"Relève la tête" Marwan Muhammad

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"On pourrait se dire que la situation est sans espoir.

On pourrait se plaindre (légitimement) des discriminations et des violences qui touchent chaque jour plus de musulmans, en particulier les femmes et les enfants en milieu scolaire.

On pourrait se dire qu’il est temps de partir, qu’on n’a plus notre place ici, qu’on aura beau faire tous les sacrifices et tous les efforts du monde, on ne nous acceptera jamais en France. Jamais. On restera des citoyens de seconde zone, gentiment qualifiés d’issus de la diversité, traités d’extrémistes ou de controversés dès lors que l’on dit autre chose que ce qui est attendu de nous.

Comment espérer voir nos enfants grandir ici alors qu’on tente de confisquer leur devenir et leurs espérances avant même qu’ils ne soient nés ? Comment leur expliquer que leur maman est rejetée pour ce qu’elle est ?
On pourrait penser que la situation est dramatique, qu’il n’y a plus grand-chose à attendre d’un pays où, à droite comme à gauche, les musulmans sont devenus la variable d’ajustement, ceux dont on peut impunément piétiner la dignité… juste pour quelques points dans les sondages.
On pourrait être tentés de répondre par la violence aux crachats, aux insultes, aux regards de travers, aux soupirs d’exaspération et aux remarques désagréables dont on fait l’objet au travail, dans la rue, à l’école ou dans les transports en commun ; tous ces actes que ne reportent jamais les victimes silencieuses de l’islamophobie, tous ces gestes qui font qu’un jour après l’autre, la distance se creuse entre « eux » et « nous », tandis que ce clivage jusqu’ici sans objet se retrouve convoqué dans nos vies.
On pourrait pointer du doigt le déclin d’une identité qui peine à se définir autrement que dans le rejet de l’Autre, critiquer l’hypocrisie d’une liberté d’expression garantie uniquement quand elle s’exerce à nos dépens, dénoncer l’idée de fraternité qui n’existe que sur le fronton des mairies pour mieux masquer son absence dans nos cœurs et dans nos têtes, rappeler à chacun que la laïcité n’a jamais été conçue comme un outil de discrimination ou de censure du fait religieux, montrer l’incohérence d’un féminisme qui s’exerce à l’encontre même de celles qu’il prétend émanciper…
On pourrait pleurer de tristesse et de frustration.

On pourrait.

Mais où est-il écrit que nos vies seraient facile et sans épreuves ?
Depuis quand est-ce que les combats pour la justice et l’égalité se gagnent sans courage et sans endurance ?
J’ai grandi en rêvant d’être aux côtés de ceux qui ont fait l’histoire. Je m’imaginais auprès du Prophète Muhammad (asws) lorsque les musulmans étaient persécutés par les Qurayshs. J’aurais voulu emboîter le pas de Gandhi lorsqu’il menait la marche du sel pour la liberté des indiens ou être dans les rangs de Malcolm X arpentant les rues de Harlem pour la dignité des afro-américains.
Aujourd’hui, le combat que nous devons mener contre l’islamophobie n’est pas moins beau, pas moins grand, pas moins digne. La liberté n’est jamais acquise, toujours à conquérir.

Alors relève la tête.

Sache que même si le monde entier s’unissait dans l’oppression contre un peuple, l’idée de Justice et de Bien n’en seraient en rien diminuée. C’est encore bien loin d’être le cas aujourd’hui.

Sache que plus un système est injuste, plus les hommes et les femmes qui le subissent sont incités à s’unir et à agir pour le changer.
Sache qu’au-delà de la politique et des médias, il y a des êtres humains autour de nous qui ne sont pas réceptifs au discours de haine qu’on essaie de leur diffuser. A nous d’en faire des citoyens conscients qui luttent à nos côtés contre les injustices.
Sache enfin que le chemin du changement est pavé d’épreuves et de déceptions et que ce qui est requis de nous, plus que de la colère, c’est de la constance et de l’endurance.

Calmes et déterminés, dans l’action plus que la réaction, soyons les témoins et les acteurs du changement que nous commande cette situation.
Nous continuerons à vivre, à aimer nos familles et nos amis, à élever nos enfants avec tendresse et responsabilité, à chercher la connaissance là où elle se trouve, à sourire, à écrire, à créer, à partager, à contribuer à des projets utiles autour de nous, à soigner, à croire en Dieu et à pratiquer notre religion dignement. Nous continuerons à vivre, tout simplement.

On n’abandonnera jamais.

On ne se taira jamais face à l’injustice et aux discriminations, quelles qu’elles soient. On ne se soumettra jamais au diktat des oppresseurs sur les opprimés.

Et personne, vraiment personne ne pourra faire quoi que ce soit pour changer cette réalité.

Donc relève la tête, montre toi à la hauteur de ce que tu es et rappelles toi qu’il y a un sens à tout ce que l’on vit ; celui de retrouver par nos actes et nos intentions l’essence même de ce qui fait de nous des êtres humains :
La capacité à choisir de faire le Bien, même quand c’est difficile."

Marwan Muhammad

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"Qu’est-ce qu’un salaud ?"

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"Qu’est-ce qu’un salaud ?

C’est un égoïste qui a bonne conscience, qui est persuadé d’être un type bien, et que le salaud, en conséquence, c’est l’autre. C’est pourquoi il s’autorise le pire, au non du meilleur ou du soi – d’autant plus salaud qu’il se croit justifié à l’être, et pense donc ne l’être pas."

Jean-Paul Sartre

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Article Politis

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Après la bavure, l’impossible quête de vérité pour les proches de Wissam El Yamni

Comme toujours dans les affaires de violence policière, le combat des proches de Wissam El Yanni, décédé il y a un an et demi, est long et difficile. 
[4e étape de notre tour de France des quartiers]

Marwa et Farid remuent ciel et terre. Recours judiciaires, contre-expertises, entrevues officielles, conférences de presse… Rien n’est superflu dans leur combat pour la vérité, un an et demi après le décès de leur frère suite à une interpellation.

Comme souvent dans ce type d’affaires, l’enquête est un nouveau calvaire pour la famille tant la justice et lente et l’enquête tronquée.

« C’est allé tellement vite… Mais ils l’ont bien tapé »

Les faits se sont déroulés aux pieds des barres de La Gouthière, un quartier du nord de Clermont-Ferrand, en pleine nuit de la Saint-Silvestre, le premier janvier 2012. Peu après 3h du matin, plusieurs véhicules de police, au moins 9 selon l’enquête, pénètrent dans le quartier.

Marouane, un ami d’enfance du défunt raconte : « Nous étions 5 ou 6 à passer la soirée sur le parking, on n’avait pas prévu de sortir, on s’est juste acheté une bouteille et puis c’est tout ».

Au passage des forces de l’ordre, Wissam leur jette une pierre. Une course poursuite s’engage et tourne court. Le chauffeur poids lourd de trente ans est aussitôt interpellé.

Wissam El Yamni
Wissam El Yamni

Les circonstances de l’arrestation sont troubles. Depuis sa fenêtre, à quelques dizaines de mètres de là, une riveraine voit une voiture de police s’engager sur un parking. « Wissam est sorti de la voiture et a fait quelques mètres en courant pour tenter de s’enfuir, il n’était pas menotté. Mais il a été aussitôt rattrapé », raconte Laure, qui assiste à la scène alors qu’elle fume une cigarette à sa fenêtre.

« Là j’ai vu les deux policiers frapper assez violemment Wissam. C’est allé tellement vite… Mais ils l’ont quand même bien tapé. Je l’ai vu se recroqueviller. » Selon elle, les deux policiers saisissent alors Wissam et le font rentrer dans le véhicule. « Il était mal en point », raconte la mère de famille qui réside sur le quartier depuis 15 ans.

La voiture quitte le petit parking et s’arrête au pied d’une tour, aujourd’hui détruite. « Je n’ai plus vu ce qui s’est passé, mais je sais que j’ai entendu des aboiements de chien », raconte Laure, entendue 3 fois par l’IGPN depuis les faits.

Sur le parking de l'école Jean de La Fontaine, une témoin dit avoir assisté à l'immobilisation violente de Wissam El Yamni.
Sur le parking de l’école Jean de La Fontaine, une témoin dit avoir assisté à l’immobilisation violente de Wissam El Yamni.

E.M

C’est quelques minutes plus tard que Marouane et ses amis arrivent au pied de la tour. « Des voitures avaient tourné en notre direction, mais elles ne nous ont pas contrôlés. Nous sommes donc allés voir ce qui se passait et nous avons trouvé des voitures de police, dont une avec l’autoradio branché à fond sur de la musique funk. Ils étaient très tranquilles. Un policier fumait une cigarette », raconte Marouane.

Les deux policiers de la brigade canine évoquent une interpellation musclée, mais relativement brève. Un autre témoin racontait pourtant à Médiapart, le 7 janvier 2012, avoir assisté une scène de lynchage collectif. « Les policiers sont descendus, ils ont mis de la musique à fond, de la funk, et ont démuselé les deux chiens. Ils étaient chauds, ils ont fait un décompte : “Trois-deux-un, go” et ils lui ont mis des coups », raconte le jeune homme selon le site. 

« La société ne nous a pas maltraités »

Après avoir parlé d’un « règlement de comptes » dans les premières heures, la thèse d’une violence policière se diffuse, alors que Wissam est encore dans le coma. Les quartiers nord de Clermont-Ferrand s’embrasent et il faudra un dispositif anti-émeute musclé pour étouffer la colère après plusieurs nuits.

Dans les mois qui suivent le drame, le pré-rapport d’autopsie et l’IGPN concluent à une possible mort par compression de la carotide des suites du « pliage », qu’un policier déclare avoir pratiqué pour immobiliser Wissam lors de son transport vers le commissariat. Mais les proches de Wissam n’en croient pas un mot. Trois mois après les faits, ils demandent une contre-expertise et s’engagent sur le volet « scientifique » de l’affaire. Photos à l’appui, ils veulent démontrer que Wissam présente d’importantes marques de coups et des lésions au niveau du cou, témoignant selon eux d’une strangulation.

 

« Nous faisions confiance en la justice, nous ne sommes pas des gens que la société a mal traités, mais ça a été la désillusion », raconte Farid El Yamni. Car l’enquête est truffée d’irrégularité. Ils dénoncent en particulier une expertise basée sur des photos antidatées, prises 10 jours après les faits, alors que Wissam était plongé dans le coma, en soins intensifs, et que ses blessures cicatrisaient.

 

« Nous avons pris des photos dès le 3e jour, car le personnel de l’hôpital nous avait dit qu’il y avait quelque chose d’anormal », raconte Marwa, la sœur cadette de Wissam.

Et la liste est longue. « Il n’y a pas eu d’analyse de la voiture avant qu’elle soit réutilisée ; nous n’avons pas pu avoir accès à la vidéosurveillance du commissariat et à une partie des conversations radios entre les voitures de police ; certains GPS étaient en panne dans les véhicules de police… », énumère Marwa. « Nous avons demandé une série d’actes à la justice, ils nous ont tous été refusés », enrage aussi Farid.

Les deux policiers mis en cause n’ont pas été mis en examen, ni entendus par les 3 juges d’instruction successifs qui ont suivi l’affaire. « La juge se contente de juger sur les conclusions des experts et de la police des polices, il n’y a aucune enquête contradictoire », s’emporte Farid.

La deuxième explication ne convainc pas la famille

Dix mois après les faits, une version différente est établie, par une expertise complémentaire, qui sera abondée, en avril 2013, avec les conclusions de la contre-autopsie réalisée en juin 2012 à la demande des familles. Wissam El Yamni serait mort du « cocktail toxique » d’alcool et de cocaïne. Et les traces constatées au niveau du cou seraient des marques de frottements de vêtements.

14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand, manifestation pour « la vérité et la justice »
14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand, manifestation pour « la vérité et la justice »

AFP PHOTO THIERRY ZOCCOLAN

La famille a déposé un dossier rejetant ces conclusions et s’apprête à présenter à la presse des éléments nouveaux, issue d’une contre-expertise financée sur ses deniers propres. « La justice est lente et fait tout pour qu’on se décourage. Mais nous sommes déterminés. Nous irons jusqu’en Cour européenne s’il le faut. », assure Marwa.

Avec le soutien d’un collectif « Vérité et justice pour Wissam El Yamni », elle poursuit sa contre-enquête avec une détermination qui semble redoubler à mesure que le dossier s’enlise. Une énergie rare. Entre les honoraires des avocats à payer, le coût des contre-expertises et la lourdeur du face à face avec les institutions, beaucoup auraient abandonné.

« Nous ne sommes pas seuls dans ce cas. Mais c’est très difficile pour les familles de se battre », raconte Marwa. Alors, les deux frères et sœurs promettent de maintenir leur pression sur un dossier sensible à Clermont-Ferrand et de faire de leur quête une affaire nationale, même s’ils veulent éviter d’en faire un combat politique.

Clermont-Ferrand, 10 janvier 2012.

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Ce n'est pas faute d'avoir prévenu et pourtant

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le médecin légiste a fait l'ensemble de l'analyse des blessures, notamment celles du cou avec les photos du 11 janvier : cote D146 et cote D168. A aucun moment les photos du 2 janvier n'apparaissent alors que les médecins légistes les avaient et ne sont donc pas analysées.

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Si l'on devait conter l'époque que nous vivons

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Si l'on devait conter l'époque que nous vivons

 

Jadis, les maitres utilisaient habilement les pouvoirs que la population avait bien voulu prêter. En échange d'une assurance de protection, on octroyait aveuglement aux gouverneurs les clés de la cité. Le pouvoir qu'ils s'étaient construit les avaient, à force d'impunité malheureusement enivrés. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes pensait-on. En ces temps, chaque époque se considérait comme privilégiée par rapport à la précédente, chaque peuple se voyait plus favorisé que d'autres. Les membres du peuple se haïssaient mutuellement pour diverses raisons, les maîtres étaient,volontairement ou pas, responsables de cette haine et l'amplifiaient au lieu de réconcilier la nation. Ces mêmes maitres que l'on avait choisi et à qui on accordait une confiance sans pareille avaient soif de pouvoirs, ce qui les avaient détournés des valeurs qu'ils étaient censés incarnés. Il détruisait dangereusement l'idée de fraternité. Ce système avait son age d'or, il se perfectionna avec malice, se légitima par habitude et s'installa culturellement et furtivement dans le groupe. Rien ne semblait pouvoir ébranler le colosse aux pieds hypocrites. Rien ni personne ne pouvait rompre les colonnes établies, ils détenaient avec les clés de la cité, le pouvoir, l'information, le savoir, le salut. Pour participer au tricotage et garantir les bases de cette matrice en cas d'erreurs, de nombreux bouffons choisis avec soin accouraient tels des hyènes affamées, ils bavaient sur une part des privilèges futurs. Ils prostituaient les serments qu'ils avaient fait, leurs honneurs dans une anesthésie généralisée. La mécanique était fort bien huilée, l'application était connue, maintes fois visiblement répétées. On jugulait savoirs, fonctions et moyens, du travail d'orfèvres en surface et de l'essence de charlatanisme en profondeur. Les gouverneurs se considéraient à l'époque comme magnanimes, ils pouvaient effacer sans scrupules les traces de culpabilité, inverser les preuves, transposer les fonctions du passé pour en faire des solutions d'un aspect clinquant, semblables à la réalité. Tels des kopos, la voici la revanche des petits chefs issus du peuple et qui se méprisaient pour les premiers, la stricte loi du darwinisme pour les autres ! On assistait à l'apogée de la banalité du mal, au pinacle de l'hypocrisie des tables rondes officielles où l'on se partageait allègrement le festin des brebis dont on était responsable de l'égarement. On était au nirvana du culte de l'existence illusoire par l'égo, on assistait au sein des institutions à la victoire de l'animalité sur la vertu, à la réduction des pouvoirs régaliens aux simples droits et dont on oubliait les devoirs. Ces maitres trahissaient à force de témérité et de mépris, petit à petit, sans vergogne, à la vue de tous, les droits du peuple au nom du peuple par des moyens donnés par le peuple.

 

Recherchant systématiquement la part du lion, ils ne protégeaient plus, ils étaient le vecteur du problème plus que la solution. Injustices, mensonges, fissurèrent lentement les lignes déjà fragiles de la fraternité qui n'était alors qu'une idée, le fil d'écrin de confiance était prêt à rompre. Les yeux, les cœurs, initialement fermés s'ouvraient d'abord à l'intérieur du pays et progressivement à l'extérieur. La saison de l'ignorance des pratiques sauvages était bel et bien terminée. Le constat collectif enfin fait, il fallait choisir entre l'automne et le printemps, prendre la pilule du renoncement aux sacrifices et donc prendre le risque de sombrer collectivement dans les abîmes sombres et implacables de l'histoire comme un nageur qui refuse de nager, ou bien prendre une bonne respiration, après avoir osé croire collectivement aux possibilités d'un changement vers un monde meilleur, agir avec efforts et détermination pour nourrir cet espoir, puis changer de dimensions et s'élever...

 

 

L'avenir nous dira ce qu'il en sera de la suite 

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Le serment d'Hypocrites

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Serment d'Hippocrate

 

« Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

...

Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

...

Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

...

Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission.

Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences.

...

Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque. »


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Al jazeera

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"Just last year, 30 year old Wissam El Yamni fell into a coma and died in police custody following a forceful arrest. It has been a year, and no police officer has been put on trial or has even faced a judge. No explanations have yet been offered on why Wissam's body showed bruises, red marks around his neck as well as fractures."

 

Source : link http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2013/07/2013724132229777442.html

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Nous ne vivons pas une crise de l'autorité, c'est l'autorité qui est en crise

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M. Valls : "nous vivons une crise de l'autorité"

 

 

 

 


Une autorité qui ne cherche plus à garantir la dignité de ses individus dans un idéal humaniste, une autorité qui n'est pas capable de reconnaitre ses torts dans un souci d'exemplarité, une autorité dont la recherche de l'intéret perpétuel et le calcul politique l'emportent sur la défense des plus faibles, une autorité qui se sert de ses moyens pour faire souffrir ses concitoyens au lieu d'apaiser les souffrances, cette autorité devient autoritarisme et n'est plus légitime.

Nous ne vivons pas une crise de l'autorité, c'est l'autorité qui est en crise.

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la bavure pour tous

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De plus en plus de policiers sont au bord de la crise de nerf. L’avocat de l’un d’entre eux le souligne comme un appel au secours : « Les policiers se sentent stigmatisés. » Ils s’étaient engagés dans la police pour protéger la France, la veuve et l’orphelin, les voilà de plus en plus souvent sur le trottoir obligés d’aller casser du manifestant catholique, de la femme voilée, ou même du passant tout court. Chez le Défenseur des Droits, le nombre de dossiers concernant les bavures policières à augmenté de 96%.

A Trappes, nous avons assisté récemment à 3 exemples de stigmatisation des policiers qui méritent d’être dénoncés de la manière la plus virulente. Bon, le syndicat maison Alliance, à bien propagé sa version sur tous les médias officiels, mais voilà maintenant que des policiers sont mis en cause par des médias étranges aux consonances pas très catholiques.

 

Samir, appelons le Samir, à 14 ans. Alors qu’il rentre chez lui au moment des émeutes qui visent le commissariat selon son avocat, il est victime d’un tir de flash-ball qui lui fait perdre son œil. Le policier aurait visé la tête. La famille décide de porter plainte pour « tentative d’homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans». Des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. Non mais, ils se croient où ? On n’a pas confié des flashball aux policiers juste pour faire peur aux enfants. Si on peut plus s’en servir, c’est un scandale… Le défenseur des Droits décide lui aussi de se saisir de la bavure et de lancer une enquête afin de déterminer dans quelles circonstances un enfant peut ainsi perdre un œil. L’utilisation du flashball est très réglementé, mais visiblement dans la police, tous ne savent pas lire le règlement. Chez certains policiers, on se lâche à propos de cette affaire. L’un d’entre eux écrit sur Facebook : « merde, il n’aura plus qu’un œil pour pleurer ». Une seconde plainte va également être déposée pour ces propos. Si on ne peut plus rigoler… Ce n’est plus de la stigmatisation, c’est de la persécution.

 

Mick l’étrangleur

La police est également persécutée par les procureurs. Lors de l’arrestation de Cassandra, cette jeune femme originaire de la Réunion qui porte un voile, son mari, Mickael, tout ce qu’il y a de plus blanc, mais avec une barbe suspecte tout de même, ose s’interposer. En effet, quand il voit un policier saisir sa femme par la tête et tenter de l’aplatir comme une crêpe contre le capot de la voiture de police en plein ramadan, il ne trouve pas cela de très bon goût et le fait savoir. La version de la police, qui ne saurait être remise en cause un instant pas Valls, est la suivante : le mari s’est rebellé, il a frappé le policier et s’est jeté sur lui pour tenter de l’étrangler. Le procureur de la république en charge du dossier confirme la version policière en déclarant : « Le fonctionnaire de police présente des marques d'étranglement au cou et une trace de coup au niveau d'une pommette ». Au passage, bonjour la présomption d’innocence. Mickael est coupable avant d’avoir été jugé. Mais dans quel monde vit-on ? Un barbu maigrichon de 21 ans, 40 kilos tout mouillé comme lui fait remarquer un policier en rigolant, se jette sur un représentant de l’Etat et tente de l’étrangler… c’est gravissime, non ? Et bien que croyez vous qu’il arriva ? Le procureur relâche Jack l’éventreur, pardon, Mick l’étrangleur et le convoque en septembre. Quoi ? un dossier vide ? La police ferait mal son travail ? la police inventerait des scenarii pour se victimiser ? Impossible.

 

Impossible ? Pas si sur. Demandez à Alexandre.

Alexandre a 20 ans, il est blanc. Enfin, plutôt rouge voire bleu depuis qu’il a rencontré des fonctionnaires de police. Il se rend à un anniversaire avec des copains lorsqu’il a le malheur de croiser des valeureux policiers chasseurs de racailles. C’est la fin de journée à Trappes, on y voit pourtant encore clair, mais pas tout le monde apparemment. Sans raison selon Alexandre, des policiers se jettent sur lui et le passent à tabac. Coups de poings, coups de pieds, coups de matraque, tout y passe. Il ne manque que le gazage à la lacrymogène ou le flashball à bout portant. « Un policier m’a plaqué au sol. Au fur et à mesure qu’ils arrivaient les policiers, ils me frappaient. Ils m’ont frappé au crâne, ils m’ont frappé aux jambes, partout sur le dos j’ai des hématomes, à la fin, il y a un policier, il a sauté, il la mis un coup de pied et il a vraiment écrasé la cheville… ». Alexandre attendra plus de 2 heures au commissariat en se vidant de son sang avant d’être conduit aux urgences. Le temps de mettre au point la version policière probablement. A l’infirmière qui s’étonne de son état, les policiers affirment : « il s’est battu ». Ils oublient de préciser, à seul contre 5 policiers… Bilan : 13 points de suture au crâne, cheville fracturée, des hématomes sur tout le corps et cerise sur le gâteau, une convocation au tribunal en septembre pour répondre des faits « d’outrage et de rébellion » contre les mêmes policiers qui l’ont massacré. (2)

Quand on vous le dit que la vie d’un policier est un vrai cauchemar. Même à 5 policiers en uniforme, casqués, armés jusqu’au dents, on se fait attaquer par un jeune homme en short et en basket qui n’a pas trouvé d’autre moyen pour se suicider. Il n’y a plus de respect de l’uniforme messieurs dames. Mais bien sur… On y croit dur comme fer…

 

Les Roms

Ce tableau concernant les bavures policières ne serait pas complet si on n’évoquait pas le sort réservé par la police aux Roms. C’est l’été. Les catholiques et les musulmans leur ont volé la vedette, mais ne vous inquiétez pas, on va y revenir avec la chasse aux Roms saison 3 sur tous vos écrans au mois d’août.

A Saint-Fons en banlieue lyonnaise par exemple, ce 8 janvier 2013. Des gamins aurait caillassé une voiture de police avec une pierre qui, selon le commissaire aurait perforé la vitre arrière, rebondit sur le plafond, avant de frôler le conducteur. Un vrai missile télécommandé… Alors ni une ni deux, la police organise une opération vengeance. Appel radio à toutes les unités du coin. Venez, on va casser du roumain. Pendant plusieurs heures, des policiers casqués, armés jusqu’au dents, certains avec des chiens policiers vont gazer les enfants et saccager les cabanes du bidonville.

Mais attendez, on est aussi là pour se marrer. Quand un policier tombe sur une femme avec son bébé de quelques mois, il est embêté… Là, ça ferait une grosse bavure… Alors il vide sur elle un bidon d’eau qui se trouvait à proximité et rigole un bon coup. Pour cet autre habitant, les policiers vont lui faire bonne blague de potache. Ils aspergent la cabane de gaz lacrymogène et bloquent la porte empêchant ainsi le pauvre diable de sortir. « j’ai cru que j’allais mourir asphyxié ». (3)

C’est très pratique les Roms. Ca ne parle pas un mot de français et ça ne porte jamais plainte de peur de se faire renvoyer en Roumanie et tout le monde les déteste. Quand vous tapez dessus, tout le monde s’en fout. Une vraie partie de plaisir.

 

Valls ne veut pas qu’on lise les réseaux sociaux.

Interpellé par une habitante de quelques jours après les émeutes alors qu’il tente de faire son Sarkozy à Trappes, Valls perd son sang-froid et s’écrie, visiblement très énervé : « Ne regardez pas trop Twitter et les réseaux sociaux ». Tu m’étonnes…

Suite aux émeutes de Trappes, le site Copwatch qui flique les flics a eu la bonne idée de passer au crible le forum police info.com sur lequel il identifie plusieurs policiers dont 2 présents sur place au moment des faits. Voici un petit florilège des remarques de ces représentants de l’Etat dont Valls dit qu’il ne « doute pas un instant » de leur respect pour les personnes contrôlées. "C’est pas le ramadan ??...Ben alors vous allez ramassez vos dents" . "Faites gaffes aux caméras et pas de prisonniers » « La chasse est ouverte, il est temps de faire un bon nettoyage ».  « J’ai pris du plaisir hier soir. Sur 300 mecs contre 30 policiers, ça a même pas les couilles de venir au corps à corps ». « J’ai passé la nuit à Trappes hier avec les collègues...Pauvre France, vive le bleu Marine ! » (4) Ben quoi, on ne peut plus plaisanter ? Même dans la police ? L’inspection Générale de la Police Nationale a ouvert une enquête. Le site, lui, a été fermé par son administrateur, sans doute pour favoriser le travail des collègues.

Le policier victime de la tentative d’étranglement, lui aussi, que son avocat décrit comme un fonctionnaire exemplaire s’est fait prendre en flagrant délit de plaisanteries douteuses sur Internet. (5) Il est pourtant grand seigneur ce policier. Dans un premier temps, selon son avocat, il ne souhaitait pas porter plainte. Il a dû fréquenter de trop près les veilleurs et faire sien ce commandement: quand on te frappe sur la joue droite, tend la joue gauche. Vous en connaissez beaucoup, vous des gens qu’on tente d’étrangler et qui ne portent pas plainte ? Chapeau, un vrai saint ce policier. Et puis non finalement, volte-face subite. Son avocat précise : « Il ne l’envisageait pas au départ, mais finalement, il va se constituer partie civile… Il est très choqué par les propos du couple et la façon dont ils sont relayés par certains médias avec beaucoup de complaisance ». Au passage, on se demande bien pourquoi il se constitue partie civile et ne porte pas plainte directement pour tentative d’assassinat en réunion dans le cadre d’une opération terroriste visant à déstabiliser la France tant qu’on y est. Aurait-il quelques doutes sur sa propre version des faits ? Ou alors, sait-il déjà que plusieurs sites internet  publient une étude détaillée de son profil Facebook ? On y apprend que fidèle à son devoir de réserve, il a relayé plusieurs messages appelant à battre Hollande en mai 2012. On y constate aussi qu’il a affiché son amour caché pour les femmes voilées en postant plusieurs caricatures très explicites.

 

La police sait bien se défendre

Porter plainte pour un policier, ça ne coûte rien. Les frais de justice, l’avocat, tout est pris en charge par l’Etat, c’est-à-dire vous et moi. C’est aussi la meilleure manière de retourner une situation et de se faire passer pour une victime. Mais parfois, cela ne suffit pas. En septembre 2010, à Aulnay-sous-Bois, encore une banlieue favorisée, la police prend en chasse une voiture qui aurait percutée un policier. L’automobiliste est arrêté, placé en garde-à-vue et accusé de tentative d’homicide sur un fonctionnaire de police… Tiens, ça nous rappelle quelque chose… Jusque là tout va bien, sauf que… Sauf que cela ne s’est pas passé exactement comme les policiers l’ont dit. En réalité, c’est une autre voiture de police qui a percuté le policier et non celle de l’automobiliste. Les policiers n’ont pas hésité une seconde à rédiger un faux procès-verbal et à accuser un homme qui risquait ainsi la prison à perpétuité. Fin 2010, les policiers sont jugés pour « dénonciation calomnieuse » et « faux en écritures ». Ils sont condamnés à des peines de 6 mois à 12 mois de prison ferme. Ce jugement provoque la fureur de leurs collègues qui manifestent en uniforme devant le tribunal avec leurs voitures de service, gyrophares allumés à l’appel de leurs syndicats.

Une justice indépendante, oui, mais pas pour la police. Non mais, faudrait pas exagérer quand même. En appel, les peines de prison ferme se sont transformées en sursis…

 

La police, instrument des politiques

La police se consacre de moins en moins à la protection des personnes et des biens. Depuis plusieurs années déjà, elle est devenue le bras armée de personnages politiques ambitieux qui ne servent que leur propre intérêt. La politique du chiffre, assumée sous Sarkozy et toujours pratiquée mais inavouée par Valls en est un exemple. La stratégie du parti socialiste aujourd’hui repose sur un pari. Hollande, comme Mitterrand en son temps sait très bien que la seule manière de se maintenir au pouvoir est de faire monter le Front National, suffisamment pour se retrouver face à lui au second tour. Le calcul est risqué.

Dans cette conquête du pouvoir, la police n’est qu’un instrument qui se prête au jeu, par conviction ou simplement, par devoir, on exécute les ordres. Les roms, les musulmans, les catholiques ne sont que des pions qu’on manipule pour la plus grande joie des extrémistes de tout bord qui savent qu’en définitive, ce sont eux les grands gagnants de cette partie de poker truquée.

En 1998, on célèbre la France Black, Blanc, Beur qui gagne la coupe du monde, le portrait de Zinédine Zidane brille dans la nuit parisienne, le FN est à 15%. 15 ans plus tard, à travers l’application de lois destinées à quelques milliers de personnes comme le mariage homosexuel ou l’interdiction du port du voile, des politiciens ambitieux de gauche comme de droite mettent le feu et font exploser la société française. Le FN est à plus de 45% dans des élections partielles.

Le sarkozysme consistait à opposer des citoyens à d’autres citoyens. Le socialisme, c’est le contraire.

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Source : link http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/270713/blacks-blancs-beurs-la-bavure-pour-tous

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Connivence

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