"Purifier et détruire" Jacques Semelin

Comme le signale Jacques Semelin dans son livre "Purifier et détruire", Le meurtre est le résultat d'un long processus qui s'est installé.

 

 

 

Il faut d'abord que le meurtrier se sente dans un univers à la fois de chaos et d'ordre, un univers où les limites ne sont plus claires. L'avènement de cet univers procède d'une inversion des normes : l'état qui devrait être le garant de l'interdit, l'encourage ou le laisse faire ce qui revient au même. Ce positionement ou ce non positionement (qui est aussi un positionement) aboutit à ériger l'impunité en règle, à autoriser la récidive.

 

 

 

Il ne suffit pas d'affirmer que les individus acceptent de tuer parce qu'ils croient qu'ils ne seront pas punis pour cela, il est nécessaire que le groupe métamorphose les individus en tueurs.

 

 

 

Comment se produit cette métamorphose ?

 

 

 

Celle-ci doit d'abord être enfantée par l'idéologie environnante qui appelle à ce sursaut collectif du "nous" contre le "eux" dangereux et nuisible. Qu'on y adhère ou non cette idéologie devenue dominante constitue la matrice sémantique à travers laquelle émergent des modes d'agressions physiques du "nous" contre le "eux". Dès lors, la formation de groupes destinés à défendre l'identité du groupe semble s'imposer d'elle même, d'autant plus lorsque les membres de ce groupe n'ont pas d'autres identités fortes.

 

 

 

Pour qu'il y ait passage à l'acte, il faut que cette idéologie soit associée à "autre chose" afin que l'idée se cristalise en acte de massacrer. Les auteurs qui tentent d'expliquer ce bascullement mettent en avant 3 types d'interprétations :

 

 

 

- La première revient à combiner le facteur idéologique à celui de l'intéret et de l'envie

 

- La deuxième greffe le facteur idéologique à un processus de socialisation et de formation implicite des individus à la violence

 

- La troisième, plus subtile, affirme que le passage à l'acte se produit dans une situation d'effervescence, d'une dynamique collective qui emporte l'individu et qui le conduit à se construire une réprésentation de la victime de nature à lui faire justifier ce qu'il fera, le stimuli qui donne le feu vert.

 

 

 

Comment mettre fin à ce processus ?

 

 

 

Le tueur comme comme tout délinquant est en partie co-responsable de son acte et co-victime. Pour pouvoir mettre fin à ce processus il faut s'attaquer aux différents maillons de la chaîne :

 

- Rappeler à l'Etat et à ses agents que leurs rôles ne sont pas de détraquer la boussole mais plutôt de l'aiguiller, leurs rôles ne sont pas de catalyser la violence réelle ou symbolique mais de l'aspirer.

 

- Combattre l'idéologie qui est portée par la hiéarchie. Il faut pousser les membres de ce groupe à ne pas être dans la consanguinité mafieuse qui enferme les esprits en l'incitant à avoir d'autres identités sociales concomittantes avec celles des "eux".

 

- Combattre l'intéret, l'envie particulier, ainsi que le processus de socialisation et de formation implicite des individus à la violence. Les passions, mêmes les plus louables, ne rendent pas heureux sur le long terme celui qui les recherche, arrivé un moment on tourne en rond, la vacuité s'empare de l'existence.

 

- On ne peut pas combattre le passage à l'acte, une fois que tout a été mise en oeuvre c'est déjà trop tard, échec et mat.

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5 avril, "violence d'état, ni oubli ni pardon ! "

Les amis du Festival Pico y Pala, un collectif de diffusion du cinéma latino américain, nous invitent et vous invitent du 2 avril au 6 avril à mettre en lumière les problématiques latino américaines avec l'actualité française.

Le 5 avril le thème de la journée sera "violence d'état, ni oubli ni pardon ! ". La journée commencera à 13h30 (au Jardin d’Alice - 20 rue de Reuilly, Paris 12e, M° Reuilly-Diderot) pour se cloturer par un débat à 20h.

Bravo au collectif pour cette programmation et merci de l'invitation !

http://paris-luttes.info/6eme-edition-du-festival-pico-y-28…

P.S : une soirée de soutien à la tournée d'Ayotzinapa en Europe aura lieu le samedi 21 mars à partir de 18h (au 33 rue des vignobles, Paris 20e, M° Avron). Les bénéfices seront utilisés "pour la tournée des campaneros d'Ayotzinapa en Europe"

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Bientôt le nouveau rapport annuel de l'IGPN

En gros le double message qu'ils voudront faire passer sera comme toujours :

- "ne vous inquietez pas, on controle la police, on peut être méchant " (message à la population)

- "calmez vous, on est méchant comme vous le savez sur des petits trucs mais on égratine pas l'institution sur de grosses affaires puisque l'on dit que globalement il n'y pas de problème" (message à la mafia policière)

Ce que la police des polices ne dira pas c'est qu'elle beugue lorsqu'il s'agit de violences policières. On la force à prendre très rapidement position et elle construit contre forces et marées un argumentaire.

Combien de fois dans des affaires de violences policières la police des polices a t elle changé son fusil d'épaule ? Jamais !

Les naifs diront que c'est la preuve que la police des polices ne se trompe pas, d'autres encore plus naifs diront que c'est la preuve que la police n'est pas violente. La vérité c'est que c'est la preuve que la police des polices n'est pas là pour enquêter mais pour justifier voir s'auto-justifier vis à vis des directives directement ou indirectement donées, elle a un rôle d'inquisiteur.

C'est une supercherie, une grande supercherie.

Lorsqu'il s'agit d'enquêter sur des erreurs d'origine interne, il est dans son interet d'être sévère, ça montre qu'elle sait être sévère et qu'elle controle la police, superbe combo. Sur des milliers d'affaires, en sortir quelques unes permettrait de mieux endormir les autres, autant bien les choisir. C'est l'affaire Neyret ou la bac nord de marseille.

Lorsqu'il s'agit d'enquêter sur des erreurs d'origine externe, il n'est pas dans son intéret d'être sévère, ça montrerait qu'elle ne contrôle pas la police, ça risquerait de démotiver les meutes de loups, là on les motive on leur donne des os à ronger, superbe combo. Une police des polices chargée de nettoyer des violences policières pour mieux contrôler et calmer les policiers. C'est l'affaire de Wissam et tous les autres crimes policiers.

L'habitude faisant la mafia policière ne sait pas voir les choses autrement : losrque l'on gate un enfant, il risque au moindre caprice de nous faire tout un cinéma si on cherche ensuite à se comporter autrement.

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"Pour tout changer" : analyse et interprétations

http://paris-luttes.info/chroot/mediaslibres/ml-paris/ml-paris/public_html/IMG/pdf/to_change_everything_french_reading_version-2.pdf

Interprétations :

 

Même les sociétés les plus totalitaires ne peuvent pas empêcher l'autodétermination du peuple s'il s'en convient, c'est un levier pour nous libérer de nos chaînes. On est libre de choisir d'être libre.

 

L'autorité c'est le pouvoir sans la confiance. Celui qui veut s'attaquer à un pouvoir oppressif doit pointer du doigt la trahison morale de celui qui l'exerce. Une personne qui a gagné la confiance de l'autre n'a pas besoin et n'a que faire de l'autorité. Le principe de réalité rattrape tôt ou tard une confiance usurpée.

 

Nous ne sommes pas des individus isolés, la liberté des uns commence là où la liberté des autres commence. En prenant soin des autres, je prends également soin de moi même.

 

On a tendance à blâmer les personnes alors que l'on devrait blâmer les systèmes. Les systèmes reproduisent indépendamment des personnes qui les composent les mêmes abus. Pour combattre un système injuste, il ne s'agit pas de le réformer, mais plutôt d'avoir le courage de le mettre hors jeu par nos interrelations avec ce dernier. Le pouvoir exercé par les autres sur nous mêmes n'est que le pouvoir dont nous leur avons abandonné.

 

Le premier signe d'un système oppressif est sa volonté de contrôle. Celui qui détient un pouvoir légitime, basé sur une confiance légitime n'a pas besoin de contrôle. La recherche de contrôle est un constat d'échecs qui signale que la confiance est perdue, le pouvoir est devenu autorité, il a déjà un pied dans la tombe.

 

Un système oppressif repose aussi sur des construits sociaux erronés qui légitiment l'inégalité en construisant une multitude de petites frontières entre nous. A partir du moment où le système construit une hiérarchie, elle favorise celui qui est supposé se situer en haut. Cette pyramide est une construction mentale, elle n'a aucune réalité, elle n'a pas de tête (en réalité même au dessus du président, il reste le peuple). L'appartenance repose dans de tels systèmes sur l'exclusion des autres. La solution est de rétablir des réseaux de communication horizontaux et de mettre hors jeu la pyramide chimérique sans être aspiré par le jeu que l'on nous offre.

 

Chaque ordre est fondé sur un crime perpétré à l'encontre du précédent. Le crime fondateur de notre société est la rébellion contre l'autorité absolue des monarques. Chaque ordre contient le germe de sa propre destruction. Rien ne dure éternellement. Le crime de la société future sera entre autres de nous débarrasser de l'autorité absolue des institutions.

 

La roue est lancée, il reste à la suivre.

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Leçon venue du Mexique

 

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Dans l'Etat de Guerrero, au Mexique, après une série de réunions et débats, les habitants ont pris une décision forte, celle de créer leur propre police. Désignés par l'assemblée de chaque village, ces policiers communautaires effectuent leur service pendant une période de trois ans. Ils ne sont pas rémunérés (mais on aide leur famille pour les travaux des champs), et demeurent sous le contrôle de la population, tenus d'exercer leurs fonctions d'une manière irréprochable. Dans le cas contraire, ils sont immédiatement révoqués.

Très rapidement opérationnelle, la Policía Comunitaria a commencé à effectuer des arrestations. Les bandits qu'elle interpellait étaient remis à la justice officielle. Mais le juge, arguant que cette police n'était pas légale, et que les preuves qu'elle fournissaient n'avaient pas de valeur, les remettait en liberté.

L'étape suivante fut donc la création, d'un système de justice autonome, destiné à parachever le travail des policiers communautaires. La justice passe, à leurs yeux, par une tentative de réparation des torts infligés, poursuivie par un effort de réconciliation avec les victimes et l'ensemble de la communauté. Les délinquants sont donc condamnés, en fonction de la gravité des préjudices portés et les circonstances qui les entourent, à travailler, pendant une durée pouvant aller de quelques semaines à plusieurs années, pour les villages appartenant à la Coordination Régionale des Autorités Communautaires (CRAC).

Convenablement nourris et traités, ils sont tenus de dormir en cellule, et de respecter jusqu'au bout les décisions prises à leur encontre. Vers la fin de leur peine, une délégation d'anciens vient leur prodiguer conseils et recommandations pour retrouver une vie digne au sein de leur village.

Cette police et le système de justice de la CRAC ont obtenu des résultats impressionnants, faisant pratiquement disparaître la délinquance dans toute la région. Les quelques communautés impliquées au début sont aujourd'hui plus de 80, et une soixantaine sont candidates à leur incorporation.

 

Cette histoire nous montre que l'on peut juger l'état d'un pays, au sens propre comme au figuré, à la manière dont sa police et sa justice se comportent.

 

Cette histoire nous montre aussi qu'une autre police est possible, elle est d'ailleurs beaucoup plus efficace parce qu'elle s'attaque à la racine d'un problème et évite qu'il ne se reproduise. Elle n'est pas une partie du problème mais une partie de la solution. Ce ne sont pas des institutions insensibles et sadiques, qui n'ont plus de crédibilité morale qui viennent rappeler à celui qui a commis un acte de délinquance que ce qu'il a fait est mal mais c'est le peuple et ses plus dignes représentants qui agissent pour le bien du peuple et non l'intéret de certains. La justice ne vise qu'à mieux instruire. Elle n'est pas dogmatique, elle est pragmatique. Celui qui commet un acte de délinquance n'est pas traité injustement, il ne voit pas deux poids deux mesures, il ne nourrit pas de ressentiments, il n'est pas traité de délinquant mais comme quelqu'un qui a la capacité de se réformer, quelqu'un qui peut apporter à la société parce que la société lui fait confiance et qu'elle est à son écoute.

Cette histoire nous montre surtout que l'Etat n'est pas la solution mais que la solution nous la portons en nous même. Nous sommes la solution. 

Seul le peuple soutient et défend le peuple.

 

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TROCADERO 15 MARS

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Campagne de communication nationale

Bonjour,

Dans le cadre des prochaines semaines de mobilisations contre les violences policières, nous souhaitons lancer une seconde campagne de communication nationale de sensibilisation du grand public.

Nous invitons ceux qui le souhaitent à afficher dans leurs villes ou leurs villages les affiches crées par nos amis du collectif « Résistons ensemble contre les violences policières » évoquant par un dessin, l'histoire d'une personne assassinée par la police.

Voici le lien pour les télécharger http://resistons.lautre.net/spip.php?article480

Si vous préférez coller des stickers « URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE », faites le nous savoir directement à travers les mobilisations à venir ou bien contactez nous par mails en nous précisant le nombre, l'adresse afin que l'on puisse vous les faire parvenir.

A tous ceux qui résistent parfois illégalement pour le respect de la dignité humaine, à tous ceux qui nous apportent un coup de main, merci.

URGENCE NOTRE POLICE ASSASSINE

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Nos médias

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Université Tolbiac - Jeudi 12 Mars - Vendredi 13 Mars

" Certes, les gardes-chiourme restent insensibles, mais toi, toi, qui pleures encore, qui dois être acquise à toutes les misères, à toutes les pitiés ! Comment ne fais-tu pas ce rêve chevaleresque, s'il est quelque part un martyr succombant sous la haine, de défendre sa cause et de le délivrer ? Qui donc, si ce n'est toi, tentera la sublime aventure, se lancera dans une cause dangereuse et superbe, tiendra tête à un peuple, au nom de l'idéale justice ? Et n'es-tu pas honteuse, enfin, que ce soient des aînés, des vieux, qui se passionnent, qui fassent aujourd'hui ta besogne de généreuse folie ?

- Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, étudiants, qui battez les rues, manifestant, jetant au milieu de nos discordes la bravoure et l'espoir de vos vingt ans ?

- Nous allons à l'humanité, à la vérité, à la justice !"

Extrait de la Lettre d'Emile Zola à la jeunesse 

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Forum interfac contre les violences d'État - Paris 12 et 13 mars

"Forum interfac contre les violences d'État - Paris

12 et 13 mars

Nous sommes un comité qui s'est constitué en novembre dernier entre plusieurs universités de la région parisienne contre les violences policières. Dans ce cadre, nous organisons les 12 et 13 mars prochains un forum sur les violences d'Etat. En réunissant une diversité de problématiques a priori éloignées, nous voulons montrer qu'elles relèvent en réalité d'une même logique sécuritaire. L'objectif de ce forum est de s'inscrire dans une dynamique de mobilisation sur le long terme.

Programme provisoire

Jeudi 12 mars : Censier - Paris 3

9h-11h
Parvis
Petit-déjeuner / infokiosque
11h-13h
Salle
Projection court-métrages - Introduction Forum
Invité : Sébastien Layerle (professeur de cinéma à Censier)
13h-14H
Buffet / infokiosque
14h-15h30
Raymond Gurême / La Voix des Roms « Catégories de population et ségrégation d'Etat »
16h - 17h30
Emmanuel Blanchard / Abdellali Hajjat (?)/ Olivier Lecour Grandmaison. « Police, droit et migrations : racisme et politiques sécuritaires »
18H - 19h30
Nadia menenger / Kyou « Violences carcérales »
Vendredi 13 mars : Tolbiac - Paris 1

8h30 - 10 h
Terrasses / Petit-dej / Infokiosque
11h30-13h
Amphi J « Contre les politiques d'aménagement du territoire. Les ZAD : une réappropriation des espaces par la lutte »
Intervenants de collectifs (NDDL(?), Testet(?), Grand Paris (?): prenons la ville, Les radis
intervenants de collectifs de l' Attieke, du dilengo
13h-13h30
Buffet / Infokiosque
13h30-15h30
Amphi K
Rencontre entre collectifs en lutte contre les crimes policiers: urgence notre police assassine, collectif vérité et justice pour Ali Ziri, Résistons ensemble."

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