Une analyse différente

par cjvpourwissam

Une analyse différente

"« Il est aujourd’hui de la responsabilité de tous les citoyens (…) de défendre non seulement les manifestants, mais aussi l’État, contre ses propres excès », soulignent Jude, Élisée, Tamar et autres Camille, protestant(e)s et catholiques, se réclamant du Christianisme social. « La loi, l’administration, la police ne sont que des outils, des moyens. Ils ne sont légitimes qu’à des fins justes. »

Croyants et citoyens, nous avons été victimes et témoins, lors du mouvement social en cours, de violences policières dont l’ampleur et la banalisation nous effraient. Si nous prenons la parole, c’est pour dire notre conviction qu’il est aujourd’hui de la responsabilité de tous les citoyens de protester contre ces violences et de défendre non seulement les manifestants, mais aussi l’État, contre ses propres excès.

Nous avons été molestés et traînés à terre lors d’une occupation pacifique de la place de la République, à Paris. Bloqués, gazés et chargés lors de plusieurs cortèges pacifiques et familiaux dans les rues de plusieurs villes. Nous constatons les tentatives de manipulation de la justice et du droit pour réprimer des manifestants et entraver l’exercice de libertés fondamentales. Nous entendons avec effarement le Premier ministre et le président de la République menacer d’interdire les manifestations syndicales. Sans idéaliser le mouvement social, nous sommes révoltés par la disproportion entre notre engagement revendicatif, pacifique, d’ordre politique, et la violence policière systématique, d’ordre répressif. La violence d’une partie des manifestants ne peut en servir d’explication. À de rares exceptions, que nous condamnons, elle ne s’attaque qu’à des biens matériels de portée symbolique. Dans tous les cas, l’État ne peut rentrer dans un raisonnement du « œil pour œil, dent pour dent » qui est l’antinomie de la paix civile qu’il est censé garantir.

Si nous nous exprimons contre les violences policières en tant que militants du christianisme social, c’est parce que notre foi nous rend particulièrement vigilants, en particulier quand les dérives deviennent système. Non que nous prétendions imposer un absolu tiré des textes sacrés. Au contraire, nous pensons que l’État doit avoir clairement conscience qu’il n’est investi d’aucune mission sacrée. Nous, que notre foi confronte au mystère de l’absolu, affirmons que l’ordre social et politique ne doit se référer à aucun absolu, que celui-ci soit religieux, politique, sécuritaire, identitaire, économique. La loi, l’administration, la police ne sont que des outils, des moyens. Ils ne sont légitimes qu’à des fins justes. Ils ne doivent pas être au service de l’ordre tel qu’il est, absolutisé, mais doivent être les outils de la vie démocratique pour relativiser, discuter et décider provisoirement de cet ordre. Ils sont les moyens d’une protection du faible contre le fort. Lorsque l’Etat tente de dire le Vrai et d’instituer par la force ce qu’il prétend être le Juste, il se prend pour Dieu et c’est alors qu’il devient dangereux. Tel est la logique à l’œuvre ces jours-ci. Dans l’histoire, cette logique est allée jusqu’à ce que des théologiens, dans les années 30, ont pu appeler une « démonisation » de l’État. À vouloir se faire Dieu, l’État se fait démon ; à vouloir faire l’ange, il risque de se faire bête. Face au danger, cette mémoire et l’enseignement que nous tirons de la Bible – mais d’autres arrivent bien sûr à la même conclusion par d’autres chemins – est que le citoyen a alors le devoir d’agir pour sauver l’État contre lui-même, le projet de justice et de droit contre la crispation d’un ordre injuste et d’un état d’urgence et de violence permanent.

Les citoyens seraient responsables de l’État ? La violence policière généralisée cherche à prouver le contraire. Tout son effet est de séparer l’État de ses citoyens, les couper de leur responsabilité. La violence policière réduit les corps des manifestants (et des victimes non manifestantes) à un espace à discipliner et à soumettre. Quiconque prétend renégocier l’ordre social devient nécessairement un « casseur », un « irresponsable ». Le manifestant est chosifié en tant que corps menaçant, la politique est niée en tant que parole : le CRS ne discute pas, la violence policière fait taire physiquement, les balles de flash-ball rendent aveugle, les grenades sourd, et les lacrymos muet. Cette logique brute de l’exercice du pouvoir s’ajoute à la violence symbolique d’un pouvoir qui maintient un projet de loi en contradiction avec la parole donnée lors de l’élection et contre l’opinion de la majorité de la population dans un régime politique dont l’étymologie signifie pourtant « pouvoir du peuple ».

Ces violences généralisées sont apocalypse au sens étymologique où elles sont dévoilement. Elles donnent à voir le fondement violent et injustifiable de l’État. Elles nourrissent la perte de confiance généralisée envers la communauté.

On le sait, « oeil pour œil, dent pour dent » est une expression de la Bible. Mais lire la Bible, c’est apprendre à penser contre soi-même. Dans le même livre du Lévitique, un tout autre message est délivré, contestant le premier, qui met au contraire en garde contre la tentation de la vengeance : « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Penser contre nous-mêmes, rejeter la facilité du « œil pour œil », voilà ce que nous aurions dû faire alors qu’hier nous étions trop silencieux quand les violences et bavures policières s’abattaient sur des personnes parce que noires, Arabes, musulmanes, immigrées ou habitants des banlieues populaires. Rejeter le « œil pour œil et dent pour dent », c’est aujourd’hui appeler à défendre l’État contre la tentation de l’absolu sécuritaire, à le dénoncer lorsqu’il devient injuste, à le combattre lorsqu’il commence à limiter la liberté de penser et de protester, à l’interpeller quand il fait le jeu des radicalismes autoritaires.

L’État est le bien commun des citoyens et ceux-ci sont responsables de l’État. En tant que chrétiens, même si nous avons l’Espérance qu’un jour puisse exister une société sans État, nous voulons pour aujourd’hui assumer résolument cette responsabilité et lorsque l’État se met à frapper pour mater le désir de changement, dire à toutes les victimes notre fraternité et dire à l’État, avec d’autant plus de force, notre révolte.

De quelques Jude, Élisée, Tamar et autres Camille, protestantEs et catholiques, se réclamant du Christianisme social"

Source : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/160616/loi-travail-et-repression-policiere-defendre-letat-contre-lui-meme

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mathieu rigouste sur le plateau de ce soir ou jamais

par cjvpourwissam

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Les conclusions de l'ONU

par cjvpourwissam

Le comité contre la torture de l'ONU que nous avons rencontré, vient de rendre son rapport sur la France.

En voici un extrait qui concerne les violences policières.

Encore un rapport objectif qui reprend ce que nous disons : la vérité.

Pour lire le rapport en complet :

 

Les conclusions de l'ONU

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Ce soir ou jamais

par cjvpourwissam

Ce soir ou jamais

Mathieu Rigouste qui est certainement le plus grand spécialiste des questions de violences policières interviendra dans l'émission ce soir ou jamais.

Il viendra prochainement à Clermont-Ferrand pour des évènements en préparation.

Bon courage Mathieu !

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3 périodes d'une courte vie

par cjvpourwissam

3 périodes d'une courte vie
3 périodes d'une courte vie
3 périodes d'une courte vie

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La symphonie du nouveau monde pour un nouveau monde

par cjvpourwissam

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De Ferguson à Paris, marchons pour la dignité !

par cjvpourwissam

De Ferguson à Paris, marchons pour la dignité !
De Ferguson à Paris, marchons pour la dignité !

"De Ferguson à Paris, marchons pour la dignité !"

Tel est le dernier chapitre du livre événement d'Angela Davis à paraître en France le 13 Mai.

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Le suprématisme

par cjvpourwissam

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Des assassins qui se font traiter d'assassins

par cjvpourwissam

Des assassins qui se font traiter d'assassins

Les manifestants ne savaient certainement pas qu'ils avaient vu plus juste qu'ils ne le pensaient en traitant certains policiers d'assassins.

Parce que c'est ce qu'ils sont : des assassins en manque de sensations fortes.

Même avec un tour de cou, on ne peut pas échapper à ce que l'on est.

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Lettre du préfet Grimaud durant mai 1968

par cjvpourwissam

Lettre du préfet Grimaud durant mai 1968

« Je m’adresse aujourd’hui à toute la Maison : aux gardiens comme aux gradés, aux officiers comme aux patrons, et je veux leur parler d’un sujet que nous n’avons pas le droit de passer sous silence : c’est celui des excès dans l’emploi de la force.

Si nous ne nous expliquons pas très clairement et très franchement sur ce point, nous gagnerons peut-être la bataille sur ce point, nous gagnerons peut-être la bataille dans la rue, mais nous perdrons quelque chose de beaucoup plus précieux et à quoi vous tenez comme moi : c’est notre réputation.

Je sais, pour en avoir parlé avec beaucoup d’entre vous, que, dans votre immense majorité, vous condamnez certaines méthodes. Je sais aussi, et vous le savez avec moi, que des faits se sont produits que personne ne peut accepter. Bien entendu, il est déplorable que, trop souvent, la presse fasse le procès de la police en citant ces faits séparés de leur contexte et ne dise pas, dans le même temps, tout ce que la même police a subi d’outrages et de coups en gardant son calme et en faisant simplement son devoir.

Je suis allé toutes les fois que je l’ai pu au chevet de nos blessés, et c’est en témoin que je pourrais dire la sauvagerie de certaines agressions qui vont du pavé lancé de plein fouet sur une troupe immobile, jusqu’au jet de produits chimiques destinés à aveugler ou à brûler gravement. Tout cela est tristement vrai et chacun de nous en a eu connaissance.

C’est pour cela que je comprends que lorsque des hommes ainsi assaillis pendant de longs moments reçoivent l’ordre de dégager la rue, leur action soit souvent violente. Mais là où nous devons bien être tous d’accord, c’est que, passé le choc inévitable du contact avec des manifestants agressifs qu’il s’agit de repousser, les hommes d’ordre que vous êtes doivent aussitôt reprendre toute leur maîtrise.

Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu’ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés. Je sais que ce que je dis là sera mal interprété par certains, mais je sais que j’ai raison et qu’au fond de vous-mêmes vous le reconnaissez.

Si je parle ainsi, c’est parce que je suis solidaire de vous. Je l’ai dit déjà et je le répèterai : tout ce que fait la police parisienne me concerne et je ne me séparerai pas d’elle dans les responsabilités. C’est pour cela qu’il faut que nous soyons également tous solidaires dans l’application des directives que je rappelle aujourd’hui et dont dépend, j’en suis convaincu, l’avenir de la préfecture de police.

Dites-vous bien et répétez-le autour de vous : toutes les fois qu’une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui souhaitent le venger. Cette escalade n’a pas de limites. Dites-vous aussi que lorsque vous donnez la preuve de votre sang-froid et de votre courage, ceux qui sont en face de vous sont obligés de vous admirer même s’ils ne le disent pas.

Nous nous souviendrons, pour terminer, qu’être policier n’est pas un métier comme les autres ; quand on l’a choisi, on en a accepté les dures exigences mais aussi la grandeur.

Je sais les épreuves que connaissent beaucoup d’entre vous. Je sais votre amertume devant les réflexions désobligeantes ou les brimades qui s’adressent à vous ou à votre famille, mais la seule façon de redresser cet état d’esprit déplorable d’une partie de la population, c’est de vous montrer constamment sous votre vrai visage et de faire une guerre impitoyable à tous ceux, heureusement très peu nombreux, qui par leurs actes inconsidérés accréditeraient précisément cette image déplaisante que l’on cherche à donner de nous.

Je vous redis toute ma confiance et toute mon admiration pour vous avoir vus à l’œuvre pendant vingt-cinq journées exceptionnelles, et je sais que les hommes de cœur que vous êtes me soutiendront totalement dans ce que j’entreprends et qui n’a d’autre but que de défendre la police dans son honneur et devant la nation. »

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