Regards d'artistes et de journalistes

par cjvpourwissam

de . les violences policières questionnées à travers les regards d'artistes et de journalistes.

Regards d'artistes et de journalistes

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Elle n'aura jamais la médaille d'honneur de la république

par cjvpourwissam

Plutôt une plainte pour diffamation

Elle n'aura jamais la médaille d'honneur de la république

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On aura raison devant l'histoire

par cjvpourwissam

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La conférence de presse des avocats

par cjvpourwissam

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Le 19 mars, une Marche pour la Justice et la Dignité

par cjvpourwissam

Le 19 mars, une Marche pour la Justice et la Dignité

Un par mois. C'est, en moyenne, le nombre de pères, de frères, de fils que nous perdons à cause de la brutalité des forces de l'ordre. Une brutalité qui prend plusieurs formes : des techniques de pliage qui conduisent à l'asphyxie des victimes aux coups de poings, de balles ou de Taser qui, dans les pires des cas, s’avèrent mortels.

Régulièrement depuis plus de 40 ans, les nôtres sont ainsi tués par l’État Français, aux mains de ceux que l'on appelle ironiquement les "gardiens de la paix". Régulièrement depuis plus de 40 ans, c’est l'impunité la plus abjecte et les campagnes de criminalisation qui répondent aux mobilisations de celles et ceux qui réclament vérité et justice pour leurs morts. L'acharnement policier, judiciaire et politique contre la famille Traoré, à qui nous exprimons toute notre solidarité, en est la preuve. À chaque fois, c’est la même histoire. 

La répression qui nous vise, nous familles de victimes, s’est accentuée sous le régime de l’état d’urgence. Tous les abus sont devenus possibles, avec leurs lots de conséquences tragiques. Ce n'est plus la police qui s'adapte à la loi, c'est la loi qui s'adapte à la police… Et nous sommes loin d’être les seuls à avoir été visés par le renforcement des dispositifs sécuritaires et des violences d’État. En 2015, le gouvernement a déclaré une véritable guerre intérieure : il a traqué les migrants et ceux qui les défendent, poursuivi la traditionnelle répression des « Noirs », des « Arabes », des « Rroms » et plus généralement des quartiers populaires, ciblé les « Musulmans » notamment via des perquisitions, des assignations à résidence et des fermetures de mosquées totalement arbitraires…À cela s’ajoute la querre sociale qu’ont menée Valls et consors, notamment dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail. Face aux résistances des quartiers populaires et du mouvement social, on a vu les violences se déchainer en touchant des catégories jusqu'ici protégées. 

Les attentas terribles que nous avons connus en 2015 et en 2016 sont venus renforcer l’arsenal sécuritaire alors qu'ils sont la conséquence directe de la politique guerrière que la France et ses alliés mènent à l'étranger. L'État Français, qui pèse toujours de tout son poids sur les peuples qu'il domine comme en Afrique, prolonge cette politique au Proche-Orient tout comme il entérine l'occupation de la Palestine. Sa "lutte contre le terrorisme" ressemble surtout à une agression permanente contre des peuples innocents. C’est, entre autres, ce qui nourrit la crise humanitaire des réfugiés, traités cyniquement comme une menace potentiellement "terroriste". C'est le serpent qui se mord la queue : le climat de guerre intérieure permet de justifier le contrôle toujours plus brutal de la population et délivre un permis de violence aux forces de l'ordre qui répriment toutes les gueules qui ne lui reviennent pas et tous ceux qui, des familles de victimes aux manifestants contre la loi travail en passant par les militants des quartiers populaires à la ZAD, osent s’organiser contre l’État, réclamer justice et affirmer leur Dignité.

Nous sommes tous concernés!

La campagne présidentielle ne va rien arranger. Au contraire. Presque chaque nouvelle déclaration est une insulte faite à nos combats, à nos préoccupations et à nos urgences. 

  • Parce que nous ne nous soumettrons pas à l’arbitraire du pouvoir,
  • Parce que les mots "justice" et "dignité" ont encore un sens pour nous,
  • Parce que nous pensons qu’il est primordial de nous organiser, ensemble, pour lutter contre la guerre faite aux pauvres, aux migrants, aux descendants de colonisés,

Nous appelons tout-e-s celles et ceux qui se sentent concernés par ces sujets à nous rejoindre dans toutes les initiatives à venir et à participer très largement à la Marche pour la Justice et la Dignité qui aura lieu le dimanche 19 mars 2017 à Paris.Contre la hogra, contre l'humiliation, contre le racisme et les violences policières, contre les guerres lâches faites en notre nom contre des peuples qui ne nous ont rien fait.

Retrouvons espoir, force et unité pour faire bloc ensemble au nom de la Justice et de la Dignité.

Premières familles signataires :

Famille de Lahoucine Ait Omghar - Famille d'Amine Bentounsi - Famille de Hocine Bouras - Famille d'Abdoulaye Camara - Famille de Lamine Dieng - Famille de Wissam El Yamni - Famille d'Amadou Koumé - Famille de Mourad Touat - Famille d’Ali Ziri

Avec le soutien de :

Comité Vérité et Justice pour Lamine Dieng - Comité Vérité et Justice pour Mamadou Marega - Comité Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia

Signatures collectives

Action-antifasciste Paris-Banlieue (AFA) - Association Black is really beautiful - Association contre le racisme (ACOR, Suisse) - Association Égalité Toulouse MirailAssociation pour l'Intégration et l'Invention Républicaines (AIIR) - Association Femmes plurielles - Association KÂLΠ- Association de lutte contre l'islamophobie et les racismes (ALCIR 20eme) - Association des Travailleurs Maghrébins de France(ATMF) - Assemblée des Blessés, des Familles et des Collectifs contre les violences policières - ATTAC - Brigade Anti Négrophobie (BAN) - Bruxelles Panthères Candidaturas d'Unitat Popular (CUP - Espagne) - Cedetim/Ipam - Centre d'études postcoloniales de Lyon - CGT-Culture Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration - Collectif enseignant pour l'abrogation de la loi de 2004 (CEAL) - Collectif Parisien pour la Protection des Jeunes et Mineurs Isolés Étrangers (CPMJIE)Collectif Ni Guerres ni état de guerre - Comité contre les violences policières à Pantin - Convergence Citoyenne Ivryenne (CCI) - Coopérative écologie sociale - CRI Rouge -  - Fondation Frantz Fanon - Front antiraciste alsacien - Identité plurielle - IJAN (Argentina) - IJAN International - LKP - London Campaign Against Police and State (Grande-Bretagne) - Marche des Femmes pour la Dignité (MAFED) - Mwasi - Organisation Communiste Libertaire (Paris) - New socialists (Toronto) - Nouveaux Cahiers du Socialisme (Montréal) - Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) - Organisation de femmes Egalité - Parti communiste des ouvriers de France (PCOF)- Plateforme de la voix des prisonniers - Parti des Indigènes de la République (PIR)- Le Seum collectif - Socialist Project (Toronto) - Sortir du colonialisme - Union des Démocrates Musulmans de France (UDMF) - Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Urgence Notre Police Assassine (UNPA)

Signatures individuelles : 

Hamé, du groupe La Rumeur (artiste) - Kery James (artiste) - Youssoupha (artiste) - Opal Tometi (co-fondatrice de Black Lives Matter et Executive Director of Black Alliance for Just Immigration-BAJI) - Eli Domota (LKP) -

Et par ordre alphabétique : 

 

 

Sihame Assbague (militante antiraciste) - Djamel Attalah (marcheur de 83) - Ludivine Bantigny (historienne) - Judith Bernard (metteur en scène) - Olivier Besancenot (NPA) Félix Boggio Éwanjé-Épée (revue Période) - Ahmed Boubeker (sociologue) - Rachid Bouchareb (réalisateur) - Alima Boumediene Thiery (avocate) - Houria Bouteldja (PIR) - Pierre Cours-Salies (Sociologue, professeur émérite Paris 8, Membre d’Ensemble !) - Gerty Dambury (écrivaine) - Christine Delphy (Féministe) - Rokhaya Diallo (auteure et réalisatrice) - Eva Doumbia (artiste) - Mireille Fanon Mendès-France (Fondation Frantz Fanon et experte ONU) - Patrick Farbiaz (Sortir du colonialisme) - François Gèze (Editeur) - Alain Gresh (journaliste) - Nacira Guénif-Souilamas (sociologue) - Olivier Le Cour Grandmaison (universitaire) - Franco Lollia(BAN) - Stella Magliani-Belkacem (La fabrique éditions) -Philippe Marlière (universitaire) - René Monzat (militant antiraciste) - Océane Rosemarie(comédienne) - Philippe Poutou (Porte-parole du NPA) - Saadane Sadgui (Co-fondateur des JALB et du MIB) - Catherine Samary (Militante altermondialiste) - Maximilien Sanchez (conseiller municipal délégué à la jeunesse de Gentilly) - Omar Slaouti (membre du collectif Ali Ziri), Odile Tobner (auteure de "Du racisme français) - Enzo Traverso (universitaire) - Françoise Vergès (politologue) - Marie-Christine Vergiat (Députée européenne, Front de Gauche) - Catherine Wihtol de Wenden(universitaire)

Signatures internationales :

 

Jabir Puar (Associate Professor, Women's and Gender Studies, Rutgers University, USA), Jin Haritaworn (professor, University of Toronto), Rabab Abdulhadi (Director, Arab and Muslim Ethnicities and Diasporas (AMED) Initiative, Race and Resistance Studies, San Francisco State University, USA) , Inderpal Grewal (professor, Yale University, USA), France Winddance Twine (professor, Sociology, University of California, Santa Barbara, USA), Minoo Moallem (professor, Department of Gender and Women’s Studies,  University of California, Berkeley, USA), Sirma Bilge (Associate Professor, Sociology Department, Université de Montréal), Lisa Duggan (Professor of Social & Cultural Analysis, NYU, USA), Nelson Maldonado-Torres (Associate Professor, Latino and Caribbean Studies, and Comparative Literature, Rutgers University, New Brunswick, NJ USA), Paola Bacchetta (professor, Berkeley), Hatem Bazian (director, Islamophobia Documentation Center, and lecturer, University of California, Berkeley, USA), Huma Dar (Co-founder, Muslim Identities and Cultures, and lecturer, Race & Resistance Studies, Department of Ethnic Studies, San Fransisco State University, USA), Malkia Cyril (Black Lives Matter, Bay Area, California, USA) Dina M Siddiqi, (professor, Anthropology, BRAC University, Bangladesh), Cheba Chhachhi, Artist, New Delhi, India, Kavita Krishnan, women's rights activist, Delhi, India, Carla Trujillo, novelist, also Assistant Dean, UC Berkeley, USA, Donna Murch, Associate Professor, Rutgers University, New Brunswick, New Jersey, USA, Ramon Grosfoguel, professor, UC Berkeley - Stefan Kipfer (York University, Canada) - Greg Albo, Professeur, York University, Toronto - 

 

Si vous êtes une organisation et que vous souhaitez signer cet appel, merci d'envoyer un mail à marche19mars@gmail.com

Vous pouvez aussi signer l'appel à titre individuel : https://www.change.org/p/france-fin-de-l-impunit%C3%A9-et-des-violences-d-%C3%A9tat?recruiter=655421927&utm_source=share_for_starters&utm_medium=copyLink 

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Fondation Frantz Fanon

par cjvpourwissam

Fondation Frantz Fanon

http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/article2373.html

 

 

Mireille Fanon Mendes France
Fondation Frantz Fanon
Experte ONU

En octobre 2016, au moment de la parution du livre « Un président ne devrait pas dire cela », les auditeurs ont appris, dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, que le Président de la République a ordonné « au moins quatre assassinats ciblés », décisions mises en œuvre par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Aucun démenti n’a été publié. Selon Vincent Nouzille, dans son dernier livre, « Erreurs fatales », ces assassinats ciblés avoisineraient plutôt le nombre de quarante. Cet auteur reconstitue la façon dont les assassinats ciblés ont été décidés et analyse l’élaboration de la liste des cibles, les « High Value Targets ».

Il faut se rappeler qu’à la suite d’un accord passé, dès 2012, entre Obama [1] et Hollande, celui-ci avait donné ordre à la DGSE de « dégommer » Ahmed Godane, leader des shebabs. Si la DGSE s’était occupée de la localisation, les drônes US ont réalisé l’assassinat. Ces informations ont été fournies par Jean Guisnel [2] et confirmées par les militaires US [3].

Ainsi, les deux présidents des deux plus grandes démocraties du monde infligent, en dehors de tout processus judiciaire, la peine de mort.

Aucune loi, aucune enquête, aucun procureur, aucun juge, aucun droit de la défense... Pourtant, selon le statut de la CPI, l’assassinat ciblé décidé par le pouvoir politique et commis dans un contexte de conflit armé, est un crime de guerre dont la qualification correspond à un « homicide intentionnel ». [4]
Pourtant tous les peuples sont soumis à des règles juridiques où les grandes mutations du droit international ont été déterminées par le changement substantiel des rapports réels entre les principaux acteurs de l’histoire ; et ce changement est, à son tour, déterminé par la nature des acteurs en présence. On ne peut nier que la violence joue un rôle de premier niveau dans le processus de mutation de l’ordre mondial. 
La destruction des acquis sociaux, la destructuration du cadre juridique de la protection internationale des droits humains- avec la complicité de l’ONU-, l’utilisation de la force armée contre les peuples, la tendance généralisée du glissement vers des Etats de plus en plus autoritaires et représsifs, sont autant d’éléments qui doivent être lus dans le contexte de la mondialisation.

Aux Etats Unis et en France, les violences policières ne cessent d’augmenter. En 2016, aux Etats Unis, 707 personnes sont mortes suite à leur arrestation, que ce soit dans la rue, lors du transport au commissariat ou dans une cellule de ce même commissariat. 
Il est plus difficile, en France, de connaître le nombre exact puisqu’aucune statistique n’est établie. On sait, grâce à quelques associations, que depuis 2005, plus de 39 personnes, dont 12 mineurs, ont été grièvement blessées, un homme est mort à la suite de tirs de flash ball , 9 personnes sont mortes suite à la violence des gestes d’immobilisation, les plus utilisés étant le plaquage ventral ou le pliage [5].

Concernant le nombre de blessés et de morts dû à des violences policières, le ministère de l’Intérieur fait preuve d’une opacité flagrante. Aucune donnée disponible sur le nombre de personnes blessées ou tuées lors d’opérations de police ou de gendarmerie ; aucune donnée exhaustive publiée sur l’utilisation des armes ou le nombre de plaintes contre des agents des forces de l’ordre pour faits de violence.

Si dans ces pays le nombre de victimes diffère, ils ont en commun l’existence d’importantes défaillances dans les enquêtes -aussi bien administratives que judiciaires- effectuées à la suite de dépôt de plainte pour violences policières après l’utilisation de certaines armes, entre autres Flashball et Taser, et des techniques d’interpellation.

Ainsi, les forces de l’ordre jouissent d’une relative impunité lorsqu’elles sont responsables de violences qui violent les principes de proportionnalité et de nécessité. Ce qui est aussi le cas des présidents des Etats Unis et de la France qui bénéficient, pour l’heure, d’une totale impunité, alors qu’ils ont commis des homicides intentionnels.

Prenons le cas du président de la République, François Hollande, qui a avoué un certain nombre d’exécutions extrajudiciaires.

Si l’article 67 [6] de la Constitution précise que le Président de la République « n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité », il faut tenir compte des « réserves » émises dans les « dispositions des articles 53-2 et 68 ».

L’article 68 [7]concerne la destitution du président prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour... Ne rêvons pas, actuellement, il y a peu de chance que le Parlement assume une telle responsabilité, même pour « homicides intentionnels ».

L’article 53-2 [8], quant à lui, stipule que « la République peut reconnaître la juridiction de la Cour pénale internationale dans les conditions prévues par le traité signé le 18 juillet 1998 ». Ainsi, la France ayant reconnu cette juridiction, le chef de l’État est justiciable devant elle. Dès lors, plus d’immunité pour le Président de la République.

Rappelons que la CPI a, à plusieurs reprises, poursuivi des chefs d’État : à la demande du Conseil de sécurité, poussé par la France, une enquête a été ouverte contre Kadhafi ; à l’heure actuelle, l’ancien président Laurent Gbagbo y est jugé.

La France vient de déclarer qu’elle voulait faire juger Poutine pour ses interventions en Syrie. Mais les ministres des Affaires étrangères et de la justice auraient dû se renseigner : dans ce cas, la CPI n’a aucune compétence puisque la Syrie n’a pas ratifié le traité de Rome.
Mais pour les assassinats ciblés commis au Mali par la France, la CPI a compétence ; d’une part, le Mali a ratifié [9] le statut de la CPI, d’autre part, la France étant partie à la CPI, tous ses ressortissants relèvent de la compétence de cette Cour. Soulignons que la décision des assassinats ciblés, acte criminel fondamental, a été prise à Paris, au 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Dès lors, il y a, à la fois, compétence territoriale et compétence personnelle. Qu’attend donc la CPI pour répondre enfin à l’un des principes édictés dans son préambule : « Déterminés à mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces crimes et à concourir ainsi à la prévention de nouveaux crimes » ?
On se demande pourquoi le Parquet de Paris, qui a suffisamment d’informations, n’ouvre pas une enquête à propos de ces assassinats. Si l’enquête conforte ces révélations, il suffira alors de transférer le dossier à la Procureure près de la Cour pénale internationale. Son bureau peut être assuré de la coopération de la France qui cherche, par tous les moyens, à faire juger certains chefs d’Etat commettant des crimes de guerre, particulièrement Bachar el Assad et Vladimir Poutine. Mais aucune velléité de demander à ce que le premier ministre israélien soit jugé pour les nombreux crimes de guerre commis contre les Palestiniens…

Etre président donne la possibilité de se situer au dessus des lois et de s’arroger le droit d’organiser quelques arrangements pour garantir sa propre impunité.

En ce qui concerne les morts dues à des violences policières, dans 90% des cas, peu de sanctions effectives, aussi bien aux Etats Unis qu’en France. Il y a une véritable entrave au dépôt de plainte ; dans plusieurs cas, les autorités poussent les familles à procéder rapidement à l‘enterrement, essentiellement pour éviter une seconde autopsie. Cela a été le cas pour Wissam El Yamni, mais aussi pour Adama Traoré.

Difficulté à obtenir une enquête effective, durée excessive des procédures pénales, menace de condamnation pour outrage et rébellion. Ainsi les deux frères d’Adama Traoré ont été condamnés à de la prison pour outrages et rébellion, Ysoufou à 3 mois aménageables, et Bagui à 8 mois. Il leur a été reproché de se mobiliser pour informer leurs concitoyens de Beaumont sur Oise et pour obtenir toute la lumière sur l’assassinat de leur frère.

Des éléments probants et importants disparaissent. Les forces de l’ordre assument d’arranger quelque peu les déclarations. Le policier, qui a tiré 4 fois –sans sommation- dans le dos d’Amine Bentounsi, prétend qu’il l’a fait en état de légitime défense. Or, un témoin a vu Amine courir et tourner le dos à ce même policier, ce que confirment les dires du médecin légiste : « le tir est quasi horizontal, d’arrière en avant , quasi perpendiculaire au corps [10] ».

La victime est rapidement ‘transformée en ‘coupable’. Les policiers, qui ont tiré 23 fois sur Abdoulaye Camara [11], n’ont cessé d’en parler comme s’il était en état d’ivresse et de démence. Les prélèvements pratiqués, à la demande de la famille, prouvent le contraire.

Au cours de l’enquête, il n’est pas rare de constater qu’il y a une tendance à masquer les vraies causes de la mort. Il a été ainsi affirmé qu’Ali Ziri [12] avait succombé à une crise cardiaque et à un excès d’alcool. Mais une contre-expertise a révélé la présence d’une vingtaine d’hématomes, dont certains larges de 17 centimètres. L’institut médico-légal concluait qu’Ali Ziri était « décédé d’un arrêt cardio-circulatoire […] par suffocation multifactorielle (appui postérieur dorsal, de la face et notion de vomissements) ». Mort par l’utilisation du pliage qui est interdit.

Obtenir justice est quasiment impossible : les agents sont ou blanchis ou condamnés à de faibles sanctions. Il y a une réelle difficulté à démontrer qu’une violence illégitime a été commise. Selon Cédric Moreau de Bellaing [13], il y a, du fait des conditions « de l’enquête et de celles des probabilités d’occurrence de la violence policière, une réelle difficulté à faire attester par l’agence de contrôle interne de l’illégitimité d’une violence ».

Cela se solde par une absence de suites judiciaires. Les affaires, malgré des enquêtes internes à la police ou des plaintes contre X, se terminent, assez régulièrement, par un acquittement, une relaxe et un nombre important de non-lieu.

La justice protège la police. Faire partie des forces de l’ordre revient à s‘arranger avec la justice au nom du mythe élaboré par nos dominants que les uns et les autres protègent l’Etat de tous ceux qui voudraient détruire l’ordre républicain, la paix sociale et le ‘vivre ensemble’.

Avec le cas des assassinats ciblés et celui des morts dues à des violences policières, on comprend comment les fondements politiques et économiques ont déterminé et continuent de déterminer les réalités sociales du monde actuel.

Si des assassinats ciblés sont commis par les défenseurs d’une démocratie euro-centrée et basée sur l’idéologie de la white supremacy, les gouvernants les justifient par le besoin de coloniser un territoire afin de s’en assurer le contrôle politique et/ou économique et au prétexte de sauver des peuples maintenus dans l’ignorance et sous une dictature. Le tout étant de détruire l’ennemi extérieur que ces mêmes dominants ont construit.

Si des crimes policiers sont commis par la mise en place d’un système basé sur la violence et le refus de toute action légale, ceux qui nous défendent assument un système basé sur une logique organisatrice qui cherche à construire non pas simplement un monde où tout est objectivé et transformé en marchandises, mais un monde où l’être, le pouvoir et la connaissance fonctionnement et s’interconnectent de façon à créer un ordre manichéen de maîtres et d’esclaves.

Dans cet ordre, les maîtres ne cherchent pas seulement à exploiter les esclaves, ils cherchent à les éliminer, à les humilier ou à les violer. Pour les maîtres, les esclaves, dans ce système, sont devenus, comme l’a souligné Frantz Fanon, inessentiels. Il s’agit, pour les dominants, de combattre l’ennemi de l’intérieur qui n’est autre que celui qui n’a aucune épaisseur et n’est visible pour personne. Il s’agit d’une personne à qui l’on a assigné un statut de Non-Etre.

Sur le plan international continue à se jouer l’idéologie colonisatrice. Sur le plan national, il s’agit de la colonialité qui investit les rapports sociaux, les relations internationales, les institutions et les esprits ; elle s’étend sous diverses formes, est présente partout et nous affecte tous. Elle a puisé son discours dans la justification de la traite négrière et de la mise en esclavage, l’a peaufiné dans la mise en place du joug colonial et le peaufine encore avec celui sur une mondialisation et un libéralisme heureux et libérateurs.

La colonialité est une forme de catastrophe métaphysique naturalisant la guerre et est à l’origine des formes modernes coloniales de race, de sexe et de différence sexuelle. La modernité a porté en elle des projets de « découvertes » qui ont impliqué un effondrement de l’édifice de l’intersubjectivité, de l’altérité et une déformation du sens de l’humanité, ce qui, selon Nelson Maldonado Torres [14], explique que « les actions exceptionnelles et les modes de comportement exposés en temps de guerre sont maintenant devenus partie intégrante de la manière de se comporter face aux peuples nouvellement découverts et aux esclaves [15] ».

Dans les deux cas présentés, que ce soit au niveau des relations internationales ou des rapports sociaux, force est de constater que le sujet devient un champ de lutte et un site qui doit être contrôlé et dominé pour la cohérence d’une vision du monde imposée et par l’impérieuse nécessité de ne pas perturber l’ordre.

C’est ainsi que le système impérialiste, colonial n’a cessé de fabriquer ses ennemis, ceux de l’extérieur que l’on va tuer à coup d’assassinats ciblés et ceux de l’intérieur qui tombent sous les coups de la violence de la police. Dans un cas comme dans l’autre, les victimes de ce système sont les damnés, considérés hors de l’espace et du temps humains. Ils sont appréhendés comme des sujets subalternes, des sujets invisibles ou inventés, qui ont été et continuent d’être, à travers un processus de perpétuation physique et symbolique de la conquête, violentés dans leur condition d’être.

La question posée par l’usage illégitime de la violence policière oblige à s’interroger sur le racisme structurel qui ne cesse de suer par tous les pores des sociétés impérialistes et d’affecter les damnés, les « Non-Etre ». Il n’y a pas d’autre choix que de questionner les constituants du racisme d’Etat, les aspects racialisants de l’idéologie dominante pour identifier les conditions politiques de la libération des damnés.

Obtenir justice pour les morts des violences policières oblige à se saisir de la question raciale en termes politiques et à cesser de se positionner aux côtés de l’antiracisme moral et compassionnel.

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A la Cigale !

par cjvpourwissam

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♥ Nargesse Bibimoune ♥

par cjvpourwissam

♥ Nargesse Bibimoune ♥

https://larotative.info/dans-la-peau-d-un-thug-rencontre-2025.html

 

« Dans la peau d’un thug » : rencontre avec Nargesse Bibimoune à La Rabière le 15 janvier

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Retour sur la Conférence/Débat du Vendredi 6 Janvier

par cjvpourwissam

Retour sur la Conférence/Débat du Vendredi 6 Janvier

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Week-end Vérité et Justice pour Adama

par cjvpourwissam

Week-end Vérité et Justice pour Adama

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