" Pardon mais nous n'oublions pas, nous n’oublierons pas. " Lettre ouverte au médecin légiste

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Monsieur,

 

 

 

Est ce le rôle d'un médecin légiste d'avoir de la compassion pour des assassins ? Et quand bien même vous aviez de la compassion, vous n'aviez pas le droit de mentir !

 

Nous avons aujourd'hui la preuve scientifique de vos mensonges.

 

Vous n'avez pas simplement insulté la vérité mais vous avez aussi insulté la valeur de votre vie. La valeur d'un homme et au delà d'un médecin légiste se reconnaît au sens de l'honneur, à son côté incorruptible, rigoureux, intègre, ayant le sens de la droiture, exemplaire, capable de dire « non » aux mensonges, agissant par amour de la vérité scientifique, rien que par amour de la vérité scientifique, sans a priori et avec une intransigeance absolue.

 

Vous n'avez pas simplement insulté la vérité mais vous avez aussi insulté nos vies. Et si nos vies n'ont pas de valeurs à vos yeux, sachez que vous n'avez pas simplement détruit nos vies mais vous avez aussi détruit la confiance que le citoyen ordinaire pouvait et pourra porter aux autres médecins légistes et à l'humanité tout entière simplement.

 

Ce n'est pas l'intelligence qui fait la valeur d'un homme, c'est la façon dont il l'utilise. Jamais on aurait pu croire que des hommes aussi intelligents étaient capables d'être aussi mesquins et cruels, jamais on aurait pu croire qu'un médecin légiste pouvait mentir avec un tel machiavélisme. L'affabulation, le fantasme et la bassesse appartiennent au domaine du roman, il n'a pas lieu d'être toutefois dans la médecine. Personne ne force personne à être médecin légiste, vous avez jeté à jamais l’opprobre sur toute votre profession, que les futurs médecins légistes se rappellent de vous et vous méprisent !

 

Pardon mais nous n'oublions pas, nous n’oublierons pas.

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''Un frère est un ami donné par la nature''

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"Il y a des blessures qui ne peuvent cicatriser tant la chair profondément est saignée. Viscéralement, dans mes entrailles je suis à jamais condamné.


Condamné à ne plus voir rayonner ton tendre sourire, ton regard rieur et ta bouille si joyeuse. 

Tes mimiques parfois enfantines et ce ton si éloquent, jamais je ne pourrai les oublier, jamais je ne saurai les oublier.

Je suis ton aîné mais pourtant qu'ai je pu apprendre de toi!

Homme pétri d'honneur avançant si juste, dans les plus valeureux combats. Dans l'ombre, sans éclats. Tu martelais souvent que l'on n'était rien. Et pourtant tu étais tant pour moi...

Tu évoquais Dieu, sagement et confiant. Me rappelant à l'ordre et me guidant. Qu'il t'accueille aimant dans la lumière de ses bras, aux milieu de ses anges, toi figure hybride parfois étrange.

Tu as quitté les tiens beaucoup trop tôt, comme par surprise, telle une trahison sans nom.

Ma tristesse, je ne peux la cacher. Et quand je croise le petit bout de toi, ma gorge se serre et mon coeur encore se casse.

Toi, mon frère, mon alter ego. Toi cet homme si bon et si réconfortant. 

Comment faire sans toi alors que le monde est si vide?

Tout n'a plus de sens depuis ta tragique sentence. Mais je me dois d'avancer, de porter haut et fort l'étendard de tes convictions, de tes pieuses passions.

Alors comme un dernier hommage, de là-haut, toi qui paisible regarde du haut des nuages, sois serein. 

Tes batailles sont miennes et mon amour éternel..."

Karim ACHOUI

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Habeas corpus

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"La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés. Mais elle n'est pas toujours dans les Etats modérés. Elle n'y est que lorsqu'on n'abuse pas du pouvoir : mais c'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. Qui le diroit ! la vertu même a besoin de limites.

Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir."

Montesquieu, L’Esprit des Lois

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Pétition

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"Relève la tête" Marwan Muhammad

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"On pourrait se dire que la situation est sans espoir.

On pourrait se plaindre (légitimement) des discriminations et des violences qui touchent chaque jour plus de musulmans, en particulier les femmes et les enfants en milieu scolaire.

On pourrait se dire qu’il est temps de partir, qu’on n’a plus notre place ici, qu’on aura beau faire tous les sacrifices et tous les efforts du monde, on ne nous acceptera jamais en France. Jamais. On restera des citoyens de seconde zone, gentiment qualifiés d’issus de la diversité, traités d’extrémistes ou de controversés dès lors que l’on dit autre chose que ce qui est attendu de nous.

Comment espérer voir nos enfants grandir ici alors qu’on tente de confisquer leur devenir et leurs espérances avant même qu’ils ne soient nés ? Comment leur expliquer que leur maman est rejetée pour ce qu’elle est ?
On pourrait penser que la situation est dramatique, qu’il n’y a plus grand-chose à attendre d’un pays où, à droite comme à gauche, les musulmans sont devenus la variable d’ajustement, ceux dont on peut impunément piétiner la dignité… juste pour quelques points dans les sondages.
On pourrait être tentés de répondre par la violence aux crachats, aux insultes, aux regards de travers, aux soupirs d’exaspération et aux remarques désagréables dont on fait l’objet au travail, dans la rue, à l’école ou dans les transports en commun ; tous ces actes que ne reportent jamais les victimes silencieuses de l’islamophobie, tous ces gestes qui font qu’un jour après l’autre, la distance se creuse entre « eux » et « nous », tandis que ce clivage jusqu’ici sans objet se retrouve convoqué dans nos vies.
On pourrait pointer du doigt le déclin d’une identité qui peine à se définir autrement que dans le rejet de l’Autre, critiquer l’hypocrisie d’une liberté d’expression garantie uniquement quand elle s’exerce à nos dépens, dénoncer l’idée de fraternité qui n’existe que sur le fronton des mairies pour mieux masquer son absence dans nos cœurs et dans nos têtes, rappeler à chacun que la laïcité n’a jamais été conçue comme un outil de discrimination ou de censure du fait religieux, montrer l’incohérence d’un féminisme qui s’exerce à l’encontre même de celles qu’il prétend émanciper…
On pourrait pleurer de tristesse et de frustration.

On pourrait.

Mais où est-il écrit que nos vies seraient facile et sans épreuves ?
Depuis quand est-ce que les combats pour la justice et l’égalité se gagnent sans courage et sans endurance ?
J’ai grandi en rêvant d’être aux côtés de ceux qui ont fait l’histoire. Je m’imaginais auprès du Prophète Muhammad (asws) lorsque les musulmans étaient persécutés par les Qurayshs. J’aurais voulu emboîter le pas de Gandhi lorsqu’il menait la marche du sel pour la liberté des indiens ou être dans les rangs de Malcolm X arpentant les rues de Harlem pour la dignité des afro-américains.
Aujourd’hui, le combat que nous devons mener contre l’islamophobie n’est pas moins beau, pas moins grand, pas moins digne. La liberté n’est jamais acquise, toujours à conquérir.

Alors relève la tête.

Sache que même si le monde entier s’unissait dans l’oppression contre un peuple, l’idée de Justice et de Bien n’en seraient en rien diminuée. C’est encore bien loin d’être le cas aujourd’hui.

Sache que plus un système est injuste, plus les hommes et les femmes qui le subissent sont incités à s’unir et à agir pour le changer.
Sache qu’au-delà de la politique et des médias, il y a des êtres humains autour de nous qui ne sont pas réceptifs au discours de haine qu’on essaie de leur diffuser. A nous d’en faire des citoyens conscients qui luttent à nos côtés contre les injustices.
Sache enfin que le chemin du changement est pavé d’épreuves et de déceptions et que ce qui est requis de nous, plus que de la colère, c’est de la constance et de l’endurance.

Calmes et déterminés, dans l’action plus que la réaction, soyons les témoins et les acteurs du changement que nous commande cette situation.
Nous continuerons à vivre, à aimer nos familles et nos amis, à élever nos enfants avec tendresse et responsabilité, à chercher la connaissance là où elle se trouve, à sourire, à écrire, à créer, à partager, à contribuer à des projets utiles autour de nous, à soigner, à croire en Dieu et à pratiquer notre religion dignement. Nous continuerons à vivre, tout simplement.

On n’abandonnera jamais.

On ne se taira jamais face à l’injustice et aux discriminations, quelles qu’elles soient. On ne se soumettra jamais au diktat des oppresseurs sur les opprimés.

Et personne, vraiment personne ne pourra faire quoi que ce soit pour changer cette réalité.

Donc relève la tête, montre toi à la hauteur de ce que tu es et rappelles toi qu’il y a un sens à tout ce que l’on vit ; celui de retrouver par nos actes et nos intentions l’essence même de ce qui fait de nous des êtres humains :
La capacité à choisir de faire le Bien, même quand c’est difficile."

Marwan Muhammad

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"Qu’est-ce qu’un salaud ?"

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"Qu’est-ce qu’un salaud ?

C’est un égoïste qui a bonne conscience, qui est persuadé d’être un type bien, et que le salaud, en conséquence, c’est l’autre. C’est pourquoi il s’autorise le pire, au non du meilleur ou du soi – d’autant plus salaud qu’il se croit justifié à l’être, et pense donc ne l’être pas."

Jean-Paul Sartre

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Article Politis

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Après la bavure, l’impossible quête de vérité pour les proches de Wissam El Yamni

Comme toujours dans les affaires de violence policière, le combat des proches de Wissam El Yanni, décédé il y a un an et demi, est long et difficile. 
[4e étape de notre tour de France des quartiers]

Marwa et Farid remuent ciel et terre. Recours judiciaires, contre-expertises, entrevues officielles, conférences de presse… Rien n’est superflu dans leur combat pour la vérité, un an et demi après le décès de leur frère suite à une interpellation.

Comme souvent dans ce type d’affaires, l’enquête est un nouveau calvaire pour la famille tant la justice et lente et l’enquête tronquée.

« C’est allé tellement vite… Mais ils l’ont bien tapé »

Les faits se sont déroulés aux pieds des barres de La Gouthière, un quartier du nord de Clermont-Ferrand, en pleine nuit de la Saint-Silvestre, le premier janvier 2012. Peu après 3h du matin, plusieurs véhicules de police, au moins 9 selon l’enquête, pénètrent dans le quartier.

Marouane, un ami d’enfance du défunt raconte : « Nous étions 5 ou 6 à passer la soirée sur le parking, on n’avait pas prévu de sortir, on s’est juste acheté une bouteille et puis c’est tout ».

Au passage des forces de l’ordre, Wissam leur jette une pierre. Une course poursuite s’engage et tourne court. Le chauffeur poids lourd de trente ans est aussitôt interpellé.

Wissam El Yamni
Wissam El Yamni

Les circonstances de l’arrestation sont troubles. Depuis sa fenêtre, à quelques dizaines de mètres de là, une riveraine voit une voiture de police s’engager sur un parking. « Wissam est sorti de la voiture et a fait quelques mètres en courant pour tenter de s’enfuir, il n’était pas menotté. Mais il a été aussitôt rattrapé », raconte Laure, qui assiste à la scène alors qu’elle fume une cigarette à sa fenêtre.

« Là j’ai vu les deux policiers frapper assez violemment Wissam. C’est allé tellement vite… Mais ils l’ont quand même bien tapé. Je l’ai vu se recroqueviller. » Selon elle, les deux policiers saisissent alors Wissam et le font rentrer dans le véhicule. « Il était mal en point », raconte la mère de famille qui réside sur le quartier depuis 15 ans.

La voiture quitte le petit parking et s’arrête au pied d’une tour, aujourd’hui détruite. « Je n’ai plus vu ce qui s’est passé, mais je sais que j’ai entendu des aboiements de chien », raconte Laure, entendue 3 fois par l’IGPN depuis les faits.

Sur le parking de l'école Jean de La Fontaine, une témoin dit avoir assisté à l'immobilisation violente de Wissam El Yamni.
Sur le parking de l’école Jean de La Fontaine, une témoin dit avoir assisté à l’immobilisation violente de Wissam El Yamni.

E.M

C’est quelques minutes plus tard que Marouane et ses amis arrivent au pied de la tour. « Des voitures avaient tourné en notre direction, mais elles ne nous ont pas contrôlés. Nous sommes donc allés voir ce qui se passait et nous avons trouvé des voitures de police, dont une avec l’autoradio branché à fond sur de la musique funk. Ils étaient très tranquilles. Un policier fumait une cigarette », raconte Marouane.

Les deux policiers de la brigade canine évoquent une interpellation musclée, mais relativement brève. Un autre témoin racontait pourtant à Médiapart, le 7 janvier 2012, avoir assisté une scène de lynchage collectif. « Les policiers sont descendus, ils ont mis de la musique à fond, de la funk, et ont démuselé les deux chiens. Ils étaient chauds, ils ont fait un décompte : “Trois-deux-un, go” et ils lui ont mis des coups », raconte le jeune homme selon le site. 

« La société ne nous a pas maltraités »

Après avoir parlé d’un « règlement de comptes » dans les premières heures, la thèse d’une violence policière se diffuse, alors que Wissam est encore dans le coma. Les quartiers nord de Clermont-Ferrand s’embrasent et il faudra un dispositif anti-émeute musclé pour étouffer la colère après plusieurs nuits.

Dans les mois qui suivent le drame, le pré-rapport d’autopsie et l’IGPN concluent à une possible mort par compression de la carotide des suites du « pliage », qu’un policier déclare avoir pratiqué pour immobiliser Wissam lors de son transport vers le commissariat. Mais les proches de Wissam n’en croient pas un mot. Trois mois après les faits, ils demandent une contre-expertise et s’engagent sur le volet « scientifique » de l’affaire. Photos à l’appui, ils veulent démontrer que Wissam présente d’importantes marques de coups et des lésions au niveau du cou, témoignant selon eux d’une strangulation.

 

« Nous faisions confiance en la justice, nous ne sommes pas des gens que la société a mal traités, mais ça a été la désillusion », raconte Farid El Yamni. Car l’enquête est truffée d’irrégularité. Ils dénoncent en particulier une expertise basée sur des photos antidatées, prises 10 jours après les faits, alors que Wissam était plongé dans le coma, en soins intensifs, et que ses blessures cicatrisaient.

 

« Nous avons pris des photos dès le 3e jour, car le personnel de l’hôpital nous avait dit qu’il y avait quelque chose d’anormal », raconte Marwa, la sœur cadette de Wissam.

Et la liste est longue. « Il n’y a pas eu d’analyse de la voiture avant qu’elle soit réutilisée ; nous n’avons pas pu avoir accès à la vidéosurveillance du commissariat et à une partie des conversations radios entre les voitures de police ; certains GPS étaient en panne dans les véhicules de police… », énumère Marwa. « Nous avons demandé une série d’actes à la justice, ils nous ont tous été refusés », enrage aussi Farid.

Les deux policiers mis en cause n’ont pas été mis en examen, ni entendus par les 3 juges d’instruction successifs qui ont suivi l’affaire. « La juge se contente de juger sur les conclusions des experts et de la police des polices, il n’y a aucune enquête contradictoire », s’emporte Farid.

La deuxième explication ne convainc pas la famille

Dix mois après les faits, une version différente est établie, par une expertise complémentaire, qui sera abondée, en avril 2013, avec les conclusions de la contre-autopsie réalisée en juin 2012 à la demande des familles. Wissam El Yamni serait mort du « cocktail toxique » d’alcool et de cocaïne. Et les traces constatées au niveau du cou seraient des marques de frottements de vêtements.

14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand, manifestation pour « la vérité et la justice »
14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand, manifestation pour « la vérité et la justice »

AFP PHOTO THIERRY ZOCCOLAN

La famille a déposé un dossier rejetant ces conclusions et s’apprête à présenter à la presse des éléments nouveaux, issue d’une contre-expertise financée sur ses deniers propres. « La justice est lente et fait tout pour qu’on se décourage. Mais nous sommes déterminés. Nous irons jusqu’en Cour européenne s’il le faut. », assure Marwa.

Avec le soutien d’un collectif « Vérité et justice pour Wissam El Yamni », elle poursuit sa contre-enquête avec une détermination qui semble redoubler à mesure que le dossier s’enlise. Une énergie rare. Entre les honoraires des avocats à payer, le coût des contre-expertises et la lourdeur du face à face avec les institutions, beaucoup auraient abandonné.

« Nous ne sommes pas seuls dans ce cas. Mais c’est très difficile pour les familles de se battre », raconte Marwa. Alors, les deux frères et sœurs promettent de maintenir leur pression sur un dossier sensible à Clermont-Ferrand et de faire de leur quête une affaire nationale, même s’ils veulent éviter d’en faire un combat politique.

Clermont-Ferrand, 10 janvier 2012.

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Ce n'est pas faute d'avoir prévenu et pourtant

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le médecin légiste a fait l'ensemble de l'analyse des blessures, notamment celles du cou avec les photos du 11 janvier : cote D146 et cote D168. A aucun moment les photos du 2 janvier n'apparaissent alors que les médecins légistes les avaient et ne sont donc pas analysées.

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Si l'on devait conter l'époque que nous vivons

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Si l'on devait conter l'époque que nous vivons

 

Jadis, les maitres utilisaient habilement les pouvoirs que la population avait bien voulu prêter. En échange d'une assurance de protection, on octroyait aveuglement aux gouverneurs les clés de la cité. Le pouvoir qu'ils s'étaient construit les avaient, à force d'impunité malheureusement enivrés. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes pensait-on. En ces temps, chaque époque se considérait comme privilégiée par rapport à la précédente, chaque peuple se voyait plus favorisé que d'autres. Les membres du peuple se haïssaient mutuellement pour diverses raisons, les maîtres étaient,volontairement ou pas, responsables de cette haine et l'amplifiaient au lieu de réconcilier la nation. Ces mêmes maitres que l'on avait choisi et à qui on accordait une confiance sans pareille avaient soif de pouvoirs, ce qui les avaient détournés des valeurs qu'ils étaient censés incarnés. Il détruisait dangereusement l'idée de fraternité. Ce système avait son age d'or, il se perfectionna avec malice, se légitima par habitude et s'installa culturellement et furtivement dans le groupe. Rien ne semblait pouvoir ébranler le colosse aux pieds hypocrites. Rien ni personne ne pouvait rompre les colonnes établies, ils détenaient avec les clés de la cité, le pouvoir, l'information, le savoir, le salut. Pour participer au tricotage et garantir les bases de cette matrice en cas d'erreurs, de nombreux bouffons choisis avec soin accouraient tels des hyènes affamées, ils bavaient sur une part des privilèges futurs. Ils prostituaient les serments qu'ils avaient fait, leurs honneurs dans une anesthésie généralisée. La mécanique était fort bien huilée, l'application était connue, maintes fois visiblement répétées. On jugulait savoirs, fonctions et moyens, du travail d'orfèvres en surface et de l'essence de charlatanisme en profondeur. Les gouverneurs se considéraient à l'époque comme magnanimes, ils pouvaient effacer sans scrupules les traces de culpabilité, inverser les preuves, transposer les fonctions du passé pour en faire des solutions d'un aspect clinquant, semblables à la réalité. Tels des kopos, la voici la revanche des petits chefs issus du peuple et qui se méprisaient pour les premiers, la stricte loi du darwinisme pour les autres ! On assistait à l'apogée de la banalité du mal, au pinacle de l'hypocrisie des tables rondes officielles où l'on se partageait allègrement le festin des brebis dont on était responsable de l'égarement. On était au nirvana du culte de l'existence illusoire par l'égo, on assistait au sein des institutions à la victoire de l'animalité sur la vertu, à la réduction des pouvoirs régaliens aux simples droits et dont on oubliait les devoirs. Ces maitres trahissaient à force de témérité et de mépris, petit à petit, sans vergogne, à la vue de tous, les droits du peuple au nom du peuple par des moyens donnés par le peuple.

 

Recherchant systématiquement la part du lion, ils ne protégeaient plus, ils étaient le vecteur du problème plus que la solution. Injustices, mensonges, fissurèrent lentement les lignes déjà fragiles de la fraternité qui n'était alors qu'une idée, le fil d'écrin de confiance était prêt à rompre. Les yeux, les cœurs, initialement fermés s'ouvraient d'abord à l'intérieur du pays et progressivement à l'extérieur. La saison de l'ignorance des pratiques sauvages était bel et bien terminée. Le constat collectif enfin fait, il fallait choisir entre l'automne et le printemps, prendre la pilule du renoncement aux sacrifices et donc prendre le risque de sombrer collectivement dans les abîmes sombres et implacables de l'histoire comme un nageur qui refuse de nager, ou bien prendre une bonne respiration, après avoir osé croire collectivement aux possibilités d'un changement vers un monde meilleur, agir avec efforts et détermination pour nourrir cet espoir, puis changer de dimensions et s'élever...

 

 

L'avenir nous dira ce qu'il en sera de la suite 

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Le serment d'Hypocrites

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Serment d'Hippocrate

 

« Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

...

Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

...

Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

...

Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission.

Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences.

...

Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque. »


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