Interview de Farid El Yamni au sujet de l'affaire #WissamElYamni

par cjvpourwissam

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"Wissam El Yamni s'est fait torturer dans le couloir du commissariat devant des témoins que la juge d'instruction Myriam Fenina s'est refusée de se donner les moyens d'entendre personnellement."

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"Wissam El Yamni s'est fait torturer dans le couloir du commissariat devant des témoins que la juge d'instruction Myriam Fenina s'est refusée de se donner les moyens d'entendre personnellement."

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L'IGPN

par cjvpourwissam

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A l'attention de Camélia Jordana

par cjvpourwissam

#SoutienCameliaJordana

A l'attention de Camélia Jordana.

Voici les critiques que vous aurez  en cas de débat :

1 c'est une minorité, il ne faut pas jeter l’opprobre sur la majorité qui effectue son travail dans des conditions difficiles
2 il y a des organismes de contrôle, la police est l'institution la plus contrôlée
3 quand il y a des fautes il y a sanctions...une enquête est en cours ... (ou la variante) la justice est indépendante, elle a parlé le débat est clos
4 la police protège les citoyens, il faut lui être reconnaissant
5 il ne faut pas exagérer
6 on parle beaucoup des violences commises par la police mais vous ne réagissez pas aux violences sur les policiers
7 il faut soutenir la police contre la délinquance contre le terrorisme. Vous serez bien d’accord d’avoir affaire à elle quand vous en aurez besoin.
8 « la police est … » « nous sommes … »
9 dans d'autres pays c'est bien pire il faut se satisfaire de la situation
...

Analysons ces arguments :

1 "c'est une minorité, il ne faut pas jeter l’opprobre sur la majorité qui effectue son travail dans des conditions difficiles"

Cet argument policier repose sur un paradigme classique de notre société : l'argument de la démocratie, celui de la majorité. Nous vivons une période où la pensée dominante est que la majorité a raison. Nous sommes emprisonnés par cette opinion que l'on ne voit plus comme une opinion. On voit la quantité plutôt que la qualité.

L'idée est de rendre un argument illégitime qualitativement en le rendant minoritaire quantitativement. L'idée est de dire que tout ne sera pas parfait et ne pourra pas l'être mais que globalement la situation est acceptable.

S'il y a 1 mort c'est acceptable, s'il y en a un million ça ne l'est plus revient à dire s'il y a un défaut c'est acceptable, s'il y en a 1 million ça ne l'est plus.

Cet argument laisse croire qu'il s'agit d'erreur inévitable.

Pour appuyer cet argument et taire le contre-argument la mafia policière ajoute de façon rhétorique qu'elle ne dit pas qu'il n'y a pas de problèmes mais qu'il ne faut pas faire d'un détail qui doit être au demeurant résolu une question centrale.

Le besoin exprimé par la police et qu'il faut comprendre à travers cet argument est le suivant : La police ne veut pas mettre de détrompeur car elle a peur qu'en perdant des privilèges elle perde des droits.

Pourquoi cet argument est fallacieux ? Que répondre à cet argument quand on ne nous interdit pas le débat et la possibilité de nous exprimer ?

Le premier contre-argument que l'on peut faire c'est que la minorité est défendue directement ou indirectement par la majorité et qu'en ce sens elle n'est plus une minorité.

Le deuxième contre-argument que l'on peut faire c'est que le comportement humain n'est pas celui d'une machine. Une machine produit des erreurs de façon inévitable alors que sur la question des violences policières, il est impossible de tuer ou de mutiler quand on n'a pas la volonté de jouer avec les limites. L'erreur est voulue. On ne tue pas ni ne mutile par hasard de façon aléatoire.

Le troisième contre-argument que l'on peut faire c'est qu'un comportement déviant à partir du moment où il est répété devient une norme. Un système qui ne met pas en place de détrompeur pour éviter de reproduire des comportements déviants en est complice.

2 il y a des organismes de contrôle, la police est l'institution la plus contrôlée

Qui enquête en interne : la police des polices
Quand un juge d'instruction est saisi qui va chercher les preuves ou ment pas omission : la police des polices.
Quand le défenseur des droits veut des preuves il fait appel à qui : au juge d'instruction qui fait appel à la police des polices.
Si la police des polices couvre que se passe t- il ?
La police est l'institution la plus contrôlée oui c'est vrai mais par la même source : elle même.

On vous dira que la police des polices est sévère et que vous êtes dans la théorie du complot... Il faudra accuser vos détracteurs d’opinion et pour le coup d’opinion fausse. La vérité c'est que tant que des policiers enquêteront sur des policiers, le doute persistera car la possibilité d'une protection est possible structurellement.

C’est la raison pour laquelle le fondement de la république suppose la séparation des pouvoirs et elle n’existe pas sur les enquêtes sur les violences policières.

Si on vous ne croit pas dites qu’à partir du moment où la possibilité existe sans garde fou ce n'est pas acceptable. Pour le dire autrement le défaut est accepté. S'il est accepté c'est qu'il est voulu, utile, suspect.

3 quand il y a des fautes il y a sanctions...une enquête est en cours ... (ou la variante) la justice est indépendante, elle a parlé le débat est clos

On vous dira qu’il ne faut parler à la place de la justice.

Le but est de ne pas parler du tout en réalité, de faire croire qu’il n’y a pas de problème parce qu’il y a une enquête et d’enterrer l’injustice par une longue et pernicieuse injustice.

Ce qu'il faut répondre à cet argument c'est demander des preuves, des rapports objectifs qui vont dans ce sens. Ils n’en trouveront pas.

On vous sortira des chiffres qu'il y a chaque année un nombre de sanctions ...

Mais les chiffres que l'on vous donnera sont faux ou non vérifiables car issus de la police. Notre expérience contredit ces chiffres.

Le contre-argument doit être suivant :
Le New York Times parle de culture d'impunité de la police française.
Le guardian de système judiciaire détraqué en France sur la question des violences policières
La france est championne d'europe des condamnations sur la questions des violences policières.
L'onu condamne régulièrement la france.
Il y a toutes les semaines des polémiques sur la police, des manifestations des tribunes.
Amnesty international parle de policiers au dessus des lois.
Le défenseur des droits, l'acat, la Ligue des droits de l'hommes, idem.
Les sociologues sont unanimes pour dire qu'il y a un problème.
Il n'y a plus que la fachosphère et que la police pour dire le contraire sans preuve.

4 la police protège les citoyens, il faut lui être reconnaissant

C'est l'argument du chantage et il faut le critiquer comme tel.

Le contre-argument doit être le suivant, il est simple :
Ce n'est pas parce que la police peut nous rendre service qu'il faut tout lui pardonner. L'exigence d'excellence est nécessaire sur une institution qui donne la mort et il est préférable au laxisme et à la médiocrité.

5 il ne faut pas exagérer

L'accusation d'exagération vise à jouer sur les affects. C’est un argument fallacieux qui est utilisé contre des personnes qui sont accusées de pas être légitime dans la critique. On tue le messager pour tuer le message disait quelqu’un.

Femme jugée trop émotive
Famille jugée pas assez objective
Racisé jugé trop dans la victimisation

Il est difficile de combattre cet argument par celui qui le subit car le dénoncer c’est justement l’engendrer.

Il ne faut surtout pas répondre que l’on n’exagère pas.

Il ne faut pas aller directement sur le terrain des arguments mais plutôt contre-attaquer en accusant la personne qui accuse de minimiser, de mettre le problème sous le tapis et que ce n’est pas ce que l’on demande à des personnes qui ont des responsabilités. On leur demande d’être à la hauteur, de faire preuve de courage et non de bassesse comme l’accusation qui est portée.

A la suite vous pouvez accuser celui qui vous accuse de chercher à vous rendre illégitime pour ne pas répondre sur le fond.

6 on parle beaucoup des violences commises par la police mais vous ne réagissez pas aux violences sur les policiers

Le but est de dire que les violences sur les policiers doivent être dénoncées de la même façon que les violences par les policiers.

Le but est de dire qu’il y a d’autres injustices condamnables et d’accuser la personne d’être dans une idéologie anti-police.

Le but est de dire qu’il y a d’autre priorités.

Le contre-argument doit être le suivant : la justice sanctionne les violences sur les policiers mais la justice ne sanctionne pas les violences des policiers. L’une relève du comportement d’un individu et la justice répare cette faute, l’autre est commise et couverte au nom de la France qui ajoute de l'injustice à l'injustice, au nom de la république, avec nos impôts et ceci détruit la confiance, la fraternité et le pacte républicain.

7 il faut soutenir la police contre la délinquance. Vous serez bien d’accord d’avoir affaire à elle quand vous en aurez besoin.

Le but est de pousser à faire un choix qui est en fait un non choix. Soit vous etes dans un camp celui de la police soit vous êtes dans un autre celui de la délinquance et du terrorisme.

L’argument est encore fallacieux. Il faut choisir entre la peste et le coléra.

A cela il faut répondre qu’il ne s’agit pas d’être pour ou contre les uns ou les autres mais d’être pour ou contre des injustices peu importe leurs auteurs.

8 « la police est … » « nous sommes … »

« La police est républicaine » ou « nous sommes dans un état de droit »…

On peut être tenté de répondre directement que les policiers « ne sont pas » ou que « nous ne sommes pas » c’est une erreur !

Il faut faire attention à ne pas répondre par cet argument ainsi. Car on vous accusera d’essentialiser alors que c’est votre interlocuteur qui essentialise.

Quand la police et ses idéologues utilisent le verbe être, « la police est », « …sont… » il faut s’attendre à un mensonge, une approximation ensuite. Non la police n’est pas… non … ne sont pas …

Le verbe être essentialise il faut pour cela phénoménologiser.

Quand on vous dit que quelque chose « est » on cherche à définir d’abord pour réfuter un phénomène ensuite alors qu’il faut partir toujours du phénomène des faits pour remonter aux sentiments puis aux demandes.

Il faut accuser celui qui abuse du verbe « être » de simplification, d’essentialisation.

Partir du phénomène et dire qu’il y a des fois où les policiers font des choses bien et d’autres fois où les mêmes peuvent faire des choses mal et qu’en ce sens, les policiers « ne sont pas » tota.

De même pour la justice il y a des fois où elle fait preuve de courage et d’autre fois de lâcheté.

9 dans d'autres pays c'est bien pire il faut se satisfaire de la situation

C’est l’argument du pire ailleurs, argument classique.

A cela, il faut ajouter qu’il y a aussi meilleur ailleurs et que l’on ne doit pas se comparer aux derniers de la classe mais plutôt aux premiers

Si vous avez d’autres arguments et contre-arguments n’hésitez pas à nous les faire parvenir.

 

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