S'attaquer au tronc

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Différents problèmes peuvent avoir la même cause. S'attaquer à une cause profonde peut régler différents problèmes. L'erreur que beaucoup de personnes font c'est de s'attaquer qu'aux causes apparentes. S'en prendre à un groupe alors que ce groupe ne tient sa légitimité que d'un autre c'est comme couper les feuilles d'un arbre au lieu de s'attaquer au tronc d'arbre. Parfois même, le fait de s'attaquer aux feuilles peut aider l'arbre à se développer.

Le pouvoir c'est le tronc, il ne se donne pas, il se prend. Pour le prendre, il faut aller là où il s'exerce. Il faut investir les lieux, les mots, les espaces physiques et virtuels.

En effet, à force d'utiliser certains mots, des mots ont perdu de leurs sens alors qu'ils avaient un potentiel important. La liberté, l'amour par exemple, ne veulent plus dire grand chose. On se bat d'abord pour la liberté, pour l'idée de la liberté. 
Aussi, polir les mots qui nous animent est source de motivation (d'où mes nombreux écrits). Tout combat est d'abord un combat idéologique, c'est un ensemble de valeurs contre des autres. 

Parfois l'ennemi, nous aide à nous sublimer parce qu'il nous laisse pas une porte de sortie et nous pousse à l'affrontement frontal. Alors il faudra être endurant. Ceci ne signifie pas se lancer à corps perdu. Il s'agit simplement s'engager dans la durée dans une cause que l'on croit juste et d'agir en conséquence. Se reposer si c'est nécessaire pour mieux repartir.

L'une des autres causes profondes des maux de la société c'est l'individualisme. L'individualisme crée des problèmes d'interface parce que les gens sont alors dans la défense d’intérêt, ils gagnent parce que d'autres perdent, on est dans une somme nulle : la société est perdante. Les problèmes d'interface crée une complexification du système et l'apogée des experts, experts des interfaces. Cette expertise, accompagnée d'une compartimentation des activités humaines provoque une déresponsabilisation collective : chacun ne se sent pas responsable du produit final du processus de son action, alors qu'il suffirait qu'un maillon de la chaine puisse ne pas participer pour faire voler en éclat cette complexification des activités. C'est l'une des plus grande erreur de l'humanité que de ne pas se voir comme partie intégrante d'un processus et donc collectivement responsable de ce qui se joue collectivement. 

Cette complexification est aussi une opportunité. En réalité, comme il est plus simple d'être juste qu'injuste, il est aussi plus simple de vivre dans une société préservatrice des droits de l'homme plutôt que de vivre dans une tyrannie. Maintenir une tyrannie est en réalité consommateur de beaucoup d'énergies et de ressources. C'est la raison pour laquelle aucune tyrannie n'a duré dans l'histoire de l'homme. Les tyrannies reposent sur le consentement de la foule. Les tyrannies disparaissent lorsque la foule a compris les règles du jeu, qu'elle était le dindon de la farce ou bien elles disparaissent lorsque le pouvoir a compris qu'il était plus simple de maintenir une société préservatrice des droits de l'homme plutôt que d'user des stratagèmes les plus tordus pour maintenir la tyrannie. A chaque événement mensonger, le pouvoir devra en effet s'il ne change pas de logique faire encore plus d'efforts. Petit à petit, le peuple perçoit cette dissociation de plus en plus grande entre les principes fondateurs et la réalité. C'est la variation et non la moyenne que le peuple perçoit : un bus qui vient tous les 20 min avec 1 min de variation sera mieux perçu qu'un bus qui arrive tous les 15 min avec une variation de 5 min. On a été élevé avec la culture de la moyenne alors que l'on raisonne naturellement en variation. La vraie modernité, la société pérenne est celle qui apporte la justice à chacun avec une faible variation des conséquences selon les mêmes causes. Le contraire d'un deux poids deux mesures.

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