« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots »

par cjvpourwissam

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots »

«

Quant il rentre chez lui, Monsieur est accueilli par les reproches de Madame (cause). Il est donc tenté de rentrer de plus en plus tard, pour éviter cette mauvaise ambiance (conséquence).

Le soir, en rentrant de son travail, Madame est seule pour gérer la maisonnée (cause). Elle n'est guère portée à la bonne humeur quand Monsieur rentre tard (conséquence).

Chacun des deux protagonistes va adopter une explication linéaire de la situation :

  • Point de vue de Monsieur « L'ambiance familiale est détestable (A), donc je l'évite (B) »

  • Point de vue de Madame « J'ai seule la charge des enfants après ma journée de travail (A), donc je ne suis pas de bonne humeur (B) »

Pour un intervenant, la situation est compliquée. Pour sortir de cette impasse, il a intérêt à agir de façon bienveillante, circulaire, systémique et non simpliste. Il demandera à chacun, individuellement, des petits changements :

  • A Monsieur, de diminuer ses rentrées tardives ne serait-ce qu'une fois par semaine

  • A Madame, de remplacer les reproches par un sourire chaque fois que Monsieur rentrera tôt, même si ce n'est qu'une fois par semaine au début

Le pari c'est qu'en introduisant un changement, même mineur, dans la nature du « tennis relationnel » c'est la relation dans son ensemble qui, progressivement, va évoluer. »

Si de manière duale on fait une analogie avec la mort de Wissam, ça donne :

« Wissam a été dans sa vie humilié par la police (cause). Il a nourrit la haine de la police (conséquence).

La police a l'impression que les « Wissam » ne respectent rien (cause). Elle nourrit une haine des « Wissam » (conséquence).

Chacun des deux protagonistes va adopter une explication linéaire de la situation.

  • Point de vue des « Wissam » : « L'Etat n'est pas bienveillant, il nous porte éternellement l'étiquette de délinquant même lorsque l'on est victime, nous n'avons pas à le respecter »

  • Point de vue de la police : « Nous n'avons pas à respecter des personnes qui commettent des actes de délinquance »

On pourrait demander aux « Wissam » et à la police de faire des efforts. Mais ça ne fonctionne que s'ils sont partagés. C'est ce que l'on a essayé de faire ... Le problème c'est que chacun ne voit pas les efforts que l'autre fait et il les considère comme normal parce qu'il ne ressent pas la souffrance de l'autre et est enfermé dans ses habitudes. Respecter les règles lorsque l'on se sent victime et injustement traité ça tient de l'exploit.

Pour pouvoir résoudre le problème réellement, il faudrait une vraie médiatrice : la justice. C'est elle qui ferait évoluer la relation dans son ensemble.

Malheureusement, du point de vue des « Wissam », elle est perçue comme complice de la malveillance de l'Etat et du point de vue de la police comme complice du laxisme vis à vis des « Wissam ». »

Nous sommes dans une impasse parce que chacun refuse de voir que l'on est dans un système complexe. La police dit défendre l'ordre républicain. Ceux qui combattent les violences policières disent défendre l'ordre moral.

On est depuis l'école primaire conditionné à privilégier la logique linéaire basée sur des axiomes simples : 1+1= 2. C'est ainsi que l'on apprend dans les premiers âges à acquérir des notions : on sépare un problème complexe en petits problèmes simples résolubles par mimétisme linéairement. L'injonction culturelle à l'immédiateté pousse aussi naturellement à avoir une vision simpliste du monde basée sur ses sens. Parfois cette logique est légitime lorsque le périmètre est limité.

Pour les relations humaines, on devrait penser système : la cause d'un problème simpliste peut en réalité être la conséquence d'un autre problème. Si on pousse la boule, on peut se rendre compte que la solution rapide d'un problème peut en réalité être le problème lui même. Si on applique une logique linéaire là où on devrait appliquer une logique système, on crée un problème plutôt que de le résoudre en cherchant à le résoudre. C'est ce que semble faire l'Etat actuellement.

Causes et conséquences s'enchainent non pas de façon linéaire (A entraine B), mais circulaire (A entraine B, qui rétroagit sur A et ainsi de suite).

Dans une interaction circulaire répétitive, il n'y a que deux acteurs aux actions interconnectées qui se renvoient la balle et qui de l'extérieur semblent jouer et se victimiser de manière puéril comme au bac à sable. Chacun est coauteur de la situation, et donc coauteur du problème dont, par ailleurs, il se plaint.

Il faut être vigilant parce que le tennis relationnel peut avoir un effet cascade lorsqu'une idéologie partagée dans chaque camp s’infiltre, c'est à cela que l'on assiste aujourd'hui. C'est aussi le cas du conflit israelo-palestinien. On peut atteindre un point de non retour où la souffrance, l'antipathie, la perte de la dignité sont telles que la destruction de l'autre apparaît comme la seule solution possible.

C'est visiblement en ce sens que l'on peut comprendre la phrase de Martin Luther King.

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‘You promised us your Republic, you promised us values, now it is clear that it was all a farce.’

par cjvpourwissam

‘You promised us your Republic, you promised us values, now it is clear that it was all a farce.’

http://www.irr.org.uk/news/licence-to-kill/

A recent community campaigning book from France on deaths in police custody shows just how alarmingly similar the French experience is to that in Britain.

On 21 August 2014, Abdelhak Goradia (51), an Algerian undocumented migrant, died in a police van on his way to Roissy airport, near Paris, to be deported. A police spokesperson initially said that he had died of a cardiac arrest in the back of the van, claiming that a police officer had unsuccessfully tried to revive him. However, the post-mortem showed that Goradia had died from choking on his own vomit, and those close to him who saw his body said that there were one or two bruises on his face that they were unable to account for. For now, what is known is that Goradia, the father of a 6-year-old boy, lost his life in that van with police officers.

A chronicle of police impunity

It is this struggle to uncover the truth and for justice (and ‘struggle’ here is no exaggeration) that an illustrated 200-page book entitled Permis de Tuer: chronique de l’impunité policière (Editions Syllepse, Paris, 2014) documents. Edited by the Collectif Angles Morts, a group involved in the struggle against police crimes and violence, it consists of essays by and interviews with activists and loved ones of those who have died during or after encounters with the police in France. The parallels with the experiences recorded in Dying for Justice, the recent report from the IRR on deaths in custody in the UK, are telling. While the Collectif is unable in the introduction to give an accurate number of those who have died in police custody, the groups estimate that hundreds have died over the past three decades since 1981 (the abolition of the death penalty in France), averaging around ten deaths a year. A large proportion of the deaths, and the deaths that the Collectif focuses on, are those of young, second-generation Arabs and Africans, often living in the Parisian banlieues.

This book does not claim to be comprehensive, but instead goes into the details of only six cases of deaths during or after encounters with the police; Youssef Khaïf (23), who was shot by a police officer in a suburb of Paris in 1991; Lamine Dieng (25), who died in a police van in Paris in 2007; Abdelhakim Ajimi (22), who was strangled to death in Grasse in 2008; Wissam El-Yamni (30), who died in Clermont-Ferrand in 2012 after a violent encounter with the police that left him in a coma for a week; Amine Bentounsi (29), who was shot in the back by a police officer in Paris in 2012; and finally, Lahoucine Aït Omghar (25), shot five times by a police officer in Montigny-en-Gohelle in 2013.

The title of the book comes from a comment made by the mother of Youssef Khaïf, an activist in Mantes-la-Jolie heavily involved in protests against police violence and the oppression of residents of the banlieues, who died on 9 June 1991 after being shot by a police officer during a chase. On exiting the court ten years later where the officer was acquitted, Khaïf’s mother said that the court had ‘given the police the licence to kill’, and throughout the essays and interviews the idea that ‘the police kill, the justice system acquits’ is reinforced time and time again.

The fight for justice: a familiar story

In all of the struggles described in this book, the recurring one is that for truth and justice after a death. When Khaïf’s mother commented on what she perceived to be the judicial system, the press and politicians working together for the final verdict, the acquittal of the police officers involved, she was echoing a sentiment felt by many families both nationally and internationally. The interviews and pieces written by activists and friends/family members of those killed describe an arduous process, made more difficult by shock and grief: the first hurdle is finding out the circumstances in which the person has died; waiting for the post-mortem to either give credence to or contradict the police officer(s) version of events; the battle with the press, police and politicians over the narrative surrounding the death; and, finally, after families’ and activists’ own investigations to uncover the facts about the cause of death, hindered by police opacity, there is sometimes a trial and appeal.

What is discussed at length, throughout, is the demonisation of those killed by the police and of those who protest after a death. Samir Baaloudj and Nordine Iznasni, from the activist group ‘Mouvement de l’immigration et des banlieues’ (MIB), describe this process: ‘If they are able to discredit the person because they have a history, they will say “he is known to the police force”. Nowadays, when something happens, straight away it is someone from the police federation that speaks.’ How similar that sounds to the shooting of Mark Duggan and the swift, and successful, attempts of the press and police to label him a ‘gangster’, someone who acted violently and was deserving of the violence that he was met with that day.

Such demonisation goes on to cloud the judgement of the court and serve as protection for state and police violence. The presiding judge in the case against the police officer involved in the death of Abdelhakim Ajimi, who died in 2008 in Grasse (after being restrained by several police officers and placed in a chokehold for a prolonged period of time only a few metres from his home) said of the case and Ajimi: ‘The use of legitimate violence is in the hands of the state … if a police officer stops you, you must let them … if Abdelhakim had lived, he would have had to answer for his violence against the police.’ Even after his violent death at the hands of nine police officers, Ajimi is put on trial.

The idea that the police’s use of sometimes deadly violence is legitimate if a person resists arrest in any way, in and of itself perceived as proof of guilt, is widespread. In cases across the world, both the police and the press have exploited this perception of guilt in order to justify police killings. In the case of Jean Charles de Menezes, a Brazilian man who died in London in 2005 after being mistaken for a ‘terrorist’ and shot by the police eight times, misinformation from police quarters immediately justified the killing. De Menezes had worn a suspiciously heavy coat on a hot day, he jumped over ticket barriers running away from police after he allegedly ignored warnings to stop. In South Carolina, Walter Scott was killed on 5 April 2015 after he was stopped and shot eight times in the back by Officer Michael Slager while he was running away. The officer claimed that Scott had fled with his taser, an account that was believed until it was contradicted by witness video footage.

Though the privileging of the word of the police officer in the courts and the press clouds the judgement of the public, activists from the MIB and family campaigns believe that the struggle for the narrative and winning over public opinion is important. Nordine and Samir both state that ‘the second victory is successfully establishing the truth… this is a political victory… You search for the truth, and you must obtain it no matter what.’ While the MIB is generally pessimistic about winning the battle in the courts, it believes that through this struggle to reveal the truth, the pursuit of justice is put into the hands of the affected communities.

Mechanics of the struggle

When asked by the Angles Morts about the support that the MIB is able to provide to families, and how others, particularly within local communities, can help the families in their search for justice, Baaloudj focuses on the financial demands of the legal process. While there is a system of means-tested legal aid in France, it is the families who are assisted financially by the MIB to find a lawyer, who have had the most successes in court. The families themselves cite varying difficulties that they face during their ordeals, from financial problems, to police harassment (often leading to the prosecution of protesters), to a lack of wider support on demonstrations.

Ramata Dieng, the sister of Lamine Dieng (25) who, on 17 June 2007, died of asphyxiation after police officers used a chokehold on him, details the work of the Truth and Justice Committee for Lamine that family and friends set up. Such a committee and that for Abdelhakim Ajimi, too, allow for solidarity across campaigns, for experiences of the police and legal struggles to be exchanged and to learn from past struggles, the French equivalent of the family campaigns in the UK which make up the United Families and Friends Campaign (UFFC).

The parallels in the book with what happens to families in the UK are uncanny – but not surprising. What Ramata and others discuss here is the difficulty of maintaining support from the public and wider communities. While directly after a death, it is easy to mobilise hundreds if not thousands on the streets to show their opposition to the police violence that tears through communities, it is more difficult to sustain the momentum over the months and years. Such frustrations were aired last October at the UFFC annual procession from Trafalgar Square where members of family justice campaigns called for more people to join the UK struggles for justice, outside the Crown Prosecution Service, at court supporting families, and on wider demonstrations. As the editors of the book write, ‘In the face of this impunity that authorises the police to continue to spread their violence, only self-organisation and struggle have at times brought about justice.’

Struggles for justice today

Because the book only describes six cases of deaths in France, albeit in vivid detail, it does not discuss the most contemporary ones. In just over a month, a criminal court in Rennes will announce its verdict in a high-profile case involving two police officers in the deaths of Zyed Benna (17) and Bouna Traoré (15).

On 27 October 2005, Benna, Traoré and Muhittin Altun (17), who had finished playing football and were walking to their homes for iftar (Ramadan meal) in Clichy-sous-Bois, on the outskirts of Paris, were chased by police, and subsequently hid in an electricity substation. Benna and Traoré were killed by tens of thousands of volts of electricity, and Altun survived with severe burns. The police officers are being charged with ‘non-assistance to a person in danger’ and could face up to five years in prison and a €75,000 fine for allegedly failing to come to the boys’ aid and to notify the energy company that they were in the substation.

Throughout, the legal process has been a struggle for the families, who say that they have been unable to grieve and are still seeking the truth and closure. An initial investigation recommended that the police officers face trial, but the state prosecutor appealed this decision on the basis that the police officers had committed no crime; the case was dropped. The families of the two boys fought the decision in higher appeal courts, finally bringing the case to a five-day trial in March this year. In spite of the difficult ten years that the families have waited for the case to be brought to trial, the prosecution requested an acquittal, and the judge remarked to the officers, ‘I salute your courage … you are a testament to how much the Republic would be weakened without its police force.’ Here the words of Farid El-Yamni, the brother of Wissam El-Yamni who was beaten and tear gassed by police officers, thrown unconscious into a police cell, and later died in hospital in 2012, are most pertinent: ‘You promised us your Republic, you promised us values, now it is clear that it was all a farce.’

RELATED LINKS

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Download an IRR report: Dying for Justice

Collectif Angles Morts

A toutes les victimes des Etats policiers

Editions Syllepse

Résistons Ensemble contre les violences policières et sécuritaires

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Appel à mobilisation nationale le 18 Mai

par cjvpourwissam

Appel à mobilisation nationale le 18 Mai

http://zyed-bouna-18-mai.com

Le 27 octobre 2005 à Clichy-Sous-Bois, une dizaine d’adolescents qui sortent du foot sont interpellés par la police et prennent la fuite par peur d’un contrôle. Pris en chasse par plusieurs voitures de la BAC, Zyed, Bouna et Muhittin se réfugient dans un transformateur EDF. Vingt minutes plus tard, Zyed et Bouna meurent électrocutés. Muhittin, gravement brûlé, parvient à prévenir les secours.

Le 18 mai prochain, la cour d’appel rendra publique sa décision au sujet des deux policiers mis en examen dans cette affaire. Inculpés au départ pour mise en danger délibérée, la justice ne retient plus aujourd’hui que la non-assistance à personne en danger pour les deux seuls policiers mis en cause.

Après dix ans de batailles judiciaires et une relaxe confirmée une première fois en appel, quelque soit le verdict il ne sera jamais pleinement satisfaisant. Dans de trop nombreux cas les policiers mis en cause bénéficient d’une impunité judiciaire et sont traités comme des citoyens au-dessus des lois (Amnesty International, avril 2009).

Insultes, contrôles d’identité abusifs, brimades, mutilations, autant de pratiques qui constituent une violence quotidienne. Ali Ziri, Abou Bakari Tandia, Mohammed Boukrourou, Lamine Dieng… Nous ne parlons pas ici d’accidents ou de bavures, mais d’une violence d’Etat dont la justice se fait complice. Faut-il s’étonner des révoltes dans les quartiers populaires ?

Le 18 mai nous ne nous tairons pas ! Ces combats ne s’arrêtent pas aux portes des Palais de justice. Dans la rue, la lutte se construit et la solidarité s’organise.

Des familles et des collectifs se retrouveront devant la cité judiciaire de Rennes à 14H30.

En île-de France, rassemblement à 19H devant le tribunal de Bobigny, lieu de tous les non-lieux.

Rassemblons-nous devant tous les tribunaux de France à partir de 19h pour montrer que nous n’oublions pas !

zyedbouna18mai@gmail.com

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La police assassine : Amadou Koumé, mort au commissariat du Xe

par cjvpourwissam

La police assassine : Amadou Koumé, mort au commissariat du Xe

Voltaire, Robespierre, Hugo, Lamartine, Maupassant, Zola ...

Vous qui fîtes honneur à la France , venez voir ce que les Sarkozy, Valls et Hollande et beaucoup d'autres, ont fait de la France des droits de l'homme.

http://paris-luttes.info/la-police-assassine-amadou-koume-3114

"On a appris ce matin la mort d’une personne entre les mains de la police. Une énième victime des pratiques policières d’étranglement.

Le secret avait été bien gardé depuis un mois et demi par la police et la justice. On apprend ce lundi 20 avril sur LeParisien.fr la mort d’un homme au commissariat du 10e arrondissement, (rue Louis-Blanc), dans la nuit du jeudi 5 mars au vendredi 6 mars. Âgé de 33 ans et papa de deux enfants, Amadou Koumé était originaire de Saint-Quentin dans l’Aisne, en Picardie.

Comme souvent, la mort entre les mains des flics a vite été requalifiée en homicide involontaire.

Selon les premiers éléments de l’enquête, Amadou a été interpellé le 6 mars à 0 h 5 alors qu’il tenait des propos incohérents. « Il n’était manifestement pas bien, détaille une source judiciaire. Quand les policiers ont voulu le menotter, il s’est débattu. Ils ont dû procéder à une manœuvre d’étranglement pour lui passer les menottes. À l’arrivée au commissariat à 0 h 25, ils se sont rendu compte qu’il était amorphe. Le Samu a tenté de le ranimer, en vain. » Le décès d’Amadou a été officiellement constaté à 2 h 30.

Pour ses proches, les circonstances doivent être éclaircies. « On ne sait pas comment il est mort, s’indigne Habi, sa grande sœur. Le matin de son décès, il a fallu que je passe trois appels à l’IGPN et que j’implore la personne au standard pour enfin obtenir des informations sommaires. Au téléphone, on m’a dit qu’il avait été transporté couché dans le fourgon et qu’il était mort à 0 h 30. En découvrant l’acte d’état civil, j’apprends que son décès n’a été déclaré que deux heures plus tard. Je me demande si on ne veut pas nous cacher quelque chose. » Lorsqu’ils se sont rendus à l’Institut médico-légal, plusieurs membres de la famille du jeune homme se sont aperçus qu’il présentait une plaie au visage.

Lors de contrôles d’identité, ou d’interpellations, la Police applique une méthode d’immobilisation qui dans sa pratique peut provoquer la mort : cette méthode “au corps à corps” consiste à ce qu’un fonctionnaire de police étrangle la personne qui se trouve au sol, pendant qu’un autre lui comprime la cage thoracique en appuyant fortement son genou dans le dos. Cette pratique appelée aussi “clé d’étranglement” entraine l’immobilité, la suffocation, de graves lésions qui peuvent provoquer alors des conséquences irréversibles quand ce n’est pas la mort.Ce que ne fait pas bien sûr l’article du « Parisien », c’est le rapprochement avec la mort de plusieurs personnes, tuées elles aussi par étranglement. Une pratique dénoncée depuis longtemps, suite notamment à la mort d’Hakim Ajimi en 2008 :

Trois flics avaient été condamnés à de la prison avec sursis pour la mort d’Hakim Ajimi. Depuis, plusieurs personnes sont mortes pour avoir eu le malheur de croiser des flics friands de cette pratique. Elle est pourtant connue depuis plus de dix ans par tous les policiers comme pouvant être mortelle.

La police française assassine !En juin 2009, Ali Ziri mourrait dans les mêmes circonstances à Argenteuil. En 2011, c’était Wissam El-Yamni à Clermont-Ferrand. À chaque fois, les flics s’en sont sortis, comme dans la plupart des cas où la police est accusée de meurtre ou de mutilation.

Pour plus d’infos sur les crimes policiers, voir notamment http://urgence-notre-police-assassi....

Ce commissariat fait partie de ceux qui ont une particulièrement sale réputation sur Paris, comme Riquet et Clignancourt. Par exemple, le 5 juin 2010, dans ce même commissariat, trois membres d’une famille avaient subi des graves violences policières. Au point que le défenseur des droits s’en était alerté :

Le Défenseur des droits a été saisi d’une réclamation concernant les conditions dans lesquelles trois membres de la famille A. ont été interpellés, le 5 juin 2010, à Paris 10e, des violences et insultes qu’ils auraient subies, ainsi que du déroulement de la garde à vue à laquelle ils ont été soumis du 5 au 6 juin 2010. "

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Réflexion suite aux violences policières par nos ami.e.s belges

par cjvpourwissam

Réflexion suite aux violences policières par nos ami.e.s belges

" Réflexion suite aux violences policières.


La multiplicité des faits des violences policières montrent bien que les causes sont structurelles, elles ne sont pas de « l’excès de zèle », des « bavures » ou de « la légitime défense »… Après les événements de Fergusson et de Cleveland, où le caractère raciste et meurtrier des institutions policières a été médiatiquement révélé (bien que ce caractère existait auparavant avec simplement une moindre visibilité), c’est à nouveau un meurtre raciste qui vient d’être filmé, par une personne externe, aux Etats-Unis. (Voir la vidéo en lien, on peut par ailleurs s’interroger sur la réaction que le policier meurtrier aurait eue s’il avait vu la personne le filmer.)

Si de tels événements aux Etats-Unis se déroulent de manière régulière, c’est parce qu’ils reposent sur un système qui forme les institutions policières. Si les institutions sont conditionnées à une histoire nationale, la plupart sont conditionnées à une culture interne, des valeurs promues ainsi que des habitus, une structuration interne et une quasi-impunité pour elles et pour les individu.e.s y travaillant. Or les institutions répressives des Etats partagent toutes, certes à des degrés différents, ces conditions d’où le fait que la grande majorité des meurtres se font par les institutions répressives d’Etat (Police, Armée, Justice, centre de détention etc.) et généralement se renforcent entre elles. (L’impunité de la police se conditionne du fait de la proximité entre l’institution de contrôle et elle, entre l’institution de justice d’état et elle, la protection de l’institution par les gouvernant.e.s ...)

L’événement de Caroline du Sud est loin d’être isolé, en Belgique également des événements similaires ont entraîné des réactions de la société civile et des mouvements associatifs. Si des événements comme la mise à mort dans une cellule d’Anvers de Jonathan Jacob par les policier.e.s ont eu des répercussions médiatiques, beaucoup de ces violences sont invisibles et rendues invisibles. Les arrestations musclées se multiplient ainsi que les préventives, les prétendus « suicides » (sic) dans les prisons et centre de détention, où l’utilisation de ce terme pour cacher un meurtre comme dans le cas de l’affaire Suleiman, les condamnations après de longues procédures de plusieurs années où l’institution policière fut condamnée car des preuves irréfutables ont pu être amenées (Affaire No Borders, affaire Niki ...) montrent à quel point le climat actuel est répressif, particulièrement pour les invisibles (sans-papiers, personnes racisées et/ou des quartiers populaires, non normé.e.s etc.) et les opposant.e.s « politiques ». Il est tellement prégnant que des associations ont lancé un « Observatoire des violences policières en Belgique. »

Comment pourrait-il en être autrement d’une institution qui porte en elle, et promeut, des valeurs particulièrement réactionnaires et conservatrices ? Qui est soutenue par des discours et des politiques structurellement sécuritaires, racistes et d’exclusion ? Et qui est protégée, voir mise en statut de quasi impunité, par les politicien.ne.s en place et la justice d’état ?
Les institutions de la « violence légale » reposent sur une structure interne particulièrement hiérarchisées et normées, où l’esprit de corps est une règle absolue (et où les rares qui le contournent subissent de l’ostracisme, des pressions, des blâmes voir de la violence). Les valeurs qui lui sont propres se basent sur du virilisme, du hiérarchisme, un respect aveugle des ordres ainsi que l'autoritarisme. Elle se distingue également par l’utilisation de la violence, l’utilisation d’armes dans une tendance de militarisation marquée. Tout ceci avec peu ou prou de contrôle, et généralement non opérant. Elle se distingue également par la proximité avec le pouvoir (conservateur par essence) qui promeut des législations austéritaires, discriminantes et sécuritaires. Où les discours de pouvoir sont particulièrement xénophobe et basé sur la peur, comme on a pu encore l’entendre récemment dans la bouche d’un De Wever, Desthexe, De Winter etc. Les propagandistes français.e.s d’extrêmes droites ont également un poids non négligeable sur cette peur en Belgique francophone. Ces discours et pratiques sont loin d’être anodins car ils ont une fonction performative, auto-réalisatrice comme le montre l’histoire du policier qui a menacé son collègue avec son arme car ce dernier est musulman pendant l’affaire de Charlie Hebdo.

Si des problèmes sont structurels, avec tout un ensemble de systèmes pour les alimenter et/ou protéger lorsque ces derniers deviennent trop visibles, d’autres reposent évidemment sur les individu.e.s travaillant dans les institutions répressives. Il y a une corrélation entre les valeurs, véritables ou fantasmées, qui sont promues au sein de la police et/ou l’armée et entre les valeurs éthiques et politiques de la personne. De plus il y a un effet d’acculturation qui fait acquérir les normes, pratiques et valeurs d’un groupe à un.e individu.e.
Ce n’est donc pas surprenant qu’une institution qui promeut de telles valeurs entraîne des résultats, comme le démontre un article de presse ici, aussi sévères. En effet, on a pu remarquer en Grèce que dans certains centres urbains, 50% des policier.e.s avaient comme intention de vote le parti d’extrême droite néo-nazi « Aube dorée. »
Les initiatives de régulation des violences policières, largement discréditées par les syndicats de police et les policier.e.s elleux mêmes se montrent inopérantes vu les accords passés entre les syndicats de police et les politiques. De plus, les policier.e.s elleux mêmes se mettent dans des positions victimaires et protégé.e.s par les policien.ne.s en place. Pire encore comme les institutions de "la violence légale" sont les seules légalement autorisées à utiliser la violence ainsi que la privation; elles ne peuvent que surenchérir de manière toujours de plus en plus brutale, totalitaire et librement face aux autres formes de violence légitime qui tenteraient de s'émanciper des violences étatiques, répressives, sociales et sociétales.

Si l'histoire entre les milices d'état et du capital n'est plus à prouver, il reste un mythe à élucider pour réfuter la nécessité des institutions de la violence légale. C'est celui qu'elles sont nécessaires pour maintenir la paix sociale par la force si besoin. Cette affirmation n'est pas vraie. Premièrement elle est hautement paternaliste et infantilisante. Elle ne remarque pas que c'est la violence étatique et du capitale qui crée la violence. De plus, la violence légale ne suffit pas si des individu.e. se lèvent contre elle, comme le montre à de nombreuses reprises l'Histoire. Ni qu'elle maintient la paix sociale comme le démontre les nombreuses manifestations, occupations, grèves, actions et révoltes à l'heure actuelle. Elle ne maintient rien, elle réprime et tue de manière de plus en plus violente tant qu'elle n'est pas évincée.
Nous pouvons nous passer des institutions légales en pratiquant l'autonomie et l'autogestion, en se basant sur des valeurs réelles et actives de liberté et d'égalité. En nous émancipant de la tutelle de l'état et du capital et en mettant en respect les forces de police par tous les moyens disponibles.

Des ami.e.s"

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Le 7 avril, le même jour : 7 plaintes classées sans suites dont 6 à Nantes

par cjvpourwissam

Le 7 avril, le même jour : 7 plaintes classées sans suites dont 6 à Nantes
Le 7 avril, le même jour : 7 plaintes classées sans suites dont 6 à Nantes

Nantes

http://www.liberation.fr/direct/element/4306/

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Violences policières : six plaintes classées sans suite à Nantes, un an après la grande manifestation anti-aéroport

LIBÉRATION 7 AVRIL 2015

Flashball.

Le 22 février 2014, le centre-ville de Nantes avait un parfum de guérilla urbaine (et de gaz lacrymogène) en raison d'importants débordements en marge d'une grande manifestation contre le projet d'aéroport de Notre-Dames-des-Landes.

Six plaintes contre X avaient été déposées par des manifestants s'estimant victimes de violences policières, à l'image de Quentin, 29 ans, qui avait perdu son oeil suite à un tir de flashball. D'après Presse Océan, ces plaintes ont été aujourd'hui classées sans suite par le parquet de Nantes, au motif que «les preuves ne sont pas suffisantes pour que l'affaire soit jugée par un tribunal», dixit un courrier de la cour d'appel de Rennes. Surprise, la mère de Quentin a toutefois déclaré : «nous ne sommes pas résignés et nous allons continuer notre combat»."

Montbelliard

http://www.bfmtv.com/societe/tir-au-flashball-non-lieu-pour-un-policier-soupconne-d-avoir-blesse-un-mineur-dans-le-doubs-875154.html

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Tir au flashball: non-lieu pour un policier dans le Doubs

07/04/2015

Un policier soupçonné d'avoir éborgné un adolescent de 17 ans, en faisant usage d'un flashball en février 2011 à Audincourt, dans le Doubs, a bénéficié d'un non-lieu par un juge d'instruction de Montbéliard.

Le 7 février 2011 à Audincourt, Ayoub Bouthara, 17 ans, avait été touché à un oeil par le projectile d'un flashball tiré par un policier lors d'une bataille rangée entre deux bandes d'une quarantaine de personnes chacune à Audincourt. Une quarantaine de policiers et de CRS étaient intervenus.

L'adolescent, qui ne faisait pas partie des émeutiers, avait perdu son oeil après avoir été opéré en urgence.

"L'information judiciaire n'a pas permis d'établir à l'encontre du policier d'infraction pénale", a indiqué dans un communiqué la procureure Thérèse Brunisso.

Le tir du policier ne peut être qualifié de "violences volontaires, la décision de tirer étant justifiée au regard des circonstances", ni "de blessures involontaires, aucune faute pénale d'imprudence, de négligence, d'inattention ou d'inobservation des règles n'étant caractérisée", a-t-elle ajouté."

Pour info, c'est la même juridiction qui a couvert l'assassinat de Mohamed Boukrourou :

http://www.al-kanz.org/2012/12/08/mohamed-boukrourou-non-lieu/

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Commémoration de la mort d'Amine Bentounsi le 2 mai 2015 à 14h30 Noisy le sec

par cjvpourwissam

Commémoration de la mort d'Amine Bentounsi le 2 mai 2015 à 14h30 Noisy le sec

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Commémoration de la mort de Amine Bentounsi Le 2 mai 2015 a 14h30 départ de la gare de Noisy le sec au tribunal de Bobigny.

Voilà déjà 3 ans que mon frère Amine a été tué d'une balle dans le dos par un policier Damien Sabounjian à Noisy le sec le 21 avril 2012.
Damien Saboundjian a été mis en examen pour homicide volontaire, son avocat Merchat (avocat des policiers dans la mort de Zied et Bouna) plaide la légitime défense comme dans toutes les affaires ou des policiers sont responsables dans la mort d'une personne c'est leur premièr argument systématiquement.
En octobre 2014 nous avons appris la requalication des faits d'homicide volontaire" à "violence volontaire ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner" ce changement s'appuie sur un expert en balistique qui dit " qu'un homme aurait pu se retourner en 1 fraction de seconde et mettre la vie de ce policier en danger.
Dans cette affaire nous avons malheureusement pas eu l'aide de la vidéo comme aux "États Unis mort-walter-scott-famille-somme-police-americaine-rendre-comptes", pour démontrer que ce policier a abattu mon frère volontairement, il est comme même révoltant que les familles doivent se battre avec acharnement pour demander justice quand il s'agit de policiers mis en cause, malgré tous les témoignages et les éléments à charge contre ce policier.
La déqualification des faits nous laisse un goût amer, néanmoins ce policier sera traduit devant les assises et sera jugé par un juré populaire au tribunal de Bobigny, En attendant son procèsi il a obtenu sa mutation dans la région de Grenoble dont il est originaire suspendu de ces fonctions mais continue a percevoir son salaire par le ministère de l'intérieur, à la suite des pressions faite par les syndicats policiers pour le maintien de son salaire. L'avantage d'être au dessus des lois, on obtient beaucoup plus de privilèges de la part de la justice et de l'état quand un manifestant qui s'indigne de la mort d'un militant écologiste (Remy Fraisse) qui écope six mois de prison dont 2 mois ferme. Justice égal pour tous? Réalité ou Utopie?
Depuis 1 an que le dossier de l'instruction est clos nous attendons une date de jugement qui ne vient pas.
Pour toutes ces raisons nous seront déterminés à jamais pour la vérité et la justice.
Amal Bentounsi
Collectif Urgence notre police assassine"

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Un aperçu de ce qu'a pu subir Wissam

par cjvpourwissam

Un aperçu de ce qu'a pu subir Wissam

Ceux qu'ils l'ont assassiné étaient encore plus barbares que ces monstres, ils l'ont placé dans le couloir du commissariat pour mieux le torturer et pour qu'on ne puisse pas les filmer. Une camera des geôles a tout de même pu filmer un instant le visage radieux de son assassin lors de son passage.

A la limite celui qui se prend une balle dans le dos, malgré la terrible injustice, crie un instant, ne voit pas la souffrance durer une infinité alors que Wissam lui il a crié et crié et crié, il a souffert, souffert, souffert, il s'est senti impuissant et a vu sa mort poindre. C'était ce que les monstres recherchaient : le torturer comme ils apprécient nous voir souffrir. Même menotté, la police est là pour nous faire du mal, la justice pour cimenter ce mal et le légitimer.

Même à un animal on ne fait pas ça. La police et la justice ne le comprennent pas, ils nous prouvent tous les jours que leurs intérêts sont plus importants que nos vies. Ils veulent marchander leurs services contre une totale impunité. Un chantage digne des plus grandes tyrannies.

Encore combien de temps faudra t il aux francais pour le comprendre ?

On ne pardonne pas, non, on ne pardonne pas. On ne peut d'ailleurs pardonner qu'à ceux qui le demandent et qui se réforment pas à ceux qui perdurent dans le déni et encore ...

Wissam aurait voulu qu'on retrouve ses assassins et qu'ils payent.

Si un jour il nous arrive quelque chose, qu'on s'en rappelle et qu'on lui rende justice par tous les moyens nécessaires.

Pour information, l'homme s'en est sorti sans blessures importantes, Wissam est mort !

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Charleston et les psychopathes de la police

par cjvpourwissam

Charleston et les psychopathes de la police

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch

"Les autorités de North Charleston, en Caroline du Sud, États-Unis, sont KO debout après la diffusionpar le New York Times d'une vidéo montrant un noir abattu par un policier.

Prise par inadvertance par un témoin à l'aide de son smartphone, la séquence ne laisse aucune place au doute. Un individu tente de s'enfuir ; le policier, Michael T. Slagger, âgé de 33 ans, dégaine alors son arme et lui tire dans le dos à huit reprises. Touchée de cinq balles, la cible s'écroule. Le policier intime à sa victime agonisante l'ordre de mettre ses mains dans son dos et lui passe les menottes... Walter L. Scott, 50 ans, père de quatre enfants, ne se relèvera pas.

L'altercation aurait débuté à la suite d'un contrôle routier et d'un phare éteint sur le véhicule de la victime.

Les médias insistent lourdement pour attribuer un aspect racial à l'affaire, la victime étant noire alors que le tireur est blanc. Pareille perception sonnerait comme une revanche alors que 9 mois et 1200 kilomètres séparent cette affaire de l'épisode de Ferguson dans le Missouri où un jeune noir avait trouvé la mort sans que la culpabilité du tireur blanc ne puisse être établie. Mis à part la couleur de peau des protagonistes, les similitudes s'arrêtent là. Nulle caméra ne filmait la scène là-bas et la victime reçut les balles de face. Mais même à Charleston, rien dans les faits dont nous disposons à l'heure actuelle ne vient conforter l'hypothèse d'un crime raciste.

Si le grand public apprend quelque chose aujourd'hui, c'est avant tout le peu de scrupules que peut avoir un policier à mentir effrontément. Avant que l'avocat de la famille de la victime ne produise la terrible vidéo, le tireur affirmait qu'il avait eu "peur pour sa vie", prétendant que l'homme abattu se serait emparé de son Taser. Les images montrent depuis qu'au moment de vider le chargeur de son arme dans le dos de sa victime, sa main ne tremblait guère.

Alors, y a-t-il du racisme dans cette affaire? Les activistes professionnels jurent que oui, et c'est pour eux le principal problème. Aucun d'eux ne semble beaucoup s'inquiéter de la facilité avec laquelle un policier expérimenté et assermenté peut froidement tuer un homme et mentir après-coup sur ce qui s'est passé, comptant sur la confiance qu'un jury apportera la plupart du temps à un dépositaire de l'autorité publique.

Mais pourquoi? Les policiers ne sont pas et n'ont pas à être des Übermensch légaux. Ils sont aussi imparfaits et faillibles que tout autre être humain. Les nombreux avantages juridiques dont ils bénéficient ne les amène certainement pas à devenir meilleurs. Si certains d'entre eux peuvent canaliser leur colère et leurs bas instincts à l'aide d'un entraînement rigoureux, d'autres peuvent très bien garder à l'esprit qu'ils seront au bénéfice du doute le jour où la justice leur demandera pourquoi ils ont employé leur arme.

Sans être entièrement faux en Suisse, cet aspect est d'autant plus remarquable aux États-Unis où la dangerosité de certaines zones (notamment à cause des gangs) et l'hystérie sécuritaire consécutive aux attentats du 11 septembre ont donné les coudées franches à tous les services de sécurités. Les abus s'enchaînent depuis contre le grand public. Entre une législation de plus en plus souple, la confiscation de biens sans inculpation, la facilité d'emploi d'une arme ou l'image positive associée aux comportements les plus extrêmes grâce aux séries télévisées faisant la part belle au "héros sans scrupules", le respect des droits des individus et des procédures est largement passé au second plan.

Michael Slagger aura du mal à éviter la prison à perpétuité. Sachant que la Caroline du Sud pratique toujours la peine de mort, il s'expose peut-être même à pire. On verra à l'occasion combien de manifestations politico-médiatiques seront orchestrées pour soutenir son droit à la vie.

Hors de toute polémique idéologique, on se demande surtout comment éviter pareille tragédie à l'avenir. Cet épisode relance encore une fois la pertinence de caméras accrochées à l'uniforme des policiers et filmant en permanence. L'idée est simple, facile à mettre en place et extrêmement formatrice. Un individu ne se comporte pas du tout de la même façon en sachant que ses faits et gestes sont enregistrés que lorsqu'il pense agir sans témoin.

Les policiers se doivent d'agir de façon irréprochable ; être filmés en permanence est une façon d'y parvenir. Ceux que cela dérange ne sont probablement pas dignes de l'uniforme. On ne sera pas surpris d'apprendre que certains s'y opposent, utilisant leurs relais politiques pour tenter de criminaliser l’œil public.

Avec une caméra attachée à sa chemise, Michael Slagger n'aurait certainement pas tué Walter Scott. Mais ce n'est pas le plus important. Avec la certitude de porter un gadget de ce type pendant ses heures de service, peut-être ne se serait-il même pas engagé dans la police."

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"De l’insoutenable violence policière de l’État"

par cjvpourwissam

"De l’insoutenable violence policière de l’État"

http://www.contrepoints.org/2015/04/04/203337-de-linsoutenable-violence-policiere-de-letat

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Quelle solution pour éviter l’escalade de la violence policière ?

Par Natasa Jevtovic.

N.B. : Les citations qui émaillent l’article ont été recueillies par l’auteur auprès de victimes et de témoins de violences policières.

Le mois d’octobre marquera le dixième anniversaire de la mort de Zied et Bouna, deux adolescents de Clichy sous Bois électrocutés en voulant échapper à un contrôle de police. Ils n’avaient commis aucun délit, mais ne voulaient pas se retrouver en garde à vue en plein ramadan, chose qui peut arriver à n’importe quel jeune Français issu de l’immigration, contrôlé sans raison, si ce n’est le délit de faciès. Suite à cet événement, une insurrection a embrasé la France entière pendant trois semaines, dénonçant ce que Guy Sorman a appelé « l’apartheid anti-jeunes ». Dix ans plus tard, rien n’a changé et nous en sommes toujours au même point.

« Une fois, à la sortie d’un chantier où je travaillais, la police est arrivée pour un contrôle d’identité et j’ai été écarté des autres ouvriers. C’était un contrôle banal qui s’est déroulé sans incident, seulement ça m’a fait mal d’être le seul à être contrôlé, juste parce que je suis étranger.
— Et pourtant, tu es Français ?
— Oui, mais je ne suis pas blanc, je suis d’origine pakis
tanaise. »

En 2009, l’écrivain Frédéric Beigbeder a été placé 36 heures en garde à vue pour avoir consommé de la cocaïne sur le capot de sa voiture. Il a obtenu le prix Renaudot pour Le roman français, le livre dans lequel il dénonce les conditions de sa détention, même si plusieurs passages ont été censurés, ses avocats craignant des poursuites pour outrage à magistrat, fait étonnant dans un pays qui manifeste en brandissant des crayons pour défendre la liberté de parole. Cet événement a surtout démontré qu’une garde à vue peut arriver à tout le monde, la moitié de la population du pays étant recensée dans le fichier STIC de la police nationale. La France est le seul pays européen où la garde à vue est possible en l’absence d’un délit grave, juste pour la nécessité d’une enquête, en présence d’un simple soupçon d’infraction commise.

« J’ai une tête d’arabe et un prénom arabe, mais ma mère a épousé un Français et j’ai un nom de famille français. Du coup, j’ai fait plusieurs gardes à vue car la police pense que j’ai des faux papiers. C’est pour ça que je m’entraîne au free fight, pour bloquer leurs coups avec une clé de bras. »

Dans un contexte économique et social explosif, gangrené par la crise et le chômage, les manifestations pacifiques sont de plus en plus réprimées par les forces de l’ordre. Tel est l’exemple des Veilleurs, un mouvement de désobéissance civile dont les membres se rassemblent devant les ministères et brandissent des bougies pour protester contre la politique gouvernementale. Sa devise est celle de Thomas More consacrée à la liberté de conscience : « C’est cher d’être libre. Mais le dernier des esclaves peut l’être s’il accepte de payer. » Et pourtant, les interpellations sont tellement nombreuses que le mouvement a dû publier une page d’aide juridique pour soutenir les manifestants en garde à vue.

Le Syndicat de la magistrature a également publié « Le guide du manifestant arrêté » téléchargeable sous format PDF qui explique en grands détails le déroulement de la procédure d’arrestation afin de protéger les droits des intéressés. Si les médias ont amplement commenté la mort de Rémi Fraisse, un militant écologiste de 21 ans tué alors qu’il manifestait pacifiquement contre la construction d’un barrage dans le sud de la France, les autres victimes sont passées sous silence. Selon une recherche publiée par le CFJ, Centre de formation des journalistes, entre 2005 et 2015 il y a eu 54 morts à la suite de violences policières.

« Comme j’ai grandi dans une cité, les gardes à vue, j’en ai fait plus de cinquante dans ma vie, et ce depuis l’âge de onze ans. Une fois, j’en ai fait même deux dans une seule journée. Un pote à moi s’est approché trop près d’un scooter et les flics nous ont embarqué tous les deux. Si tu vas d’un point A à un point B, tu peux y échapper, mais dès que tu t’attardes dans la rue tu risques un contrôle de police. Ils cherchent à te provoquer pour que tu les insultes, afin de t’embarquer pour outrage à agent. Ils cherchent à t’humilier avec les fouilles au corps. Une autre fois, ils m’ont fait remonter toute l’avenue à pieds, pour que tous les voisins puissent me voir menotté. Arrivé au poste, j’ai lancé à l’agent d’accueil que demain matin je serai dehors, tandis que lui sera coincé là jusqu’à la fin de sa carrière. En réalité, ce sont des incompétents. La dernière fois qu’ils ont fait une perquisition chez moi, ils ont oublié leur flash-ball. Je me souviens encore, à côté de la gare de l’est, ils m’ont passé à tabac sans aucune raison, je devais avoir 17 ans. Ou la fois où je devais partir en vacances avec ma copine, j’ai raté le vol car j’étais en garde à vue ; elle est partie toute seule et m’a quitté. Aujourd’hui encore j’ai été contrôlé à la gare du nord, je devais prendre un train pour l’Allemagne. Les policiers m’ont demandé ma nationalité, j’ai répondu que j’étais Français et ils m’ont alors demandé mon billet. Et pourtant aujourd’hui, à l’âge de 24 ans, mon casier judiciaire est toujours vierge. »

En 2013, lorsque les émeutes ont éclaté à Grigny suite à un contrôle d’identité, il y avait eu un réel décalage entre la version édulcorée relayée par les médias traditionnels et les informations qui ont pu être recueillies sur les réseaux sociaux, où on trouvait des vidéos montrant des policiers insultant les citoyens. Ministre de l’Intérieur à cette époque, Manuel Valls avait conseillé aux Français de s’informer dans les médias traditionnels plutôt que de consulter les réseaux sociaux, mais sans succès. Le ministre a fini par imposer aux fonctionnaires de porter un matricule en évidence et de vouvoyer les citoyens.

« Je me suis faite agresser dans la rue par un individu qui a voulu arracher mon sac. Couverte d’hématomes, je suis allée au commissariat pour déposer une plainte contre X pour violences volontaires. Les policiers m’ont conseillé de porter plainte pour tentative de viol, afin d’éviter un classement sans suite de ma plainte. Lorsque j’ai fait remarquer que je ne pouvais faire une déclaration mensongère, ils m’ont répondu que si l’auteur n’était pas arrêté, et qu’il arrivait la même chose à une autre femme, j’en serais responsable. Un mois plus tard, un officier de la PJ m’a convoquée pour obtenir davantage de précisions et m’a traitée comme si j’étais l’auteur du délit. Il m’a reproché de faire perdre mon temps à la police et m’a suggéré de retirer ma plainte car l’auteur des faits ne serait de toute façon jamais appréhendé. J’ai alors signé un document. Le même officier m’a téléphoné le même jour pour s’excuser de son comportement et me rencontrer de nouveau car je détenais un objet portant les empreintes de mon agresseur. Il s’est alors déplacé à mon domicile, et m’a proposé une liaison sans lendemain, il était marié, mais appréciait les filles de l’est aux jolies formes. »

Il existe beaucoup de sites associatifs qui recensent les violences policières, bien que le plus connu parmi eux, Copwatch France, ait été interdit par la justice. Beaucoup sont consacrés aux injustices subies par les sans-papiers, souvent mariés à des Français ou parents d’enfants européens, ce qui rend leur expulsion illégale. Suite à une décision de la justice européenne, ces derniers ne peuvent plus être mis en garde à vue, le fait de ne pas avoir de papiers ne constituant pas un délit ; depuis, ces personnes sont placées en rétention administrative et perdent même les droits dont elles bénéficiaient lorsque leur garde à vue était envisageable.

« Je me suis battu avec un homme dans le quartier et je lui ai déchiré sont tee shirt. Soudain, un homme casqué s’est mis à me donner des coups et je l’ai frappé aussi. Il s’est avéré que c’était un policier, et il m’a embarqué. Une fois au poste, ils ont apporté un couteau et voulaient que je reconnaisse qu’il m’appartenait, ce qui était faux. Je suis resté 24 heures en garde à vue sans manger ni dormir. À cinq heures du matin, ils m’ont apporté un document en me disant que je pouvais sortir si je le signais. Après l’avoir lu, j’ai refusé de le signer car j’y reconnaissais que le couteau m’appartenait. »

Les violences policières en France sont régulièrement dénoncées par les ONG. La dernière en date, celle de Human Rights Watch publiée en janvier 2015, dénonce les violences gratuites subies par les demandeurs d’asile, ceux qui ont perdu leurs familles et foyers dans la guerre et qui ont demandé la protection de notre pays.

« Une fois, j’ai été en garde à vue pendant 72 heures et j’ai commencé à être agité car c’était anormalement long, et on me laissait dans l’ignorance. Un policier m’a frappé derrière la tête avec une matraque et je me suis évanoui. Lorsque j’ai repris connaissance, j’ai constaté que mes vêtements étaient couverts de crachats. »

Quant à ceux qui s’adressent à la police pour demander une protection ou obtenir un renseignement, obtiennent-ils satisfaction ? Ils sont souvent dissuadés de porter plainte. Lorsqu’ils recherchent une personne disparue, on leur répond que les gens sont libres de disparaître sans laisser de trace et que le chagrin des familles n’est pas forcément signe d’une disparition inquiétante. L’enquête décrite dans le poignant film « 24 jours » consacré à la mort d’Ilan Halimi, kidnappé, séquestré et mort de faim alors que la famille avait réuni les fonds pour payer la rançon, montre que la police ne parvient même pas à remplir son rôle principal, celui d’assurer la protection des citoyens.

« Aujourd’hui, à Aulnay sous Bois, j’ai vu quatre hommes avec une kalachnikov en évidence, dans une voiture, et je me suis dit qu’ils devaient être sur le point de faire un braquage.
— Ils ne portaient même pas de cagoules ?
— Ben non, sinon, comment vont-ils conduire ?
— Et personne du quartier n’a songé à prévenir les autorités ?
— Personne, et moi je me suis dit que je leur souhai
tais bonne chance. »

Si la police nationale perd la confiance des citoyens, pourquoi ne pas la privatiser ? Dans les années 1970, en comparant les statistiques de plusieurs pays, Édouard Savas a démontré que le secteur privé est toujours deux fois moins cher que le secteur public pour un service collectif équivalent1.David Friedman, fils du célèbre économiste et prix Nobel Milton Friedman, nous a montré que même les forces de police et de défense nationale peuvent être gérées par le secteur privé. La privatisation de la police est non seulement dans l’intérêt des citoyens contribuables car elle réduit les dépenses publiques, mais aussi car le secteur privé obéit à la logique de rentabilité et ne prend pas en compte les paramètres tels que l’origine sociale ou ethnique des éventuels auteurs des délits. Si la privatisation est basée sur une communauté d’intérêts, le principe si cher aux libéraux, elle mettra fin au racisme sous toutes ses formes et apportera la paix sociale."

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