"La police mutile, la police assassine" Retour sur la manifestation de Nantes du 21 février 2015

 


Hier j'étais sur Nantes dans le cadre de la semaine de résistance. J'ai manifesté avec nos amis Nantais.

A en croire les médias, on aurait affaire, pour faire simple, à des petits cons là où je vois plutôt des justes qui vivent leurs vies là où d'autres passent à côté. J'ai pu m'apercevoir à quel point on jugeait un mouvement à la quantité de ses membres, à son paraître. J'ai été étonné par le décalage avec ce dont je vivais, par l'atmosphère de la manifestation qui s'en dégagé, quelle bouffée d'oxygène ! Elle me rappelle l'ambiance électrique des premières manifestations suite à la mort de nos frères : une même focalisation collective convergente et transcendante, une onde de révolte avec une même fréquence, une même conviction d'être du bon côté.

J'ai eu l'occasion aussi d'échanger. Comme toujours, plus qu'on peut le penser l'échange est extrêmement important parce qu'extrêmement enrichissant. J'ai pu mesurer la précision des arguments, la clarté de la vision sur la France, sur l'Europe, sur le monde.

On pourrait se laisser abattre par une impression d'impuissance, de fatalité. Durant la révolution française, beaucoup se disait que l'on a jamais vécu sans roi et que l'on ne pouvait pas faire autrement. Durant la seconde guerre mondiale, les résistants étaient minoritaires. Si on ne peut pas compter sur la majorité même sous un régime Nazi, on ne peut pas compter sur la majorité sur la question des violences policières mais sur soi-même. La révolution bolchevik avait étonné parce qu'elle a eut lieu dans un pays beaucoup moins industrialisé là où les bolcheviks étaient beaucoup plus minoritaires que dans l'Europe occidental. Lénine parlait de professionnalisation du révolutionnaire. Il nous faut prendre exemple sur Lénine parce qu'on ne peut pas, on ne peut plus compter sur une démocratie ou sur des politiques qui ne sont en réalité que la manifestation tyrannique de la majorité sur la minorité. Hitler avait été élu démocratiquement.

On peut changer le monde. Oui, on peut changer le monde. Soyons créatifs tout en gardant le souci du détail. Indignons nous tout en n'oubliant pas les limites et les moyens. Soyons attentifs aux jeux répétitifs. Testons d'autres visions du monde. Sortons de la pensée unique. Ayant foi dans notre idéal parce qu'aucune tyrannie n'a éternellement durée. Confrontons nous à notre peur, elle peut être l'expression en réalité d'un besoin caché. Préservons notre curiosité spécifique et globale. Sachons foncer, mais prendre de temps en temps du recul. Gardons cette enthousiasme tout en étant réaliste. Mais surtout continuons à créer des liens, toujours des liens.

Oui, on peut changer le monde et on est déjà en train de le changer parce que notre monde est autour de nous et on peut changer le monde autour de nous.

Merci les Nantais !

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