Lundi matin

par cjvpourwissam

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Ce qui sera présenté à l'ONU

par cjvpourwissam

Ce qui sera présenté à l'ONU

Le jour de l'an 2012, Wissam retrouve des amis d'enfance sur le parking de son quartier d'enfance. Des videos filmées à ce moment là permettent de connaître les personnes présentes et surtout de voir que Wissam portait une ceinture.

A une dizaine de mètres où des vidéos du jour de l'an le montre filmé, Wissam El Yamni jette une pierre sur un véhicule de police, il est 3h20 du matin.

Wissam El Yamni est interpellé rapidement selon les témoins à l'entrée parking de l'Ecole Jean De la Fontaine à Clermont-Ferrand. Selon la version policière, Wissam El Yamni aurait appelé la police par son téléphone avant de jeter une pierre. La partie civile est catégorique, la voix enregistrée avec un accent bien marqué ne correspond pas à celle de Wissam (qui est né à Clermont-Ferrand) ni même celles des personnes présentes qui l’entouraient.

Arrêté par surprise, par Arnaud P., le policier qui ne le quittera plus avant qu'il tombe dans le coma, il est menotté face contre terre, des policiers qui arriveront sur les lieux diront qu'il était calme.

Étonnamment, il n'est pas emmené directement au commissariat.

Certains témoins parlent pendant cet intervalle de temps d'un premier passage à tabac dans les 10 minutes qui suivent.

Beaucoup pensaient que c'était ce passage à tabac qui avait entrainé la mort. Version aujourd'hui peu plausible aux vues de l'ensemble des éléments judiciaires.

Il y avait 25 policiers, 2 policiers l’emmènent au commissariat, ce qui est la preuve qu'il était calme. Le policier qui l'a interpellé reste avec lui dans la banquette arrière, Arnaud P. n'aura pas la moindre égratignure.

Une autre voiture accompagne la voiture canine qui transporte Wissam.

Dans une seconde version, en raison de la disparition de la ceinture, beaucoup pensaient que la mort avait été pu provoqué par un étranglement ou un étouffement dans la voiture. Version aujourd'hui également peu plausible.

Arrivé au commissariat, plusieurs policiers affirment qu'il était encore conscient, un policier affirmera même qu'il parlait encore.

Selon la version policière simplement deux policiers le déposeront dans le couloir du commissariat où ils constateront qu'il est par magie tombé en arrêt cardiaque.

Selon une autre version, la version aujourd'hui la plus plausible, un autre passage à tabac avec les policiers de la voiture qui accompagnaient la voiture canine aurait eut lieu dans le couloir du commissariat entrainant le coma. C'est souvent à l'endroit où la victime meurt que le crime a lieu.

Arnaud P. apparaitra le visage jouissif dans une vidéo filmée dans la salle des geôles qui n'étaient pas pleines comme il était dit pour justifier qu'on l'avait laissé dans le couloir du commissariat (le pantalon au niveau des chevilles et sans ceinture).

Wissam est plongé dans le coma, en soins intensifs par des policiers qui étaient ce soir là, nuit de la Saint-Sylvestre censés le protéger des autres et surtout de lui même.

Une analyse toxicologique est effectuée, elle montre des traces de cocaïne, ces traces suffisent à justifier selon la version policière qu'il était sous emprise de drogues au moment de l'interpellation. Les parties civiles soulignant dès le début que les taux sont très faibles et ne peuvent pas expliquer son traitement ni même son état. La force strictement nécessaire ne peut pas tenir.

Pendant qu'il est toujours dans le coma, le capitaine de la police judiciaire vient prendre des photos qu'il mettra, lui ou un autre, dans un procès verbal daté du 1er janvier. Ces photos seront remplacées par d'autres dans les jours qui suivent, toujours dans le procès verbal du 1er janvier.

L'équipe médicale prend également des photos le 2 janvier.

La famille prend des photos les jours suivant.

Pendant que Wissam est dans le coma, la police revient prendre de nouvelles photos avant qu'il décède.

Wissam, décèdera 9 jours plus tard, le 9 janvier.

Une autopsie est effectuée dans la foulé à Saint-Etienne, sans le dossier médical, sans les photos du 1er janvier, Wissam est autopsié comme s'il venait de mourir.

Entre temps, sort le dossier judiciaire. La police des polices conclue, qu'il n'y a pas de violences dans le parking du commissariat malgré les nombreux témoins et alors que c’est une évidence. Il n'est peut être pas mort dans le parking mais il est peu probable qu'il n'est pas subi de violences. La police des polices cherche à imposer une mort par pliage dans la voiture préférant croire à la version d'un seul policier, préférant surtout croire une version qui a le mérite d'éviter une cause de la mort beaucoup moins acceptable par l'opinion publique. Il n'y avait dans le dossier que des photos en noir et blanc très mal photocopiées d'un visage dont on ne voit rien. A ce moment là nous ne pouvons pas douter de la sincérité du capitaine de la police judiciaire.

La police n'effleure pas la possibilité d'un autre passage à tabac dans le couloir du commissariat alors que cette version nous apparaît comme celle qui doit être privilégiée.

Mi janvier 2012, le médecin légiste rend un pré-rapport d’autopsie, celui-ci ne mentionne aucune fracture alors qu'elles étaient rendues publiques. S'il réfute la mort d'origine cardiaque en raison d'absence de lésion cardiaque et du faible taux de drogues trouvé, il affirme qu'une excroissance osseuse aurait pu accélérer une mort par pliage. La version du pliage ne repose que sur la version d'un policier, elle sera contredite par les autres médecins légistes.

Pendant ce temps, Wissam est en attente d'inhumation, son corps n'est pas conservé dans le froid.

La justice joue dès le départ la montre.

La version du pliage est retenue jusqu'au rapport final en Mars 2012. Les parties civiles demandent dans le bureau de la juge une contre-autopsie, l'autopsie n'a pas été réalisé avec le dossier médical (radios, scanners, constations médicales du 1er janvier).

Lors de cette rencontre, la partie civile constate que les originaux en couleur des photos placées dans un procès verbal du 1er janvier ne sont pas les bonnes, elle comprend alors qu'il s'agissait en réalité des secondes photos prises lors de leur deuxième venue alors qu'il était dans le coma et sont remplacées dans les quelques jours d'après dans le procès verbal du 1er janvier. La partie civile donne instantanément les photos prises après le 3 janvier par la famille où Wissam est plus marqué que sur les photos censées être prises le 1er janvier. Tout le monde comprend alors à ce moment là que le dossier a été ficelé et les photos ont clairement été antidatées.

Toujours en Mai 2012, la justice refuse de réaliser une contre-autopsie, le corps de Wissam n'est toujours pas inhumé depuis le 1er janvier, elle demande un complément d'expertise avant une contre-autopsie avec cette fois le dossier médical. Le but est clairement de donner au médecin légiste de Saint-Etienne une chance de se rattraper. La juge qui n'est pas malhonnête pourtant est clairement le dindon de la farce.

En juin 2012, à la suite du complément d'expertise du médecin légiste de Saint-Etienne, le corps de Wissam en putréfaction est envoyé pour une contre-autopsie à Poitiers. L'état du corps rend impossible une contre-autopsie réelle, elle est faite sur dossier. Il est ensuite enterré 6 mois après sa mort.

Le médecin légiste de Saint Etienne change de version, 3 fractures réapparaissent comme par magie, pas toutes. Il s'agit désormais d'une mort d'origine toxique et un allongement du temps de QT dans les tracés cardiologiques prises pendant qu'il était en soins intensifs, en serait la preuve. Il ne croit pas plus en la version du pliage qu'il a pourtant avancé le premier.

Le médecin légiste de Saint-Etienne n'est pas connu comme un étant malhonnête, il n'a pas lieu de douter de sa malhonnêté, il a bâclé son autopsie ou a été influencé. Le fait qu'il dise qu'il n'y a aucune lésion cardiaque semblerait prouver son honnêteté. Il lui aurait suffi de dire qu'il y a des lésions cardiaques et la thèse d'une mort subite aurait pu être légitime.

Entre temps l’hôpital signale l'existence des photos prises par les médecins le 2 janvier, photos que la police des polices n'a pas récupéré avec le dossier médical, elles sont jointes au dossier et confirment ce que nous disions au juge, c'est à dire que les photos annexées au 1er janvier dans le procès verbal du capitaine judiciaire ne peuvent pas être du 1er janvier.

Où sont donc passées les premières photos du 1er Janvier ? Aujourd'hui encore le mystère demeure.

La partie civile demande alors un acte judiciaire : que l’on date les photos numériques. Cet acte est refusé par le premier juge d'instruction, elle accorde une confiance aveugle dans un capitaine judiciaire qui lui ment pourtant.

En Septembre 2012, vu le refus de la juge d'instruction de dater ces photos, et face aux évidences, la chambre d'instruction est saisie. Celle-ci, alors honnête, demande une expertise technique sur l'appareil photo et l'ordinateur du capitaine judiciaire.

Le policier de la police des polices qui a dédouané les policiers avant toute autopsie s'auto-administrera la commission rogatoire qui doit mener à l'expertise technique. Alors qu'il n'a rien d'un expert, il fera lui même cette expertise et il dira dans un verbiage extraordinaire que les photos du procés verbal du 1 er janvier sont bien du 1 er janvier. Il ment.

La 3eme juge d'instruction, beaucoup moins naïve, beaucoup plus intelligente et beaucoup plus honnête relèvera, qu'il n'avait pas à faire cette expertise n'étant pas un expert technique, et étant surtout juge et partie.

Une autre expertise technique sera ordonnée celle-ci révélera que l'ordinateur et l'appareil photo ont été formaté en février 2013, c'est à dire après la demande de les analyser et avant son expertise technique.

En avril 2013, les résultats de la contre-autopsie tombent. Le rapport est donné à la partie civile une semaine après que les conclusions soient rendues public. Il reprend la version d'une mort toxique donnée dans la seconde version du rapport du médecin légiste de Saint-Etienne. Les fractures seraient toutes anciennes, les marques au cou causées par des frottements de vêtements, il aurait été en plus, au moment de l'interpellation sous l'emprise de la cocaïne. Un cocktail dangereux de coca-éthylène, mélange explosif d'alcool et de cocaïne ... (Sauf que les policiers n'ont pas la moindre égratignure et que celui qui est tombé dans le coma c'est Wissam). Là aussi, selon le médecin légiste de Poitiers, l'allongement du temps de QT dans les électrocardiogrammes en seraient la preuve. Le nombre de mensonges dans ce rapport est impressionnant. Le médecin légiste va jusqu'à justifier de prendre les photos les plus proches des évènements pour analyser les blessures et faire deux lignes plus loin le contraire, analyser les photos à partir des photos les plus éloignées de ces évènements. Il est clairement malhonnête, il triche sans vergogne dans son argumentation à plusieurs reprises.

Une expertise de cardiologie indépendante réalisée en 15 jours seulement prouvera qu'il n'y a aucune anomalie cardiaque. Beaucoup de médicaments administrés peuvent influer sur l’espace QT et notamment l’ERYTROMYCINE. Cette influence de l'hypothermie explique parfaitement le début des troubles électriques sur le premier électrocardiogramme à 9h32, deux heures seulement après sa mise en place, sa majoration à 21h08 au maximum de l'effet hypothermique et sa normalisation le 3 janvier alors que l'hypothermie est suspendue depuis 24h. La concordance entre allongement du QT et l'onde J d'Osborn, leur présence, leur majoration et leur disparition renforcent le lien entre l'allongement entre le QT et le traitement thérapeutique et non pas avec la drogue.

Le médecin légiste de Poitiers avait préféré prendre comme expert cardiologue, un gériatre qui avait dit publiquement en décembre 2003 dans le magasine du CHU Poitiers «Si le patient est en bonne santé intellectuelle et physique et ne présente qu’ une pathologie, par exemple un infarctus, il relève de la cardiologie et non de notre filière».

Suite à ces observations, une autre expertise est demandée, cette fois 3 experts judiciaires doivent rendre un rapport.

Ce rapport tombera non pas 15 jours après comme systématiquement dans nos expertises indépendantes mais près de deux ans après la précédente. Ce rapport contredit la version du temps de QT avec les mêmes arguments que l'expertise indépendante de cardiologie. Les fractures qui étaient inexistantes pour un premier médecin légiste, puis réapparues comme par magie dans un second rapport, puis antérieures aux événements pour un deuxième médecin légiste, sont pour le troisième médecin légiste, accidentelles : la conséquence de chutes. Les scanners, les radios, les constations médicales du 1er janvier ne sont pas utilisées pour décrire les blessures alors qu'elles permettraient de savoir beaucoup plus de choses. Les fractures aux côtes, certifiées par les premiers médecins et le procureur à l'époque des faits, n'existent plus. La mort par coup n'est même pas envisagée alors que l'on sait qu'une fracture du plancher orbital peut provoquer un coma et alors que la conclusion de nombreux médias sera « les experts excluent une mort par des coups » (rien ne permet d'affirmer que la fracture du plancher orbital ne soit pas arrivée lors de l'interpellation). Les marques au cou qui étaient des frottements de vêtements dans les précédentes autopsies (les photos n'étaient pas alors rendues publiques), sont compatibles désormais avec des prises digitales lors de l'interpellation alors que les policiers affirment qu'à aucun moment les policiers ne lui touchent le cou. Les versions des témoins de l'arrestation et des autres policiers ne valident pas cette hypothèse, elles l'infirment. Les experts concluent ensuite sans démonstration que la drogue a pu provoquer un arrêt cardiaque alors que l'ensemble des éléments de l'autopsie ainsi que les analyses prouvent le contraire. Ce rapport d'expertise affirme sans démontrer, ni justifier. Il faut croire des experts parce qu'il s'agit d'experts. Force est de constater qu'il n'y a aucun argument scientifique, aucune source scientifique qui permettrait d'appuyer cet argumentaire dans le rapport d'expertise.

Il suffirait d’avoir des traces de drogue pour mourir de drogue ?

En 2015 la chambre d’instruction profitait de cet imbroglio pour annuler la mise en examen des 2 policiers.

Depuis la famille révèle les résultats du deuxième rapport d’expertise indépendant (à lire sur https://lc.cx/4mTm), réalisé par l’un des plus grands experts toxicologues du monde, qui démontre de manière scientifique que Wissam n’était pas sous l’emprise de drogues au moment de l’interpellation et exclut de fait la mort d’origine toxique.

4 ans et demi après le drame la vérité n'a toujours pas été faite sur les causes de la mort.

Aussi la partie civile attend de la justice et notamment de la chambre d’instruction qu’elle agisse enfin pour rétablir la justice et la vérité sur les causes réelles de la mort de Wissam.

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Nuit Debout Samedi 8 Avril Clermont-Ferrand

par cjvpourwissam

Nuit Debout Samedi 8 Avril Clermont-Ferrand

"Nous sommes quelques militant-e-s de Clermont-Ferrand, et nous avons pris l'initiative d'organiser la projection de « Merci Patron » de François Ruffin, samedi 9 avril, place de Jaude, à la tombée de la nuit et en plein air.

Nous appelons les citoyen-ne-s, les organisations et le mouvement social à converger place de Jaude à l'arrivée de la manifestation pour le retrait de la loi « Travail » (départ 14h, place du 1er Mai).

À l'image de ce qu'il se passe place de la République à Paris et partout en France, occuper la place de Jaude, ensemble, peut être l'occasion d'échanger, de débattre des luttes en cours, de nos revendications, mais aussi passer un moment convivial, partager un verre, un repas, des savoirs faire, refaire le monde, se réapproprier l'espace, écouter des concerts et élaborer ensemble les bases d'une société d'avenir...

Alors nous appelons les salarié-e-s, les précaires, les privé-e-s d'emploi, les étudiant-e-s, les lycéen-ne-s, les sans-papiers, les réfugié-e-s, les mal logé-e-s, les sans abris, les paysan-ne-s, les ZADistes, les intermittent-e-s, les retraité-e-s, les féministes, les écolos, les anti-racistes, les internationalistes, habitant-e-s des centres villes, des quartiers populaires, des campagnes, les opposant-e-s à l'état d'urgence, les collectifs de lutte contre la répression et les violences policières… à converger, à construire, à occuper la place de Jaude !

Tout est à construire, ce n'est qu'un début !"

Contacts :

Marianne : 06-85-46-90-98
Arthur : 06-60-19-33-77
Courriel : nuitdeboutclermontferrand@gmail.com
Tweeter : @NuitDeboutCLFD

‪#‎ClermontDebout‬ ‪#‎40mars‬ ‪#‎NuitDebout‬ "

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:)

par cjvpourwissam

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Une expertise toxicologique affirme que Wissam El Yamni n'était pas drogué au moment de l'interpellation mortelle du 1er Janvier 2012

par cjvpourwissam

Une expertise toxicologique affirme que Wissam El Yamni n'était pas drogué au moment de l'interpellation mortelle du 1er Janvier 2012

Une expertise toxicologique affirme que Wissam El Yamni n'était pas drogué au moment de l'interpellation mortelle du 1er Janvier 2012

Le jour de l'an 2012, Wissam El Yamni tombe dans le coma suite à une arrestation policière.

Des traces de drogues auraient suffi pour beaucoup à justifier le décès et son état malgré les témoins, les constations médicales, les évidences, les preuves disparues.

3 médecins légistes vont avancer 3 causes différentes :

  • mort par pliage
  • mort par allongement de temps de QT
  • mort subite causée par la drogue.

Chacune de ces thèses ne reposant que sur le statut de « l'expert » et non sur sa science. La dernière thèse étant une mort subite provoquée par la drogue.

La chambre d'instruction de Riom profite de cet imbroglio dont elle est pourtant responsable pour annuler la mise en examen des 2 policiers directement impliqués en 2015.

Une expertise cardiologique indépendante démontrait déjà en 2013 par un argumentaire purement scientifique que le coma ne pouvait pas être causé par un problème d'origine cardiaque.

Une autre expertise toxicologique a été mise dans le dossier judiciaire. Pascal Kintz, reconnu comme étant l'un des plus grands toxicologues au monde démontre par un argument purement scientifique que Wissam n'était pas sous l'emprise de drogues au moment de l'interpellation.

On n'est pas sous l'influence de la drogue à 4ng/ml dans le sang.

L'expertise toxicologique démontre que la mort causée par la drogue n'est pas non plus concevable.

Il s'agit du deuxième rapport d'expertise indépendant réalisé honnêtement par une sommité dans son domaine qui exclue une mort à la fois d'origine cardiaque et à la fois d'origine toxique.

La partie civile attend de la justice et notamment de la chambre d'instruction qu'elle agisse enfin pour rétablir la justice et la vérité sur les causes réelles de la mort.

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‪#‎legitimedefiance‬

par cjvpourwissam

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Une police à la minority report ?

par cjvpourwissam

Une police à la minority report ?

En 2054, la ville de Washington réussi à éradiquer la criminalité. Grâce aux visions du futur fournies par trois individus exceptionnels doués de précognition (appelés précogs), les agents de Précrime peuvent arrêter les criminels juste avant qu’ils n'aient commis leurs méfaits. Mais un jour, le chef de l'unité John Anderton reçoit des précogs une vision le concernant : dans moins de 36 heures, il aura assassiné un homme qu’il ne connaît pas encore et pour une raison qu’il ignore. Choqué, il prend alors la fuite, poursuivi par ses propres coéquipiers qui ont pour mission de l’arrêter conformément au système...

http://www.filmsvostfr.org/regarder-film-minority-report-streaming-vostfr.html

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Illégitime attaque

par cjvpourwissam

Illégitime attaque

Aujourd'hui est votée à 16h00 à l'assemblée la réforme pénale dont l'amendement article 20 qui dédouane de toutes responsabilités juridiques un policier qui tire avec son arme de service.

Nous familles de victimes nous alertons l'opinion publique que cette loi est liberticide et dangereuse pour l'ensemble de la population, qu'aujourd'hui malgré cette menace juridique on a assisté à de nombreux cas de violences policières et d'impunité. Avec cette réforme, les cas risques de se multiplier et amener à des dérives graves de la part des forces de l'ordre. et nous n'aurons aucune possibilité d'attaquer juridiquement des policiers.

Pour toutes ces raisons partager en masse sur les réseaux sociaux la tribune avec le ‪#‎NonAuPermisDeTuer‬

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1492881-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-policiers-est-un-permis-de-tuer-reagissons.html

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Olivier

par cjvpourwissam

Olivier

"Son imperméable est trempé, ses pense-bêtes dans sa petite pochette en tissu synthétique sortent tout humides. François Massonnaud, 79 ans, a essuyé deux averses de grêle pour venir à "l’Obs" défendre la mémoire son fils. Olivier Massonnaud, l’aîné de ses deux enfants, est mort à l’âge de 38 ans, le 14 août 2007. Abattu par un policier au petit matin, dans la cour d’un immeuble de Poitiers.

Près de huit ans après les faits, cet ancien chirurgien connaît le dossier d’instruction par cœur, il cite les cotes, récite les interrogatoires, énumère toutes les dates clés de la procédure, égrène les faits à la minute près. Et court comme un marathonien qui n’en a plus l’âge, de Poitiers à Bordeaux en passant par Paris, après une justice qui le promène de déni en non-lieux, si bien que la ligne d’arrivée a fini par s’effacer de l’horizon.

François Massonnaud tient bon "dans cette bataille qui ne se fait pas à armes égales, et où l’on cherche à m’avoir au souffle". Grâce à l’arrêt rendu par la chambre criminelle de la Cour de cassation en septembre 2015, qui remet en cause le non-lieu accordé au policier, ce grand-père a retrouvé un peu d’oxygène. La plus haute juridiction a remis les compteurs à zéro en renvoyant l’affaire devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux.

Début janvier, Frank Berton, le nouvel avocat de la famille, a plaidé tout ce qu’il pouvait pour que la justice accepte de réexaminer le cas du policier qui a tué Olivier Massonnaud. Il savait que l’étape était cruciale, le contexte politique tendu : dans le cadre du renforcement de la lutte anti-terroriste, le nouveau garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, présente mercredi 3 février en Conseil des ministres un projet de loi renforçant l'irresponsabilité pénale des policiers s'il est établi qu'ils ont tiré "en état de nécessité".

"La famille d’Olivier Massonnaud, père de deux enfants, veut un procès en cour d’assises, c’est la moindre des choses quand il est question d’un homicide que je qualifie de volontaire", martèle Frank Berton. La décision des magistrats bordelais tombera le 3 mars. Elle consacrera ou achèvera huit ans de combat pour l’ancien médecin, une vie désormais entièrement conditionnée par ce "drame monstrueux", et chaque nuit le même scénario de l’horreur que François Massonnaud se repasse à l’infini, "le film du meurtre" de son fils, "un fait divers banal qui a tourné à la tragédie mortelle par l’intervention des policiers".

En 2007, Olivier Massonnaud vient de se séparer de sa femme. Il est retourné habiter à Poitiers, où il avait fait ses études, le cœur amer et peiné de vivre loin de ses deux garçons. C’est un homme sportif, un érudit qui aime voyager, passionné des civilisations anciennes. Il a fait de l’ailleurs son métier, en devenant guide touristique. Le soir des faits, le lundi 13 août, sa petite amie de l’époque vient dans son deux-pièces du centre-ville lui "faire une scène de jalousie, raconte François Massonnaud. Elle voulait se marier, lui ne prenait pas cette relation au sérieux." Olivier Massonnaud, certes séducteur, est encore sous le choc de sa vie de famille partie en éclats. Les enfants de 10 et 11 ans passent alors leur dernière nuit chez leur père avant de retrouver leur mère.

Olivier Massonnaud a bu, il décompense. Pète les plombs. Les petits tentent en vain de le retenir quand la scène dégénère. Coups, cris. Une voisine prévient la police peu avant 2 heures du matin. La jeune femme s’en va avant que douze officiers ne débarquent. Olivier Massonnaud apparaît à la fenêtre de son logement, jette un téléviseur, des objets, un couteau aux pieds des policiers, les insulte : "Un bon flic est un flic mort", aurait lâché la victime.

Les fonctionnaires de la BAC récupèrent les enfants. Dans son désespoir, leur père, retranché chez une habitante, vole un couteau à pain. Parmi les policiers, certains craignent un geste suicidaire. D’autres le menacent : "On monte, tu rigoleras moins", le traitent de "connard". Olivier Massonnaud s’échappe par la fenêtre, est repéré "en claquettes" sur les toits. L’arme blanche sera retrouvée dans le chéneau de l’immeuble.

Les policiers quadrillent le quartier à la recherche du père de famille. Le commissaire et le procureur de la République débarquent sur les lieux. Le brigadier en chef, Jocelyn C., à peine remis de son mariage fêté le week-end même, est sur le terrain. Equipé de son gilet pare-balle, muni de son pistolet chargé de 15 cartouches, dont une engagée dans la chambre, il se débarrasse de sa lampe-torche qui n’a plus de batterie. Avec trois de ses collègues, il rejoint un policier attiré au 4, rue Saint-Fortunat, par des bruits suspects derrière une porte cochère. Les quatre fonctionnaires, bâtons tonfa attachés à la ceinture, décident d’entrer sans prévenir leur hiérarchie. Jocelyn C. déclarera :

Dans la cour de l’immeuble, Olivier Massonnaud est assis entre le mur et une voiture garée. Comme assoupi, il met cinq à dix secondes à réagir quand un policier braque sa lampe sur lui. L’affaire aurait pu s’arrêter là, avec un petit tour en cellule de dégrisement pour le guide touristique qui vit une période difficile.

Mais Olivier Massonnaud, 1,72 mètre, sort de sa cachette. "Il hurlait, il venait en courant vers moi les poings fermés tendus en avant", affirme l’un des fonctionnaires, alors que d’autres l’ont vu les "bras en l’air". La voisine, elle, est formelle : "Je n’ai pas entendu de hurlement". L’un des policiers frappe Massonnaud, puis s’écarte. C’est là que Jocelyn C., situé à 2,30 mètres de la victime, le vise et décide de tirer. Droit dans "la bouteille", un petit carré qui se trouve au niveau du plexus. Le coup ne peut qu’être létal. L’aorte abdominale cède. Olivier Massonnaud se vide son sang, et meurt à 4h36, le 14 août 2007.

Le lendemain, en fin de matinée, le syndicat Alliance communique en faveur du policier Jocelyn C., affirmant qu’il a agi dans le cadre de la légitime défense. "Le ton était donné", commente aujourd’hui le père Massonnaud. Le policier a rendu son arme le soir des faits. Huit jours plus tard, il la récupérait, et retournait à ses activités. Jocelyn C. n’a jamais été sanctionné par sa hiérarchie. Dans la procédure judiciaire qui l'oppose à la famille d'Olivier Massonnaud, il n'est pas mis en examen, et a seulement le statut de témoin assisté.

Son avocate, Patricia Coutand, juge toutefois "difficile", la situation de Jocelyn C., qui "subit" l’exposition médiatique. "C’est un fonctionnaire très considéré, explique-t-elle, pas un adepte des coups de bottin, il a même été récompensé pour avoir sauvé un délinquant de la noyade. Il vit mal sa mise en cause dans une affaire de 'bavure'." Jocelyn C. s’est expliqué sur procès-verbal :

Le geste était-il pour autant légitime ? Patricia Coutand s’appuie sur le couteau que tenait Olivier Massonnaud au début de l’intervention policière pour répondre : "Nous sommes dans le cas d’une légitime défense, certes putative, mais qui tient la route juridiquement. Jocelyn C. a pu croire son agresseur armé, et pensé que lui et ses collègues étaient en danger. S’est-il trompé ? Oui, incontestablement. Mais c’est ça, la légitime défense putative !" L’enquête l’a prouvé : Olivier Massonnaud était seul et sans arme face à quatre policiers, qui ont choisi d’agir seuls, plutôt que de prévenir leurs collègues, qui auraient dû être équipés de flash-balls et de boucliers dans leur voiture.

"N’auraient-ils pas dû appeler le GIGN, un psychologue, comme c’est préconisé en cas de face-à-face avec un forcené ?" Le père Massonnaud égrène les "injustices" de l’affaire : "Ils ont trouvé mon fils 'comme assoupi'… Olivier venait de subir deux heures de stress avec onze fonctionnaires à ses trousses, il était dans un état syncopal, c’est évident." Il s’indigne "que le policier n’ait subi aucun examen toxicologique", que le juge d’instruction désigné à l’époque "affiche des posters à la gloire de la police dans son cabinet", que ce même magistrat "ait attendu trois ans, soit le mois d’octobre 2010, pour verser au dossier les photos prises quelques heures après les faits."

La famille Massonnaud et son avocat Frank Berton s’inquiètent du renforcement des pouvoirs des policiers, dans le cadre de la banalisation de l’état d’urgence. Selon le nouveau projet de loi, ils pourraient ne plus être poursuivis s’ils tirent sur quelqu’un qui a déjà commis un homicide, ou tenté d’en commettre un. "Olivier Massonnaud entrerait-il dans ce cas de figure, parce qu’il a eu une dispute avec sa petite amie ? Les services de police deviendraient ainsi juges du comportement de l’auteur et libres d’apprécier leur réaction, déplore Frank Berton. Je collectionne déjà les ordonnances de non-lieu en matière de bavures policières, ils bénéficient déjà d’une impunité dans les faits. Les rendre irresponsables pénalement comme l’envisage désormais le gouvernement, c’est construire une présomption irréfragable à leur avantage, et délivrer des permis de tuer".

L’avocate de Jocelyn C. en convient elle-même : "A partir du moment où l’on permet à une partie de la population, en l’occurrence la police, de faire usage de moyens de défense dangereux, le contrôle par la justice est une sécurité, voire une nécessité".

L’arrêt que rendront en mars les magistrats de Bordeaux sera donc l’objet d’un double enjeu. Celui de l’indépendance de la justice, en plein débat politique et législatif sur cette question. Et celui du traitement des bavures policières, considérées comme un tabou, qui se soldent quasi systématiquement par un non-lieu. François Massonnaud en a conscience, et craint "une dérive à l’américaine, où les policiers assassinent les noirs en toute impunité".

Bien qu’"essoré", il continue le sport, marche à pied et gym. Il faut faire face à la tentation du découragement, quotidienne. "La décision des jurés de la cour d’assises de Bobigny dans l’affaire Amine Bentounsi m’a horrifié. Ce jeune a été tué d’une balle dans le dos par la police, et l’auteur du tir a été relaxé après avoir menti. Le pire, c’est de m’apercevoir à mon cours de gym combien tout le monde s’en tape !"

La mère d’Olivier Massonnaud ne s’est jamais remise de la mort de son fils. Sa sœur, devenue avocate, non plus. Ses enfants ont aujourd’hui 18 et 19 ans, ils font des études, pansent leur béance. "Les policiers de la BAC leur avait promis de leur rendre leur père dans la demi-heure, la nuit du 14 août 2007, raconte leur grand-père. Ils ont entendu un coup de feu, deux heures plus tard, alors qu’ils se serraient sur la banquette arrière d’une voiture de police. Ils se souviennent de tout, mais nous n’en parlons jamais."

François Massonnaud mène son combat à perdre haleine, comme on se débat contre la peine. Il prévient : "Si Jocelyn C. ne comparaît pas devant une juridiction, ce sera pour moi inacceptable." Et donc ? "Cherchez…""

http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20160128.OBS3606/mort-d-olivier-massonnaud-un-pere-contre-l-impunite-policiere.html?xtref=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F#https://www.facebook.com/

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Les maux du déni

par cjvpourwissam

Les maux du déni

" URGENCE ! NOTRE POLICE ASSASSINE

Chaque année en France, une dizaine de familles est endeuillée par la mort d’un proche dans le cadre ou des suites d’une intervention policière. Bravant l’indifférence de l’Etat, des associations et collectifs de quartiers populaires et des familles de victimes – dont certaines se sont regroupées au sein des collectifs Vies Volées et Urgence Notre Police Assassine – réécrivent l’histoire des victimes, et se battent pour que leurs noms soient connus, la vérité sur les circonstances de leur mort dévoilée, et la justice rendue. Car en effet, aux yeux mêmes du Ministère de l’Intérieur, ils n’existent pas. Il n’y a pas de chiffres officiels recensant les morts au cours ou des suites d’une intervention policière en France, et cela alimente la négation du phénomène et le discrédit post-mortem que subissent les victimes et leurs familles.

MORTS POURQUOI ?

Dans leur combat, les familles de victimes ont été soutenues par de rares mais précieux journalistes et universitaires qui se sont intéressés à leur douleur, et se sont donnés pour tâche de documenter minutieusement les crimes policiers. Ces analyses ont permis de formuler quelques clés de compréhension du phénomène. On doit au journal engagé Bastamag ! l’une des enquêtes les plus exhaustives à ce sujet. Les journalistes du magazine en ligne ont entrepris de faire le décompte du nombre de personnes décédées au cours d’interventions de police ou de gendarmerie en France. En comparant et croisant les données de plusieurs sources19, les journalistes concluent à un profil-type des victimes de violences policières :

L’éventail des 320 personnes tuées par un agent des forces de l’ordre ou suite à leur intervention est large (...) Mais un profil-type se dessine. C’est un homme noir ou d’origine arabe, habitant un quartier populaire de l’agglomération francilienne ou lyonnaise, âgé de 25 à 30 ans 20

Les morts au cours ou des suites d’une intervention policière interviennent pourtant dans une variété de situations. Certaines victimes ont voulu signaler un problème à la police, d’autres sont mortes au cours d’une enquête, d’autres encore au cours d’une course-poursuite, dans un « accident » réel ou supposé... et parfois, le décès faisait suite à un « simple contrôle d’identité». Amine Bentounsi, mort d’une balle dans le dos en fuyant un contrôle de police à Noisy-le-Sec en 2012... Abdel, 25 ans, mort d’une crise cardiaque lors d’un contrôle de police à Aulnay-Sous-Bois en 2012... Taoufik El-Amri, noyé par hydrocution dans un canal après un contrôle de police à Nantes en 2006... Lahouari Ben Mohamed, 17 ans, tué d’une balle dans la tête lors d’un contrôle à Marseille en 1980... Victimes de discrimination policière et morts au cours d’interventions policières sont, à quelques exceptions près, les mêmes, depuis la fin des années 1970.

Les affaires se suivent et se ressemblent non seulement par leurs victimes, mais par leur issue. No n-lieu et acquittement constituent le lot quasi systématique des familles, mettant à mal la confiance qu’accordent les citoyens non seulement à leur police, mais aussi au système judiciaire. Obtenir vérité et justice lorsque l’on accuse la police relève du parcours du combattant, au point d’inquiéter Amnesty International quant à une véritable organisation de l’impunité policière en France21.

Contrairement aux Etats-Unis où la culture du « CopWatching » et la force des réseaux sociaux fonctionnent comme des outils de relai efficaces des voix des victimes, en France, dans la plupart des affaires, la version policière est immédiatement relayée par les médias.

« Il y a des journaux, surtout les journaux locaux, où la rédaction est claire : tu ne tapes pas sur la police, parce que c’est eux qui te donnent les scoops, les infos sur les faits divers dans la ville. Alors tu peux émettre un doute, une nuance, mais tu ne peux pas aller frontalement contredire des policiers sans risquer d’être mis au placard. »

Ahmed, Journaliste indépendant

Il n’est pas rare de voir le Procureur en charge de l’affaire s’exprimer très rapidement dans les médias pour soutenir la version des agents et apporter des éléments à charge de la victime. La mécanique médiat ique se met au service de l’impunité et laisse cette amère impression que tout est joué d’avance :

« Quel que soit l’âge de la victime, quoi qu’elle ait été en train de faire, la version policière instaure une suspicion de culpabilité en la criminalisant. Dans l’affaire de mon frère, on parle d’un braqueur, mais dans l’affaire d’Ali Ziri, 69 ans, on parle d’un alcoolique, dans celle de Zyed et Bouna, de « jeunes connus des services de police », et dans celle de Bertrand-Bilal Nzohabonayo, d’un terroriste. Pourtant, ils ne l’étaient pas... Même Rémi Fraisse, on a essayé de le criminaliser, alors que c’était juste un jeune homme qui s’était retrouvé dans une manifestation... »

Amal, sœur d’Amine Bentounsi Fondatrice du collectif « Urgence Notre Police Assassine »

Victimes discréditées, paroles des familles déconsidérées... Pour faire entendre leurs voix, les familles de victimes s’attèlent à une véritable guerre médiatique22, par des efforts de mobilisation en ligne et sur le terrain avec leurs petits moyens. A celle-ci, l’Etat répond par une protection fonctionnelle sans faille.

Fondatrice du Collectif Urgence Notre Police Assassine, Amal Bentounsi en a fait les frais. Pour avoir produit et diffusé sur son site une vidéo dénonçant l’impunité policière, elle a été poursuivie pour « diffamation envers une administration » à la suite d’une plainte de Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur à l’époque. Après une pétition de soutien23 et une marche deux jours avant son procès lui offrant une tribune pour sensibiliser l’opinion publique à l’absurdité que représentaient la poursuite d’une sœur meurtrie avant même d’avoir jugé l’homme qui avait tué son frère, elle a été relaxée. Mais le message était clair : l’Etat veille sur ses agents, coûte que coûte.

Le Ministère de l’Intérieur s’exprime aussi régulièrement dans des affaires où la version policière pose question. Ce fut le cas dans deux affaires quasiment identiques selon la version policière : celle de Bertrand - Bilal Nzohabonayo, abattu le 20 décembre 2014 devant le commissariat de Joué-Les-Tours, et celle de Sallah Ali, abattu le 7 janvier 2016 devant le commissariat de Barbès à Paris. Dans les deux cas, il fut question d’un «assaillant»quiaurait«criéAllahakhbar»,etmenacédespoliciersavec« uncouteau».Mais dans les deux cas, la version policière est contestée par les témoins24, ainsi que par des photos et vidéos de la scène. Qu’à cela ne tienne, dans les deux cas, le Ministère de l’Intérieur est intervenu pour appuyer la version policière, celles de terroristes à abattre, plongeant les familles des victimes dans le désarroi le plus complet.

Pour Amal, cette stratégie contribue à « tuer les victimes deux fois », isolant et décourageant les familles dans leur combat pour la vérité et la justice.

UN LABYRINTHE INFERNAL

Car les familles qui poursuivent leur combat doivent faire face à une série d’anomalies dans le traitement de leurs dossiers dont la violence est déstabilisante. Farid, le frère de Wissam El Yamni, se bat depuis la nuit de la Saint-Sylvestre de 2011, lorsque son frère est tombé dans le coma après avoir été passé à tabac par des policiers. Il mourrait neuf jours plus tard à l’hôpital de Clermont Ferrand, des suites de ses blessures. Ingénieur et cadre, il était loin de s’imaginer ce qu’il allait devoir endurer pour pouvoir faire mettre en examen les policiers qu’il estime responsables de la mort de son frère.

« On a délibérément confié l’expertise cardiaque à un gériatre, qui n’est pourtant pas expert en cardiologie. On a antidaté des photos de son corps, menti à répétition sur ses blessures, refusé de conserver son corps au froid pendant six mois... Ce que j’ai dû vivre est profondément traumatisant. J’ai finalement dû faire appel à un expert toxicologique indépendant pour mettre fin à toute accusation de « mort par arrêt cardiaque due à la consommation de cocaïne » afin que l’on puisse enfin se concentrer sur la vingtaine de policiers qui l’ont passé à tabac cette nuit-là. Si on ne l’a pas vu de ses propres yeux, je pense qu’il est impossible d’imaginer à quel point la police est protégée dans des enquêtes où les actes d’un ou plusieurs d’entre eux ont entrainé la mort. »

Farid, frère de Wissam El Yamni

Même un procès très médiatisé où les mensonges de tout un service de police sont exposés à la barre, ne suffit pas à faire sanctionner qui que ce soit :

« Il est prouvé que la police de Noisy-Le-Sec a explicitement découragé les témoins de raconter ce qu’ils avaient vu, que des policiers ont menti dans leurs dépositions, et que des pressions ont été faites sur l’Inspection Générale des Services. Pourtant, personne n’a jamais été sanctionné. Et l’homme qui a tué mon frère est libre. »

Amal, sœur d’Amine Bentounsi

Lorsqu’une famille se retrouve face à la mort d’un proche entre les mains de la police, son premier réflexe est de se fier aux enquêteurs, et d’attendre que la procédure suive son cours – rejoindre un combat militant n’a rien de spontané dans un tel moment de choc et de deuil. Ce n’est qu’après avoir fait face à de sévères disfonctionnements que les familles voient l’importance de se fédérer dans un combat actif et indépendant pour la vérité et la justice concernant les circonstances de la mort de leur proche. Pour Jessica Koumé, compagne d’Amadou décédé au cours d’une interpellation à Gare du Nord à Paris le 6 mars 2015, les premiers mois ont été très solitaires.

« Près d’un an après la mort d’Amadou, le procureur n’a nommé aucun juge d’instruction, or dans une procédure normale, c’est automatique. Nous avons eu les résultats de l’autopsie au bout d’un mois et demi grâce à la pression médiatique, alors qu’elle avait été faite le jour même. La mort a été constatée par un commandant de police au commissariat deux heures après le début de l’interpellation alors que le commissariat est à 600 mètres. On m’avait conseillé d’éviter des collectifs de familles qui me contacteraient, et de faire confiance à la justice, mais quand j’ai reçu le rapport d’autopsie, j’ai vu qu’il y avait un problème. »

Jessica, compagne d’Amadou Koumé

C’est pour se soutenir mutuellement dans leur combat, pallier l’absence d’un statut de victime ouvrant à des droits – ne serait-ce que pour un soutien psychologique –, alerter l’opinion publique et faire évoluer le droit et les institutions de la République que les familles El Yamni, Camara, Aït Omghar, Koumé, Touat Bouras, et Taghbalout sont réunies au sein d’un même collectif.

«On vit tous les mêmes choses, et on a tous des hauts et des bas. L’Etat apporte un soutien psychologique aux policiers qui ont tué nos proches, mais nous, rien. Nous ne sommes pas reconnus en tant que victimes, nous n’avons aucune aide, aucun accompagnement de l’Etat, aucun statut. Tout est à nos frais, et on doit apprendre à tout faire tous seuls, alors qu’avant on vivait des vies normales, on ne connaissait rien à tout ça. Grâce au collectif, on peut au moins se soutenir mutuellement, échanger l’expertise qu’on a acquise, se recommander des avocats, des experts, avoir le soutien de militants... Ça aide à tenir. »

Amal, sœur d’Amine Bentounsi

DOMMAGES COLLATERAUX

Si quelques familles des victimes arrivent à se soutenir entre elles, ce n’est pas nécessairement le cas de tous ceux qui entourent ces victimes, ou s’y identifient, à commencer par leurs amis. Ceux qui ont le même âge, ceux qui se disent « ça aurait pu être moi », et voient ceux qui ont tué leurs proches continuer d’exercer leur métier, au quotidien.

Il est commun d’accepter l’idée que les enfants victimes de viols ou de violences peuvent à leur tour devenir des agresseurs. Que penser alors du développement des enfants qui ont vu leurs proches tués par des représentants de la République, sans que ces derniers ne soient condamnés ? Ces mêmes enfants qui grandissent avec les contrôles abusifs, les petites vexations, violences, remarques racistes et islamophobes, et qui, au mieux, s’entendent rétorquer que « la police est Républicaine » lorsqu’ils tentent de dénoncer ces faits ?

Doit-on ignorer qu’Amedy Coulibaly avait vu son meilleur ami se faire abattre, sous ses yeux, par un policier qui n’aura jamais à répondre de son acte ? Peut-on ignorer que par la suite, son premier meurtre fut celui d’un agent de police ? Le décès de son meilleur ami fut pourtant un « tournant dans sa vie » selon ses proches25. On oublie souvent qu’avant toute radicalisation de son action, Amedy Coulibaly a tenté d’alerter l’opinion publique sur l’état des prisons, d’interpeller le Président de la République sur la situation de l’emploi pour les jeunes en France... Mais il a finalement choisi d’abandonner cette voie, jusqu’à vouloir assassiner à tout prix ceux qui, pour lui, n’ont « pas organisé des manifestations pour dire de laisser les musulmans tranquilles », mais aussi ceux qui « mettent nos frères en prison pour rien du tout26 ».

« J’en ai la profonde conviction : le déni de justice crée des monstres. Si j’ai réussi à mener un combat constructif depuis la mort de mon frère, c’est parce qu’à l’époque j’avais la stabilité économique et émotionnelle d’une commerçante qui gagnait très bien sa vie, propriétaire, mariée à son amour d’adolescence, mère de famille et heureuse.

Et si je continue, c’est parce que je veux que ma fille continue ses études de droit à la Sorbonne. Je veux que mes fils soient rassurés sur le fait que oui, il y a une justice en France. Pourtant, même moi j’ai eu des idées sombres. Alors j’imagine parfaitement ce qui est passé par la tête de ceux qui n’ont pas cette stabilité à laquelle se retenir. »

Amal, sœur d’Amine Bentounsi"

http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/wp-content/uploads/2016/03/Rapport-Les-Maux-du-Déni.pdf

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