« LES FRANÇAIS VOUS ADMIRENT »

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Cette chronique a été publiée dans le numéro 18 d’Article11, publié en décembre 2014.

Il est homme d’ordre. De forces de l’ordre. Il n’est pas en uniforme, mais tout en lui le respire. Serait-il de bleu vêtu qu’il aurait la matraque levée, la boucle de ceinture arrogante, les galons méprisants – un parfait flic, tout en morgue et en mauvaise foi. Il est justement en train d’en passer d’autres en revue, et c’est comme un assaut de mâchoires serrées et de poitrines bombées. Manuel Valls est des leurs.

La scène se déroule un peu moins d’un mois après la manifestation de réoccupation du site de Sivens et la mort du manifestant Rémi Fraisse, tué par l’explosion d’une grenade offensive. Le Premier ministre se déplace à Beauvais, il vient inaugurer un commissariat. Pompe républicaine, officielle coupure de ruban et flonflons martiaux. À la tribune, il en profite pour caresser les policiers dans le sens du flash-ball : « Dans une démocratie, on peut tout questionner. Et c’est l’honneur de la démocratie. Mais quand on remet systématiquement en cause les forces de l’ordre, on remet en cause l’État de droit, et donc on remet en cause les fondements mêmes de la République. Et moi, je n’accepte pas ces attaques répétées de l’uniforme. » Avant d’en rajouter une louche : « Il y a trop de mises en cause de la police et de la gendarmerie, et de l’action qui est la vôtre. »

Manuel Valls fait évidemment référence aux événements de Sivens, aux larges critiques qu’ont suscitées la violente répression et son issue sanglante. Et il le fait avec autant de mensonger culot que d’outrecuidance. Il tait les multiples mensonges politiques et policiers qui ont suivi le meurtre – à commencer par cette autopsie incriminant les gendarmes, réalisée le dimanche matin mais niée pendant 36 heures. Il ne dit rien non plus du non-respect des conditions d’utilisation des grenades offensives, censées être jetées au sol et non lancées en l’air. Et il ne mentionne surtout pas les consignes d’« extrême fermeté » données aux forces de l’ordre, ainsi que les quarante grenades offensives dont les gendarmes ont arrosé les manifestants au plus fort de la nuit. Autant de faits objectifs, essentiels à l’établissement de la vérité, que Manuel Valls balaye avec mépris, d’un simple coup de képi. Circulez, y’a rien à voir ! Pour bien faire, le Premier ministre termine sur ce cri d’amour lancé aux uniformes : « Soyez fiers, les Français vous admirent. »

Il est un livre, tout récemment publié aux éditions Syllepse, qui permet d’éclairer ces rapports d’admiration qui lient les Français et leur police. Cet ouvrage aux voix multiples, coordonné par le collectif Angles Morts, s’intitule Permis de tuer – Chroniques de l’impunité policière. Il revient sur six récents homicides policiers, six parmi beaucoup d’autres : « Nous savons que plusieurs centaines de morts ont été recensés au cours des trente dernières années », écrit le collectif en introduction, rappelant que « dans l’écrasante majorité des cas recensés, les personnes mortes entre les mains de la police sont des non-blancs, ce qui conduit à s’interroger sur le rôle du racisme structurel dans ces affaires ».

Angles Morts a choisi de faire longuement parler ceux qui se sont battus pour obtenir un semblant de « justice » - « les proches de personnes mortes entre les mains de la police républicaine ». Ce sont donc essentiellement des amis et des membres de la famille qui s’expriment. De la perte, tous ont fait un combat. Contre les flics, les juges et les médias faisant bloc hostile, ils ont lutté pied à pied pour faire entendre une vérité, remettre les choses en contexte, contrebalancer la sacro-sainte parole policière. Désormais, ils raisonnent en terme de rapports de force. L’apprentissage de la politique, la vraie : ce qu’on veut, il convient de l’arracher. Car tous ont été confrontés, souligne encore le collectif, à « la stratégie médiatique du ministère de l’Intérieur, de la préfecture et des services de police, qui est toujours la même : elle consiste à protéger systématiquement les policiers en affirmant que les procédures ont été respectées, qu’ils ont fait un usage proportionné de la force ou qu’ils étaient en situation de légitime défense ». C’est contre ce Goliath-ci, la puissance de l’État et toute sa mauvaise foi, que les proches doivent lutter.

Souvent, ils doivent le faire seuls. Ou pas loin. C’est qu’il est des morts qui mobilisent plus que d’autres. Celles de Lamine Dieng, étouffé dans un fourgon de police le 17 juin 2007, de Wissam El-Yamni, mort le 9 janvier 2012 lors d’une très brutale interpellation, ou d’Amine Bentounsi, tué d’une balle dans le dos le 21 avril 2012, n’ont pas trusté les Unes des journaux ni suscité d’importantes manifestations. « La société accepte, constate Farid El-Yamni, le frère de Wissam. Quand un chat se fait maltraiter et qu’il s’en sort avec une patte cassée, tout le monde s’émeut. Quand des Arabes ou des gens de banlieue se font tuer par la police, ça rassure. Ça les rassure, dans le sens où ils se disent : ’’Ah, mais c’est un Arabe ! Ça peut pas être quelqu’un comme nous !’’ »

Rémi Fraisse était quelqu’un comme nous, et c’est aussi à cette aune qu’il faut lire l’importante mobilisation déclenchée par son décès. « Un mort dans une manifestation a un coût médiatique et politique élevé, écrit Angles Morts. Il n’en va pas de même de la dizaine de morts par an dues à l’action de la police. » Un constat qui – de fait – montre la voie à suivre : la police ne sera réellement tenue en échec1 que lorsque la rage et la révolte sanctionneront pareillement chacune des morts qu’elle provoque.

*

Retour à Beauvais, Manuel Valls à la tribune. Le Premier ministre gonfle le jabot, se campe sur ses ergots, et lâche encore ces quelques mots : « Je ne connais que trop bien le procès qui a longtemps été fait par certains à la gauche en matière de sécurité. On la disait angélique, laxiste, incapable de se saisir de cette question. Les faits ont apporté un démenti cinglant à ceux qui pourraient penser cela. »

Le démenti sanglant, c’est Rémi Fraisse. Et tous les autres avec lui.

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A Nantes, du 16 au 22 février - Manifestation samedi 21 février

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Nous sommes tes voisin-e-s, tes collègues, tes ami-e-s.
Nous sommes de celles et ceux qui luttent contre les violences policières.
Nous sommes de celles et ceux qui résistent au saccage de la nature.
Nous sommes de celles et ceux qui refusent le racisme d'État, les contrôles au faciès, le harcèlement policier.
Nous sommes de celles et ceux qui subissent les politiques néolibérales.
Nous sommes de celles et ceux qui n'attendent pas les élections pour agir.

Le 22 février 2014, 50 000 personnes se rassemblent à Nantes contre l'aéroport et son monde. La manifestation, dynamique et populaire, est bloquée par des grilles anti-émeute et fait face à une répression féroce. Parmi les dizaines de blessé-e-s, au moins 3 personnes perdent l'usage d'un œil suite à des tirs de flashball. Nantes devient la capitale des mutilations policières.

Dans les mois qui suivent, plusieurs dizaines de personnes sont inquiétées par la justice du fait de leur participation à la manifestation. Pour la plupart d'entre elles, des rafles au petit matin mènent à des procédures expéditives, qui se soldent par de sévères condamnations - jusqu'à 18 mois de prison ferme. Le message est clair : celles et ceux qui résistent s'exposent à être blessé-e-s ou incarcéré-e-s.

Dans la nuit du 26 octobre, la gendarmerie tue un manifestant de 21 ans lors d'un rassemblement contre le barrage de Sivens, dans le Tarn. Pendant plusieurs semaines, un mouvement de solidarité se répand dans toute la France. A Nantes, Rennes, Toulouse et ailleurs, des manifestations réunissant plusieurs milliers de personnes sont interdites de fait par les préfectures qui militarisent les centres villes avec des centaines de policiers armés. Plusieurs personnes sont blessées, d'autres condamnées.

Ces stratégies policières ont précédemment été expérimentées à grande échelle lors des révoltes dans les quartiers, notamment à Villiers-le-Bel en 2007, inaugurant l'utilisation d'hélicoptères, de nouvelles armes policières et le quadrillage militaire du territoire. Les mouvements de résistances sont multiples et divers : ici une occupation de sans-papiers, là-bas des cabanes dans une forêt, ailleurs une confrontation avec la police.

Ce mouvement est l'occasion de rappeler que chaque année, des dizaines de personnes sont tuées ou blessées par la police, essentiellement dans les quartiers populaires, ou dans les luttes. Plus de 40 personnes ont perdu un oeil ces dernières années, touchées par des tirs policiers. Malgré la répression, les mois qui viennent de s'écouler montrent nos capacités à construire des solidarités, à nous organiser, que ce soit sur les ZAD ou au cœur des métropoles. Il ne tient qu'à nous de renforcer ces dynamiques, ici comme ailleurs.

A l'aube de l'année 2015, une série d'attentats préfigure un renforcement considérable des dispositifs sécuritaires. Nous refusons que le choc suscité par ce drame serve à alimenter l'islamophobie et à renforcer l'impunité des forces de l'ordre. Les gouvernants qui défilent pour la liberté d'expression sont les mêmes qui font la chasse aux migrants et les enferment dans les Centres de Rétention Administrative.
Un an après la démonstration de force et de solidarité du 22 février, alors que le gouvernement rappelle sa volonté de construire l'aéroport et d'expulser les opposant-e-s, retrouvons-nous à Nantes pour affirmer notre solidarité avec les ZAD et notre refus des violences d'État, qu'elles soient économiques, sociales ou policières.

Contre le bétonnage du bocage et la militarisation de nos villes, occupons la rue. Tou-te-s concerné-e-s, tou-te-s solidaires : rencontrons-nous, organisons-nous, luttons uni-e-s dans notre diversité.


- Du 16 au 21 février :
Semaine de débats - « violences policières, sociales, économiques : quelles résistances ? », en présence d'invités

- Samedi 21 février :
12h30 Pique-nique - 14H manifestation - 18H bouffe/débat/concert

- Dimanche 22 février :
Journée d'échange

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Emission Papillon du 14 janvier 2015

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Appel du 18 juin 1940

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Comme le disait si bien le général de Gaulle le 18 Juin 1940 :

"Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l'honneur, livrant le pays à la servitude.

Cependant, rien n'est perdu ! Rien n'est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l'univers libre, des forces immenses n'ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l'ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but !

Voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu'ils se trouvent, à s'unir à moi dans l'action, dans le sacrifice et dans l'espérance. 

Notre patrie est en péril de mort. 

Luttons tous pour la sauver.

Vive la France."

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Bloc party le samedi 31 janvier à St Denis

Bloc party le samedi 31 janvier au centre social Attiéké à St Denis. Avec de multiples activités culturelles et militantes !

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La police réprime.

Dans les transports, sur nos lieux de vie et de travail et surtout dans nos quartiers.
Des contrôles au faciès basés sur ta couleur de peau ou ta religion aux coups de pression de la BAC la police nous opprime au quotidien. 
C’est le harcèlement et la banalisation de la violence policière qui mènent aux assassinats durant les contrôles, les interpellations ou les garde-à-vue. 
Les crimes policiers sont rarement condamnés par la justice et sont souvent couverts par l’État avec la complicité des médias. N’oublions pas que les gouvernements se servent de la police pour protéger leurs intérêts.

La block party, c’est un moment festif. Quoi de mieux que le rap, le graff, la danse, l’open mic pour reprendre la parole et créer des espaces d’expression populaire.

Parce que la police agresse, expulse et tue, résistons par la parole et par les actes !

Viens participer !

Les bénéfices de cette soirée iront aux collectifs Urgence Notre Police Assassine, Do The Red Things et le centre social l’Attiéké

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Un grand merci à l'envolée

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Clermontois, o dis emmène nous au pays d'autrefois

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Clermontois,

 

 

Je suis né à la Saint Amour en tant que Lion à Clermont-Ferrand. Farid en arabe signifie unique. C'était un signe : Amour, combativité, unicité, tout était écrit d'avance.

 

J'ai eu une très belle enfance, la plus belle que l'on puisse espérer. C'est sur cet amour que mes expériences se sont ensuite cristallisées, j'ai eu cette divine chance, celle qui a incarnée en moi une pulsion de vie incommensurable. J'ai ensuite quitté mon quartier d'enfance que je porte toujours éternellement dans mon coeur et je me suis plus focalisé sur mes études. Ca n'a pas été toujours facile mais je me suis accroché et ça a été finalement possible. Je pensais à l'époque que l'on pouvait par l'effort tout avoir, mon expérience acquise dans ma ville d'enfance me l'avait laissé entendre.

 

J'ai aimé cette ville et ses habitants jusqu'à suivre les matchs de l'ASM en tribune ou au bar même lorsque je quittais la ville, jusqu'à avoir de l’affection à chaque fois que j'entendais parler de Michelin, jusqu'à sourire à des clermontois que je rencontrais et que je connaissais pourtant peu dans dans le métro parisien, jusqu'à suivre le quotidien La Montagne par internet même lorsque je n'y étais plus, jusqu'à saliver à la pensée du Saint-Nectaire de l'autre côté de l'Europe.

 

Clermont était ma ville bien aimée, je l'aimais et elle me le rendait bien.

 

Amis Clermontois et plus largement amis auvergnats, lorsque je vois l'indignation à géométrie variable et la passivité à laquelle vous être prêts à accepter un déni de justice qui se déroule piano piano devant vos yeux, j'ai peur de moi et je sais ne pas être seul dans les idées noires qui me traversent. J'ai surtout honte de mon enfance et de voir que les prochaines générations ne vivront pas la même chose.

 

Clermontois, o dis emmène nous au pays d'autrefois.

 

Farid El Yamni

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Le festival de l'hypocrisie continue

Annulation de la mise en examen d'un des deux policiers de la brigade canine impliqué dans la mort de Wissam El Yamni à Clermont-Ferrand

 

 

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Le 1er janvier 2012, 2 policiers menottent Wissam et ne le quittent plus des yeux. 10 min plus tard, alors qu'aucuns de ces policiers n'a la moindre égratignure, il tombe dans le coma :

 

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Avant même les résultats de l'autopsie, la police des polices s'empresse de dédouaner les policiers impliqués directement dans la mise à mort. Faire des conclusions avant même les éléments de l'enquête ne choque pas puisque les éléments de l'enquête seront ensuite cherchés, controlés, validés par ces mêmes personnes qui ont pris dès le départ parti. Ce n'est que le début du festival de l'hypocrisie.

 

Après une série de mensonges d'experts les plus indécents les uns des autres, le procureur général de Riom annonce en janvier 2013 devant la presse qu'un collège d'experts va donner au maximum dans les cinq mois suivants les raisons pour lesquelles Wissam est mort.

 

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Le Parquet aurait-il retrouver la raison ?

 

Que nenni ! 1 an après cet énième mensonge, soit 3 ans après les faits, nous sommes toujours dans l'attente de la vérité, juste de la vérité. Parallèlement, nous apprenons le 20 janvier 2015 que la mafia policiaro-judiciaire annule la mise en examen d'un des policiers, plus intéressée par une mise hors de cause sans condition que par la vérité.

 

Le festival de l'hypocrisie continue.

 

URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE

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The Perils of Excessive Policing, in Both the U.S. and France

Ongoing debates over excessive policing, civil liberties violations, and the war on terror collided earlier this week in Philadelphia. There, the U.S. Court of Appeals for the Third Circuit heard arguments related to the constitutionality of the New York Police Department's mass surveillance of Muslims, over which the recent attacks in Paris cast a disconcerting pall.  

The lawsuit was first filed against the NYPD long before the Charlie Hebdokillings, of course, back in 2012, by the Center for Constitutional Rights and civil rights group Muslim Advocates. It contends that surveilling Muslims solely on the account of their religion violated the Fourteenth Amendment's Equal Protection Clause and the Free Exercise and Establishment Clauses of the First Amendment.

The attacks on September 11, 2001, and in Paris last week, Judge Jane R. Roth said Tuesday, suggest "that there are legitimate police investigatory reasons for this surveillance." Roth and the other two judges on the panel did seem skeptical of New York City's argument that a federal judge's dismissal of the case should be upheld. But the notion that intensive surveillance was necessary will no doubt be taken up if the case is allowed to move forward. The 2001 attacks, Roth said, "made us focus upon terrorism among certain extreme Muslim groups. And how do you find out where they are?"

The Paris attacks have prompted the New York Post to call on the city to "revisit its decision to dismantle" the NYPD's Muslim surveillance program.

The NYPD unit assigned to conduct surveillance of Muslims was disbanded last year, soon after Mayor Bill de Blasio took office. But the Paris attacks have prompted the New York Post to call on the city to "revisit its decision to dismantle" the program because it "was designed to provide exactly the kind of intelligence that would have been useful to police in Paris ... Namely, where [the suspects] might go to find shelter or assistance."

Long Island Republican Congressman Peter King likewise praised the program, and former Mayor Rudolph Giuliani called its shuttering "one of more irrational acts that a mayor could perform."

The trouble with this argument is that in France, Arab and black Africans have already long been subject to extraordinarily aggressive policing and, as in the U.S., police-involved deaths of youth have sparked violent uprisings. In 2005, French youth rioted, resulting in nearly 9,000 cars burned and 2,900 arrested, after two young men running from police were electrocuted while attempting to hide in a power substation.

"It has always been heavy policing" using "zero tolerance" and "quality of life" approaches, says Fabien Jobard, a fellow at Berlin-based think tank Centre Marc Bloch and an expert on French policing and criminal justice. "This toughness is part of the problem. It's part of the reason why the young male living in the cités [housing projects] feel like they're being treated like foreigners [and] don't feel treated like usual, normal, common French people."

Among politicians the world over and in plenty of media coverage, the Paris attacks are being framed as a conflict between the West and monolithic global Islamic terror. But as more responsible observers have noted, Chérif Kouachi, one of the two brothers who perpetrated the Charlie Hebdo killings, grew up in France as the child of Algerian immigrants. As a young adult, he hung out with a circle of French friends first "involved in petty crime, theft, drugs, trafficking,"The Guardian reports.

And Amédy Coulibaly, who carried out the murders at the Kosher supermarket, "was born in France to parents from Mali ... and grew up on a notorious housing estate, La Grande-Borne, in Grigny, south of Paris." Kouachi and Coulibaly met in the overcrowded and fetid Fleury-Mérogis prison—where they also met the militant Islamist, imprisoned on terrorist charges, who apparently helped radicalize them.

The recent violence in France is, of course, very much related to a radical Islamist movement with global reach (and also, of course, to the global "war on terror"). And while marginalization and oppression of immigrant-descendent youths is harmful, it is not breeding a generation of would-be terrorists.

"There is a danger by making these connections that one ends up supporting the impression of a bubbling discontent among Muslims (born or converted) in France or elsewhere that will necessarily lead to this kind of violence," e-mails Paul Silverstein, an anthropologist at Reed College who researches the history and politics of the North African diaspora in France. "The Charlie Hebdo attack was fundamentally different in both its etiology and the way it played out than what occurred in 2005 or in the other incidents of male youth violence directed at police—where it really was about a class of people who felt disenfranchised showing that they were not going to take police violence lying down."

But it would be a mistake to not think carefully about what role law enforcement plays in prosecuting the war on terror, both in France and the U.S. "The response to the attack risks augmenting the pessimistic discourse" about Muslims in France, Silverstein says, "and turning it into a self-fulfilling prophecy. Over-emphasizing [either] the domestic [or the] war on terror contexts ... [can] lead to pernicious conclusions."

*****

The NYPD program, uncovered by the Associated Press in a 2011 Pulitzer Prize-winning investigation, reportedly set up a "Demographics Unit" to develop a web of "mosque crawler" informants in houses of worship, collect visitors' license plate numbers, surveil neighborhoods and cafes with large Muslim populations, and infiltrate Muslim Student Associations.

The surveillance extended into New Jersey, suburban New York and beyond, and even into mundane activities like a City College of New York studentwhitewater rafting trip that one undercover officer attended. Deputy commissioner for intelligence David Cohen reportedly "wanted a source inside every mosque within a 250-mile radius of New York."

When distrust of police is high, you risk lowering the quality of police intelligence.

In France, Jobard worries not only that heavy-handed policing tactics have led to marginalization and fomented additional violence, it also makes it harder for police to do their jobs. When distrust of police is high, you risk lowering the quality of police intelligence. Plus, it's hard to focus on dangerous people when you're focusing on everybody.

The NYPD might confront a similar predicament. In a 2012 deposition, the Commanding Officer of the NYPD Intelligence Division said that the "rhetoric that came from a Demographics report" had not provided him with a single lead in his six years in the position—and that he did not recall any that had been provided in years prior.

The closure of the NYPD Demographics Unit, later renamed the Zone Assessment Unit, was announced in April 2014. But the New York Timesreported just the next month that an NYPD outfit called the Citywide Debriefing Team was still attempting to recruit Muslims arrested for crimes—including very low level ones—to become informants on their communities.

The current scope of NYPD surveillance of Muslims is unclear; it could no doubt still be vast. But in deciding how to move forward, the policymakers who oversee law enforcement agencies should not forget the recent fiery protests over the policing of people of color in the United States—and in France.

Farid El Yamni, whose brother died in French police custody under disputed circumstances in 2012, complains that the French media reviled American police as racist in its coverage of Ferguson but, hypocritically, refuses to look in the mirror.

It is "the same" in France, he says by phone. "We were very astonished when they talked about Ferguson in this way—when they talked about racist police, and [that it is a] racist country in [the] USA. But they can't say the same thing in France."

El Yamni says that while a minority of "smart people" might take the sociological view that "there is a problem" underlying the violence and "will try to understand" it, the media and politicians, he says, will opt for bluster. "It is like the 11th of September. When there is a drama, if the politician doesn't move very hard he will lose his place. So it will be the same ... They will give the voice to the one who will say 'we are in war, we have to be harder.'"

"How is it possible," El Yamni asks referring to the attackers, "that people who were born in France can do that?

http://www.citylab.com/crime/2015/01/the-perils-of-excessive-policing-in-both-the-us-and-france/384566/

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Ma soeur, l'amour est condamné à vaincre

Un message qui en ce temps de stress et d'injustices m'a ravivé le coeur :

"

Mon frère

 

 

Tu es mon frère

 

Quelles que soient tes croyances, ta religion, ta nourriture, tes idées, ta culture, tes vêtements.

 

Tu es comme moi un petit humain sur terre, une infime poussière, un être provisoire perdu dans le cosmos.

 

Ce temps, notre temps qui se précipite vers les limbes de l'infini, passons le à s'apprendre, à se comprendre, à dialoguer, à échanger, à vivre ensemble, à restaurer ensemble un morceau de cette
humanité chancelante, cette multitude colorée qui parfois s'égare et exclut, désigne et condamne la différence sans preuve et sans raison.

 

Et ce soir, je pleure de tes larmes, je tremble de tes inquiétudes, je suis mortifiée de tes humiliations.

 

Tu es mon frère, tu es mon frère, qui que tu sois, ne l'oublie pas.

 

Catherine L."

 

Ma soeur, l'amour est condamnée à vaincre.

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