Une expertise toxicologique affirme que Wissam El Yamni n'était pas drogué au moment de l'interpellation mortelle du 1er Janvier 2012

par cjvpourwissam

Une expertise toxicologique affirme que Wissam El Yamni n'était pas drogué au moment de l'interpellation mortelle du 1er Janvier 2012

Une expertise toxicologique affirme que Wissam El Yamni n'était pas drogué au moment de l'interpellation mortelle du 1er Janvier 2012

Le jour de l'an 2012, Wissam El Yamni tombe dans le coma suite à une arrestation policière.

Des traces de drogues auraient suffi pour beaucoup à justifier le décès et son état malgré les témoins, les constations médicales, les évidences, les preuves disparues.

3 médecins légistes vont avancer 3 causes différentes :

  • mort par pliage
  • mort par allongement de temps de QT
  • mort subite causée par la drogue.

Chacune de ces thèses ne reposant que sur le statut de « l'expert » et non sur sa science. La dernière thèse étant une mort subite provoquée par la drogue.

La chambre d'instruction de Riom profite de cet imbroglio dont elle est pourtant responsable pour annuler la mise en examen des 2 policiers directement impliqués en 2015.

Une expertise cardiologique indépendante démontrait déjà en 2013 par un argumentaire purement scientifique que le coma ne pouvait pas être causé par un problème d'origine cardiaque.

Une autre expertise toxicologique a été mise dans le dossier judiciaire. Pascal Kintz, reconnu comme étant l'un des plus grands toxicologues au monde démontre par un argument purement scientifique que Wissam n'était pas sous l'emprise de drogues au moment de l'interpellation.

On n'est pas sous l'influence de la drogue à 4ng/ml dans le sang.

L'expertise toxicologique démontre que la mort causée par la drogue n'est pas non plus concevable.

Il s'agit du deuxième rapport d'expertise indépendant réalisé honnêtement par une sommité dans son domaine qui exclue une mort à la fois d'origine cardiaque et à la fois d'origine toxique.

La partie civile attend de la justice et notamment de la chambre d'instruction qu'elle agisse enfin pour rétablir la justice et la vérité sur les causes réelles de la mort.

Voir les commentaires

‪#‎legitimedefiance‬

par cjvpourwissam

Voir les commentaires

Une police à la minority report ?

par cjvpourwissam

Une police à la minority report ?

En 2054, la ville de Washington réussi à éradiquer la criminalité. Grâce aux visions du futur fournies par trois individus exceptionnels doués de précognition (appelés précogs), les agents de Précrime peuvent arrêter les criminels juste avant qu’ils n'aient commis leurs méfaits. Mais un jour, le chef de l'unité John Anderton reçoit des précogs une vision le concernant : dans moins de 36 heures, il aura assassiné un homme qu’il ne connaît pas encore et pour une raison qu’il ignore. Choqué, il prend alors la fuite, poursuivi par ses propres coéquipiers qui ont pour mission de l’arrêter conformément au système...

http://www.filmsvostfr.org/regarder-film-minority-report-streaming-vostfr.html

Voir les commentaires

Illégitime attaque

par cjvpourwissam

Illégitime attaque

Aujourd'hui est votée à 16h00 à l'assemblée la réforme pénale dont l'amendement article 20 qui dédouane de toutes responsabilités juridiques un policier qui tire avec son arme de service.

Nous familles de victimes nous alertons l'opinion publique que cette loi est liberticide et dangereuse pour l'ensemble de la population, qu'aujourd'hui malgré cette menace juridique on a assisté à de nombreux cas de violences policières et d'impunité. Avec cette réforme, les cas risques de se multiplier et amener à des dérives graves de la part des forces de l'ordre. et nous n'aurons aucune possibilité d'attaquer juridiquement des policiers.

Pour toutes ces raisons partager en masse sur les réseaux sociaux la tribune avec le ‪#‎NonAuPermisDeTuer‬

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1492881-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-policiers-est-un-permis-de-tuer-reagissons.html

Voir les commentaires

Olivier

par cjvpourwissam

Olivier

"Son imperméable est trempé, ses pense-bêtes dans sa petite pochette en tissu synthétique sortent tout humides. François Massonnaud, 79 ans, a essuyé deux averses de grêle pour venir à "l’Obs" défendre la mémoire son fils. Olivier Massonnaud, l’aîné de ses deux enfants, est mort à l’âge de 38 ans, le 14 août 2007. Abattu par un policier au petit matin, dans la cour d’un immeuble de Poitiers.

Près de huit ans après les faits, cet ancien chirurgien connaît le dossier d’instruction par cœur, il cite les cotes, récite les interrogatoires, énumère toutes les dates clés de la procédure, égrène les faits à la minute près. Et court comme un marathonien qui n’en a plus l’âge, de Poitiers à Bordeaux en passant par Paris, après une justice qui le promène de déni en non-lieux, si bien que la ligne d’arrivée a fini par s’effacer de l’horizon.

François Massonnaud tient bon "dans cette bataille qui ne se fait pas à armes égales, et où l’on cherche à m’avoir au souffle". Grâce à l’arrêt rendu par la chambre criminelle de la Cour de cassation en septembre 2015, qui remet en cause le non-lieu accordé au policier, ce grand-père a retrouvé un peu d’oxygène. La plus haute juridiction a remis les compteurs à zéro en renvoyant l’affaire devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux.

Début janvier, Frank Berton, le nouvel avocat de la famille, a plaidé tout ce qu’il pouvait pour que la justice accepte de réexaminer le cas du policier qui a tué Olivier Massonnaud. Il savait que l’étape était cruciale, le contexte politique tendu : dans le cadre du renforcement de la lutte anti-terroriste, le nouveau garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, présente mercredi 3 février en Conseil des ministres un projet de loi renforçant l'irresponsabilité pénale des policiers s'il est établi qu'ils ont tiré "en état de nécessité".

"La famille d’Olivier Massonnaud, père de deux enfants, veut un procès en cour d’assises, c’est la moindre des choses quand il est question d’un homicide que je qualifie de volontaire", martèle Frank Berton. La décision des magistrats bordelais tombera le 3 mars. Elle consacrera ou achèvera huit ans de combat pour l’ancien médecin, une vie désormais entièrement conditionnée par ce "drame monstrueux", et chaque nuit le même scénario de l’horreur que François Massonnaud se repasse à l’infini, "le film du meurtre" de son fils, "un fait divers banal qui a tourné à la tragédie mortelle par l’intervention des policiers".

En 2007, Olivier Massonnaud vient de se séparer de sa femme. Il est retourné habiter à Poitiers, où il avait fait ses études, le cœur amer et peiné de vivre loin de ses deux garçons. C’est un homme sportif, un érudit qui aime voyager, passionné des civilisations anciennes. Il a fait de l’ailleurs son métier, en devenant guide touristique. Le soir des faits, le lundi 13 août, sa petite amie de l’époque vient dans son deux-pièces du centre-ville lui "faire une scène de jalousie, raconte François Massonnaud. Elle voulait se marier, lui ne prenait pas cette relation au sérieux." Olivier Massonnaud, certes séducteur, est encore sous le choc de sa vie de famille partie en éclats. Les enfants de 10 et 11 ans passent alors leur dernière nuit chez leur père avant de retrouver leur mère.

Olivier Massonnaud a bu, il décompense. Pète les plombs. Les petits tentent en vain de le retenir quand la scène dégénère. Coups, cris. Une voisine prévient la police peu avant 2 heures du matin. La jeune femme s’en va avant que douze officiers ne débarquent. Olivier Massonnaud apparaît à la fenêtre de son logement, jette un téléviseur, des objets, un couteau aux pieds des policiers, les insulte : "Un bon flic est un flic mort", aurait lâché la victime.

Les fonctionnaires de la BAC récupèrent les enfants. Dans son désespoir, leur père, retranché chez une habitante, vole un couteau à pain. Parmi les policiers, certains craignent un geste suicidaire. D’autres le menacent : "On monte, tu rigoleras moins", le traitent de "connard". Olivier Massonnaud s’échappe par la fenêtre, est repéré "en claquettes" sur les toits. L’arme blanche sera retrouvée dans le chéneau de l’immeuble.

Les policiers quadrillent le quartier à la recherche du père de famille. Le commissaire et le procureur de la République débarquent sur les lieux. Le brigadier en chef, Jocelyn C., à peine remis de son mariage fêté le week-end même, est sur le terrain. Equipé de son gilet pare-balle, muni de son pistolet chargé de 15 cartouches, dont une engagée dans la chambre, il se débarrasse de sa lampe-torche qui n’a plus de batterie. Avec trois de ses collègues, il rejoint un policier attiré au 4, rue Saint-Fortunat, par des bruits suspects derrière une porte cochère. Les quatre fonctionnaires, bâtons tonfa attachés à la ceinture, décident d’entrer sans prévenir leur hiérarchie. Jocelyn C. déclarera :

Dans la cour de l’immeuble, Olivier Massonnaud est assis entre le mur et une voiture garée. Comme assoupi, il met cinq à dix secondes à réagir quand un policier braque sa lampe sur lui. L’affaire aurait pu s’arrêter là, avec un petit tour en cellule de dégrisement pour le guide touristique qui vit une période difficile.

Mais Olivier Massonnaud, 1,72 mètre, sort de sa cachette. "Il hurlait, il venait en courant vers moi les poings fermés tendus en avant", affirme l’un des fonctionnaires, alors que d’autres l’ont vu les "bras en l’air". La voisine, elle, est formelle : "Je n’ai pas entendu de hurlement". L’un des policiers frappe Massonnaud, puis s’écarte. C’est là que Jocelyn C., situé à 2,30 mètres de la victime, le vise et décide de tirer. Droit dans "la bouteille", un petit carré qui se trouve au niveau du plexus. Le coup ne peut qu’être létal. L’aorte abdominale cède. Olivier Massonnaud se vide son sang, et meurt à 4h36, le 14 août 2007.

Le lendemain, en fin de matinée, le syndicat Alliance communique en faveur du policier Jocelyn C., affirmant qu’il a agi dans le cadre de la légitime défense. "Le ton était donné", commente aujourd’hui le père Massonnaud. Le policier a rendu son arme le soir des faits. Huit jours plus tard, il la récupérait, et retournait à ses activités. Jocelyn C. n’a jamais été sanctionné par sa hiérarchie. Dans la procédure judiciaire qui l'oppose à la famille d'Olivier Massonnaud, il n'est pas mis en examen, et a seulement le statut de témoin assisté.

Son avocate, Patricia Coutand, juge toutefois "difficile", la situation de Jocelyn C., qui "subit" l’exposition médiatique. "C’est un fonctionnaire très considéré, explique-t-elle, pas un adepte des coups de bottin, il a même été récompensé pour avoir sauvé un délinquant de la noyade. Il vit mal sa mise en cause dans une affaire de 'bavure'." Jocelyn C. s’est expliqué sur procès-verbal :

Le geste était-il pour autant légitime ? Patricia Coutand s’appuie sur le couteau que tenait Olivier Massonnaud au début de l’intervention policière pour répondre : "Nous sommes dans le cas d’une légitime défense, certes putative, mais qui tient la route juridiquement. Jocelyn C. a pu croire son agresseur armé, et pensé que lui et ses collègues étaient en danger. S’est-il trompé ? Oui, incontestablement. Mais c’est ça, la légitime défense putative !" L’enquête l’a prouvé : Olivier Massonnaud était seul et sans arme face à quatre policiers, qui ont choisi d’agir seuls, plutôt que de prévenir leurs collègues, qui auraient dû être équipés de flash-balls et de boucliers dans leur voiture.

"N’auraient-ils pas dû appeler le GIGN, un psychologue, comme c’est préconisé en cas de face-à-face avec un forcené ?" Le père Massonnaud égrène les "injustices" de l’affaire : "Ils ont trouvé mon fils 'comme assoupi'… Olivier venait de subir deux heures de stress avec onze fonctionnaires à ses trousses, il était dans un état syncopal, c’est évident." Il s’indigne "que le policier n’ait subi aucun examen toxicologique", que le juge d’instruction désigné à l’époque "affiche des posters à la gloire de la police dans son cabinet", que ce même magistrat "ait attendu trois ans, soit le mois d’octobre 2010, pour verser au dossier les photos prises quelques heures après les faits."

La famille Massonnaud et son avocat Frank Berton s’inquiètent du renforcement des pouvoirs des policiers, dans le cadre de la banalisation de l’état d’urgence. Selon le nouveau projet de loi, ils pourraient ne plus être poursuivis s’ils tirent sur quelqu’un qui a déjà commis un homicide, ou tenté d’en commettre un. "Olivier Massonnaud entrerait-il dans ce cas de figure, parce qu’il a eu une dispute avec sa petite amie ? Les services de police deviendraient ainsi juges du comportement de l’auteur et libres d’apprécier leur réaction, déplore Frank Berton. Je collectionne déjà les ordonnances de non-lieu en matière de bavures policières, ils bénéficient déjà d’une impunité dans les faits. Les rendre irresponsables pénalement comme l’envisage désormais le gouvernement, c’est construire une présomption irréfragable à leur avantage, et délivrer des permis de tuer".

L’avocate de Jocelyn C. en convient elle-même : "A partir du moment où l’on permet à une partie de la population, en l’occurrence la police, de faire usage de moyens de défense dangereux, le contrôle par la justice est une sécurité, voire une nécessité".

L’arrêt que rendront en mars les magistrats de Bordeaux sera donc l’objet d’un double enjeu. Celui de l’indépendance de la justice, en plein débat politique et législatif sur cette question. Et celui du traitement des bavures policières, considérées comme un tabou, qui se soldent quasi systématiquement par un non-lieu. François Massonnaud en a conscience, et craint "une dérive à l’américaine, où les policiers assassinent les noirs en toute impunité".

Bien qu’"essoré", il continue le sport, marche à pied et gym. Il faut faire face à la tentation du découragement, quotidienne. "La décision des jurés de la cour d’assises de Bobigny dans l’affaire Amine Bentounsi m’a horrifié. Ce jeune a été tué d’une balle dans le dos par la police, et l’auteur du tir a été relaxé après avoir menti. Le pire, c’est de m’apercevoir à mon cours de gym combien tout le monde s’en tape !"

La mère d’Olivier Massonnaud ne s’est jamais remise de la mort de son fils. Sa sœur, devenue avocate, non plus. Ses enfants ont aujourd’hui 18 et 19 ans, ils font des études, pansent leur béance. "Les policiers de la BAC leur avait promis de leur rendre leur père dans la demi-heure, la nuit du 14 août 2007, raconte leur grand-père. Ils ont entendu un coup de feu, deux heures plus tard, alors qu’ils se serraient sur la banquette arrière d’une voiture de police. Ils se souviennent de tout, mais nous n’en parlons jamais."

François Massonnaud mène son combat à perdre haleine, comme on se débat contre la peine. Il prévient : "Si Jocelyn C. ne comparaît pas devant une juridiction, ce sera pour moi inacceptable." Et donc ? "Cherchez…""

http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20160128.OBS3606/mort-d-olivier-massonnaud-un-pere-contre-l-impunite-policiere.html?xtref=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F#https://www.facebook.com/

Voir les commentaires

Les maux du déni

par cjvpourwissam

Les maux du déni

" URGENCE ! NOTRE POLICE ASSASSINE

Chaque année en France, une dizaine de familles est endeuillée par la mort d’un proche dans le cadre ou des suites d’une intervention policière. Bravant l’indifférence de l’Etat, des associations et collectifs de quartiers populaires et des familles de victimes – dont certaines se sont regroupées au sein des collectifs Vies Volées et Urgence Notre Police Assassine – réécrivent l’histoire des victimes, et se battent pour que leurs noms soient connus, la vérité sur les circonstances de leur mort dévoilée, et la justice rendue. Car en effet, aux yeux mêmes du Ministère de l’Intérieur, ils n’existent pas. Il n’y a pas de chiffres officiels recensant les morts au cours ou des suites d’une intervention policière en France, et cela alimente la négation du phénomène et le discrédit post-mortem que subissent les victimes et leurs familles.

MORTS POURQUOI ?

Dans leur combat, les familles de victimes ont été soutenues par de rares mais précieux journalistes et universitaires qui se sont intéressés à leur douleur, et se sont donnés pour tâche de documenter minutieusement les crimes policiers. Ces analyses ont permis de formuler quelques clés de compréhension du phénomène. On doit au journal engagé Bastamag ! l’une des enquêtes les plus exhaustives à ce sujet. Les journalistes du magazine en ligne ont entrepris de faire le décompte du nombre de personnes décédées au cours d’interventions de police ou de gendarmerie en France. En comparant et croisant les données de plusieurs sources19, les journalistes concluent à un profil-type des victimes de violences policières :

L’éventail des 320 personnes tuées par un agent des forces de l’ordre ou suite à leur intervention est large (...) Mais un profil-type se dessine. C’est un homme noir ou d’origine arabe, habitant un quartier populaire de l’agglomération francilienne ou lyonnaise, âgé de 25 à 30 ans 20

Les morts au cours ou des suites d’une intervention policière interviennent pourtant dans une variété de situations. Certaines victimes ont voulu signaler un problème à la police, d’autres sont mortes au cours d’une enquête, d’autres encore au cours d’une course-poursuite, dans un « accident » réel ou supposé... et parfois, le décès faisait suite à un « simple contrôle d’identité». Amine Bentounsi, mort d’une balle dans le dos en fuyant un contrôle de police à Noisy-le-Sec en 2012... Abdel, 25 ans, mort d’une crise cardiaque lors d’un contrôle de police à Aulnay-Sous-Bois en 2012... Taoufik El-Amri, noyé par hydrocution dans un canal après un contrôle de police à Nantes en 2006... Lahouari Ben Mohamed, 17 ans, tué d’une balle dans la tête lors d’un contrôle à Marseille en 1980... Victimes de discrimination policière et morts au cours d’interventions policières sont, à quelques exceptions près, les mêmes, depuis la fin des années 1970.

Les affaires se suivent et se ressemblent non seulement par leurs victimes, mais par leur issue. No n-lieu et acquittement constituent le lot quasi systématique des familles, mettant à mal la confiance qu’accordent les citoyens non seulement à leur police, mais aussi au système judiciaire. Obtenir vérité et justice lorsque l’on accuse la police relève du parcours du combattant, au point d’inquiéter Amnesty International quant à une véritable organisation de l’impunité policière en France21.

Contrairement aux Etats-Unis où la culture du « CopWatching » et la force des réseaux sociaux fonctionnent comme des outils de relai efficaces des voix des victimes, en France, dans la plupart des affaires, la version policière est immédiatement relayée par les médias.

« Il y a des journaux, surtout les journaux locaux, où la rédaction est claire : tu ne tapes pas sur la police, parce que c’est eux qui te donnent les scoops, les infos sur les faits divers dans la ville. Alors tu peux émettre un doute, une nuance, mais tu ne peux pas aller frontalement contredire des policiers sans risquer d’être mis au placard. »

Ahmed, Journaliste indépendant

Il n’est pas rare de voir le Procureur en charge de l’affaire s’exprimer très rapidement dans les médias pour soutenir la version des agents et apporter des éléments à charge de la victime. La mécanique médiat ique se met au service de l’impunité et laisse cette amère impression que tout est joué d’avance :

« Quel que soit l’âge de la victime, quoi qu’elle ait été en train de faire, la version policière instaure une suspicion de culpabilité en la criminalisant. Dans l’affaire de mon frère, on parle d’un braqueur, mais dans l’affaire d’Ali Ziri, 69 ans, on parle d’un alcoolique, dans celle de Zyed et Bouna, de « jeunes connus des services de police », et dans celle de Bertrand-Bilal Nzohabonayo, d’un terroriste. Pourtant, ils ne l’étaient pas... Même Rémi Fraisse, on a essayé de le criminaliser, alors que c’était juste un jeune homme qui s’était retrouvé dans une manifestation... »

Amal, sœur d’Amine Bentounsi Fondatrice du collectif « Urgence Notre Police Assassine »

Victimes discréditées, paroles des familles déconsidérées... Pour faire entendre leurs voix, les familles de victimes s’attèlent à une véritable guerre médiatique22, par des efforts de mobilisation en ligne et sur le terrain avec leurs petits moyens. A celle-ci, l’Etat répond par une protection fonctionnelle sans faille.

Fondatrice du Collectif Urgence Notre Police Assassine, Amal Bentounsi en a fait les frais. Pour avoir produit et diffusé sur son site une vidéo dénonçant l’impunité policière, elle a été poursuivie pour « diffamation envers une administration » à la suite d’une plainte de Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur à l’époque. Après une pétition de soutien23 et une marche deux jours avant son procès lui offrant une tribune pour sensibiliser l’opinion publique à l’absurdité que représentaient la poursuite d’une sœur meurtrie avant même d’avoir jugé l’homme qui avait tué son frère, elle a été relaxée. Mais le message était clair : l’Etat veille sur ses agents, coûte que coûte.

Le Ministère de l’Intérieur s’exprime aussi régulièrement dans des affaires où la version policière pose question. Ce fut le cas dans deux affaires quasiment identiques selon la version policière : celle de Bertrand - Bilal Nzohabonayo, abattu le 20 décembre 2014 devant le commissariat de Joué-Les-Tours, et celle de Sallah Ali, abattu le 7 janvier 2016 devant le commissariat de Barbès à Paris. Dans les deux cas, il fut question d’un «assaillant»quiaurait«criéAllahakhbar»,etmenacédespoliciersavec« uncouteau».Mais dans les deux cas, la version policière est contestée par les témoins24, ainsi que par des photos et vidéos de la scène. Qu’à cela ne tienne, dans les deux cas, le Ministère de l’Intérieur est intervenu pour appuyer la version policière, celles de terroristes à abattre, plongeant les familles des victimes dans le désarroi le plus complet.

Pour Amal, cette stratégie contribue à « tuer les victimes deux fois », isolant et décourageant les familles dans leur combat pour la vérité et la justice.

UN LABYRINTHE INFERNAL

Car les familles qui poursuivent leur combat doivent faire face à une série d’anomalies dans le traitement de leurs dossiers dont la violence est déstabilisante. Farid, le frère de Wissam El Yamni, se bat depuis la nuit de la Saint-Sylvestre de 2011, lorsque son frère est tombé dans le coma après avoir été passé à tabac par des policiers. Il mourrait neuf jours plus tard à l’hôpital de Clermont Ferrand, des suites de ses blessures. Ingénieur et cadre, il était loin de s’imaginer ce qu’il allait devoir endurer pour pouvoir faire mettre en examen les policiers qu’il estime responsables de la mort de son frère.

« On a délibérément confié l’expertise cardiaque à un gériatre, qui n’est pourtant pas expert en cardiologie. On a antidaté des photos de son corps, menti à répétition sur ses blessures, refusé de conserver son corps au froid pendant six mois... Ce que j’ai dû vivre est profondément traumatisant. J’ai finalement dû faire appel à un expert toxicologique indépendant pour mettre fin à toute accusation de « mort par arrêt cardiaque due à la consommation de cocaïne » afin que l’on puisse enfin se concentrer sur la vingtaine de policiers qui l’ont passé à tabac cette nuit-là. Si on ne l’a pas vu de ses propres yeux, je pense qu’il est impossible d’imaginer à quel point la police est protégée dans des enquêtes où les actes d’un ou plusieurs d’entre eux ont entrainé la mort. »

Farid, frère de Wissam El Yamni

Même un procès très médiatisé où les mensonges de tout un service de police sont exposés à la barre, ne suffit pas à faire sanctionner qui que ce soit :

« Il est prouvé que la police de Noisy-Le-Sec a explicitement découragé les témoins de raconter ce qu’ils avaient vu, que des policiers ont menti dans leurs dépositions, et que des pressions ont été faites sur l’Inspection Générale des Services. Pourtant, personne n’a jamais été sanctionné. Et l’homme qui a tué mon frère est libre. »

Amal, sœur d’Amine Bentounsi

Lorsqu’une famille se retrouve face à la mort d’un proche entre les mains de la police, son premier réflexe est de se fier aux enquêteurs, et d’attendre que la procédure suive son cours – rejoindre un combat militant n’a rien de spontané dans un tel moment de choc et de deuil. Ce n’est qu’après avoir fait face à de sévères disfonctionnements que les familles voient l’importance de se fédérer dans un combat actif et indépendant pour la vérité et la justice concernant les circonstances de la mort de leur proche. Pour Jessica Koumé, compagne d’Amadou décédé au cours d’une interpellation à Gare du Nord à Paris le 6 mars 2015, les premiers mois ont été très solitaires.

« Près d’un an après la mort d’Amadou, le procureur n’a nommé aucun juge d’instruction, or dans une procédure normale, c’est automatique. Nous avons eu les résultats de l’autopsie au bout d’un mois et demi grâce à la pression médiatique, alors qu’elle avait été faite le jour même. La mort a été constatée par un commandant de police au commissariat deux heures après le début de l’interpellation alors que le commissariat est à 600 mètres. On m’avait conseillé d’éviter des collectifs de familles qui me contacteraient, et de faire confiance à la justice, mais quand j’ai reçu le rapport d’autopsie, j’ai vu qu’il y avait un problème. »

Jessica, compagne d’Amadou Koumé

C’est pour se soutenir mutuellement dans leur combat, pallier l’absence d’un statut de victime ouvrant à des droits – ne serait-ce que pour un soutien psychologique –, alerter l’opinion publique et faire évoluer le droit et les institutions de la République que les familles El Yamni, Camara, Aït Omghar, Koumé, Touat Bouras, et Taghbalout sont réunies au sein d’un même collectif.

«On vit tous les mêmes choses, et on a tous des hauts et des bas. L’Etat apporte un soutien psychologique aux policiers qui ont tué nos proches, mais nous, rien. Nous ne sommes pas reconnus en tant que victimes, nous n’avons aucune aide, aucun accompagnement de l’Etat, aucun statut. Tout est à nos frais, et on doit apprendre à tout faire tous seuls, alors qu’avant on vivait des vies normales, on ne connaissait rien à tout ça. Grâce au collectif, on peut au moins se soutenir mutuellement, échanger l’expertise qu’on a acquise, se recommander des avocats, des experts, avoir le soutien de militants... Ça aide à tenir. »

Amal, sœur d’Amine Bentounsi

DOMMAGES COLLATERAUX

Si quelques familles des victimes arrivent à se soutenir entre elles, ce n’est pas nécessairement le cas de tous ceux qui entourent ces victimes, ou s’y identifient, à commencer par leurs amis. Ceux qui ont le même âge, ceux qui se disent « ça aurait pu être moi », et voient ceux qui ont tué leurs proches continuer d’exercer leur métier, au quotidien.

Il est commun d’accepter l’idée que les enfants victimes de viols ou de violences peuvent à leur tour devenir des agresseurs. Que penser alors du développement des enfants qui ont vu leurs proches tués par des représentants de la République, sans que ces derniers ne soient condamnés ? Ces mêmes enfants qui grandissent avec les contrôles abusifs, les petites vexations, violences, remarques racistes et islamophobes, et qui, au mieux, s’entendent rétorquer que « la police est Républicaine » lorsqu’ils tentent de dénoncer ces faits ?

Doit-on ignorer qu’Amedy Coulibaly avait vu son meilleur ami se faire abattre, sous ses yeux, par un policier qui n’aura jamais à répondre de son acte ? Peut-on ignorer que par la suite, son premier meurtre fut celui d’un agent de police ? Le décès de son meilleur ami fut pourtant un « tournant dans sa vie » selon ses proches25. On oublie souvent qu’avant toute radicalisation de son action, Amedy Coulibaly a tenté d’alerter l’opinion publique sur l’état des prisons, d’interpeller le Président de la République sur la situation de l’emploi pour les jeunes en France... Mais il a finalement choisi d’abandonner cette voie, jusqu’à vouloir assassiner à tout prix ceux qui, pour lui, n’ont « pas organisé des manifestations pour dire de laisser les musulmans tranquilles », mais aussi ceux qui « mettent nos frères en prison pour rien du tout26 ».

« J’en ai la profonde conviction : le déni de justice crée des monstres. Si j’ai réussi à mener un combat constructif depuis la mort de mon frère, c’est parce qu’à l’époque j’avais la stabilité économique et émotionnelle d’une commerçante qui gagnait très bien sa vie, propriétaire, mariée à son amour d’adolescence, mère de famille et heureuse.

Et si je continue, c’est parce que je veux que ma fille continue ses études de droit à la Sorbonne. Je veux que mes fils soient rassurés sur le fait que oui, il y a une justice en France. Pourtant, même moi j’ai eu des idées sombres. Alors j’imagine parfaitement ce qui est passé par la tête de ceux qui n’ont pas cette stabilité à laquelle se retenir. »

Amal, sœur d’Amine Bentounsi"

http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/wp-content/uploads/2016/03/Rapport-Les-Maux-du-Déni.pdf

Voir les commentaires

La "banalité du mal" revisitée

par cjvpourwissam

La "banalité du mal" revisitée

"Comment des hommes ordinaires peuvent-ils devenir des bourreaux ? Simplement en exécutant les ordres, expliquait Hannah Arendt. Une série d’études récentes remet en cause ces conclusions. La « soumission à l’autorité » n’est pas aussi facile à induire qu’on l’a dit.

L’expression « banalité du mal » provient du sous-titre du livre qu’Hannah Arendt a consacré au procès d’Adolf Eichmann, le haut fonctionnaire nazi chargé de la logistique de la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale (1). Ayant fui vers l’Argentine après la guerre, A. Eichmann est retrouvé par les services secrets israéliens en 1960, arrêté puis conduit en Israël où son procès s’ouvre en 1962. H. Arendt assistera à tout le procès pour leNew York Times. Durant ces auditions, A. Eichmann n’a cessé de proclamer qu’il n’a fait « qu’exécuter les ordres ». Le témoignage de cet homme, apparemment si ordinaire, qui ne semble obnubilé ni par la haine ni par l’idéologie, va convaincre H. Arendt de sa thèse sur la banalité du mal. La monstruosité d’un régime peut parfaitement s’appuyer sur le travail ordinaire de fonctionnaires zélés se soumettant aux ordres. Pas besoin de haine ou d’idéologie pour expliquer le pire, la soumission suffit.
Quelque temps plus tard, le psychologue américain Stanley Milgram entreprend de démontrer expérimentalement ce que H. Arendt a révélé au procès Eichmann : la soumission à l’autorité suffit pour transformer un homme ordinaire en bourreau. C’est ainsi qu’est réalisée l’expérience la plus célèbre de toute l’histoire des sciences humaines (2). Au début des années 1960, S. Milgram recrute des personnes qui croient participer à une expérience scientifique. Il leur est demandé d’administrer des chocs électriques à des sujets attachés sur une chaise s’ils ne répondent pas correctement à des questions. D’abord étonnés, les bénévoles s’exécutent de leurs tâches, n’hésitant pas à envoyer des décharges électriques de plus en plus puissantes. L’expérience se révèle donc concluante : on peut commettre des actes violents sans forcément être poussé par la haine. Il suffit d’être sous l’emprise d’ordres impérieux. Chacun d’entre nous pourrait donc devenir un bourreau ?

Des hommes ordinaires

Quelques années plus tard, l’expérience connue sous le nom de « Stanford prison experiment » semble confirmer le fait. En 1971, le psychologue Philip Zimbardo monte une expérience où des étudiants sont invités à rester quinze jours enfermés dans un bâtiment. Les uns joueront le rôle de gardiens, les autres de prisonniers. Mais au bout de quelques jours, des gardiens commencent à se livrer à des brutalités et humiliations sur leurs prisonniers. L’un deux, rebaptisé John Wayne, prend son rôle de maton avec un zèle plus qu’excessif. Au bout d’une semaine, l’expérience doit être stoppée ! Pour P. Zimbardo, la preuve est faite : porter un uniforme, se voir confier un rôle dans un lieu inhabituel suffisent à transformer un sympathique étudiant en un impitoyable tortionnaire. Il vient d’ailleurs de publier un nouveau livre dans lequel il relate l’expérience de Stanford, et y voit une explication à ce qui s’est passé à la prison d’Abou Ghraib en Irak, où des soldats américains se sont livrés à des actes de torture sur des prisonniers irakiens (3).
Cette expérience a été explicitement évoquée par Christopher Browning, dans Des hommes ordinaires, pour expliquer les conduites du 101e bataillon de réserve de la police allemande. Celui-ci, composé d’hommes ordinaires, pères de famille, ouvriers et membres de la petite bourgeoisie, exécuta 40 000 Juifs polonais en 1942 et 1943 (4).
Tous les faits et analyses semblent donc confirmer la thèse de la banalité du mal. Pourtant, ces derniers mois, une série de publications est venue remettre en cause ce que l’on tenait pour évident. Et les certitudes vacillent.
Dans un article de janvier (5), deux psychologues britanniques, Alexander Haslam de l’université d’Exeter et Stephen D. Reicher de l’université de Saint Andrews rouvrent le dossier, jetant un pavé dans la mare. « Jusqu’à récemment, il y a eu un consensus clair entre psychologues sociaux, historiens et philosophes pour affirmer que tout le monde peut succomber sous la coupe d’un groupe et qu’on ne peut lui résister. Mais maintenant, tout d’un coup, les choses semblent beaucoup moins certaines. »
Les remises en cause sont d’abord venues de travaux d’historiens. Les publications sur A. Eichmann se sont multipliées ces dernières années. L’historien britannique David Cesarani s’est livré à un réexamen minutieux de sa biographie (Becoming Eichmann: Rethinking the life, crimes, and trial of a « desk killer », 2006). Contrairement à l’image qu’il a voulu donner de lui-même lors de son procès, A. Eichman fut un antisémite notoire, parfaitement conscient de ce qu’il faisait. Il a pris des initiatives qui allaient au-delà de la simple exécution des ordres. L’image du fonctionnaire anonyme n’était qu’une ligne de défense. Et H. Arendt est tombée dans le piège. Peut-être même a-t-elle accepté un peu vite ses conclusions parce qu’elle permettait de formuler une thèse forte et percutante : les systèmes monstrueux vivent de la passivité des individus ordinaires.
De son côté, l’historien Laurence Rees a rouvert le dossier Auschwitz (6). Il montre que les organisateurs de la solution finale n’étaient pas des exécutants serviles. Les ordres donnés étaient souvent assez vagues et il fallait que les responsables de la mise en œuvre prissent des initiatives et fissent preuve d’engagement pour atteindre les buts fixés. Selon L. Rees, cet engagement est d’ailleurs ce qui donne force au régime totalitaire. Il faudrait donc autre chose que de la simple soumission à un système pour aboutir à des crimes de masse. Cela nécessite aussi que les exécutants des basses besognes croient à ce qu’ils font, adhèrent à leur mission, se mobilisent activement. L’obéissance ne suffit pas, l’idéologie compte (7).

La morale des bourreaux

Ainsi que la morale. Oui, la morale ! Les « exécuteurs » de génocides – en Allemagne, au Rwanda… – n’étaient pas des psychopathes ou des hordes de sauvages assoiffés de sang, ni des exécutants aveugles. Ils agissaient en toute conscience pour ce qu’ils jugeaient être le bien. Dans l’expérience de S. Milgram, il y a fort à parier que les sujets devenant bourreaux agissaient avec le sentiment de faire progresser la science. Autrement dit, soulignent A. Haslam et S. Reicher, ils trouvaient leur comportement moralement justifiable.
Un autre mécanisme intervient dans le passage à l’acte. Plus les bourreaux se sentent étrangers aux victimes, plus est aisée leur élimination. Les meurtriers de masse n’ignorent pas la morale commune ; ils portent des valeurs, ont le sens du devoir et des interdits comme chacun d’entre nous. Simplement, c’est à qui peut s’appliquer cette morale commune qui change. Les limites entre le « eux » et le « nous ». Dès lors qu’un groupe n’est plus inclus dans l’humanité commune, tout devient possible. Telle est la thèse développée par le psychologue Harald Welzer, dans son livre Les Exécuteurs (Gallimard, 2007), qui passe en revue des témoignages de massacre, au Viêtnam, en Yougoslavie ou au Rwanda.
Enfin, le sentiment de menace est un élément important souligné tant par A. Haslam et S.D. Reicher que par H. Welzer. Les gens qui commettent des massacres le font dans des périodes de guerre ou de guerre civile. Ils ont le sentiment que leur monde s’écroule et que leur communauté est menacée. Ils ont parfaitement conscience de vivre une situation exceptionnelle, et qu’il faut agir selon des normes inhabituelles. Ce sont des hommes certes ordinaires, mais vivant dans un contexte extraordinaire."

http://www.scienceshumaines.com/la-banalite-du-mal-revisitee_fr_22093.html

Voir les commentaires

L'attente

par cjvpourwissam

L'attente

Nos détracteurs nous font souvent remarquer qu'il y a des pays où il y a plus d'injustices et donc on pourrait se contenter de notre sort. On leur répond souvent que ce n'est pas parce que c'est pire ailleurs que c'est plus acceptable et qu'il y a aussi des pays où ça se passe mieux.


Ce qu'ils ne comprennent pas et que tous les statisticiens vous le diront, c'est que la satisfaction clientèle repose non pas sur la moyenne mais sur la variation c'est à dire l'écart entre ce qu'un individu attend et ce qui est, l'écart entre ce qu'il juge faisable et ce qui arrive.


Imaginons 2 scénarios dans 2 parcours différents.


Dans un premier parcours un bus A est toujours arrivé en moyenne toutes 35 minutes, avec plus ou moins 1 minute de variation en moyenne.


Dans un second parcours un bus B est toujours arrivé en moyenne toutes les 30 minutes avec 20 minutes de variation en moyenne.


Le client du premier parcours sera beaucoup plus satisfait que le client du deuxième parcours.


Il s'agit là d'une vérité empirique. Mais il y a également là dedans une autre vérité intuitive que le client ressent bien.


Il sait que le bus B peut facilement faire mieux avec un peu plus de rigueur et que le bus A ne peut faire mieux qu'en faisant un effort important. Il estime qu'il est plus simple de diminuer la variation que la moyenne et il a raison.


Le client juge en se comparant avec d'autres clients qu'il considère comme ses alter-ego ainsi qu'avec ses valeurs qu'il juge réaliste.


Il ne fallait pas nous laver le cerveau avec les valeurs républicaines de liberté, d'égalité, de fraternité, de justice indépendante, de police protectrice. Désolé ...


C'est bien parce qu'on croit en ces valeurs plus que ceux qui s'en autoproclament, plus que nos prédécesseurs et c'est bien parce qu'on sait qu'elles sont faisables facilement que nous nous battions, que nous battons et que nous nous battrons pour qu'elles soient effectives sans discrimination !

Voir les commentaires

"La société idéale"

par cjvpourwissam

"La société idéale"

N'est ce pas le manque de charité qui nous différencie de nos détracteurs ?

Celui que l'on retrouve chez certains de nos gouvernants qui sont faibles avec les durs et durs avec les faibles ?

Dans nos périodes de trouble où même les institutions ne remplissent plus leurs fonctions, où ceux que l'on devrait idéalement honorer pour leur bienveillance nous humilient, quand ils ne cherchent pas à nous détruire, quand ils ne cherchent pas à nous faire souffrir, il est important d'avoir un cap sinon on risque de succomber à l'appel des sirènes des idéologies simplistes et pourtant ô combien dangereuses.

Si les notions de liberté et d'égalité sont universellement reconnues, la notion de charité est parfois écorchée. Ce petit traité est particulièrement intéressant parce qu'il réhabilite la notion de charité tout en honorant celle de la liberté et de l'égalité. Cousin nous rappelle que ces notions doivent être soeurs sinon elles peuvent être destructrices.

Ce traité agit comme un rappel, comme Nietzsche lorsqu'il disait " Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même. Si tu plonges longuement ton regard dans l’abîme, l’abîme finit par ancrer son regard en toi. " ou bien Victor Hugo lorsqu'il rappellait que "Dans l'opprimé d'hier, l'oppresseur d'aujourd'hui" .

Voici des extraits intéressants de ce petit traité :

  • « La charité intervient jusque dans la punition des crimes : à côté du droit de punir, elle met le devoir de corriger. L'homme coupable est un homme encore ; ce n'est pas une chose dont on doive se débarrasser dès qu'elle nuit, une pierre qui tombe sur notre tête et que nous rejetons dans l'abîme afin qu'elle ne blesse plus personne. L'homme est un être raisonnable, capable de comprendre le bien et le mal, de se repentir, et de se réconcilier un jour avec l'ordre. »

  • « Punir est juste, améliorer est charitable. Dans quelle mesure ces deux principes doivent-ils s'unir ? Rien de plus délicat, de plus difficile à déterminer. Ce qu'il y a de certain, c'est que la justice doit dominer. »

  • « En résumé, respecter les droits d'autrui et faire du bien aux hommes, être à la fois juste et charitable, voilà la morale sociale dans les deux éléments qui la constituent. Voilà pourquoi la Révolution française, qui a recueilli et accru tous les progrès de la philosophie morale et politique, après avoir écrit sur son drapeau la liberté et l'égalité, y a joint le grand nom de la fraternité, qui tour à tour a donné l'élan aux vertus les plus sublimes et servi de prétexte aux plus dures tyrannies. C'est pour avoir confondu ces deux parties de la morale, que les plus grands moralistes se sont jetés dans des théories exclusives, également fausses, également dangereuses. »

  • « D'ailleurs, je me hâte de le reconnaître ou plutôt de le répéter : la justice encore plus que la charité, est le fond de toute société, et ce fond est immortel.Les droits et les devoirs de l'homme, dont la déclaration est moderne, sont aussi anciens que l'homme. J'ai besoin de faire cette profession de foi en l'honneur de l'humanité. Aussitôt que l'homme s'est connu, il s'est connu comme un être libre, et il s'est respecté ; il s'est mis au-dessus des choses, et il a su qu'il s'avilirait, soit en violant la liberté d'autrui, soit en laissant violer la sienne. De tout temps la liberté a été connue et honorée, mais plus ou moins, et toujours partiellement. Tel droit éclairait déjà l'espèce humaine, quand tel autre était encore dans l'ombre. La sainte liberté ne découvre pas d'abord toute sa face ; elle ne lève que successivement ses voiles ; mais le peu qu'elle montre d'elle, sans la révéler tout entière, suffit à l'homme pour ennoblir son existence, et lui donner la conviction qu'il vaut mieux que ce monde au milieu duquel il se trouve jeté. »

Voir les commentaires

La marque de la vérité

par cjvpourwissam

La marque de la vérité

«La marque de la vérité de fait est que son contraire n'est ni l'erreur, ni l'illusion, ni l'opinion, dont aucune ne rejaillit sur la bonne foi personnelle, mais la fausseté délibérée ou le mensonge... (le menteur) est l'acteur par nature ; il dit ce qui n'est pas parce qu'il veut que les choses soient différentes de ce qu'elles sont - c'est-à-dire qu'il veut changer le monde. Il tire parti de l'indéniable affinité de notre capacité d'agir, de changer la réalité, avec cette mystérieuse capacité que nous avons, qui nous permet de dire "Le Soleil brille" quand il pleut des hallebardes.»

Hannah Arendt dans Vérité et politique

Voir les commentaires