RESPECT

par cjvpourwissam

RESPECT

Vu sur : https://nantes.indymedia.org/articles/31442

"Le tribunal de Nantes repeint en rouge : la justice laisse apparaître son vrai visage

À l'aube d'une journée historique de lutte, nous avons voulu rendre manifeste la violence quotidienne de la justice envers les dominé-e-s, qu'ils soient sans-papiers, habitant-e-s des quartiers populaires, roms ou militant-e-s anticapitalistes.

En avril dernier, la procureure de Nantes Brigitte Lamy choisit de ne pas poursuivre les policiers qui ont éborgné les manifestant-e-s anti-aéroport du 22 février 2014.

Une nouvelle fois, la justice entérine le permis de tuer et de mutiler pour la police, en toute impunité.

La justice et la police ont du sang sur les mains. Aujourd'hui, le tribunal laisse apparaître leur vrai visage.

Vengeance pour Freddie, Wissam, Zyed, Bouna, Malik, Rémi, Daranka, Quentin, Damien, Emmanuel et tou-te-s les autres.

De Nantes à Baltimore, ni oubli ni pardon !"

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L'Etat aurait il le couteau sous la gorge comme pour l'aéroport notre dame des Landes ?

par cjvpourwissam

Manifestation du 21 février à Nantes

Manifestation du 21 février à Nantes

Lorsque l'on s'intéresse à l'aéroport notre dame des Landes on peut se dire que l'Etat s'entête dans un projet stupide et suicidaire qui coûte beaucoup plus socialement et économiquement que de l'abandonner.

Et puis, en creusant un petit peu on s'aperçoit que l'Etat a le couteau sous la gorge : il aurait signé avec Vinci une clause qui ferait en sorte que de ne pas construire l'aéroport serait pour lui une hécatombe économique.

La question que l'on peut se poser lorsque l'Etat s'entête c'est quel est le couteau sous la gorge qui empêche l'Etat de garantir l'Etat de droit ?

P.S : Dans l'affaire Wissam, une phrase juste avant la conclusion de la dernière expertise d'un premier abord hors sujet (un peu comme le communiqué de la DDSP suite à la mise en examen du 2ème policier), interpelle finalement.

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ON NE LACHERA PAS !

par cjvpourwissam

Là où croit le péril croit aussi ce qui sauve !

Là où croit le péril croit aussi ce qui sauve !

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Des droits qui ne s'exercent pas sont des droits qui n'existent pas

par cjvpourwissam

Vous aurez beau rechercher des expertises cardiologiques qui prouvent le contraire, parce que ça arrange beaucoup de personnes qui exercent le pouvoir de manière tyrannique et parce que nos vies n'ont aucune valeur, aux jours d'aujourd'hui on peut vous torturer, on peut vous étrangler à tel point que votre cou soit rempli de bleus, on vous accusera ensuite parce que vous avez quelques traces de drogues que vous êtes de morts de drogues et vous ne serez plus là pour vous défendre.

Dans d'autres pays comme en Allemagne ou dans les pays nordiques, on assiste pas à des bavures ou crimes d'état, encore moins à une justification parce que ceux qui sont au pouvoir ou dans la police se remettent en cause et ne cherchent pas à couvrir des actes ignobles. Ceux qui sont actuellement au pouvoir sont responsables directement ou indirectement par leurs actions ou inactions à ce qu'il en soit ainsi en France. Les choses ne changeront que si les politiques en France poussent à ce changement plutôt que d'être dans le déni ou l'opportunisme. Même Barack Obama aux Etats Unis ou bien le président de la république en Israel Reuven Rivlin incitent à se remettre en cause par une introspection de chacun :

http://www.tdg.ch/.../violences-policieres.../story/22917886

http://fr.timesofisrael.com/jerusalem-frictions-entre-police-et-israeliens-dorigine-ethiopienne/

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/12/02/la-police-islandaise-tire-sur-un-homme-pour-la-premiere-fois_3524256_3214.html

Mes amis, tant que ceux qui exercent le pouvoir aujourd'hui seront au pouvoir, il n'y aura pas de droits pour nous. Des droits qui ne s'exercent pas sont des droits qui n'existent pas

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Communiqué de presse "La famille d’un jeune mort lors d’une interpellation policière dans le désarroi face à un nouveau revers"

par cjvpourwissam

La famille d’un jeune mort lors d’une interpellation policière dans le désarroi face à un nouveau revers

Alors que le monde entier porte son attention les crimes policiers aux Etats-Unis et s’accorde pour dénoncer les dysfonctionnements systémiques au sein de la police américaine, les familles de victimes au cours d’interpellations en France essuient un nouveau revers.

Mardi 28 avril 2015, la famille El Yamni, dont le fils Wissam décédait après être tombé dans le coma au cours d’une interpellation à Clermont-Ferrand dans les premières heures du 1er janvier 2012, a reçu les conclusions du collège d’experts nommés dans leur affaire.

Tant attendu pour rétablir les faits constatés par le Chef du Service de Cardiologie et le Chef du Service Anesthésie et Réanimation du CHU de Clermont-Ferrand, le rapport se contente au contraire de réaffirmer la thèse d’un médecin légiste de Poitiers, ville où exerçait par ailleurs le Procureur de Clermont-Ferrand auparavant. Selon le rapport, Wissam El Yamni, 30 ans, serait donc mort d’un arrêt cardiaque dû à une consommation de drogues, « toute autre hypothèse » - notamment celle, avancée par les experts du CHU, de la strangulation par la ceinture qu’il portait ce soir-là et qui n’a jamais été retrouvée, – « étant écartée », sans plus d’explication. `

L’affaire pourrait ainsi être classée.

Cette nouvelle tombe comme un couperet pour la famille, qui, face aux émeutes suivant la mort de Wissam, avait appelé au calme, et à faire confiance à la Justice. Les contradictions entre l’enquête de l’Inspection Générale de la Police Nationale et celle du médecin de Poitiers avaient mené la famille El Yamni à commander l’expertise indépendante auprès du CHU de Clermont-Ferrand. Celle-ci démontrait l’impossibilité d’une corrélation entre une infime trace de drogue dans le sang et un arrêt cardiaque, réaffirmant en revanche les traces évidentes d’une strangulation. C’est suite aux conclusions de cette expertise que le Procureur Général de Clermont-Ferrand avait annoncé, le 10 janvier 2014, qu'un Collège d'Experts entamerait une nouvelle enquête, dont les résultats seraient rendus dans les six mois.

Cette première victoire qui avait donné aux proches de Wissam le sentiment d’une justice possible a un goût amer aujourd’hui. Pour Farid El Yamni, frère de la victime, « un an et demi plus tard, ces conclusions nous donnent tort. Pas dans les faits, mais dans notre appel à faire confiance à la Justice. Lorsque nous voyons la famille de Freddie Gray appeler au calme et à laisser la Justice faire son travail, cela nous prend aux tripes. Nous avons envie de hurler ‘non, laissez faire ces émeutes qui émeuvent le monde entier, et ne comptez que sur vous-mêmes pour faire condamner ses meurtriers !’. Parce que nous savons désormais que la Justice ne protège pas les gens comme nous. Elle protège ceux qui les tuent ».

Article sur les détails de l’affaire : http://www.mediapart.fr/journal/france/311213/mort-apres-avoir-ete-interpelle-bataille-dexpertises-medicales

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Encore un mort dans un commissariat, à Saint-Denis cette fois

par cjvpourwissam

Encore un mort dans un commissariat, à Saint-Denis cette fois

http://paris-luttes.info/encore-un-mort-dans-un-3156

"

Cette fois, on n’aura pas appris le drame plus d’un mois après comme pour Amadou Koumé. Dans la nuit de samedi à dimanche, un homme est mort dans un commissariat de Saint-Denis apprend-on dans « Le Parisien« .

L’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale vient d’ouvrir une enquête après la mort d’un homme dans la nuit de samedi à dimanche après une altercation avec des policiers au commissariat de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Le parquet de Bobigny a donné sa version :

« l’homme est reparti puis est revenu dans l’enceinte du commissariat. Il s’est énervé et l’un des policiers en faction l’a repoussé, ce qui a occasionné sa chute. Sa tête a heurté le sol. »

Il est mort quelques heures plus tard à l’hôpital. Faut quand même chuter sacrément durement pour mourir en se cognant la tête. En tombant de sa propre hauteur, ça paraît étrange.

Mais pour 20 Minutes par exemple, rien d’étonnant. D’abord, il l’avait bien cherché : "Il avait tenté d’entrer dans un commissariat", rien que ça !

Quant à l’explication, elle est simple pour nos fins limiers jamais à court d’explications pour excuser les meurtres policiers (y compris avec des grosses fautes). Aujourd’hui donc, cet homme qui avait commis le crime d’après 20 Minutes de vouloir entrer dans un commissariat est mort à cause… de la malchance :

L’homme, qui était « passablement énervé », a voulu s’en prendre à un des policiers en faction « qui l’a repoussé avec la paume de la main », ce qui a provoqué sa chute, a décrit une source policière. « Par malchance, ajouté celle-ci [sic], en tombant, sa tête avait heurté l’arrête du trottoir »

Une mort, qui comme toutes les autres qui impliquent des flics, risque une nouvelle fois de ne pas avoir d’explication. Même Amnesty se disait récemment, dans un rapport international, préoccupée par « l’impartialité et l’exhaustivité des enquêtes menées par les autorités judiciaires » concernant les violences commises par la police française."

P.S :

Alors que les faits se sont déroulés à Saint Denis (Nord de Paris), ils ont décidé de le transporter non pas à l'hôpital le plus proche mais à un hôpital qui nous est familier : la pitié salpétrière sur la rive gauche de la Seine, là où la médecine légale dédouanera d'ailleurs les policiers. Ce n'est peut être qu'un hasard ...

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Michael Jackson - They don't care about us

par cjvpourwissam

Michael Jackson - They don't care about us

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"Reprenons l'initiative" Samedi 9 Mai

par cjvpourwissam

"Reprenons l'initiative" Samedi 9 Mai

Le mois de Mai sera chargé :

- 2 Mai : manifestation en hommage à Amine Bentounsi tué d'une balle dans le dos à Noisy le sec http://www.urgence-notre-police-assassine.fr

- 3 Mai : manifestation avec nos amis Mexicains venus d'Ayotzinapa, France - Mexique même combat http://ayotzinapaenlutte.blogspot.fr

- 4 Mai : débat avec nos amis d'Ayotzinapa sur Saint Ouen http://ayotzinapaenlutte.blogspot.fr

- 8 Mai : débat avec les indigènes de la république et Angela Davis http://indigenes-republique.fr/8-mai-2015-le-pir-fete-ses-10-ans-avec-angela-davis-2/

- 9 Mai : "Reprenons l'initiative" à Genneviliers (voir ci-dessous) http://reprenons.info

- 15 Mai : concert et débat en compagnie de familles victimes de violences policières et en préparation du procés de Ziad et Bouna (à confirmer)

- 18 Mai : rassemblement devant le tribunal de Bobigny http://zyed-bouna-18-mai.com

- 23 Mai : repas et débat à Clichy (à confirmer)

"Reprendre l’initiative, c’est définir ensemble l’antiracisme dont nous avons besoin pour réagir. Il est temps de dire la responsabilité des responsables politiques. À les entendre, nos gouvernants ne font que refléter le racisme social ; en réalité, ce sont leurs politiques de racialisation qui l’alimentent. Il faut donc repolitiser l’antiracisme.

10h00/13h00 PLÉNIÈRE : DE QUEL ANTIRACISME AVONS-NOUS BESOIN AUJOURD’HUI ?

Prises de paroles militantes d’animateurs de collectifs en luttes : Zouina Meddour, Salah Amokrane, Laurent Levy, Nacer El Idrissi , Saimir Mille , Abdelaziz Chaambi, Michel Sybony, Fatou, Hamé, Saïd Bouamama, Farid El Yamni, Almamy Kanouté, Farid Bennaï Aloune Traore, Claudia Charles, Denis Godard, Idrissa Sy, M’hamed K’haki ….

L’islamophobie légitimée par l’État depuis les débats qui ont accompagné l’adoption de la loi sur les signes religieux en 2004, la négrophobie défendue par un président de la République depuis le discours de Dakar de 2007, la Rromophobie encouragée par les ministres de l’intérieur des majorités successives, etc. : un seuil qualitatif est franchi dans le développement d’une politique de racialisation impulsée par l’État qui peut d’ailleurs la déléguer ensuite aux collectivités locales. Ces discours ont des conséquences bien réelles : on voit les effets de cette politique dans la hausse des agressions et crimes racistes.

-13h00à 14h30: pause déjeuner

14h30à17h00: ATELIERS : POUR UN ANTIRACISME DE COMBAT

Animateurs/modérateurs : Said Bouamama , Eric Fassin, Nacira Guénif-Souilamas , Pauline Picot, Serge Guichard ,Zouina Meddour , Farid Bennaï

Atelier 1 : Le combat idéologique

Quels sont les verrous de la pensée qui entravent la force d’un mouvement antiraciste à la hauteur des enjeux politiques pour résister aux illusions et aux dangers de l’intégrationnisme, de la thématique du « racisme anti-blanc », de l’antiracisme moral, etc. ? Comment mener un combat idéologique efficace contre les nouvelles figures du racisme ? Quels outils pour ce combat ?

Atelier 2 : Les mobilisations militantes

Quelles mobilisations militantes contre les nouvelles formes de racisme ? Quelles mobilisations spécifiques sur chaque forme de racisme mais aussi quelle convergence construire ? Quelles luttes développer contre la racialisation d’État et la politique de la race municipalisée qui en découle ? Quelles alliances égalitaires avec les mouvements actuels ou futurs des racisés ? Quelle initiative centrale de visibilisation politique de Reprenons l’initiative ?

Pause café: 17h00à17h30

17h30à 19h30: PLÉNIÈRE : AGIR A LA HAUTEUR DES ENJEUX

Saïd Bouamama, Michèle Sibony , Serge Guichard

• – Restitution des ateliers
• – Quelles actions communes avec quels objectifs et quelles échéances.

20h30 à 22h30: Soirée musicale : Origines Contrôlées en concert avec la participation de Hamé"

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"Chaque résistance vient dire j’existe" Yann de Toulouse

par cjvpourwissam

"Chaque résistance vient dire j’existe" Yann de Toulouse

http://www.reporterre.net/Impunite-policiere-le-droit-de

"Impunité policière : le droit de manifester est en danger

27 avril 2015 / Nicolas de La Casinière (Reporterre)

Accentuée après la mort de Rémi Fraisse et les manifestations qui ont suivi, la répression se banalise, offre l’impunité aux policiers et menace dangereusement le droit de manifester.

- Nantes, correspondance

La procureure de Nantes, Brigitte Lamy, n’apprécie pas d’être désignée publiquement. Dire que son classement sans suite des plaintes de manifestants équivaut à protéger la police relève, selon elle, de l’injure publique. Elle vient de porter plainte personnellement contre une affichette publiée notamment par un compte Facebook « Nantes révoltée », présentant son nom et sa photo et portant ce commentaire éclaboussé de gouttes de sang : « Brigitte Lamy, procureure de la République à Nantes protège les policiers qui blessent et mutilent. »

Cette controverse fait suite à l’impunité apparente de policiers auteurs de tirs qui ont éborgné trois manifestants le 22 février 2014, quand 525 tracteurs défilaient dans Nantes aux côtés de 40 à 60 000 personnes, avant que de violents affrontements éclatent avec la police.

Outre trois victimes, dont deux journalistes, atteints aux jambes par des tirs de balles de caoutchouc dur, trois personnes ont donc perdu l’usage d’un œil après un choc violent vraisemblablement dû à des tirs de LBD 40 (Lanceurs de balle de défense, tirant des projectiles de 40 mm de diamètre). Personne n’ayant témoigné pour décrire des scènes où les manifestants se seraient blessés entre eux, la violence est à l’évidence d’origine policière.

Malgré une enquête confiée à l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale, et de nombreuses vidéos et témoignages, la procureure a donc décidé de classer en bloc les six plaintes contre X pour violences volontaires.

Circulez, il n’y a rien à voir

Explication de Brigitte Lamy pour opposer une fin de non recevoir à une de ces plaintes, celle de Quentin Torselli, le plus gravement atteint, puisque cet ancien charpentier obligé d’abandonner son métier vit désormais avec une prothèse de globe oculaire : « L’examen de cette procédure ne justifie pas de poursuite pénale au motif que : les faits ou les circonstances des faits dont vous vous êtes plaint n’ont pu être clairement établis par l’enquête. Les preuves ne sont donc pas suffisantes pour que l’affaire soit jugée par un tribunal. » Et : « Selon les cas, la nature exacte du projectile n’a pu être déterminée et, ou nous n’avons pas d’auteur identifié. »

Nathalie Torselli, la mère de Quentin, s’insurge : « Plus d’un an d’enquête, menée par l’IGPN de Rennes, pour aboutir au fait que Quentin s’est sans doute tiré un coup de flashball dans l’œil tout seul, comme un grand. Quid des vidéos et des témoignages accablants pour la police ? »

Le classement sans suite ne provoque pas irrémédiablement l’arrêt des procédures, mais il complique les démarches : les victimes doivent se constituer partie civile auprès du doyen des juges d’instruction pour relancer la machine. Et ce après un an de perdu à faire confiance à la justice pour suivre des pistes évidentes qui auraient mérité d’être menées à bout, même si l’identité des auteurs n’est pas flagrante en début d’enquête. Après tout, c’est le quotidien banal de toutes les instructions judiciaires : resserrer les présomptions sur les auteurs présumés quand un groupe est suspect et traduire devant un tribunal ceux qui paraissent les plus impliqués.

L’IGPN a visionné les images d’hélicoptère qui permettent de savoir de quel groupe policier chaque tir est parti. Dans chacune de ces unités, les policiers à qui l’on confie un LBD ne sont pas légion. On aurait pu aller jusqu’à cette phase de « recherche de la vérité » comme disent les juristes. Ces policiers n’ont pas eu à répondre devant des enquêteurs ou un juge de leur éventuelle responsabilité dans les mutilations avérées. Si on ne peut pas dire qu’il ont été« protégés », quel terme choisir ? Qu’ils ont « bénéficié de l’impunité » ?

Comme la procureure porte plainte en son nom propre, la procédure sera « dépaysée », menée par une autre juridiction que le tribunal de grande instance de Nantes.

Classements et non-lieux

Le 2 avril dernier, à Montbéliard, le juge d’instruction a rendu « une ordonnance de non-lieu à l’égard du fonctionnaire de police mis en examen pour avoir blessé (...) par un tir de flash-ball, le jeune Ayoub Bouthara ». Ce non-lieu blanchit le policier qui en février 2011 a tiré au flashball sur Ayoub, alors âgé de 17 ans, visé alors qu’il attendait un bus et que la police intervenait pour séparer deux bandes de jeunes qui s’affrontaient.

Selon le communiqué de la procureure Thérèse Brunisso, « l’information judiciaire n’a pas permis d’établir à l’encontre du policier d’infraction pénale, qu’il s’agisse de violences volontaires, la décision de tirer étant justifiée au regard des circonstances, aucune faute pénale d’imprudence, de négligence, d’inattention ou d’inobservation des règlements n’étant caractérisée ».

À Toulouse, classement sans suite le 26 janvier 2015 pour Yann Zoldan, touché par un tir de flashball lors d’une évacuation d’un squat, avec une conclusion stupéfiante de l’IGPN : « Sur la base des témoignages extérieurs, du profil de la victime et des autres manifestants, M. Zoldan étant effectivement membre de la mouvance écologique radicale susceptible de se livrer à des actions violentes sur le territoire national, l’emploi du lanceur de balles de défense par le brigadier Benoît Kieffer, au demeurant excellent fonctionnaire, très apprécié de sa hiérarchie, doit s’envisager dans le cadre d’une riposte et relève de la légitime défense des personnes et des biens visée à l’article 122-5 du Code pénal, la blessure au visage de M. Zoldan ne se révélant en outre aucunement intentionnelle. »

Il faudrait savoir, c’est un accident ou de la légitime défense ? A moins que la réputation suffise : car après le fantasme policier de mouvance anarcho-autonome pour justifier l’opération de Tarnac, en 2009, voilà une nouvelle catégorie justifiant tout, la « mouvance écologique radicale susceptible de se livrer à des actions violentes ».

Après le tir policier, Yann a été évacué en sang aux urgences où il a entendu cette phrase terrible : « Rassurez-vous : vous avez la chance d’être encore en vie. À quelques centimètres près, vous étiez mort... » L’arme dite « sub-létale » ou « non-létale » a donc ce pouvoir de mort.

Pour Yann, « nous avons été désigné.e.s comme tuables, éliminables, comme d’autres personnes marginales ou opposant.e.s de l’histoire, des individu.e.s qui ne représentaient plus une valeur humaine (…) Chaque résistance vient dire j’existe et c’est bien cette existence que la police attaque ».

Criminalisation manifeste

À Toulouse toujours, Gaëtan Demay, étudiant en histoire de l’art et archéologie a été condamné à de la prison ferme pour le simple délit d’avoir manifesté. C’était le 8 novembre 2014 en hommage à Rémi Fraisse tué par les gendarmes à Sivens. Toutes les hypothèses de parcours de la manif ayant été refusées par la préfecture de Haute-Garonne, elle se trouve de fait interdite. Résultat : Gaétan a été condamné le premier avril en appel à deux mois de prison ferme, quatre avec sursis et 1100 euros d’amende.

La version de la police l’accuse de violence et outrage à agent, ce que l’étudiant nie, affirmant avoir été matraqué et jeté au sol alors qu’il envoyait un texto via son téléphone, un peu à l’écart de la foule. « Depuis vingt ans, le nombre de poursuites pour outrage et rébellion ne cesse d’augmenter. Ce délit est devenu une menace permanente que les policiers peuvent utiliser à tout moment. C’est un outil d’intimidation et de répression qui permet de justifier a posteriori l’usage de la violence et la mise en garde à vue lors d’interpellations musclées », notait déjà en 2012 la Ligue des Droits de l’Homme.

L’utilisation abusive de ces délits d’outrage et de rébellion peut même être d’un bon rapport pour les policiers qui bénéficient systématiquement d’un avocat rémunéré par l’administration et encaissent personnellement les montants des dommages et intérêts. En décembre 2013, unrapport officiel de l’Inspection générale de l’administration publié par le ministère de l’Intérieur« reconnaît l’existence de fonctionnaires habitués de démarches chez le juge mais n’est pas en mesure de quantifier précisément le phénomène ».

Rares policiers condamnés

Dans cet ensemble de procédures où la justice décide de ne pas donner suite, une seule décision inverse, la condamnation le 2 avril 2015 du policier Jean-Yves Césaire, pour violences volontaires aggravées et faux et usage de faux par le tribunal correctionnel de Bobigny à un an de prison avec sursis, deux ans d’interdiction de port d’arme et surtout un an d’interdiction d’exercer. Ce policier avait tiré sur Geoffrey Tidjani à Montreuil en 2010 alors qui participait à un simple blocus devant un lycée.

Seuls deux autres policiers ont été condamnés pour des faits similaires, l’un pour avoir éborgné Séjou en 2005 (il a reconnu les faits) et un autre condamné à deux ans avec sursis pour avoir tiré sur Steeve, 9 ans, à Mayotte…

Droit de manifester en danger

L’impunité qui très majoritairement solde les poursuites pour violences policières traduit un climat qui pourrait bien avoir pour but de rendre les manifestations dangereuses pour les participants et donc porter atteinte, par la peur, au droit constitutionnel de manifester. Intitulé « Manifester en France, c’est risquer de finir en prison », un texte a été publié par le quotidien Libération les 17 et 19 avril, et signé d’universitaires et d’intellectuels (y compris des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, du Brésil, de Slovénie), parmi lesquels figurent le réalisateur britannique Ken Loach ou le philosophe Jacques Rancière

La manif, paradigme hexagonal

Rappelant que le 11 janvier après les attentats contre Charlie hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, « comme le notaient alors les correspondants de la presse internationale, c’est à travers la "manif", sorte de paradigme hexagonal de l’expression collective, que les Français avaient décidé d’exprimer leur émoi », cette tribune souligne le glissement du droit de manifester vers une menace physique maintenue par le pouvoir sur ce bien commun démocratique :

« Que ce soit à Notre-Dame-des-Landes, à Sivens, à Nantes, à Lyon ou à Toulouse, ce n’est pas tous les jours le 11 janvier. Manifester, oui, mais pas pour saluer la mémoire du jeune militant écologiste tué par un tir de grenade de la gendarmerie, Rémi Fraisse, dans la nuit du 25 au 26 octobre. Manifester, oui, mais pas contre la série de violences policières commises par la suite à l’occasion de plusieurs manifestations interdites en préfecture. Manifester, oui, mais pas contre l’interdiction de manifester elle-même. Ces interdictions qui se sont répétées sur l’ensemble du territoire sont une atteinte grave et révoltante à un droit démocratique fondamental. »

Menacé par une plainte de la justice pour des propos sur le sabotage du projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin, dans une interview accordée au Huffington Post italien, l’écrivain italien Erri De Luca a porté son soutien au Toulousain Gaétan Demay, soulignant combien « le droit à manifester est un droit non négociable ». Mais contre les tirs délibérés de la police et son impunité une fois les mutilations commises, où est la marge de non négociation ?"

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One day

par cjvpourwissam

Glory

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