœur. Il a l’audace d’écrire : « agissant conformément aux demandes du parquet ».
- Un des deux policiers ayant été mis en congé, juste après la tragédie était formateur généraliste à l'école de police! De plus, la réputation de ce dernier le rattrape, il était considéré comme arrogant. Comment nous expliquer qu'un formateur puisse donner un si mauvais exemple ?
-La version des témoins concorde avec la chronologie des faits, avant même que la version policière soit remise à la justice ! Les témoins n'ont pas pu tout inventer, sinon la version des témoins aurait été complètement différente, et discordante, de la chronologie des événements ! Ce sont d'ailleurs les témoins qui ont été les premiers à révéler le rôle de chacun des protagonistes.
- Sur certains Procès-verbaux, on retrouve exactement la même réponse à une même question posée par la même personne à deux personnes différentes (il s'agit ici de la déposition des policiers). Que faut-il en conclure ? Ont-elles le même cerveau? Est-ce la même personne à chaque fois qui répond? Sont-ils des clones?
- A notre demande, puisque la première autopsie a été faite étonnamment sans le dossier médical, le juge a demandé à la police des polices d'aller chercher le dossier médical dans lequel il y avait des photos prises par les médecins. Dans le dossier médical transmis aux juges il n'y avait plus les photos. Ont-elles été oubliées ou bien volontairement omises ?Ces photos ont été envoyées par courrier aux juges sans passer par la police des polices. Tout est fait pour dissimuler l'état de Wissam à l'arrivée de l'hôpital (Wissam est resté 9 jours et demi en soins intensifs, son corps a donc fortement cicatrisé pendant cette période).
- Quel est le vrai temps d’arrêt cardiaque, il y a 3 versions différentes: 10 min (1ere version), 25 min (2ème version), 40 min (3ème version). Comment cela se fait-il que l'on nous a menti sur le vrai temps d'arret cardiaque, nous faisant croire à une récupération rapide ?
- 3 photos ont été mises sur un procès verbal du 1er alors qu'elles ont été prises bien plus tard (à la fin de l'hospitalisation en soins intensifs alors que les blessures visuelles avaient fortement cicatrisées voir disparues pour la plupart).Comment cela se fait-il que des photos prises à la fin de l'hospitalisation se retrouvent sur un procès verbal du 1er janvier ? Sur ce même procès verbal, il est marqué qu'un album photographique a été fait le 1 er janvier au matin, ce que confirment les médecins pour avoir vu prendre de nombreuses photos ce jour là et pourtant ces photos n'apparaissent pas dans le dossier alors qu'elles existent. 3 sources d'informations différentes confirment l'existence de ces photos : le proces verbal, les médecins, les policiers eux-mêmes qui disent avoir pris des photos le dimanche 1er janvier au matin à la justice. Il suffit à la justice de comparer ces fameuses photos à celles prises par le CHU le jour d'après pour s'apercevoir qu'elles ne sont pas du 1er janvier. Ces photos ont influencé la première autopsie, puisque c'étaient les seules photos présents à l'origine, les seules à être présentées au médecin légiste.Les vraies photos du 1er janvier ne sont toujours pas remises au médecin légiste 12 mois après. Après plus de 12 mois, après l'ensemble des erreurs judiciaires, personne ne comprendra que ces photos ne soient pas remises au médecin légiste alors même que la chambre d'instruction a imposé aux juges d'instruction (qui refusaient jusque là) de les chercher. Il ne s'agit plus d'incompétence, il s'agit désormais de malhonnêteté intellectuelle de la justice. Si les photos prises par les policiers le 1er janvier ne sont pas rendues au médecin légiste avant les résultats de la contre-autopsie, il ne s'agira pas d'un simple oubli.
-La demande de contre autopsie avait été demandée fin mars et faite par écrit le 3 avril. Pourquoi avoir attendu 2 mois 1⁄2 avant de donner l’ordonnance de contre- autopsie ? Même les juges d'instruction, de ce fait, sont hors délai, voir hors la loi. 12 mois après nous n'avons toujours pas les résultats de la contre autopsie. Qu'en est-il des droits de Wissam, de sa famille?
- Pourquoi avoir imposé à une famille déjà durement touché par ce drame, une lenteur judiciaire inexplicable, inexcusable et intolérable qui aura mis 6 mois à rendre le corps de Wissam à la famille pour qu’enfin il puisse être enterré et repose en paix ? Aux jours d'aujourd'hui, plus de 12 mois après nous n'avons toujours pas les résultats de la contre-autopsie.Il y a une succession, de mensonges et d'erreurs, toutes à décharge. Ainsi qu’un manque de professionnalisme, voire de moralité de fonctionnaires que l'on rémunère. La douleur de la famille, ne fait que grandir au fur et à mesure qu'ils se rendent compte que des criminels sont protégés et que l'on ne reconnaît pas le statut de victime à Wissam malgré les nombreux témoins et alors qu'il a pourtant souffert physiquement, mentalement, qu'il a été torturé, humilié et qu'il a agonisé dans le coma pendant neuf jours avant de succomber.

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