la bavure pour tous

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De plus en plus de policiers sont au bord de la crise de nerf. L’avocat de l’un d’entre eux le souligne comme un appel au secours : « Les policiers se sentent stigmatisés. » Ils s’étaient engagés dans la police pour protéger la France, la veuve et l’orphelin, les voilà de plus en plus souvent sur le trottoir obligés d’aller casser du manifestant catholique, de la femme voilée, ou même du passant tout court. Chez le Défenseur des Droits, le nombre de dossiers concernant les bavures policières à augmenté de 96%.

A Trappes, nous avons assisté récemment à 3 exemples de stigmatisation des policiers qui méritent d’être dénoncés de la manière la plus virulente. Bon, le syndicat maison Alliance, à bien propagé sa version sur tous les médias officiels, mais voilà maintenant que des policiers sont mis en cause par des médias étranges aux consonances pas très catholiques.

 

Samir, appelons le Samir, à 14 ans. Alors qu’il rentre chez lui au moment des émeutes qui visent le commissariat selon son avocat, il est victime d’un tir de flash-ball qui lui fait perdre son œil. Le policier aurait visé la tête. La famille décide de porter plainte pour « tentative d’homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans». Des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. Non mais, ils se croient où ? On n’a pas confié des flashball aux policiers juste pour faire peur aux enfants. Si on peut plus s’en servir, c’est un scandale… Le défenseur des Droits décide lui aussi de se saisir de la bavure et de lancer une enquête afin de déterminer dans quelles circonstances un enfant peut ainsi perdre un œil. L’utilisation du flashball est très réglementé, mais visiblement dans la police, tous ne savent pas lire le règlement. Chez certains policiers, on se lâche à propos de cette affaire. L’un d’entre eux écrit sur Facebook : « merde, il n’aura plus qu’un œil pour pleurer ». Une seconde plainte va également être déposée pour ces propos. Si on ne peut plus rigoler… Ce n’est plus de la stigmatisation, c’est de la persécution.

 

Mick l’étrangleur

La police est également persécutée par les procureurs. Lors de l’arrestation de Cassandra, cette jeune femme originaire de la Réunion qui porte un voile, son mari, Mickael, tout ce qu’il y a de plus blanc, mais avec une barbe suspecte tout de même, ose s’interposer. En effet, quand il voit un policier saisir sa femme par la tête et tenter de l’aplatir comme une crêpe contre le capot de la voiture de police en plein ramadan, il ne trouve pas cela de très bon goût et le fait savoir. La version de la police, qui ne saurait être remise en cause un instant pas Valls, est la suivante : le mari s’est rebellé, il a frappé le policier et s’est jeté sur lui pour tenter de l’étrangler. Le procureur de la république en charge du dossier confirme la version policière en déclarant : « Le fonctionnaire de police présente des marques d'étranglement au cou et une trace de coup au niveau d'une pommette ». Au passage, bonjour la présomption d’innocence. Mickael est coupable avant d’avoir été jugé. Mais dans quel monde vit-on ? Un barbu maigrichon de 21 ans, 40 kilos tout mouillé comme lui fait remarquer un policier en rigolant, se jette sur un représentant de l’Etat et tente de l’étrangler… c’est gravissime, non ? Et bien que croyez vous qu’il arriva ? Le procureur relâche Jack l’éventreur, pardon, Mick l’étrangleur et le convoque en septembre. Quoi ? un dossier vide ? La police ferait mal son travail ? la police inventerait des scenarii pour se victimiser ? Impossible.

 

Impossible ? Pas si sur. Demandez à Alexandre.

Alexandre a 20 ans, il est blanc. Enfin, plutôt rouge voire bleu depuis qu’il a rencontré des fonctionnaires de police. Il se rend à un anniversaire avec des copains lorsqu’il a le malheur de croiser des valeureux policiers chasseurs de racailles. C’est la fin de journée à Trappes, on y voit pourtant encore clair, mais pas tout le monde apparemment. Sans raison selon Alexandre, des policiers se jettent sur lui et le passent à tabac. Coups de poings, coups de pieds, coups de matraque, tout y passe. Il ne manque que le gazage à la lacrymogène ou le flashball à bout portant. « Un policier m’a plaqué au sol. Au fur et à mesure qu’ils arrivaient les policiers, ils me frappaient. Ils m’ont frappé au crâne, ils m’ont frappé aux jambes, partout sur le dos j’ai des hématomes, à la fin, il y a un policier, il a sauté, il la mis un coup de pied et il a vraiment écrasé la cheville… ». Alexandre attendra plus de 2 heures au commissariat en se vidant de son sang avant d’être conduit aux urgences. Le temps de mettre au point la version policière probablement. A l’infirmière qui s’étonne de son état, les policiers affirment : « il s’est battu ». Ils oublient de préciser, à seul contre 5 policiers… Bilan : 13 points de suture au crâne, cheville fracturée, des hématomes sur tout le corps et cerise sur le gâteau, une convocation au tribunal en septembre pour répondre des faits « d’outrage et de rébellion » contre les mêmes policiers qui l’ont massacré. (2)

Quand on vous le dit que la vie d’un policier est un vrai cauchemar. Même à 5 policiers en uniforme, casqués, armés jusqu’au dents, on se fait attaquer par un jeune homme en short et en basket qui n’a pas trouvé d’autre moyen pour se suicider. Il n’y a plus de respect de l’uniforme messieurs dames. Mais bien sur… On y croit dur comme fer…

 

Les Roms

Ce tableau concernant les bavures policières ne serait pas complet si on n’évoquait pas le sort réservé par la police aux Roms. C’est l’été. Les catholiques et les musulmans leur ont volé la vedette, mais ne vous inquiétez pas, on va y revenir avec la chasse aux Roms saison 3 sur tous vos écrans au mois d’août.

A Saint-Fons en banlieue lyonnaise par exemple, ce 8 janvier 2013. Des gamins aurait caillassé une voiture de police avec une pierre qui, selon le commissaire aurait perforé la vitre arrière, rebondit sur le plafond, avant de frôler le conducteur. Un vrai missile télécommandé… Alors ni une ni deux, la police organise une opération vengeance. Appel radio à toutes les unités du coin. Venez, on va casser du roumain. Pendant plusieurs heures, des policiers casqués, armés jusqu’au dents, certains avec des chiens policiers vont gazer les enfants et saccager les cabanes du bidonville.

Mais attendez, on est aussi là pour se marrer. Quand un policier tombe sur une femme avec son bébé de quelques mois, il est embêté… Là, ça ferait une grosse bavure… Alors il vide sur elle un bidon d’eau qui se trouvait à proximité et rigole un bon coup. Pour cet autre habitant, les policiers vont lui faire bonne blague de potache. Ils aspergent la cabane de gaz lacrymogène et bloquent la porte empêchant ainsi le pauvre diable de sortir. « j’ai cru que j’allais mourir asphyxié ». (3)

C’est très pratique les Roms. Ca ne parle pas un mot de français et ça ne porte jamais plainte de peur de se faire renvoyer en Roumanie et tout le monde les déteste. Quand vous tapez dessus, tout le monde s’en fout. Une vraie partie de plaisir.

 

Valls ne veut pas qu’on lise les réseaux sociaux.

Interpellé par une habitante de quelques jours après les émeutes alors qu’il tente de faire son Sarkozy à Trappes, Valls perd son sang-froid et s’écrie, visiblement très énervé : « Ne regardez pas trop Twitter et les réseaux sociaux ». Tu m’étonnes…

Suite aux émeutes de Trappes, le site Copwatch qui flique les flics a eu la bonne idée de passer au crible le forum police info.com sur lequel il identifie plusieurs policiers dont 2 présents sur place au moment des faits. Voici un petit florilège des remarques de ces représentants de l’Etat dont Valls dit qu’il ne « doute pas un instant » de leur respect pour les personnes contrôlées. "C’est pas le ramadan ??...Ben alors vous allez ramassez vos dents" . "Faites gaffes aux caméras et pas de prisonniers » « La chasse est ouverte, il est temps de faire un bon nettoyage ».  « J’ai pris du plaisir hier soir. Sur 300 mecs contre 30 policiers, ça a même pas les couilles de venir au corps à corps ». « J’ai passé la nuit à Trappes hier avec les collègues...Pauvre France, vive le bleu Marine ! » (4) Ben quoi, on ne peut plus plaisanter ? Même dans la police ? L’inspection Générale de la Police Nationale a ouvert une enquête. Le site, lui, a été fermé par son administrateur, sans doute pour favoriser le travail des collègues.

Le policier victime de la tentative d’étranglement, lui aussi, que son avocat décrit comme un fonctionnaire exemplaire s’est fait prendre en flagrant délit de plaisanteries douteuses sur Internet. (5) Il est pourtant grand seigneur ce policier. Dans un premier temps, selon son avocat, il ne souhaitait pas porter plainte. Il a dû fréquenter de trop près les veilleurs et faire sien ce commandement: quand on te frappe sur la joue droite, tend la joue gauche. Vous en connaissez beaucoup, vous des gens qu’on tente d’étrangler et qui ne portent pas plainte ? Chapeau, un vrai saint ce policier. Et puis non finalement, volte-face subite. Son avocat précise : « Il ne l’envisageait pas au départ, mais finalement, il va se constituer partie civile… Il est très choqué par les propos du couple et la façon dont ils sont relayés par certains médias avec beaucoup de complaisance ». Au passage, on se demande bien pourquoi il se constitue partie civile et ne porte pas plainte directement pour tentative d’assassinat en réunion dans le cadre d’une opération terroriste visant à déstabiliser la France tant qu’on y est. Aurait-il quelques doutes sur sa propre version des faits ? Ou alors, sait-il déjà que plusieurs sites internet  publient une étude détaillée de son profil Facebook ? On y apprend que fidèle à son devoir de réserve, il a relayé plusieurs messages appelant à battre Hollande en mai 2012. On y constate aussi qu’il a affiché son amour caché pour les femmes voilées en postant plusieurs caricatures très explicites.

 

La police sait bien se défendre

Porter plainte pour un policier, ça ne coûte rien. Les frais de justice, l’avocat, tout est pris en charge par l’Etat, c’est-à-dire vous et moi. C’est aussi la meilleure manière de retourner une situation et de se faire passer pour une victime. Mais parfois, cela ne suffit pas. En septembre 2010, à Aulnay-sous-Bois, encore une banlieue favorisée, la police prend en chasse une voiture qui aurait percutée un policier. L’automobiliste est arrêté, placé en garde-à-vue et accusé de tentative d’homicide sur un fonctionnaire de police… Tiens, ça nous rappelle quelque chose… Jusque là tout va bien, sauf que… Sauf que cela ne s’est pas passé exactement comme les policiers l’ont dit. En réalité, c’est une autre voiture de police qui a percuté le policier et non celle de l’automobiliste. Les policiers n’ont pas hésité une seconde à rédiger un faux procès-verbal et à accuser un homme qui risquait ainsi la prison à perpétuité. Fin 2010, les policiers sont jugés pour « dénonciation calomnieuse » et « faux en écritures ». Ils sont condamnés à des peines de 6 mois à 12 mois de prison ferme. Ce jugement provoque la fureur de leurs collègues qui manifestent en uniforme devant le tribunal avec leurs voitures de service, gyrophares allumés à l’appel de leurs syndicats.

Une justice indépendante, oui, mais pas pour la police. Non mais, faudrait pas exagérer quand même. En appel, les peines de prison ferme se sont transformées en sursis…

 

La police, instrument des politiques

La police se consacre de moins en moins à la protection des personnes et des biens. Depuis plusieurs années déjà, elle est devenue le bras armée de personnages politiques ambitieux qui ne servent que leur propre intérêt. La politique du chiffre, assumée sous Sarkozy et toujours pratiquée mais inavouée par Valls en est un exemple. La stratégie du parti socialiste aujourd’hui repose sur un pari. Hollande, comme Mitterrand en son temps sait très bien que la seule manière de se maintenir au pouvoir est de faire monter le Front National, suffisamment pour se retrouver face à lui au second tour. Le calcul est risqué.

Dans cette conquête du pouvoir, la police n’est qu’un instrument qui se prête au jeu, par conviction ou simplement, par devoir, on exécute les ordres. Les roms, les musulmans, les catholiques ne sont que des pions qu’on manipule pour la plus grande joie des extrémistes de tout bord qui savent qu’en définitive, ce sont eux les grands gagnants de cette partie de poker truquée.

En 1998, on célèbre la France Black, Blanc, Beur qui gagne la coupe du monde, le portrait de Zinédine Zidane brille dans la nuit parisienne, le FN est à 15%. 15 ans plus tard, à travers l’application de lois destinées à quelques milliers de personnes comme le mariage homosexuel ou l’interdiction du port du voile, des politiciens ambitieux de gauche comme de droite mettent le feu et font exploser la société française. Le FN est à plus de 45% dans des élections partielles.

Le sarkozysme consistait à opposer des citoyens à d’autres citoyens. Le socialisme, c’est le contraire.

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Source : link http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/270713/blacks-blancs-beurs-la-bavure-pour-tous

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