"De l’insoutenable violence policière de l’État"

par cjvpourwissam

"De l’insoutenable violence policière de l’État"

http://www.contrepoints.org/2015/04/04/203337-de-linsoutenable-violence-policiere-de-letat

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Quelle solution pour éviter l’escalade de la violence policière ?

Par Natasa Jevtovic.

N.B. : Les citations qui émaillent l’article ont été recueillies par l’auteur auprès de victimes et de témoins de violences policières.

Le mois d’octobre marquera le dixième anniversaire de la mort de Zied et Bouna, deux adolescents de Clichy sous Bois électrocutés en voulant échapper à un contrôle de police. Ils n’avaient commis aucun délit, mais ne voulaient pas se retrouver en garde à vue en plein ramadan, chose qui peut arriver à n’importe quel jeune Français issu de l’immigration, contrôlé sans raison, si ce n’est le délit de faciès. Suite à cet événement, une insurrection a embrasé la France entière pendant trois semaines, dénonçant ce que Guy Sorman a appelé « l’apartheid anti-jeunes ». Dix ans plus tard, rien n’a changé et nous en sommes toujours au même point.

« Une fois, à la sortie d’un chantier où je travaillais, la police est arrivée pour un contrôle d’identité et j’ai été écarté des autres ouvriers. C’était un contrôle banal qui s’est déroulé sans incident, seulement ça m’a fait mal d’être le seul à être contrôlé, juste parce que je suis étranger.
— Et pourtant, tu es Français ?
— Oui, mais je ne suis pas blanc, je suis d’origine pakis
tanaise. »

En 2009, l’écrivain Frédéric Beigbeder a été placé 36 heures en garde à vue pour avoir consommé de la cocaïne sur le capot de sa voiture. Il a obtenu le prix Renaudot pour Le roman français, le livre dans lequel il dénonce les conditions de sa détention, même si plusieurs passages ont été censurés, ses avocats craignant des poursuites pour outrage à magistrat, fait étonnant dans un pays qui manifeste en brandissant des crayons pour défendre la liberté de parole. Cet événement a surtout démontré qu’une garde à vue peut arriver à tout le monde, la moitié de la population du pays étant recensée dans le fichier STIC de la police nationale. La France est le seul pays européen où la garde à vue est possible en l’absence d’un délit grave, juste pour la nécessité d’une enquête, en présence d’un simple soupçon d’infraction commise.

« J’ai une tête d’arabe et un prénom arabe, mais ma mère a épousé un Français et j’ai un nom de famille français. Du coup, j’ai fait plusieurs gardes à vue car la police pense que j’ai des faux papiers. C’est pour ça que je m’entraîne au free fight, pour bloquer leurs coups avec une clé de bras. »

Dans un contexte économique et social explosif, gangrené par la crise et le chômage, les manifestations pacifiques sont de plus en plus réprimées par les forces de l’ordre. Tel est l’exemple des Veilleurs, un mouvement de désobéissance civile dont les membres se rassemblent devant les ministères et brandissent des bougies pour protester contre la politique gouvernementale. Sa devise est celle de Thomas More consacrée à la liberté de conscience : « C’est cher d’être libre. Mais le dernier des esclaves peut l’être s’il accepte de payer. » Et pourtant, les interpellations sont tellement nombreuses que le mouvement a dû publier une page d’aide juridique pour soutenir les manifestants en garde à vue.

Le Syndicat de la magistrature a également publié « Le guide du manifestant arrêté » téléchargeable sous format PDF qui explique en grands détails le déroulement de la procédure d’arrestation afin de protéger les droits des intéressés. Si les médias ont amplement commenté la mort de Rémi Fraisse, un militant écologiste de 21 ans tué alors qu’il manifestait pacifiquement contre la construction d’un barrage dans le sud de la France, les autres victimes sont passées sous silence. Selon une recherche publiée par le CFJ, Centre de formation des journalistes, entre 2005 et 2015 il y a eu 54 morts à la suite de violences policières.

« Comme j’ai grandi dans une cité, les gardes à vue, j’en ai fait plus de cinquante dans ma vie, et ce depuis l’âge de onze ans. Une fois, j’en ai fait même deux dans une seule journée. Un pote à moi s’est approché trop près d’un scooter et les flics nous ont embarqué tous les deux. Si tu vas d’un point A à un point B, tu peux y échapper, mais dès que tu t’attardes dans la rue tu risques un contrôle de police. Ils cherchent à te provoquer pour que tu les insultes, afin de t’embarquer pour outrage à agent. Ils cherchent à t’humilier avec les fouilles au corps. Une autre fois, ils m’ont fait remonter toute l’avenue à pieds, pour que tous les voisins puissent me voir menotté. Arrivé au poste, j’ai lancé à l’agent d’accueil que demain matin je serai dehors, tandis que lui sera coincé là jusqu’à la fin de sa carrière. En réalité, ce sont des incompétents. La dernière fois qu’ils ont fait une perquisition chez moi, ils ont oublié leur flash-ball. Je me souviens encore, à côté de la gare de l’est, ils m’ont passé à tabac sans aucune raison, je devais avoir 17 ans. Ou la fois où je devais partir en vacances avec ma copine, j’ai raté le vol car j’étais en garde à vue ; elle est partie toute seule et m’a quitté. Aujourd’hui encore j’ai été contrôlé à la gare du nord, je devais prendre un train pour l’Allemagne. Les policiers m’ont demandé ma nationalité, j’ai répondu que j’étais Français et ils m’ont alors demandé mon billet. Et pourtant aujourd’hui, à l’âge de 24 ans, mon casier judiciaire est toujours vierge. »

En 2013, lorsque les émeutes ont éclaté à Grigny suite à un contrôle d’identité, il y avait eu un réel décalage entre la version édulcorée relayée par les médias traditionnels et les informations qui ont pu être recueillies sur les réseaux sociaux, où on trouvait des vidéos montrant des policiers insultant les citoyens. Ministre de l’Intérieur à cette époque, Manuel Valls avait conseillé aux Français de s’informer dans les médias traditionnels plutôt que de consulter les réseaux sociaux, mais sans succès. Le ministre a fini par imposer aux fonctionnaires de porter un matricule en évidence et de vouvoyer les citoyens.

« Je me suis faite agresser dans la rue par un individu qui a voulu arracher mon sac. Couverte d’hématomes, je suis allée au commissariat pour déposer une plainte contre X pour violences volontaires. Les policiers m’ont conseillé de porter plainte pour tentative de viol, afin d’éviter un classement sans suite de ma plainte. Lorsque j’ai fait remarquer que je ne pouvais faire une déclaration mensongère, ils m’ont répondu que si l’auteur n’était pas arrêté, et qu’il arrivait la même chose à une autre femme, j’en serais responsable. Un mois plus tard, un officier de la PJ m’a convoquée pour obtenir davantage de précisions et m’a traitée comme si j’étais l’auteur du délit. Il m’a reproché de faire perdre mon temps à la police et m’a suggéré de retirer ma plainte car l’auteur des faits ne serait de toute façon jamais appréhendé. J’ai alors signé un document. Le même officier m’a téléphoné le même jour pour s’excuser de son comportement et me rencontrer de nouveau car je détenais un objet portant les empreintes de mon agresseur. Il s’est alors déplacé à mon domicile, et m’a proposé une liaison sans lendemain, il était marié, mais appréciait les filles de l’est aux jolies formes. »

Il existe beaucoup de sites associatifs qui recensent les violences policières, bien que le plus connu parmi eux, Copwatch France, ait été interdit par la justice. Beaucoup sont consacrés aux injustices subies par les sans-papiers, souvent mariés à des Français ou parents d’enfants européens, ce qui rend leur expulsion illégale. Suite à une décision de la justice européenne, ces derniers ne peuvent plus être mis en garde à vue, le fait de ne pas avoir de papiers ne constituant pas un délit ; depuis, ces personnes sont placées en rétention administrative et perdent même les droits dont elles bénéficiaient lorsque leur garde à vue était envisageable.

« Je me suis battu avec un homme dans le quartier et je lui ai déchiré sont tee shirt. Soudain, un homme casqué s’est mis à me donner des coups et je l’ai frappé aussi. Il s’est avéré que c’était un policier, et il m’a embarqué. Une fois au poste, ils ont apporté un couteau et voulaient que je reconnaisse qu’il m’appartenait, ce qui était faux. Je suis resté 24 heures en garde à vue sans manger ni dormir. À cinq heures du matin, ils m’ont apporté un document en me disant que je pouvais sortir si je le signais. Après l’avoir lu, j’ai refusé de le signer car j’y reconnaissais que le couteau m’appartenait. »

Les violences policières en France sont régulièrement dénoncées par les ONG. La dernière en date, celle de Human Rights Watch publiée en janvier 2015, dénonce les violences gratuites subies par les demandeurs d’asile, ceux qui ont perdu leurs familles et foyers dans la guerre et qui ont demandé la protection de notre pays.

« Une fois, j’ai été en garde à vue pendant 72 heures et j’ai commencé à être agité car c’était anormalement long, et on me laissait dans l’ignorance. Un policier m’a frappé derrière la tête avec une matraque et je me suis évanoui. Lorsque j’ai repris connaissance, j’ai constaté que mes vêtements étaient couverts de crachats. »

Quant à ceux qui s’adressent à la police pour demander une protection ou obtenir un renseignement, obtiennent-ils satisfaction ? Ils sont souvent dissuadés de porter plainte. Lorsqu’ils recherchent une personne disparue, on leur répond que les gens sont libres de disparaître sans laisser de trace et que le chagrin des familles n’est pas forcément signe d’une disparition inquiétante. L’enquête décrite dans le poignant film « 24 jours » consacré à la mort d’Ilan Halimi, kidnappé, séquestré et mort de faim alors que la famille avait réuni les fonds pour payer la rançon, montre que la police ne parvient même pas à remplir son rôle principal, celui d’assurer la protection des citoyens.

« Aujourd’hui, à Aulnay sous Bois, j’ai vu quatre hommes avec une kalachnikov en évidence, dans une voiture, et je me suis dit qu’ils devaient être sur le point de faire un braquage.
— Ils ne portaient même pas de cagoules ?
— Ben non, sinon, comment vont-ils conduire ?
— Et personne du quartier n’a songé à prévenir les autorités ?
— Personne, et moi je me suis dit que je leur souhai
tais bonne chance. »

Si la police nationale perd la confiance des citoyens, pourquoi ne pas la privatiser ? Dans les années 1970, en comparant les statistiques de plusieurs pays, Édouard Savas a démontré que le secteur privé est toujours deux fois moins cher que le secteur public pour un service collectif équivalent1.David Friedman, fils du célèbre économiste et prix Nobel Milton Friedman, nous a montré que même les forces de police et de défense nationale peuvent être gérées par le secteur privé. La privatisation de la police est non seulement dans l’intérêt des citoyens contribuables car elle réduit les dépenses publiques, mais aussi car le secteur privé obéit à la logique de rentabilité et ne prend pas en compte les paramètres tels que l’origine sociale ou ethnique des éventuels auteurs des délits. Si la privatisation est basée sur une communauté d’intérêts, le principe si cher aux libéraux, elle mettra fin au racisme sous toutes ses formes et apportera la paix sociale."

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Mathieu Rigouste "La Domination policière"

par cjvpourwissam

Mathieu Rigouste "La Domination policière"

Mathieu Rigouste "La domination policière"

"La violence policière n’a rien d’accidentel, elle est rationnellement produite et régulée par le dispositif étatique. La théorie et les pratiques de la police française sont profondément enracinées dans le système colonial : on verra dans ce livre qu’entre les brigades nord-africaines dans les bidonvilles de l’entre-deux-guerres et les brigades anti-criminalité (les BAC) dans les « cités » actuelles, une même mécanique se reproduit en se restructurant. Il s’agit toujours de maintenir l’ordre chez les colonisés de l’intérieur, de contenir les territoires du socio-apartheid. Le développement des armes « non létales » – Flash Ball, Taser... – propulse aussi une véritable industrie privée de la coercition.

Rigouste montre comment l’expansion du marché international de la violence encadre la diffusion des doctrines de la contre-insurrection et permet de les appliquer à l’intérieur des métropoles impériales.

Cette enquête, fondée sur l’observation des techniques et des pratiques d’encadrement et de ségrégation depuis ceux qui les subissent et les combattent, montre comment est assurée la domination policière des indésirables, des misérables et des insoumis en France."

http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=729

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Extrait du livre "Permis de tuer"

par cjvpourwissam

Extrait du livre "Permis de tuer"

Extrait du livre "Permis de tuer" (page 125)

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Réformisme et révolution

par cjvpourwissam

Réformisme et révolution

Dans le livre « La Révolution » paru aux éditions « atelier de création libertaire » est traité de la question du réformisme et de la révolution.

Pour expliquer l'utilité des deux modes d'actions, il est fait référence à la métaphore du plan d'eau :

« Les actes ne peuvent être utiles que s'ils parviennent à un certain niveau : la ligne imaginaire de résistance.

Sous cette ligne, tous les actes restent stériles. Au dessus de cette ligne, ils obtiennent des succès.

Ce n'est que quand le fondement sera suffisamment rehaussé que la ligne pourra être brisée en plusieurs points.

Relever le niveau pour s'approcher de cette ligne, de cette strate, tient avant tout à la somme des activités réformistes. En d'autres termes, il s'agirait d'épaissir le sédiment de ces actions.

Mais les activités révolutionnaires ne sont pas inutiles quand on est encore loin d'atteindre le niveau de la ligne. Elles peuvent donner une impulsion, et elles peuvent servir d'indicateur pour mesurer sa hauteur comme une sonde qui mesure la profondeur ou l'altitude.

Gardons-nous toutefois de la fausse conclusion, selon laquelle un acte « révolutionnaire » amène nécessairement un résultat révolutionnaire et que les activités « réformistes » n'ont que des résultats réformistes. »

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Le chantage made in mafia policière

Le chantage made in mafia policière

http://www.liberation.fr/societe/2015/04/02/un-policier-condamne-pour-avoir-eborgne-un-lyceen-avec-son-flash-ball_1233807


Plutôt que de condamner un policier voyou qui a visé consciemment au flash ball un adolescent puis a trafiqué une fois n'est pas coutume des procès verbaux, voici la réaction indécente de la mafia policière :
« L’interprétation du jugement est assurée par le syndicat Alliance, classé à droite. Christophe Ragondet, responsable en Seine-Saint-Denis, ne fait pas dans la finesse : «Ce tribunal, et ce n’est pas la première fois, affirme clairement qu’en cas de violences urbaines, le flash-ball ne doit pas être utilisé. Bientôt, il ne nous restera plus que nos poings et notre pistolet. Puisqu’on nous refuse les moyens non létaux, nous laisserons faire en cas de violences urbaines.» »


Il s'agit là d'une rhétorique habituelle de la mafia policière : le chantage.


Derrière ce message, ils sont en train de dire que l'on devrait accepter un peu d'abus en échange de services et de protection.


Est ce qu'il viendrait à l'esprit à un syndicat de professeurs de couvrir des violeurs ?


Est ce qu'il viendrait à un chirurgien de tuer un patient qui l'a insulté ?


Non, la police doit être bienveillante comme pourrait l'être un père avec son fils, on n'a pas à échanger notre protection contre le droit de nous assassiner ou de nous faire du mal. La police sait protéger le citoyen et doit se limiter à cela, protéger tous les citoyens même ceux qu'elle n'apprécie pas.


Là dessus, il faut être attentif, exigeant et intransigeant.


Qu'elle le veuille ou non la mafia policière génère un sentiment « anti-police » chez celui qui l'écoute. Le message qu'elle véhicule c'est : « on ne peut pas mieux faire », celui qui en est victime peut le comprendre et se dire que le problème est alors inhérent à la police et qu'il faut être « anti-police ».


Ceci explique le sentiment « anti-police » grandissant en France et dont la mafia policière n'est pas étrangère.


On est d'abord anti-violences policières, on demande tous à être en sécurité. L'homme ne nait pas pour haïr mais apprend à haïr. On sait qu'elle peut mieux faire, ça ne se passe pas comme cela par exemple en Allemagne.


Et si on nous rétorque que l'on a qu'à aller dans d'autres pays si on n'est pas content et que l'on doit se satisfaire de notre condition alors on répondra d'une part qu'il s'agit là encore d'une énième forme de chantage, on leur répondra aussi que si on les dérange par nos actes ou nos paroles qu'ils partent les premiers, mais on leur répondra surtout que ce n'est pas parce que c'est pire ailleurs que c'est plus acceptable.


On nous dira certainement que l'on ignore la réalité du métier, que les policiers sont des hommes pas des machines. On leur rétorquera que les policiers ne se comportent pas ainsi dans d'autres pays, qu'ils savent très bien ce qu'ils font et à qui ils le font et que c'est bien parce que se sont des hommes qu'ils doivent se servir de leur humanité et restreindre leurs passions destructrices surtout dans le cadre de leurs fonctions.

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Article très riche "Violences policières en France : les six infos qui frappent fort"

http://cfjpromotion69.creatavist.com/violencespolicieres

"Les émeutes de Clichy-sous-Bois ont dix ans. Les violences policières ont-elles faibli depuis ? Qui touchent-t-elles ? Où ? Et de quelle manière ? L'absence de données officielles rend les réponses à ces questions difficiles. Mais nos recoupements montrent que les méthodes musclées de la police n'ont toujours pas évolué depuis la mort de deux jeunes, qui avait précipité l'embrasement des banlieues françaises."

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Lawrence d'Arabie

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Il y a beaucoup à apprendre sur la stratégie opérée par « Lawrence d'Arabie ».

Il se refusa d'attaquer frontalement Médine alors ottomane, mais préféra multiplier des unités d'actions et des leaders qui puissent être à la fois dans la réflexion, dans la relation et dans l'action dans le désert :

- Plus les forces ennemies étaient localement importantes plus il fallait géographiquement s’étaler

- Plus les forces ennemies étaient bien installées plus il demandait à ses troupes d'être fluides, dynamiques

- Plus les forces ennemies étaient matérialement puissantes plus il en appellait à la puissance morale.

Malgré le déficit en nombres, en matériels, il libéra en quelques années l'arabie du joug ottoman.

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"Pourquoi nous sommes les cibles, pourquoi ils sont les assassins"

http://quartierslibres.wordpress.com/2015/03/24/pourquoi-nous-sommes-les-cibles-pourquoi-ils-sont-les-assassins/

« J’ai perdu mon frère dans des conditions très proches de celles dans lesquelles vous avez perdu votre fils. Mon frère qui prenait tant soin de ma mère nous a quitté, il ne reviendra plus. »

Dans une lettre qui a peu circulé, Farid El Yamni s’adresse en ces termes aux parents de Rémi Fraisse, le jeune militant tué par un gendarme pendant la lutte contre le barrage de Sivens dans le sud de la France. Farid écrit cette lettre car il a perdu son propre frère, Wissam El Yamni, victime d’une bavure policière à Clermont-Ferrand pendant son transport au commissariat. Comment faire le lien entre ce que l’on vit ici dans nos quartiers et la mort d’un jeune militant en pleine campagne ? La lettre de Farid est l’expression de ces liens qui se tissent entre ceux qui luttent et dont les causes paraissent pourtant éloignées.

De la Gauthière à Sivens

Regardons en bas de chez nous, filmés par des voisins ou par la famille, les bavures policières jalonnent l’histoire de nos quartiers. Elles sont un choc pour tout le monde et provoquent de brutales prises de conscience qui nous bouleversent et nous obligent à reconsidérer ce que nous prenions pour acquis ou ce qui nous était indifférent jusqu’alors.  Passé l’état de colère et de sidération. vient le moment de comprendre et dans le cas d’une bavure policière de demander justice. On se heurte alors au fait que le meurtre commis par un policier ne sera jamais reconnu comme tel par la société, on comprend peu à peu que cette violence policière n’est pas un fait divers mais une violence couverte par l’Etat. On constate que le ministère fait bloc pour soutenir ses policiers fautifs, que l’État et l’institution judiciaire cautionnent le déni de justice et l’évidence apparaît que tous les citoyens ne sont pas égaux devant la loi. Cette constatation, cette énergie déployée à revendiquer pour la justice, à organiser un comité de soutien, à interpeller les pouvoirs publics est celle du militantisme.

Déplaçons nous de quelques kilomètres, dans la banlieue parisienne en octobre 2010 ce sont des jeunes, des lycéens du lycée Condorcet à Montreuil sous bois, ils manifestent contre la réforme des retraites. L’ambiance est bon enfant. on déplace des poubelles.  L’un des lycéen Geoffrey titube, il vient de recevoir un tir de flashball, il subira 6 interventions chirurgicales, il n’y avait aucun danger pour la police, les PV sont mensongers, la vidéo sera une preuve incontournable pour pouvoir rendre justice.

Éloignons nous encore, à quelques centaines de kilomètres de là, des militants occupent un terrain pour protester contre la construction d’un barrage, ce barrage condamne une partie de la biosphère locale. Il a été décidé sans rapport d’expertise. Le dimanche 26 octobre 2014, le jeune militant Remi Fraisseparticipe à sa première manifestation à l’appel du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, une grenade offensive lancée à tir tendu lui explose dans le dos, il meurt dans la journée.

Pourquoi nous sommes les cibles

Chaque fait politique aussi dramatique qu’il soit nous permet de comprendre une situation. Ces situations mettent en évidence des tensions internes à la société. Il peut s’agir de tensions liées aux inégalités de salaire, au racisme structurel, aux injustices sociales. Toute force qui lutte pour obtenir justice ou droits supplémentaires va s’opposer à une autre force qui n’y a pas intérêt. Le marxisme appelle cela la « dialectique ». En le comprenant, on est mieux à même de saisir pourquoi certaines personnes sont la cible des forces de police. Il ne s’agit pas ici de pointer du doigt un fonctionnaire plutôt qu’un autre, mais d’accéder à la logique que sous-tend cette politique.

Lorsque la police assassine, le choix des cibles révèle l’état des forces dans ce pays. Il ne s’agit pas de cibles symboliques désignées par le gouvernement et qui servent d’épouvantail à la gauche (Dieudonné et Soral, le FN, la galaxie nationaliste, qui sont toujours actifs, institutionnalisés et finalement si peu inquiétés). Il s’agit de cibles réelles,qui payent de leur vie, leur couleur de peau ou leur engagement politique. La police est un corps répressif de l’État, elle est là pour en maintenir l’intégrité, et elle exacerbe les inégalités qui structurent la société. Elle ciblera les éléments désignés comme ennemis intérieurs par le pouvoir. Les militants et les jeunes des quartiers populaires. Les premiers car leurs activités menacent les intérêts de l’État français et du patronat, les deuxièmes car objet du racisme institutionnalisé.

Lutte des classes et écologie politique

Dans un texte intitulé « L’affaire de Sivens ou le spectacle de la nouvelle radicalité », l’officine du Front National, Egalité & Réconciliation continue son travail de sape. Gagner la guerre idéologique, faire passer des luttes d’émancipation, des luttes politiques pour des processus réactionnaires. Lorsque E&R invoque la lutte des classes, c’est pour dire que l’écologie politique tend à la remplacer et que cette dernière est conçue et organisée par les « élites mondialisées » dont on ne sait rien sinon qu’elles servent de mot pour disqualifier tout ce qui s’oppose à la pensée nationaliste.

Le marxisme est une théorie moderne, utile pour comprendre les rapports de classe et les questions économiques, elle permet un regard critique sur les tensions et transformations qui traversent nos sociétés. Il permet de comprendre que les dommages écologiques sont une conséquence de politiques économiques. La mainmise d’entreprises multinationales sur les semences vendues aux agricultures, les politiques du FMI en faveur d’une agriculture intensive, les choix énergétiques, la pollution des sols et des fleuves, ont des conséquences, ces conséquences ne sont pas issues d’une « mystique écologique, censée remplacer la lutte des classes »   Elles sont celles d’une opposition d’intérêts entre les agriculteurs et les grands propriétaires terriens. Entre les partisans d’une agriculture respectueuse de l’environnement et qui prend en compte les réalités locales et celles d’une agriculture intensive soumise aux impératifs d’un rendement maximum. Hélas pour les détracteurs de l’écologie et de la lutte des classes, c’est bien de profit qu’il s’agit ici. C’est bien de capitalisme dont les conséquences sont tant humaines qu’écologiques, nationales qu’internationales.

Au fond ce qui gène le Front National c’est que les luttes des écologistes radicaux s’opposent aux intérêts d’un patronat national en direction duquel il opère un intense lobbying. Il sait qu’un des verrous de l’accès au pouvoir est cette bourgeoisie. Le FN et  Egalité & Réconciliation vendent du rêve en enfumant les classe populaires, ils mettent en scène un ennemi inaccessible « les élites mondialisées… » et tentent de disqualifier toute opposition militante qui ne sert pas son projet. Celui de renforcer la bourgeoisie nationale, rétablir un ordre nationaliste et des valeurs chrétiennes sous l’appellation de « pacte républicain ». Diviser la gauche pour l’empêcher de se rassembler et de penser les termes de son exploitation. Rétablir l’ordre avec le meilleur instrument dont il dispose, le bâton. Celui qui sert à battre les saisonniers immigrés qui revendiquent pour un meilleur salaire, dans les exploitations agricoles ; celui qui sert à battre les pauvres dans les zones de relégation urbaines ; celui qui sert à faire rentrer les militants dans le rang, si ce n’est à les conduire au tombeau.

squat

Nos quartiers sont des Zad

Alain Soral pense que baver suffit à comprendre. Ce n’est pas un hasard si le mot « parasite » revient si souvent lorsqu’il qualifie les militants écologistes. Ce même mot employé par les nationalistes pour désigner nos générations issues de l’immigration si souvent taxées de profiter des aides sociales.

Les militants de Sivens ou de Notre-Dame-des-landes dont les luttes paraissent éloignées de celles des habitants des quartiers populaires, sont plus proches de nous que nous le pensons. La répression dont ils sont la cible nous rassemble dans une communauté de destin. Les ZAD, comme ils ont nommé leurs campements temporaires sont des Zone A Défendre. Nos quartiers aussi sont des Zones à Défendre, contre la présence policière d’une part, contre les promoteurs immobiliers d’autre part, qui organisent l’insalubrité de nos logements pour pouvoir détruire et relouer plus cher et éloigner encore nos quartiers d’habitation des centre ville afin de spéculer sur le prix des logements. Nos quartiers sont eux aussi parfois des ZAD, des zones ou la vie s’organise comme elle peut dans une précarité certaine, mais dans une solidarité qui fait tant défaut au reste de la société.

Seuls ceux qui luttent savent

Seuls ceux qui luttent savent

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Le 18 et 19 avril à saint-etienne

Programme de la 5ème rencontre des luttes des immigrations FUIQP (Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires)

Du 18 au 19 avril 2015 

Samedi 18 avril 2015

Première table ronde

9H00-10H00 : Accueil des participantEs et intervenantEs avec petit déjeuner

10H00-10H30 : Présentation des objectifs du FUIQP et des 5èmes rencontres nationales des luttes des immigrations,

Kamel Badaoui et Said Bouamama Présentation du programme, Sonia Moussaoui

10H35-10H50 : Islamophobie, Ismahane Shouder 10H55-11H10 : Négrophobie, Rokhaya Diallo

11H15-11H30 : Rromophobie : Saimir Mile

11H35-12H05 : Débat

12H05-12H20 : Analyse systémique des discriminations racistes, Said Bouamama

12H20-13H20 : Pause déjeuner

Deuxième table ronde

13H20-13H50 : Violences Policières, Amel Bentounsi et Farid el-Yemni

13H55-14H10: Développement des forces de répression et crise du système capitaliste, Mathieu Rigouste

14H15-14H45: Débat

Troisième table ronde

14H50-15H20 : Sexisme/racisme, Sonia Moussaoui et autre personne en attente de réponse

15H25-15H55 : Débat

16H-16H30 : Pause goûter

Quatrième table ronde

16H30-16H45 : Les chibanis et chibaniyas, Nacer (ATMF)

16H50-17H20 : Mémoire des luttes, Youcef et Kaissa Titous

17H25-18H05 : Débat

Cinquième table ronde

18H10-18H25 : Impérialisme, Kamel Badaoui

18H30-19H : Débat

20H00 : Souper

Dimanche 19 avril 2015

9H-10H : Accueil des participantEs et intervenantEs avec petit déjeuner

10H-10H30 : synthèse de la rencontre Said Bouamama, Kamel Badaoui et Sonia Moussaoui

10H-13H : Débat collectif sur - - Les expériences acquises au FUIQP - Plate- - Site com/infos/journal - La coordination entre les comités FUIQP

Pour réserver ou confirmer votre participation : fuiqp@riseup.net : https://bouamamas.wordpress.com/ http://www.lesfiguresdeladomination.org/index.php?id=208 

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"Purifier et détruire" Jacques Semelin

Comme le signale Jacques Semelin dans son livre "Purifier et détruire", Le meurtre est le résultat d'un long processus qui s'est installé.

 

 

 

Il faut d'abord que le meurtrier se sente dans un univers à la fois de chaos et d'ordre, un univers où les limites ne sont plus claires. L'avènement de cet univers procède d'une inversion des normes : l'état qui devrait être le garant de l'interdit, l'encourage ou le laisse faire ce qui revient au même. Ce positionement ou ce non positionement (qui est aussi un positionement) aboutit à ériger l'impunité en règle, à autoriser la récidive.

 

 

 

Il ne suffit pas d'affirmer que les individus acceptent de tuer parce qu'ils croient qu'ils ne seront pas punis pour cela, il est nécessaire que le groupe métamorphose les individus en tueurs.

 

 

 

Comment se produit cette métamorphose ?

 

 

 

Celle-ci doit d'abord être enfantée par l'idéologie environnante qui appelle à ce sursaut collectif du "nous" contre le "eux" dangereux et nuisible. Qu'on y adhère ou non cette idéologie devenue dominante constitue la matrice sémantique à travers laquelle émergent des modes d'agressions physiques du "nous" contre le "eux". Dès lors, la formation de groupes destinés à défendre l'identité du groupe semble s'imposer d'elle même, d'autant plus lorsque les membres de ce groupe n'ont pas d'autres identités fortes.

 

 

 

Pour qu'il y ait passage à l'acte, il faut que cette idéologie soit associée à "autre chose" afin que l'idée se cristalise en acte de massacrer. Les auteurs qui tentent d'expliquer ce bascullement mettent en avant 3 types d'interprétations :

 

 

 

- La première revient à combiner le facteur idéologique à celui de l'intéret et de l'envie

 

- La deuxième greffe le facteur idéologique à un processus de socialisation et de formation implicite des individus à la violence

 

- La troisième, plus subtile, affirme que le passage à l'acte se produit dans une situation d'effervescence, d'une dynamique collective qui emporte l'individu et qui le conduit à se construire une réprésentation de la victime de nature à lui faire justifier ce qu'il fera, le stimuli qui donne le feu vert.

 

 

 

Comment mettre fin à ce processus ?

 

 

 

Le tueur comme comme tout délinquant est en partie co-responsable de son acte et co-victime. Pour pouvoir mettre fin à ce processus il faut s'attaquer aux différents maillons de la chaîne :

 

- Rappeler à l'Etat et à ses agents que leurs rôles ne sont pas de détraquer la boussole mais plutôt de l'aiguiller, leurs rôles ne sont pas de catalyser la violence réelle ou symbolique mais de l'aspirer.

 

- Combattre l'idéologie qui est portée par la hiéarchie. Il faut pousser les membres de ce groupe à ne pas être dans la consanguinité mafieuse qui enferme les esprits en l'incitant à avoir d'autres identités sociales concomittantes avec celles des "eux".

 

- Combattre l'intéret, l'envie particulier, ainsi que le processus de socialisation et de formation implicite des individus à la violence. Les passions, mêmes les plus louables, ne rendent pas heureux sur le long terme celui qui les recherche, arrivé un moment on tourne en rond, la vacuité s'empare de l'existence.

 

- On ne peut pas combattre le passage à l'acte, une fois que tout a été mise en oeuvre c'est déjà trop tard, échec et mat.

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