L’Etat garant de la sécurité commune

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Source : http://www.gouvernement.fr/presse/refondation-de-la-politique-d-integration-releve-de-conclusions

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L’Etat garant de la sécurité commune

La cristallisation de la question de l’insécurité dans les banlieues et la focalisation médiatique sur les jeunes des quartiers, avec une focalisation particulière sur les descendants de immigration coloniale et postcoloniale, lors des révoltes urbaines de l’automne 2005, a marqué une réactivation de la thématique des « classes dangereuses » fixant ainsi, sur un population déterminée, ce que la société porte en elle-même comme insécurité. Dans une telle configuration politique et médiatique qui leur impute la seule responsabilité de l’insécurité sociétale, il est important de souligner que les recherches abondent pour dresser le constat que dans leurs recherches d’emploi ou de stages, les jeunes des quartiers sont confrontés simultanément à des critères de sélection légitimes, du point de vue du fonctionnement du marché du travail (niveau de formation, motivation, flexibilité) en même temps qu’à des critères discriminatoires illégitimes (origine, patronyme, apparence physique, appartenance religieuse, lieu d’habitation). Si les premiers traduisent les effets d’une insécurité sociale (une injustice sociale légale) entendue au sens d’une dégradation généralisée des conditions d’insertion de la jeunesse des classes populaires, la seconde série de critères alimente une forme d’insécurité civile (une injustice illégale), définie comme une atteinte à l’intégrité des biens et des personnes, venant redoubler les effets de la première. Or l’absence de lutte contre cette forme d’insécurité quotidienne à laquelle sont confrontés les jeunes des classes populaires, et pas seulement dans leur recherche d’emploi mais également dans leur accès au logement, aux loisirs, vient souligner les enjeux d’une sécurité commune, d’une sécurité inclusive.

La question de l’apaisement des rapports entre les agents de la puissance publique et les populations des quartiers populaires pose donc non seulement la question de la sécurité, du maintien de l’ordre et des fonctions de la police dans ces territoires stigmatisés par leur image publique, mais aussi celle de la coproduction de la sécurité vue comme un bien public qui ne peut pas faire l’économie d’un traitement social pour pallier les formes d’anomie, de fracture ethnico-sociale, de fragmentation et de déstructuration du lien social. Le grand renfermement des quartiers populaires dans une logique sécuritaire, s’il apparait lié à des formes avérées de délinquance, d’incivilités et de violences parfois spectaculaires, ne doit pas faire oublier qu’il résulte aussi d’une dégradation plus large des relations sociétales du fait de l’insécurité sociale et civile que vivent au quotidien les populations de ces territoires. Les tensions avec la police, les « incompréhensions » réciproques, résultent aussi de la faillite des dispositifs de gestion sociale et de prévention de la délinquance et on ne saurait envisager d’apaiser les relations et redonner confiance à ceux qui incarnent l’autorité de l’Etat sans s’appuyer sur le développement social et le relais d’autres acteurs publics, institutionnels ou associatifs sur le terrain. L’action des agents de l’ordre sur le terrain des quartiers populaires, si elle n’est pas facilitée par leur position de face à face avec des jeunes précarisés qui occupent les lieux publics à défaut de trouver place dans d’autres lieux, doit respecter les formes élémentaires de respect des droits et de la dignité de tout citoyen. Une formation adéquate des agents et le développement d’une police de proximité associée à d’autres relais sociaux peut favoriser une déontologie de l’action des forces de l’ordre reconnue par les citoyens qu’elle doit protéger, mais soulignons qu’aucune formation ne saurait préparer l’agent de police à porter le fardeau de la désorganisation des services publics dans ces certains quartiers populaires. De plus, les mises en cause des attitudes policières ont le plus souvent été oblitérées par un jeu complexe de rapports de force et de demandes contradictoires. La demande de sécurité émanant d'une partie de la population locale excédée par la petite délinquance, a souvent conduit les autorités municipales à demander un renforcement du dispositif policier, à multiplier les contrôles qui ont un effet insécurisant sur les populations contrôlées, sans d'ailleurs pouvoir enrayer le développement d'un sentiment d'insécurité pour le reste de la population. Dans ce contexte, les accusations à l'égard de certains comportements policiers, émanant de jeunes sans garanties de représentation sont de fait entachées d'un défaut de crédibilité et cette question récurrente dans l’actualité urbaine des rapports conflictuels entre les jeunes et la police n'est pas apparue comme une des priorités de l'action publique. Or ces tensions récurrentes sont une composante de la « crise de la notion d'ordre public dans les quartiers populaires ». Ce qui est en cause ici, ce sont des manières de maintenir l'ordre public dans le contexte des quartiers d'habitat social qui se concilient difficilement avec un objectif de paix civile. En fait la police est à la conjonction d'une double attente dans ces situations. D'une part la définition officielle de sa mission lui demande de faire en sorte que la loi soit respectée et que les infractions soient sanctionnées. D'autre part on lui réclame d'oeuvrer dans le sens du renforcement de la paix civile et d'un apaisement des conflits locaux, de définir un rôle de proximité qui tienne compte de son insertion dans les quartiers. Ces deux exigences ne se confondent pas et sont difficilement compatibles. L'application de la loi passe en effet par la mise en oeuvre de procédures d'investigation, de contrôle public : elle conduit à des pratiques où les risques de dérapage sont quotidiens, facilités par la suspicion généralisée à l'égard des populations à contrôler. La recherche de la paix civile, quant à elle, suppose que l'ordre public que la police cherche à faire respecter soit doté non seulement de la force de la loi, mais d'une légitimité locale. Il s'agit alors de faire en sorte que cet ordre public et cette sécurité commune apparaissent comme un bien collectif coproduit entre la police, les habitants des quartiers et les acteurs locaux. Des rapprochements avec les populations concernées, dont les demandes sont parfois contradictoires, deviennent dès lors nécessaires et des dispositifs d’intermédiation restent à inventer."

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Lorsque Wissam remportait le plus grand cross d'Auvergne

Wissam avait un très bon coeur à 12 ans il avait remporté le courir à clermont (plus grande course de cross de la région). Voici ce que dit l'article "Premier à couper la ligne El Yamni Wissam, 12 ans, n'eut aucun mal à retrouver sa respiration. Déjà très sur de le lui, le bambin : "Je suis parti le premier et ils n'ont jamais pu me rattraper!". A peine le temps de finir sa phrase qu'il a déjà disparu, courant chercher ses cadeaux"

Sauf que ce soir là ils l'ont rattrapé et ils l'ont massacré comme des barbares, n'importe qui à sa place aurait été mort. ON EST TOUS WISSAM    

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APPEL DU 7 DECEMBRE

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"Le 3 décembre 1983, 100 000 personnes manifestaient à Paris, concluant une Marche partie de Marseille le 15 octobre. Décidée par un groupe de marcheurs issus des cités de la banlieue lyonnaise, cette Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme marqua l’émergence d’une nouvelle génération, celle des enfants d’immigrés. Elle fût organisée suite aux crimes racistes, aux violences policières, et à une campagne électorale marquée par la xénophobie et l’idéologie sécuritaire qui vit, comme à Dreux, des alliances avec le Front national. Elle prolongeait, à sa manière, les luttes menées dans la décennie précédente par les travailleurs immigrés pour l’égalité des droits. Les « invisibles » devenaient des acteurs à part entière de la société française. 


Notre Marche ne s’est pas terminée le 3 décembre 1983. Nous n’avons jamais cessé de marcher et de lutter. Même si nous avons remporté des victoires ou obtenu quelques avancées, la situation des immigrés et de leurs descendants, dont beaucoup sont français, n’a cessé de se dégrader. Les habitants des quartiers populaires d’aujourd’hui sont confrontés à des situations plus dures qu’en 1983. 

Trente ans pour arriver à ce constat amer : les violences policières comme les crimes racistes n’ont pas cessé et restent impunis. Pire, un racisme d’État fait de lois, de pratiques et de discours nauséabonds s’est propagé d’en haut; la négrophobie et l’islamophobie se sont développées, prolongeant le racisme anti-arabe. La promesse du Président de la République d’alors, celle du droit de vote pour les étrangers extra-communautaires n’a jamais été tenue. 

Aujourd’hui, après une décennie de pouvoir de droite avec tous ses excès et ses démagogies populistes - débats sur l’identité nationale et le « rôle positif » de la colonisation - le nouveau gouvernement reste dans la ligne de tous ses prédécesseurs : restriction au droit d’asile, accentuation des discriminations dans tous les secteurs de la société, relégation des quartiers populaires et de leurs habitants, menaces de disparition des associations de terrain et de proximité, contrôles aux faciès, justice à deux vitesses, chasse aux sans papiers et aux Rroms, multiplication des expulsions… Et pendant ce temps, les Chibanis, nos anciens, sont reclus et privés de leurs droits. 

Trente ans se sont écoulés, après le formidable espoir soulevé par la Marche de 1983. Notre détermination reste intacte. Nous ne lâcherons rien. Le message de la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, même s’il n’est pas enseigné comme il se doit à l’école, est plus que jamais d’actualité et nous voulons qu’il soit à nouveau entendu avec force. 

C’est pour cela que partout, dès maintenant, et du 15 octobre au 3 décembre 2013, nous proposons à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cet appel de mettre en place des assemblées générales et des initiatives au niveau local, régional, national. Nous ne nous contenterons pas de crier notre colère contre les injustices et les inégalités. Nous proposerons à toute la société d’autres solutions, celles de l’égalité des droits pour en finir avec la République du mépris. 

D’ores et déjà, nous appelons à participer aux différentes initiatives organisées en région par des collectifs et associations signataires de cet appel. Partout en France, des semaines pour l’égalité des droits et la justice pour toutes et tous sont organisées d’ici le 8 décembre. 

Faisons du 7 décembre, une journée de rassemblements et de manifestations. Contre le racisme et pour l’égalité des droits Tou-te-s en marche, on arrive ! Organisons une manifestation nationale à paris le 7 décembre "

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"Pour vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace" Danton

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"Trente ans après : la Marche oubliée, ses idées négligées" par Sihame Assbague

link http://www.huffingtonpost.fr/sihame-assbague/trente-ans-apres-la-marche-na-rien-produit_b_4361718.html?utm_hp_ref=france

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"Trente ans après, triste ironie du sort, l'histoire de la Marche pour l'égalité semble presque se rejouer sous nos yeux. Nous sommes certes loin des multiples meurtres racistes qui, à cette époque, ont (ou auraient dû) endeuillé notre République mais les mêmes feuilles fanées jonchent le sol national.

Au racisme ambiant qu'étaient partis dénoncer les marcheurs de 1983, fait ainsi écho ce climat délétère qui corrompt la France chaque jour un peu plus. Si certains semblent (re)découvrir ce fléau autour des insultes négrophobes qui ont visé la Garde des Sceaux, la plupart des Français ont suivi, souvent impuissants, l'aggravation des actes et discours racistes. Rejet, désinformation, islamobsession croissante, chasse aux Roms et aux sans-papiers, bannissement des quartiers populaires, autant de sujets de société qui trouvent leurs racines dans ces penchants racistes.

Résonnent également les doléances en termes d'égalité des droits et de reconnaissance citoyenne. Exagèrerais-je si je constatais qu'en la matière, peu de progrès ont été accomplis ? Je ne le pense pas. Les marcheurs regrettaient, par exemple, que la justice ne soit pas si aveugle que ça. Comme si lorsqu'un descendant de colonisés était jugé - notamment face à des institutions -, elle soulevait légèrement le bandeau censé recouvrir ses yeux pour prendre sa décision. En 2013, colin-maillard se joue encore très bien. Et, s'agissant de la citoyenneté, rappelons simplement qu'après les promesses de 1981, 1983, 2012 et 2013 nous attendons toujours le droit de vote des étrangers. Ah ! j'apprends que cette fois c'est prévu pour 2014, après les municipales. Bon.

Retentissent enfin les râles de ces citoyens sur lesquels on lâchait pêle-mêle chiens, balles, haine, de ces victimes de crimes policiers. La Marche de 1983 est d'ailleurs partie de là, de l'exaspération générée par ces violences policières. Soulèvement silencieux, elle est venue, à sa façon, donner du poids à ces révoltes urbaines qui depuis 1979 secouent la France à chaque fois qu'un acte policier est perçu comme outrageusement injuste. Les récentes révoltes, celles d'Amiens (2012) ou de Trappes (2013) indiquent clairement que, sur cette question, rien n'est résolu. Poke ce gouvernement, issu du grand parti antiraciste français, qui préfère palabrer à la Mutualité et marcher dans Paris, plutôt que de mutualiser ses forces pour légiférer en faveur de l'égalité. Ah, si seulement la récupération des luttes s'accompagnait de la récupération des propositions qui leur sont affiliées...

S'ils ont parfois pris d'autres formes, les abus policiers, très majoritairement impunis, continuent de renvoyer de manière extrêmement brutale une partie de la population à ses origines supposées. Contrôles au faciès, insultes, propos racistes, agressions physiques, aucun de ces agissements ne s'est évaporé dans le bureau de feu M. Mitterrand. Pis encore, une vingtaine de français meurent encore chaque année suite à une interpellation ou à une garde à vue.

Alors oui, certains changements sont certainement à noter, je ne le nierai pas. Ainsi, j'ose espérer que si je me prends une balle dans la tête aujourd'hui pour la simple et bonne raison que l'officier en face de moi a "la gâchette facile", ce sera l'homme et non son arme qui sera reconnu coupable d'homicide volontaire... mais, la vérité, c'est que je n'en suis pas sûre. Parce que si l'expression du racisme individuel a pris d'autres formes que le meurtre hebdomadaire, ce racisme systémique, structurel, institutionnalisé que nous dénonçons est toujours à l'œuvre. C'est notamment lui qui est à l'origine de l'absence de décisions concrètes en matière d'égalité des droits, de lutte contre les discriminations, de citoyenneté, de refonte des relations police/citoyens et de traitement des problématiques des quartiers populaires. Si très peu de choses ont évolué, ce n'est pas parce que les moyens manquent mais parce que trop nombreux sont ceux qui s'accommodent de cet état d'exception. Aucun gouvernement, aussi républicain soit-il, n'a eu le courage de regarder ces problèmes dans la rétine. Les politiques sociales, les rénovations urbaines, l'égalité couscous-barbecues en bas des tours, n'agissent qu'en surface. Et encore. A l'instar du droit des femmes qu'on a su faire évoluer, ces inégalités racistes structurelles appellent un traitement politique, et très certainement ministériel, spécifique.

Trente après, triste ironie du sort, nous sommes des millions de citoyens, des milliers d'organisations, de collectifs, d'associations, à avoir...les mêmes revendications que nos prédécesseurs : l'égalité et la justice. Nous en sommes les fiers et assurés héritiers ; la fierté émanant du courage de nos aînés (courage malheureusement absent de nos manuels scolaires (1)), la détermination de l'état des lieux que nous dressons des années plus tard. A l'habitante qui profitait de la venue de M. Valls pour l'interpeller sur des problèmes locaux, le Ministre répondit "vous m'avez l'air bien préparée..." (Citation audible à la fin de cette vidéo du Ministre de l'Intérieur interpellé le 22 juillet à 2013 à Trappes) Tu m'étonnes, 40 ans de foutage de gueule ça prépare bien. Et si elle vous a paru "préparée", vous risquez d'être encore plus frappé par ces générations qui arrivent et qui sont bien décidées à obtenir égalité et justice, ici et maintenant ! Ce ne sont nullement des menaces. Ce sont des promesses. Des promesses républicaines."

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MARDI 26 NOVEMBRE : CINEMA L’UNIVERS LILLE - 20 H

PROGRAMME DETAILLE
DE LA SEMAINE POUR L’ÉGALITÉ ET CONTRE LE RACISME DU 25 AU 30 NOVEMBRE 2013


LUNDI 25 NOVEMBRE : - CINEMA L’UNIVERS LILLE - 20 H
30 ans de marche pour l’égalité

Il y a 30 ans déjà la marche pour l’égalité et contre le racisme
parcourait notre pays pour s’opposer au racisme et aux discriminations,
dénoncer les crimes racistes et les politiques sécuritaires, et exiger
l’égalité des droits pour tous les habitants de France. Les raisons et
colères qui nous ont poussés à marcher hier sont encore présentes
aujourd’hui : les quartiers populaires s’enfoncent dans la paupérisation
et la précarisation, les discriminations se sont étendues à tous les
domaines, le contrôle au faciès et la chasse aux sans-papiers continuent,
les résidents étrangers n’ont toujours pas le droit de vote, etc. Trente
ans après la marche, nous débattrons du bilan de ces trois décennies de
luttes.
Film : « Les marches de la liberté » de Rokhaya Diallo
Débat en présence de Rokhaya Diallo et des animatrices du collectif
parisien d’accueil de la marche de 1983 : Salikha Amara, Kaïssa Titous,
Alima Boumediene.


MARDI 26 NOVEMBRE : - CINEMA L’UNIVERS LILLE - 20 H
Les crimes racistes et sécuritaires

La raison première de la marche pour l’égalité et contre le racisme de
1983 est la multiplication des crimes racistes et sécuritaires et leur
impunité. Au cours des trois dernières décennies, de nombreuses luttes
pour exiger une véritable justice ont eu lieu. Elles interpellent
l’opinion publique, appellent à des mobilisations et investissent le champ
juridique. Plus largement le rapport à la police dans les quartiers
populaires se caractérise par un contrôle au faciès aussi inefficace
qu’humiliant. Sur cet aspect également des revendications existent et des
mobilisations sont à construire. Trente ans après la marche, nous
débattrons de l’organisation nécessaire contre les crimes racistes et les
politiques sécuritaires.
Film : Mouvement de l’Immigration et des Banlieues : chronique 2001-2002
Débat en présence de représentants de familles de victimes et de comité de
lutte contre les violences policières (Paris, Clermont-Ferrand, Lille)


MERCREDI 27 NOVEMBRE : - MAISON DE QUARTIER VAUBAN LILLE - 20 H
De la lutte des OS immigrés à celle des sans-papiers

La marche pour l’égalité de 1983 a été précédée de nombreux combats qui
l’ont préparée. Elle ne peut pas se réduire à une simple réaction à un
contexte raciste qui s’aggrave. Elle plonge au contraire ses racines dans
les luttes pour la dignité qu’ont menées les Ouvriers Spécialisés immigrés
dans la décennie 70 pour être reconnus comme travailleurs à part entière
et en conséquence pour disposer des mêmes droits que les autres salariés.
Les sans-papiers aujourd’hui ne sont que la figure contemporaine de cette
très ancienne lutte pour l’égalité et la dignité. Des OS des années 70 aux
sans-papiers d’aujourd’hui en passant par les marcheurs de 1983 c’est la
même égalité qui sert de boussole.
Film : « La grève des ouvriers de Margoline » (première grève victorieuse
en France des ouvriers sans-papiers en 1973)
Débat en présence de militants immigrés ouvriers de la décennie 70 : Nacer
El Idriss (Bureau national de l’Association des Travailleurs Maghrébins de
France), Driss Nabi (Associations des Travailleurs Arabes du Mans et de la
Sarthe), Saïd Khemisti (ancien militant du Mouvement des Travailleurs
Arabes), Djili-Sy (Union des Travailleurs Sénégalais en France).


JEUDI 28 NOVEMBRE : - PLACE DE LA REPUBLIQUE - 18 H Pour un féminisme
anti-islamophobe
Avec la Rromophobie, l’islamophobie est un des visages du racisme
contemporain. A la différence du racisme biologiste cependant,
l’islamophobie tente de se justifier par des arguments et motivations «
progressistes ». La construction des femmes portant un foulard comme
danger pour la république et la laïcité a eu comme résultat la
multiplication des agressions et violences contre ces femmes. En Suède,
une campagne consistant à se photographier symboliquement avec le foulard
a été lancée en réponse à l’agression d’une femme portant le foulard. En
une seule journée, 4000 personnes ont, de cette manière, démasqué
l’islamophobie. Rassemblons-nous et débattons des luttes à mener pour que
le féminisme ne soit pas instrumentalisé à des fins islamophobes.

PLACE DE LA REPUBLIQUE - 18 H
Rassemblement en soutien aux femmes voilées victimes d’agressions
islamophobes

MAISON DE QUARTIER VAUBAN - 20 H
Film : « Un racisme à peine voilé »
Débat en présence de Sylvie Tissot (sociologue et féministe), Ismahane
Chouder (Collectif féministe pour l’égalité), Lela Bencherif (élue et
féministe), Zakia Méziani (Association pour la Reconnaissance des Droits
et Liberté aux Femmes Musulmanes, ARDLFM).


VENDREDI 29 NOVEMBRE : - LA CONDITION PUBLIQUE – 20H
Femmes de milieux populaires en lutte contre les discriminations

THEATRE « ET PUIS, NOUS PASSIONS LE PANTALON FRANÇAIS»
« La Double Absence » d’Abdelmalek Sayad lu et mis en scène par le
collectif «Quelques Unes d’entre nous » de Blancs Mesnil

21 H 30 : rencontre débat
Présentation du livre « Femmes de milieux populaires en lutte contre les
discriminations » écrit par le collectif « Quelques Unes d’entre nous» et
Said Bouamama.


SAMEDI 30 NOVEMBRE : - LA CONDITION PUBLIQUE – 19 H

19h Accueil de la manif « la marche pour l’égalité et contre le racisme» à
la Condition Publique

20h - projection
« DOUCE FRANCE, LA SAGA DU MOUVEMENT BEUR »
film documentaire de Mogniss Abdallah et Ken Fero - 70 min - 1992
Basé sur des images d’archives de l’agence IM’média, ce film retrace les
temps forts du « mouvement beur » des années 80. Vingt-cinq ans après la
première marche pour l’égalité et contre racisme, c’est l’occasion de
faire un état des lieux.

21h30 rencontre débat
avec Mogniss Abdallah documentariste et Said Bouamama, sociologue.
30 ans déjà, quelles avancées - quelles leçons tirer des expériences de
luttes passées ?

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Wissam el Yamni est passé d’une fête entre amis au musée des refroidis aussi rapidement que l’on se souhaite « Bonne année ! ». Il lui aura suffi de croiser les forces de l’ordre. C’était le 1er janvier..."> article cqfd

"Police : Wissan est mort, et il ne se passe rien > Wissam el Yamni est passé d’une fête entre amis au musée des refroidis aussi rapidement que l’on se souhaite « Bonne année ! ». Il lui aura suffi de croiser les forces de l’ordre. C’était le 1er janvier 2012. Depuis, la justice s’empresse de traîner."

 

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Frangenti fidem non est fides servanda

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" A celui qui rompt la foi, la foi n'est plus dûe "

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" Pardon mais nous n'oublions pas, nous n’oublierons pas. " Lettre ouverte au médecin légiste

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Monsieur,

 

 

 

Est ce le rôle d'un médecin légiste d'avoir de la compassion pour des assassins ? Et quand bien même vous aviez de la compassion, vous n'aviez pas le droit de mentir !

 

Nous avons aujourd'hui la preuve scientifique de vos mensonges.

 

Vous n'avez pas simplement insulté la vérité mais vous avez aussi insulté la valeur de votre vie. La valeur d'un homme et au delà d'un médecin légiste se reconnaît au sens de l'honneur, à son côté incorruptible, rigoureux, intègre, ayant le sens de la droiture, exemplaire, capable de dire « non » aux mensonges, agissant par amour de la vérité scientifique, rien que par amour de la vérité scientifique, sans a priori et avec une intransigeance absolue.

 

Vous n'avez pas simplement insulté la vérité mais vous avez aussi insulté nos vies. Et si nos vies n'ont pas de valeurs à vos yeux, sachez que vous n'avez pas simplement détruit nos vies mais vous avez aussi détruit la confiance que le citoyen ordinaire pouvait et pourra porter aux autres médecins légistes et à l'humanité tout entière simplement.

 

Ce n'est pas l'intelligence qui fait la valeur d'un homme, c'est la façon dont il l'utilise. Jamais on aurait pu croire que des hommes aussi intelligents étaient capables d'être aussi mesquins et cruels, jamais on aurait pu croire qu'un médecin légiste pouvait mentir avec un tel machiavélisme. L'affabulation, le fantasme et la bassesse appartiennent au domaine du roman, il n'a pas lieu d'être toutefois dans la médecine. Personne ne force personne à être médecin légiste, vous avez jeté à jamais l’opprobre sur toute votre profession, que les futurs médecins légistes se rappellent de vous et vous méprisent !

 

Pardon mais nous n'oublions pas, nous n’oublierons pas.

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''Un frère est un ami donné par la nature''

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"Il y a des blessures qui ne peuvent cicatriser tant la chair profondément est saignée. Viscéralement, dans mes entrailles je suis à jamais condamné.


Condamné à ne plus voir rayonner ton tendre sourire, ton regard rieur et ta bouille si joyeuse. 

Tes mimiques parfois enfantines et ce ton si éloquent, jamais je ne pourrai les oublier, jamais je ne saurai les oublier.

Je suis ton aîné mais pourtant qu'ai je pu apprendre de toi!

Homme pétri d'honneur avançant si juste, dans les plus valeureux combats. Dans l'ombre, sans éclats. Tu martelais souvent que l'on n'était rien. Et pourtant tu étais tant pour moi...

Tu évoquais Dieu, sagement et confiant. Me rappelant à l'ordre et me guidant. Qu'il t'accueille aimant dans la lumière de ses bras, aux milieu de ses anges, toi figure hybride parfois étrange.

Tu as quitté les tiens beaucoup trop tôt, comme par surprise, telle une trahison sans nom.

Ma tristesse, je ne peux la cacher. Et quand je croise le petit bout de toi, ma gorge se serre et mon coeur encore se casse.

Toi, mon frère, mon alter ego. Toi cet homme si bon et si réconfortant. 

Comment faire sans toi alors que le monde est si vide?

Tout n'a plus de sens depuis ta tragique sentence. Mais je me dois d'avancer, de porter haut et fort l'étendard de tes convictions, de tes pieuses passions.

Alors comme un dernier hommage, de là-haut, toi qui paisible regarde du haut des nuages, sois serein. 

Tes batailles sont miennes et mon amour éternel..."

Karim ACHOUI

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